Europa++ - http://www.pan-europe.org/europaplusplus/lettre/archives/ Lettre d'information PanEurope - France http://www.pan-europe.org/europaplusplus/logo.gifEuropa++http://www.pan-europe.org/europaplusplus/lettre/archives/ Mon, 22 Oct 2007 05:01:17 GMT Les vélos en libre service, un bon exemple d'économie mixte http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=239 239 <br /><br /> <div align="justify">Elles suivent en cela un mod&egrave;le europ&eacute;en d&eacute;j&agrave; bien rod&eacute;. L&rsquo;initiative publique, appuy&eacute;e sur le pouvoir de r&eacute;gulation r&eacute;galien, est indispensable. En l&rsquo;esp&egrave;ce, elle repose sur la collectivit&eacute; locale, qui est seule capable de d&eacute;cider de renverser la domination s&eacute;culaire de la voiture (initiative priv&eacute;e) en imposant des solutions de remplacement soigneusement &eacute;tudi&eacute;es. L&rsquo;objectif s&rsquo;inscrit dans les exigences majeures auxquelles doivent dor&eacute;navant satisfaire les soci&eacute;t&eacute;s humaines : diminuer la consommation d&rsquo;&eacute;nergie et la pollution, remodeler les espaces urbains, associer le citoyen &agrave; la protection de l&rsquo;environnement, etc. Pour contribuer &agrave; cet objectif, la collectivit&eacute; publique investit un certain nombre de ressources, qui seront largement amorties par les b&eacute;n&eacute;fices globaux que procurera la nouvelle politique.<br /> <br /> Mais, plut&ocirc;t que tout faire seule, c&rsquo;est-&agrave;-dire mettre en place une r&eacute;gie municipale des v&eacute;los en libre service, la collectivit&eacute; passe un contrat avec une entreprise priv&eacute;e qui se charge des principales prestations n&eacute;cessaires au fonctionnement du service : fourniture des infrastructures et des engins, maintenance, gestion des recettes et d&eacute;penses. Le service n&rsquo;est pas propos&eacute; gratuitement aux usagers, ce qui serait de mauvaise politique. Mais il l&rsquo;est &agrave; un co&ucirc;t ne d&eacute;courageant pas l&rsquo;utilisateur &agrave; faible revenu. Ce co&ucirc;t et les contreparties (publicitaires et autres) autoris&eacute;es par le contrat de concession de service public permettent au concessionnaire d&rsquo;&eacute;quilibrer sa gestion et de cr&eacute;er des emplois. La collectivit&eacute; per&ccedil;oit m&ecirc;me un certain montant de la redevance.&nbsp; Globalement donc, c&rsquo;est du gagnant-gagnant, selon l&rsquo;expression d&eacute;sormais fameuse. <br /> <br /> On m&rsquo;objectera que tout n&rsquo;est pas parfait dans le syst&egrave;me du v&eacute;lo en libre-service. Certes, mais le dispositif&nbsp; pourra &ecirc;tre am&eacute;lior&eacute;. Est-il transposable &agrave; des &eacute;chelles &eacute;conomiques et sociales plus ambitieuses ; par exemple &agrave; la production d&rsquo;&eacute;nergie ? Pourquoi pas ? Disons seulement qu&rsquo;en fonction de l&rsquo;importance des enjeux, les collectivit&eacute;s publiques devront garder plus ou moins de poids dans les montages mis en place. On ne concevrait pas que les centrales nucl&eacute;aires soient abandonn&eacute;es &agrave; des gestionnaires priv&eacute;s, comme certains lib&eacute;raux semblent vouloir le souhaiter. Plus g&eacute;n&eacute;ralement, le rapprochement des int&eacute;r&ecirc;ts publics suppos&eacute;s d&eacute;sint&eacute;ress&eacute;s et des int&eacute;r&ecirc;ts priv&eacute;s attach&eacute;s l&eacute;gitimement au profit cr&eacute;e des tentations et peut cr&eacute;er des d&eacute;rives: trafics d'influence, corruptions, etc. Mais tous les syst&egrave;mes g&eacute;n&egrave;rent de tels risques, que ce soit la r&eacute;gie directe ou l'exploitation enti&egrave;rement confi&eacute;e au priv&eacute;. Il faut s'en pr&eacute;munir par un contr&ocirc;le juridique ad&eacute;quat et aussi par le droit de regard donn&eacute; aux usagers et aux citoyens. <br /> <br /> Quoiqu&rsquo;il en soit, ce type d&rsquo;&eacute;conomie mixte est mille fois pr&eacute;f&eacute;rable au jeu du march&eacute; et &agrave; l&rsquo;initiative priv&eacute;e s&rsquo;exer&ccedil;ant sans aucun contr&ocirc;le. On voit ce que peuvent &ecirc;tre les d&eacute;g&acirc;ts du lib&eacute;ralisme en &eacute;tudiant la situation actuelle des Etats-Unis. Des organismes de cr&eacute;dits &laquo; lib&eacute;raux &raquo;, c&rsquo;est-&agrave;-dire recherchant le profit le plus imm&eacute;diat, ont pr&ecirc;t&eacute; &agrave; tout va &agrave; des citoyens non avertis. L&rsquo;accroissement de consommation en r&eacute;sultant, apr&egrave;s une phase de &laquo; croissance &raquo;&nbsp; lou&eacute;e par tous les id&eacute;ologues du march&eacute;, est en train de se transformer&nbsp; en une crise &eacute;conomique et sociale dont la fin ne parait pas en vue. L&rsquo;Europe ne peut pas, pour sa part, se permettre de telles aventures. <br /> </div> Sun, 30 Sep 2007 23:00:00 GMT DSK à la tête du FMI http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=254 254 <br /><br /> La nomination de Dominique Strauss-Kahn &agrave; la t&egrave;te du FMI le 29 septembre sera peut-&ecirc;tre v&eacute;cue en France et en Europe comme une p&eacute;rip&eacute;tie dans la r&eacute;cup&eacute;ration par la majorit&eacute; fran&ccedil;aise actuelle d&lsquo;un certain nombre de personnalit&eacute;s socialistes. En d&rsquo;autres termes, ce serait un fait sans cons&eacute;quences politiques internationales. <br /> <br /> Beaucoup pensent au contraire que cet &eacute;v&egrave;nement apparemment mineur pourrait &ecirc;tre le d&eacute;but d&rsquo;une r&eacute;flexion strat&eacute;gique de fond sur la place des pays riches dans le monde et au sein des pays riches, sur la place de l&rsquo;Europe. Le FMI, pour de nombreuses raisons, a toujours &eacute;t&eacute; un des bras arm&eacute;s par lesquels la superpuissance am&eacute;ricaine imposait aux Etats des r&egrave;gles de gestion&nbsp; favorables &agrave; l&rsquo;expansion sans limites du capitalisme lib&eacute;ral qui lui est favorable. Les efforts de r&eacute;gulation interne et de protection contre la concurrence internationale que pouvaient prendre les gouvernements des Etats &laquo; pauvres &raquo; &eacute;tant par d&eacute;finition causes de d&eacute;s&eacute;quilibres budg&eacute;taires et mon&eacute;taires, le FMI s&rsquo;empressait de les condamner. Comme ces Etats n&rsquo;&eacute;taient pratiquement pas repr&eacute;sent&eacute;s au sein du FMI, les arguments valables qu&rsquo;ils auraient pu faire valoir pour d&eacute;fendre un ordre mondial diff&eacute;rent n&rsquo;avaient aucune chance d&rsquo;&ecirc;tre entendu. <br /> <br /> Aujourd&rsquo;hui, chacun reconna&icirc;t, y compris certains esprits clairvoyants aux Etats-Unis m&ecirc;mes,&nbsp; que si rien n&rsquo;est chang&eacute; dans les r&egrave;gles de gouvernance internationale, la catastrophe globale li&eacute; &agrave; la crise climatique et environnementale viendra bien plus vite et bien plus fort que pr&eacute;vue il y a encore quelques mois. Les Europ&eacute;ens ont eu le m&eacute;rite de mettre en garde contre cette catastrophe. Leurs avertissements rencontrent dor&eacute;navant &agrave; l&rsquo;ONU un certain &eacute;cho chez les pays &eacute;mergents, comme l&rsquo;a montr&eacute; la conf&eacute;rence sur le climat tenue &agrave; Washington le 24 septembre (voir notre br&egrave;ve d&rsquo;actualit&eacute; pr&eacute;c&eacute;dente). La position n&eacute;gationniste des Etats-Unis parait par contrecoup de plus en plus difficile &agrave; tenir.<br /> <br /> Dans cette perspective, de nouvelles r&egrave;gles de gouvernance devront &ecirc;tre &eacute;tudi&eacute;es. Leurs cons&eacute;quences &eacute;conomiques, financi&egrave;res et budg&eacute;taires seront nombreuses. Le FMI ne pourra pas les ignorer. Mais pour que ses futures propositions soient re&ccedil;ues, elles devront &eacute;maner d&rsquo;un FMI sensiblement renouvel&eacute;, y compris au niveau de ses membres. Les pays &eacute;mergents devront y avoir une place, et les pays europ&eacute;ens, sur-repr&eacute;sent&eacute;s, devront le comprendre. Qui devra s&rsquo;effacer ? Faudra-t-il une repr&eacute;sentation collective par le biais de l&rsquo;Union europ&eacute;enne ? On con&ccedil;oit que les titulaires de si&egrave;ges veuillent s&rsquo;y accrocher. Le directeur g&eacute;n&eacute;ral aura un r&ocirc;le &agrave; jouer pour faciliter les transitions. <br /> <br /> Le FMI n&rsquo;est pas le seul lieu o&ugrave; ces questions se posent. Pratiquement toutes les organisations internationales sont confront&eacute;es au probl&egrave;me (y compris bien s&ucirc;r le Conseil de S&eacute;curit&eacute; lui-m&ecirc;me). Si l&rsquo;Europe devenais une v&eacute;ritable puissance, elle pourrait admettre de perdre quelques si&egrave;ges au profit d&rsquo;une meilleure autorit&eacute; morale internationale. Mais en est-elle aujourd&rsquo;hui capable ? &nbsp;<br /> Sun, 30 Sep 2007 23:00:00 GMT Conférence à l'ONU sur le climat http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=252 252 <br /><br /> Le sommet devait lancer la n&eacute;gociation, &agrave; Bali, du 3 au 14 d&eacute;cembre, d'un protocole de r&eacute;duction des gaz &agrave; effet de serre, destin&eacute; &agrave; remplacer celui de Kyoto, qui expire en 2012. Le pr&eacute;sident am&eacute;ricain, George Bush, a refus&eacute; de participer en personne &agrave; la rencontre. Il tente de promouvoir un processus parall&egrave;le et a invit&eacute; les principaux pays pollueurs &agrave; une conf&eacute;rence &agrave; Washington, les 27 et 28 septembre (voir notre article ci-apr&egrave;s). Son&nbsp; initiative, bas&eacute;e sur le d&eacute;veloppement de technologies &quot;propres&quot;, est per&ccedil;ue par certains comme &quot;une diversion&quot;. Les Etats-Unis, oppos&eacute;s &agrave; toute contrainte internationale de r&eacute;duction des gaz &agrave; effet de serre, en sont les premiers &eacute;metteurs. A l'insistance de Ban Ki-moon, G.W. Bush, qui a refus&eacute; de ratifier le protocole de Kyoto, a toutefois particip&eacute; &agrave; un d&icirc;ner &agrave; l'ONU, avec une vingtaine d'autres pays cl&eacute;s. &quot;L'id&eacute;e est que M. Bush comprenne qu'il est seul&quot;, expliquait un diplomate.<br /> <br /> Le pr&eacute;sident Nicolas Sarkozy a affirm&eacute; que le dossier climatique constituait &quot;un axe majeur de l'action ext&eacute;rieure&quot; de la France. Il a appel&eacute;, conform&eacute;ment &agrave; l'objectif de l'Union europ&eacute;enne, &agrave; une r&eacute;duction de 50 % des &eacute;missions de gaz &agrave; effet de serre avant 2050. &quot;Le nucl&eacute;aire n'est pas un gros mot&quot;, a-t-il &eacute;galement affirm&eacute;, estimant qu'il permet &agrave; la France d'avoir des &eacute;missions de gaz &agrave; effet de serre assez bas. &quot;La France est pr&ecirc;te &agrave; aider tout pays qui veut se doter de l'&eacute;nergie nucl&eacute;aire civile.&nbsp; C'est la meilleure r&eacute;ponse &agrave; ceux qui veulent, en violation des trait&eacute;s, se doter de l'arme nucl&eacute;aire.&quot; On comprend que, face aux propositions commerciales des Etats-Unis, la France ne veuille pas rester en reste. <br /> <br /> Beaucoup d'organisations de d&eacute;fense de l'environnement, comme Greenpeace, pr&eacute;f&egrave;rent l'&eacute;nergie &eacute;olienne ou solaire, soulignant les probl&egrave;mes de d&eacute;chets, de co&ucirc;t ou de prolif&eacute;ration. Mais selon Yvo de Boer, pr&eacute;sident de la Convention des Nations unies sur le climat (UNFCCC), &quot;si vous regardez les projections d'augmentation de la demande d'&eacute;nergie mondiale, alors, probablement, dans certains pays, l'&eacute;nergie nucl&eacute;aire doit faire partie de la solution&quot;. <br /> Sun, 30 Sep 2007 23:00:00 GMT Conférence de Washington sur le climat http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=253 253 <br /><br /> C&rsquo;est ce que vient de r&eacute;affirmer le D&eacute;partement d&rsquo;Etat &agrave; la suite d&rsquo;une conf&eacute;rence de deux jours tenue &agrave; la Maison Blanche apr&egrave;s la r&eacute;union de l&rsquo;ONU consacr&eacute;e &agrave; la pr&eacute;paration de la r&eacute;vision du protocole de Kyoto. Cette conf&eacute;rence r&eacute;unissait autant d&rsquo;hommes d&rsquo;affaires que de diplomates. <br /> <br /> Les &eacute;missions am&eacute;ricaines de gaz &agrave; effet de serre (GES) font des Etats-Unis le 1er pollueur mondial, avant la Chine et l&rsquo;Inde. G. W. Bush en appelle &agrave; eux et aux autres gros producteurs de GES pour d&eacute;velopper des technologies vertes et mettre en place des programmes volontaristes de r&eacute;duction des &eacute;missions, mais sans obligation de respecter des normes d&eacute;finies au niveau international. Chaque nation &eacute;laborerait sa propre strat&eacute;gie, au mieux de ses int&eacute;r&ecirc;ts et possibilit&eacute;s. L&rsquo;administration f&eacute;d&eacute;rale encouragerait ce processus de concertation et pourrait mettre des technologies innovantes &agrave; disposition des pays le demandant.<br /> <br /> La conf&eacute;rence r&eacute;unissait 16 Etats (dont la Grande Bretagne, la France, l&rsquo;Allemagne, l&rsquo;Italie, le Japon, le Canada, le Br&eacute;sil la Cor&eacute;e du Sud, le Mexique, la Russie, l&rsquo;Australie et l&rsquo;Afrique du Sud), ainsi que des repr&eacute;sentants des Nations Unies et de l&rsquo;Union europ&eacute;enne. Ces derniers&nbsp; ont manifest&eacute; leur scepticisme vis-&agrave;-vis du processus propos&eacute;, tout en se f&eacute;licitant de voir les Etats-Unis revenir, en quelque sorte, dans la concertation internationale. Les signataires du protocole de Kyoto constatent que la l&eacute;gitimit&eacute; de leur d&eacute;marche est reconnue par l&rsquo;Am&eacute;rique et que celle-ci les invite &agrave; discuter&ndash; ce que G.W.Bush refusait cat&eacute;goriquement jusqu&rsquo;&agrave; pr&eacute;sent. <br /> <br /> On peut craindre cependant que ces invitations &agrave; discussion soient destin&eacute;es &agrave; d&eacute;sarmer le front, men&eacute; par les Europ&eacute;ens et constitu&eacute; des&nbsp; Etats d&eacute;cid&eacute;s &agrave; renouveler et renforcer le protocole de Kyoto.&nbsp; Concernant ce dernier, un premier round de n&eacute;gociations est pr&eacute;vu en d&eacute;cembre &agrave; Bali et les Etats-Unis voudraient, sans y participer, l&rsquo;aborder de l&rsquo;ext&eacute;rieur en position de force.&nbsp; Condoleezza Rice a &eacute;t&eacute; claire sur ce sujet : <em>&quot;Climate change is a global problem and we are contributing to it, therefore we are prepared to expand our leadership to address the challenge. That is why President Bush has convened this meeting.&quot;</em><br /> <br /> To &ldquo;<em>expand our leadership&rdquo; </em>n&rsquo;est pas n&eacute;cessairement rassurant. Certains Europ&eacute;ens y voient le d&eacute;sir de reprendre la direction des n&eacute;gociations internationales, &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur voire &agrave; l&rsquo;int&eacute;rieur de l&rsquo;ONU. Mais ceci dans deux buts : mieux d&eacute;fendre les int&eacute;r&ecirc;ts de leurs industries polluantes et mieux promouvoir, &agrave; l&rsquo;inverse, les solutions industrielles plus ou moins futuristes dont ils esp&egrave;rent, &agrave; l&rsquo;avenir,&nbsp; prendre le leadership &eacute;conomique et politique. <br /> &nbsp;&nbsp; &nbsp;<br /> Sun, 30 Sep 2007 23:00:00 GMT Colloque européen sur le transfert de technologies spatiales http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=245 245 <br />Une conf&eacute;rence sur les soci&eacute;t&eacute;s issues de la technologie spatiale sera organis&eacute;e &agrave; l'occasion du colloque europ&eacute;en sur le transfert de technologie spatiale qui se tiendra les 16 et 17 octobre &agrave; Munich (Allemagne). Les participants d&eacute;battront de plusieurs r&eacute;ussites de transfert de technologie spatiale vers divers secteurs importants. Sun, 30 Sep 2007 23:00:00 GMT Sauvegarder les atouts énergétiques de l'Europe face à la finance internationale; Derrière le projet de fusion Suez-GDF http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=216 216 <br /><br /> <div align="justify">Le patron de Suez, G&eacute;rard Mestrallet, aurait demand&eacute; au pr&eacute;sident de la R&eacute;publique qu&rsquo;il se prononce rapidement sur le projet de fusion Suez-GDF. Mais on sait que cette fusion, pour des raisons d&rsquo;&eacute;quilibre que nous ne d&eacute;taillerons pas ici, supposerait des partenaires qu&rsquo;ils consentissent &agrave; des sacrifices difficilement envisageables. GDF y perdrait la participation publique majoritaire qui assure son ind&eacute;pendance, puisque la part de l&rsquo;Etat dans le nouvel ensemble serait inf&eacute;rieure &agrave; 34% et n&rsquo;assurerait pas la minorit&eacute; de blocage. En contrepartie, Suez devrait c&eacute;der son p&ocirc;le Environnement, qui repr&eacute;sente pour elle un atout certain dans la perspective de la crise climatique. L&rsquo;Elys&eacute;e a fait savoir qu&rsquo;il ne donnerait pas de r&eacute;ponse avant septembre, compte-tenu de la &laquo; complexit&eacute; &raquo; de la n&eacute;gociation en cours. On sait que Nicolas Sarkozy n&rsquo;avait jamais &eacute;t&eacute; un chaud partisan de cette op&eacute;ration.<br /> <br /> </div> <div align="justify"> <div align="justify">Nous pensons pour notre part que celle-ci s&rsquo;impose de moins en moins. Elle devrait &ecirc;tre repouss&eacute;e, non pas sous l&rsquo;angle d&rsquo;un patriotisme industriel &eacute;troit, mais du simple bon sens : celui de la protection des int&eacute;r&ecirc;ts vitaux de la France, et avec les siens ceux de l&rsquo;Europe, face &agrave; la mar&eacute;e montante des fonds d&rsquo;investissements non europ&eacute;ens. Loin de diminuer la participation des Etats dans les grandes entreprises europ&eacute;ennes, publiques ou priv&eacute;es, il faudrait au contraire les augmenter pour s&eacute;curiser leur capital et leur permettre d&rsquo;investir &agrave; long terme face aux pr&eacute;dateurs. <br /> <br /> Un article du Monde (F. Lema&icirc;tre, <em>Ces Etats qui rach&egrave;tent la plan&egrave;te</em>, 29 ao&ucirc;t 2007, p. 2) estime que d&eacute;sormais la globalisation ne rimera plus avec privatisation, mais avec nationalisation. Malheureusement il s&rsquo;agira de nationalisations&nbsp; mises en &oelig;uvre par les Etats (non membres de l&rsquo;Union Europ&eacute;enne) qui b&eacute;n&eacute;ficient des immenses liquidit&eacute;s dues &agrave; la vente de leurs ressources &eacute;nerg&eacute;tiques ou &agrave; leurs r&eacute;serves de change. Il s&rsquo;agit de fonds publics, dits souverains, qui g&egrave;rent aujourd&rsquo;hui pr&egrave;s de 2.500 milliards de dollars, en attendant de g&eacute;rer 12.500 milliards en 2015. On y trouve des fonds originaires de Duba&iuml;, de Russie et surtout de Chine. Ceux-ci &eacute;taient jusqu'ici rest&eacute;s modestes dans leurs ambitions, mais la gourmandise leur vient rapidement. Avec 300 milliards par an, la Chine pourrait s&rsquo;offrir en 5 ans la totalit&eacute; des entreprises du CAC 40. <br /> <br /> A c&ocirc;t&eacute; de ces fonds publics, on conna&icirc;t depuis longtemps les fonds priv&eacute;s, fonds sp&eacute;culatifs (<em>hedge funds)</em> et fonds d&rsquo;investissement, dont le r&ocirc;le est doublement &agrave; craindre par les Europ&eacute;ens. D&rsquo;une part on sait qu&rsquo;ils dissimulent souvent des int&eacute;r&ecirc;ts g&eacute;ostrat&eacute;giques am&eacute;ricains qui veulent acqu&eacute;rir toutes les industries elles-m&ecirc;mes strat&eacute;giques dont disposent encore l'Europe D&rsquo;autre part, quand ils cherchent seulement le profit, c&rsquo;est un profit imm&eacute;diat, ennemi de toute entreprise visant &agrave; investir &agrave; long terme. La Bourse, comme le montre un autre article du Monde (J.B. Schmidt, <em>La Bourse trahit les entreprises</em>, 21 ao&ucirc;t 2007, p. 14), ne joue plus son r&ocirc;le ancien visant &agrave; collecter de l&rsquo;&eacute;pargne &agrave; court terme pour permettre d&rsquo;investir dans des projets &agrave; long terme. Les entreprises du CAC 40, par exemple, l&egrave;vent d&eacute;sormais moins de capitaux qu&rsquo;elles ne distribuent de profits &agrave; leurs actionnaires. Ceci parce que l&rsquo;investissement &agrave; long terme n&rsquo;int&eacute;resse plus les fonds sp&eacute;culatifs et les LBO. Ils imposent leur recherche du profit le plus imm&eacute;diat, par fusions, acquisitions, d&eacute;mant&egrave;lements, distribution rapide des actifs via des super-dividendes et des rachats d&rsquo;action. Le tout aux d&eacute;pends des entreprises industrielles traditionnelles, de l&rsquo;emploi et g&eacute;n&eacute;ralement de la comp&eacute;tence pour la ma&icirc;trise du futur. Le capital-risque, d&eacute;j&agrave; trop rare en Europe depuis 20 ans, semble y &ecirc;tre devenu totalement folklorique.&nbsp; <br /> <br /> Est-ce que l&rsquo;Europe veut devenir un d&eacute;sert industriel et technologique, o&ugrave; seuls s&rsquo;enrichiront &ndash; en attendant une crise boursi&egrave;re in&eacute;vitable &ndash; les seuls actionnaires privil&eacute;gi&eacute;s et les interm&eacute;diaires financiers? Sans doute pas. Apr&egrave;s la France, l&rsquo;Allemagne, &agrave; l&rsquo;initiative de sa chanceli&egrave;re, rappelle les bienfaits du patriotisme industriel. D&rsquo;autres Etats pourraient suivre. Les investissements publics et un protectionnisme s&eacute;lectif s&rsquo;imposeront pour ce faire, en coop&eacute;ration avec ceux des capitaux priv&eacute;s qui accepteront de s&rsquo;int&eacute;resser au long terme. Mais il faudra que cette d&eacute;marche devienne convaincante. Pour cela, elle devra s&rsquo;exprimer au niveau europ&eacute;en. Il para&icirc;trait que le commissaire au Commerce Peter Mandelson envisagerait de cr&eacute;er une <em>golden share</em> europ&eacute;enne. Cela ne suffira pas. Ce seront de v&eacute;ritables politiques industrielles qu&rsquo;il faudra mettre en oeuvre. La production, la distribution et la consommation de l&rsquo;&eacute;nergie constituent &agrave; cet &eacute;gard une priorit&eacute;. Souhaitons que la France ne gaspille pas ses atouts en les fragilisant par les lib&eacute;ralisations intempestives. Ce serait l&rsquo;Europe toute enti&egrave;re qui en souffrirait. <br /> </div> <br /> </div> Thu, 30 Aug 2007 23:00:00 GMT Razzia sur l'Arctique. L'union européenne absente http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=209 209 <img src="http://www.pan-europe.org/v2/repimg/20070814220803_arctiqueplan.jpg" align="left" alt="photo" title="" border="0" /><br /><br /> Les revendications territoriales sur l&rsquo;Arctique&nbsp; se sont pr&eacute;cis&eacute;es depuis le d&eacute;p&ocirc;t d&eacute;but ao&ucirc;t 2007 par les Russes d&rsquo;un pavillon national &agrave; 4.200 m&egrave;tres de fond. Le Canada a annonc&eacute; sans tarder la cr&eacute;ation d&rsquo;un port en eau profonde &agrave; l&rsquo;entr&eacute;e est du passage du Nord-Ouest, qui devrait devenir navigable plusieurs mois par an dans quelques d&eacute;cennies pour les navires de surface. Les Etats-Unis, la Norv&egrave;ge et le Danemark ont &eacute;galement rappel&eacute; leurs droits. <br /> <br /> Les enjeux sont d&rsquo;abord militaires. Des sous-marins lance-engins am&eacute;ricains et russes patrouillent d&eacute;j&agrave; dans l&rsquo;oc&eacute;an arctique, sous la banquise. La militarisation pourrait s&rsquo;accentuer, mettant &agrave; port&eacute;e de missiles tous les Etats voisins, en particulier les pays europ&eacute;ens. <br /> <br /> Sur le plan de l&rsquo;&eacute;nergie et de la lutte contre la production des gaz &agrave; effet de serre, les enjeux sont encore plus grands. On estime que le sous-sol oc&eacute;anique rec&egrave;le en de&ccedil;&agrave; du cercle polaire le quart des r&eacute;serves non encore d&eacute;couvertes de gaz et de p&eacute;trole. Les Russes esp&egrave;rent en tirer la quantit&eacute; consid&eacute;rable de 700 milliards de tonnes de p&eacute;trole et l&rsquo;&eacute;quivalent en gaz. Si ces r&eacute;serves sont effectivement exploit&eacute;es dans quelques ann&eacute;es, les espoirs mis dans le remplacement des combustibles fossiles par des &eacute;nergies renouvelables s&rsquo;&eacute;vanouiront et les pays acc&eacute;dant &agrave; ces r&eacute;serves en tireront des vecteurs de puissance tr&egrave;s importants. Par ailleurs les pollutions et destructions de l&rsquo;environnement prendront des dimensions possiblement catastrophiques, dont tout l&rsquo;h&eacute;misph&egrave;re Nord pourrait souffrir.<br /> <br /> L&rsquo;Union europ&eacute;enne s&rsquo;est born&eacute;e jusqu&rsquo;&agrave; pr&eacute;sent &agrave; observer&nbsp; la situation, sans soutenir particuli&egrave;rement ni les revendications du Danemark (via le Groenland) ni celle de la Norv&egrave;ge (qui ne fait pas partie de l&rsquo;Union). Mais l&rsquo;importance des enjeux, pour l&rsquo;Europe comme pour le monde, voudrait qu&rsquo;elle &eacute;non&ccedil;&acirc;t rapidement une position. Elle pourrait, avec le soutien de l&rsquo;ONU, demander que l&rsquo;on applique &agrave; l&rsquo;Arctique le statut de zone internationale prot&eacute;g&eacute;e qui est encore (pour combien de temps ?) celui du continent antarctique. Ceci dit, elle ne sera probablement pas entendue. Par contre, vu les faibles distances qui s&eacute;parent l&rsquo;Europe du Nord de l&rsquo;oc&eacute;an arctique, elle devrait &agrave; tout le moins obtenir d&rsquo;avoir un droit de regard sur la fa&ccedil;on dont les nations riveraines traiteront cette zone non seulement strat&eacute;gique mais extr&ecirc;mement fragile. Nous nous &eacute;tonnons de constater combien l&rsquo;Europe semble se d&eacute;sint&eacute;resser de la question. &nbsp;<br /> Thu, 30 Aug 2007 23:00:00 GMT Agriculture et industries agro-alimentaires européennes http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=203 203 <br /><br /> <div align="justify">On constate cette ann&eacute;e, &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle du monde, un exc&eacute;dent de la demande sur l&rsquo;offre en ce qui concerne les produits laitiers, entra&icirc;nant des hausses de prix non n&eacute;gligeables. Ce ph&eacute;nom&egrave;ne marque d&eacute;j&agrave; ou marquera rapidement les march&eacute;s de c&eacute;r&eacute;ales et de viande. C&rsquo;est une des cons&eacute;quences de la croissance rapide de la demande &eacute;manant des pays &eacute;mergents. Il affecte d&eacute;sormais l&rsquo;agriculture et l&rsquo;agroalimentaire comme il l&rsquo;a fait de l&rsquo;&eacute;nergie et des mati&egrave;res premi&egrave;res industrielles. <br /> <br /> La croissance de la demande mondiale n&rsquo;aura aucune raison de s&rsquo;arr&ecirc;ter, sauf crise &eacute;conomique g&eacute;n&eacute;rale. A la demande de produits d&rsquo;alimentation s&rsquo;ajoutera de plus en plus celle de bio-carburants. Ces demandes en hausse ne provoqueront pas &agrave; court ou moyen terme une croissance correspondante de l&rsquo;offre. On sait que concernant l&rsquo;&eacute;nergie et les mati&egrave;res premi&egrave;res, les r&eacute;serves vont n&eacute;cessairement diminuer, en attendant le relais plus lointain des technologies nouvelles. Dans le domaine agricole, si des capacit&eacute;s de production demeurent encore inexploit&eacute;es, elles ne sont pas tr&egrave;s importantes et se heurteront in&eacute;vitablement, dans les ann&eacute;es prochaines, &agrave; la crise climatique et environnementale. Autrement dit, le recours &agrave; des agricultures intensives, grosses consommatrices en eau et en intrants chimiques, grandes destructrices des milieux naturels, grandes exportatrices de surplus subventionn&eacute;s, ne sera plus possible. Quant aux produits alimentaires de synth&egrave;se, il ne faudra pas compter sur eux avant longtemps pour nourrir les affam&eacute;s. <br /> <br /> Concernant l&rsquo;industrie agroalimentaire, la question se pose un peu diff&eacute;remment. La Big Food peut continuer sur sa lanc&eacute;e actuelle, en diversifiant de plus en plus ses produits, en les farcissant de compl&eacute;ments chimiques, en jouant de la publicit&eacute; pour cr&eacute;er de nouvelles modes alimentaires et, finalement, en contribuant &agrave; r&eacute;pandre cette maladie d&eacute;sormais universelle qu&rsquo;est l&rsquo;ob&eacute;sit&eacute;. La hausse des prix des mati&egrave;res premi&egrave;res agricoles ne la g&ecirc;nera pas beaucoup. La gourmandise de ses &laquo; cibles &raquo; est analogue &agrave; une addiction. Pas plus que la hausse du prix du tabac ne diminue la demande, la hausse des prix des aliments ne diminuera sensiblement la demande des consommateurs, m&ecirc;me pas sans doute celle des plus pauvres, au moins dans les pays favoris&eacute;s. Mais sont-ce l&agrave; des raisons pour que l&rsquo;industrie agro-alimentaire &eacute;chappe &agrave; l&rsquo;&eacute;valuation qui s&rsquo;impose.<br /> <br /> Nous pensons qu&rsquo;en ce qui concerne tout au moins l&rsquo;Europe, il convient d&rsquo;examiner sans attendre le type d&rsquo;avenir que nos soci&eacute;t&eacute;s pr&eacute;voient pour leur agriculture et leur industrie agroalimentaire. A priori, il s&rsquo;agit d&rsquo;activit&eacute;s dans lesquelles l&rsquo;Europe dispose d&rsquo;&eacute;l&eacute;ments de puissance &eacute;conomique et politique non n&eacute;gligeable. L&rsquo;augmentation de la demande mondiale ne pourra que renforcer ces atouts. Il conviendra donc de revoir les bases de la politique agricole commune, plus ax&eacute;e aujourd&rsquo;hui sur la r&eacute;sorption des exc&eacute;dents que sur l&rsquo;augmentation de la production. Concernant les industries alimentaires, il faudra cesser de les consid&eacute;rer comme secondes au regard des industries manufacturi&egrave;res. Il y a quelques mois encore, rares &eacute;taient ceux qui se seraient engag&eacute;s pour que Danone reste dans le patrimoine industriel europ&eacute;en. Aujourd&rsquo;hui, on accepte que le m&ecirc;me Danone vende Lef&egrave;vre-Utile aux Am&eacute;ricains comme s&lsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un &eacute;l&eacute;ment de faible importance. Si l&rsquo;Europe &eacute;tait dirig&eacute;e avec un tant soit peu de perception strat&eacute;gique des enjeux, elle &eacute;laborerait sans tarder une politique agro-industrielle de combat lui permettant de mieux valoriser &agrave; l&rsquo;avenir les atouts importants conf&eacute;r&eacute;s par ces secteurs.<br /> <br /> Ceci ne devrait pas cependant &ecirc;tre une raison pour que les lobbies agricoles et agro-alimentaires europ&eacute;ens se croient autoris&eacute;s &agrave; mettre en condition plus encore qu&rsquo;ils ne le font actuellement gouvernements et citoyens. Nous l&rsquo;avons dit, le temps de l&rsquo;agriculture intensive ou de la suralimentation devrait &ecirc;tre r&eacute;volue. L&rsquo;Europe, en intensifiant ses recherches agricoles, v&eacute;t&eacute;rinaires et di&eacute;t&eacute;tiques, devrait donner au monde l&rsquo;exemple d&rsquo;une agriculture radicalement biologique, d&rsquo;une nourriture simple et saine privil&eacute;giant les c&eacute;r&eacute;ales par rapport aux viandes, de pratiques commerciales renon&ccedil;ant aux abus publicitaires. Serait-ce un r&ecirc;ve inaccessible ? <br /> Nous pensons que c&rsquo;est aux plus consciencieux de nos professionnels, de nos chercheurs et de nos citoyens qu&rsquo;il appartient de r&eacute;pondre &agrave; cette question d&eacute;cisive pour la comp&eacute;titivit&eacute; &eacute;conomique et morale future de l&rsquo;Europe. <br /> <br /> <br /> </div> Thu, 09 Aug 2007 23:00:00 GMT Agrocarburants aujourd'hui et demain http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=194 194 <br /><br /> <div align="justify"> Comme toujours, dans les &eacute;conomies mondialis&eacute;es soumises &agrave; la course au profit de la part des multinationales et &agrave; la volont&eacute; persistante des pays riches de ne pas r&eacute;duire leurs consommations, les id&eacute;es apparemment bonnes donnent vite naissance &agrave; de nouvelles menaces pour l&rsquo;environnement et la biodiversit&eacute;. C&rsquo;&eacute;tait une bonne id&eacute;e de remplacer le p&eacute;trole par des agrocarburants pour alimenter les moteurs &agrave; explosion. Non seulement le prix du p&eacute;trole remontera inexorablement (75$ le baril aujourd&rsquo;hui) mais la production de C02 du fait de son extraction et de sa combustion p&egrave;sera de plus en plus lourd dans le r&eacute;chauffement global. Les projets de s&eacute;questration conserveront en effet longtemps un r&ocirc;le marginal. Il paraissait &eacute;galement, du moins en Europe, int&eacute;ressant de fournir de nouveaux d&eacute;bouch&eacute;s &agrave; des agriculteurs en mal de march&eacute;s pour des exploitations dont le d&eacute;clin de la politique agricole commune n&rsquo;assurait plus la rentabilit&eacute;. <br /> <br /> <strong>Des espoirs d&eacute;&ccedil;us</strong><br /> <br /> Mais en quelques ann&eacute;es, sinon en quelques mois, aux yeux des scientifiques, la bonne id&eacute;e s&rsquo;est r&eacute;v&egrave;l&eacute;e particuli&egrave;rement dangereuse. Ceci non seulement pour les &eacute;cosyst&egrave;mes mais pour les populations des pays pauvres. En effet, s&rsquo;appuyant sur l&rsquo;exemple de ce qui s&rsquo;est fait au Br&eacute;sil, les grands int&eacute;r&ecirc;ts financiers ont entrepris de d&eacute;fricher des espaces de for&ecirc;ts et de prairies naturelles pour les consacrer &agrave; des cultures industrielles (ma&iuml;s, palmier &agrave; huile, soja&hellip;) destin&eacute;es &agrave; la distillation. Le bilan final de telles op&eacute;rations appara&icirc;t d&eacute;j&agrave; catastrophique, non seulement au regard de la biodiversit&eacute;, mais m&ecirc;me en terme de production de gaz &agrave; effet de serre (GES). En effet, remplacer un milieu forestier naturel ou des prairies par des cultures industrielles impose, selon une &eacute;tude du Centre commun de recherche de l&rsquo;Union europ&eacute;enne, un d&eacute;lai de 100 ans avant que la capacit&eacute; de stockage en C02 d&rsquo;une prairie naturelle n'&eacute;quivale celle d&rsquo;une culture industrielle (73 tonnes par hectare et par an contre 660 kg pour le bl&eacute;). <br /> <br /> Par ailleurs, et comme on pouvait le pr&eacute;voir, ce ne sont pas seulement des espaces jusqu&rsquo;ici vierges qui sont consacr&eacute;s &agrave; la culture de biocarburants, mais des superficies d&eacute;di&eacute;es &agrave; l&rsquo;alimentation humaine. On cro&icirc;t g&eacute;n&eacute;ralement que l&rsquo;agriculture croule sous les surplus et que, de toutes fa&ccedil;ons, s&rsquo;il se produit une augmentation de la demande, celle-ci pourra &ecirc;tre satisfaite par un renforcement des m&eacute;thodes de culture intensive (irrigation, engrais et pesticides chimiques, vari&eacute;t&eacute;s g&eacute;n&eacute;tiquement modifi&eacute;es). Il n&rsquo;en est rien. L&rsquo;&eacute;quilibre production-consommation de subsistance est fragile. On constate aujourd&rsquo;hui que l&rsquo;augmentation de la demande li&eacute;e aux agrocarburants entra&icirc;ne des hausses de prix (au moins 100% aujourd&rsquo;hui par rapport &agrave; l&rsquo;an 2000) pour des c&eacute;r&eacute;ales de subsistance : ma&iuml;s et bient&ocirc;t bl&eacute;. Or les consommateurs de ces pays ne tireront aucun b&eacute;n&eacute;fice de la production des agrocarburants. De quoi se nourriront-ils donc &eacute;tant entendu que depuis 20 ans les agricultures traditionnelles ont &eacute;t&eacute; ruin&eacute;es par les exportations de surplus subventionn&eacute;s venant des pays riches. <br /> <br /> Quant &agrave; l&rsquo;espoir mis dans une augmentation de productivit&eacute; de l&rsquo;agriculture, il est totalement fallacieux. D&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave;, l&rsquo;utilisation des intrants chimiques atteint des niveaux &eacute;cologiquement et sanitairement insupportables. Celle de l&rsquo;eau &eacute;puise les r&eacute;serves encore disponibles. Enfin et surtout, le r&eacute;chauffement climatique et la d&eacute;sertification en r&eacute;sultant diminueront sans doute dans des proportions consid&eacute;rables les terres agricoles. Le probl&egrave;me est d&eacute;j&agrave; pos&eacute; &agrave; grande &eacute;chelle en Chine pour qui les agrocarburants sont d&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave; consid&eacute;r&eacute;s comme des nuisances. <br /> <br /> <strong> Des perspectives prometteuses mais encore peu &eacute;tudi&eacute;es</strong><br /> <br /> Cela signifie-t-il que, pour lutter contre les GES et sauver la biodiversit&eacute;, il&nbsp; faille renoncer aux fili&egrave;res v&eacute;g&eacute;tales ou&nbsp; compter seulement sur une limitation, de fait ou r&eacute;glementairement impos&eacute;e, de la consommation de carburants fossiles.&nbsp;&nbsp; Sans doute pas. Nous avons d&eacute;j&agrave; dans cette revue pr&eacute;sent&eacute; des techniques avanc&eacute;es permettant de transformer des biomasses d&rsquo;origines diverses en carburant : par exemple le programme europ&eacute;en ELCAT de conversion de CO2 en carburant.&nbsp; Mais ces techniques ne sont pas encore toutes au point et demandent des recherches compl&eacute;mentaires, sans mentionner les investissements industriels &agrave; suivre. De plus, pour &eacute;viter les effets de monoculture ou de monotechnique, elles doivent reposer sur des fili&egrave;res n&eacute;cessairement diff&eacute;rentes ou compl&eacute;mentaires. Elles n&rsquo;excluront pas, de toutes fa&ccedil;ons, l&rsquo;appel aux autres sources d&rsquo;&eacute;nergie de substitution, notamment le solaire et le g&eacute;othermique. <br /> <br /> Il s&rsquo;agit pourtant de perspectives toutes int&eacute;ressantes permettant de produire ce que l&rsquo;on pourrait appeler des biocarburants de seconde g&eacute;n&eacute;ration. Que sont les fili&egrave;res&nbsp; envisag&eacute;es? On a d&eacute;j&agrave; mentionn&eacute; dans la presse l&rsquo;utilisation des pailles ou d&eacute;chets forestiers. Mais cela n&rsquo;est envisageable qu&rsquo;&agrave; petite &eacute;chelle, sous peine de relancer la d&eacute;forestation. D&rsquo;autres d&eacute;chets sont &eacute;galement utilisables, boues de stations d&rsquo;&eacute;puration ou provenant de l&rsquo;&eacute;levage. Mais dans ce dernier cas, l&agrave; encore, il ne peut s&rsquo;agir que de sous-produits. On ne va pas &eacute;lever des poulets pour en faire du carburant. Tout aussi int&eacute;ressantes sont les cultures de plantes non alimentaires riches en&nbsp; fibres, surtout si celles-ci peuvent vivre dans des terres arides actuellement sans couverture v&eacute;g&eacute;tale ou non cultivables. On mentionne <em>Jatropha curcas</em>, buisson producteur de graines ol&eacute;agineuses, la gramin&eacute;e <em>Panicum virgatum</em> ou <em>Miscanthus giganteus</em>, dite herbe &agrave; &eacute;l&eacute;phant. Des techniques diff&eacute;rentes font appel &agrave; des champignons ou des bact&eacute;ries capables de dig&eacute;rer les lignocelluloses. Enfin des algues cultiv&eacute;es dans des incubateurs-digesteurs solaires permettent de consommer le C02 et le monoxyde d&rsquo;azote provenant des centrales &eacute;lectriques. Le projet fran&ccedil;ais Shamash d&eacute;velopp&eacute; sous ma&icirc;trise d&rsquo;&oelig;uvre de l&rsquo;Inria &eacute;tudie avec succ&egrave;s cette derni&egrave;re solution.<br /> <br /> Ces diff&eacute;rentes solutions ne r&eacute;ussiront &agrave; s&rsquo;implanter, face aux march&eacute;s d&eacute;j&agrave; conquis par les carburants fossiles et les biocarburants industriels dont on a vu les effets destructeurs,&nbsp; qu&rsquo;avec le soutien des collectivit&eacute;s publiques et des institutions internationales. Ce soutien devra prendre plusieurs formes : aides &agrave; la recherche/d&eacute;veloppement, aide &agrave; la mise en place d&rsquo;infrastructures de production, d&eacute;taxations du produit fini. Plus g&eacute;n&eacute;ralement, elles devront prendre place dans des politiques int&eacute;gr&eacute;es visant &agrave; prot&eacute;ger l&rsquo;environnement, valoriser les d&eacute;chets et, surtout, maintenir le niveau de vie des populations pauvres. L&rsquo;Europe peut jouer un r&ocirc;le capital dans ces domaines, compte tenu de son expertise dans les biotechnologies.<br /> <br /> <font face="Times New Roman">Image: Jatropha Curcas. Cet article utilise certaines&nbsp; informations fournies par Sciences et Avenir, ao&ucirc;t 2007</font><br /> </div> Thu, 09 Aug 2007 23:00:00 GMT Urgence de normes de construction européennes pour des immeubles http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=189 189 <br /><div align="justify">L'expert du climat Danny Harvey de l'universit&eacute; de Toronto a r&eacute;cemment pr&eacute;sent&eacute;, avec son &eacute;quipe, des plans pour r&eacute;duire radicalement l'&eacute;nergie utilis&eacute;e par le secteur de la construction pour chauffer et climatiser les immeubles. Toute une s&eacute;rie de m&eacute;thodes sont dor&eacute;navant disponibles, permettant de r&eacute;aliser des immeubles basse &eacute;nergie, dits aussi &laquo; <em>passive house </em>&raquo; &laquo;&nbsp; en anglais et &laquo; <em>passivhaus</em> &raquo; en allemand. Il s&rsquo;agit non seulement de mat&eacute;riaux isolants, mais aussi d&rsquo;une conception g&eacute;n&eacute;rale des immeubles privil&eacute;giant l&rsquo;&eacute;conomie et l&rsquo;appel aux ressources naturelles, tant pour les habitations individuelles que pour les habitats collectifs et tours de grande hauteur. <br /> <br /> Selon ces &eacute;tudes (&agrave; para&icirc;tre prochainement dans un N&deg; sp&eacute;cial de la revue <em>Building Research &amp; Information)</em>, un tiers de l&rsquo;&eacute;nergie consomm&eacute;e par l&rsquo;habitat, qui repr&eacute;sente elle-m&ecirc;me un tiers du C02 produit par l&rsquo;homme, pourrait &ecirc;tre &eacute;conomis&eacute; en 10 ans. Compte tenu de la hausse des prix de l&rsquo;&eacute;nergie, les d&eacute;penses correspondantes pourraient &ecirc;tre rentabilis&eacute;es en 3 &agrave; 7 ans. Les technologies existent en effet d&eacute;j&agrave;, contrairement &agrave; celles int&eacute;ressant le secteur &eacute;galement gros producteur de C02 des transports. <br /> </div> <br /> Malheureusement, nul n&rsquo;a int&eacute;r&ecirc;t &agrave; encourager l&rsquo;emploi de telles techniques. Aux Etats-Unis, on constate jusqu&rsquo;&agrave; pr&eacute;sent une augmentation continue de la superficie des logements et du gaspillage des ressources qui s&rsquo;y investissent. En Chine, la course au logement pousse au contraire &agrave; des solutions qui pour &ecirc;tre &eacute;conomiques n&rsquo;en sont pas moins consommatrices en &eacute;nergie. Les immeubles am&eacute;ricains devraient consommer 25% d&rsquo;&eacute;nergie en plus d&rsquo;ici 2020, et l&rsquo;immobilier chinois 50%. <br /> <br /> <div align="justify"> En Europe, o&ugrave; la tradition et les efforts r&eacute;cents d&rsquo;architectes et d&rsquo;entreprises innovantes favorisent les &eacute;conomies d&rsquo;&eacute;nergie dans l&rsquo;habitat, ce sont les normes gouvernementales qui font d&eacute;faut. En effet, dans l&rsquo;&eacute;tat actuel des r&eacute;glementations, nul n&rsquo;a vraiment int&eacute;r&ecirc;t &agrave; investir de fa&ccedil;on suffisante : ni les propri&eacute;taires, ni les locataires, ni les collectivit&eacute;s locales, ni les industriels du chauffage et de la climatisation. Nous sommes en pr&eacute;sence d&rsquo;un domaine typique o&ugrave; s&rsquo;impose d&rsquo;urgence une r&eacute;glementation&nbsp; tr&egrave;s incitative. Celle-ci pourrait &ecirc;tre de la responsabilit&eacute; des Etats, mais elle serait encore plus efficace si elle faisait l&rsquo;objet d&rsquo;une politique europ&eacute;enne concert&eacute;e. Le temps presse, compte tenu de la vitesse avec laquelle de nouvelles politiques de promotion de l&rsquo;habitat populaire ou touristique se mettent en place, accompagn&eacute;es d&rsquo;efforts importants de r&eacute;novation. Mais si rien n&rsquo;est fait d&egrave;s maintenant, rattraper les erreurs de conception ne sera plus possible. <br /> </div> Thu, 09 Aug 2007 23:00:00 GMT Appel de James Hansen concernant la remontée du niveau des mers http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=196 196 <img src="http://www.pan-europe.org/v2/repimg/20070803192100_sealevelrise.jpg" align="left" alt="photo" title="" border="0" /><br />James Hansen est chef du Goddard Institute for Space Studies de la NASA. Il s&rsquo;est d&eacute;j&agrave; fait conna&icirc;tre par des publications &agrave; contre-courant du discours politique am&eacute;ricain concernant les risques du r&eacute;chauffement climatique et le r&ocirc;le des activit&eacute;s humaines dans celui-ci. Sa carri&egrave;re en a certainement souffert, bien que sa notori&eacute;t&eacute; interdise que l&rsquo;on prenne contre lui de sanctions trop &eacute;videntes. Nous avons plusieurs fois cit&eacute; ses d&eacute;clarations. <br /> <br /> Aujourd&rsquo;hui, dans un article &eacute;dit&eacute; par le nouveau Journal en Libre Acc&egrave;s Environmental Research Letters, (journal que nous conseillons &agrave; nos lecteurs d&rsquo;inscrire dans leurs favoris) et repris par le NewScientist du 28 juillet 2007, p. 32, il d&eacute;nonce une &laquo; r&eacute;ticence scientifique &raquo; pesant sur beaucoup de ses coll&egrave;gues. Ceux-ci n'osent pas faire conna&icirc;tre ceux de leurs travaux relatifs &agrave; une prochaine mont&eacute;e du niveau des mers pouvant atteindre plusieurs m&egrave;tres. Ils craignent des r&eacute;torsions de ceux qui militent pour le &quot;business as usual&quot;. Pourtant, les cons&eacute;quences de ce ph&eacute;nom&egrave;ne seraient si catastrophiques pour les zones c&ocirc;ti&egrave;res du globe, les plus habit&eacute;es et les plus actives &eacute;conomiquement, qu'il faudrait au contraire alerter l'opinion. Tous les pays seraient touch&eacute;s, y compris les pays riches. De grands travaux protecteurs mobiliseraient des cr&eacute;dits consid&eacute;rables. <br /> <br /> La seule fa&ccedil;on d&rsquo;&eacute;viter que ceci ne se produise &ndash; et peut-&ecirc;tre est-il d&rsquo;ailleurs trop tard &ndash; serait de limiter s&eacute;v&egrave;rement la production de gaz &agrave; effet de serre, afin que la temp&eacute;rature globale d&rsquo;ici la fin du si&egrave;cle ne d&eacute;passe pas 1&deg;. James Hansen appelle, au-del&agrave; du discours politiquement contraint du GIEC ou Panel on Climate Change, &agrave; un regroupement des scientifiques d&eacute;cid&eacute;s &agrave; faire conna&icirc;tre publiquement les causes et les cons&eacute;quences de cette mont&eacute;e du niveau des mers. Ceci de toute urgence car le ph&eacute;nom&egrave;ne parait susceptible de s&rsquo;emballer de fa&ccedil;on incontr&ocirc;lable compte tenu de nombreux effets r&eacute;troactifs encore mal connus. <br /> <font face="Times New Roman">(image: La Floride apr&egrave;s une hausse de 5 m. du niveau oc&eacute;anique. En rouge les parties submerg&eacute;es)<br /> </font> Thu, 09 Aug 2007 23:00:00 GMT Accord Areva-Niger sur l'uranium http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=200 200 <img src="http://www.pan-europe.org/v2/repimg/20070808160436_somair.jpg" align="left" alt="photo" title="" border="0" /><br /><br /> Le Niger est le 4e producteur mondial d&rsquo;uranium, apr&egrave;s le Canada, l&rsquo;Australie, le Kazakhstan et la Russie. La demande ne cessera d&rsquo;augmenter dans les prochaines ann&eacute;es, suite au nouvel engouement qui s&rsquo;exprime pour les centrales &eacute;lectro-nucl&eacute;aires. La firme fran&ccedil;aise Areva, un des premiers industriels en ce domaine, se doit donc d&rsquo;assurer ses approvisionnements en combustible, si possible par des contrats &agrave; long terme garantis au plan diplomatique. Mais elle doit admettre que le temps n&rsquo;est plus o&ugrave; elle &eacute;tait presque seule sur ce march&eacute; et pouvait dicter ses conditions aux Etats miniers. <br /> <br /> Apr&egrave;s diverses p&eacute;rip&eacute;ties, qui pouvaient faire craindre une rupture entre les deux parties, Areva et le gouvernement du Niger se sont mis d&rsquo;accord, par un document sign&eacute; le 1er ao&ucirc;t, sur de nouveaux termes pour l&rsquo;exploitation des mines de Cominak et de Soma&iuml;r, situ&eacute;es pr&egrave;s d&rsquo;Arlit, dans le massif de l&rsquo;A&iuml;r. Le prix de vente sera plus &eacute;lev&eacute; et Areva perdra le monopole de l&rsquo;achat du minerai. Le Niger va certainement diversifier ses partenaires. De nombreux pays, dont la Chine, prospectent de plus en plus dans la r&eacute;gion et font le si&egrave;ge de Niamey. <br /> <br /> Il s&rsquo;agit d&rsquo;une &eacute;volution tout &agrave; fait normale, que l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t comme la morale conseillent d&rsquo;encourager. Un pays comme la France ne doit pas donner l&rsquo;exemple, ni en Europe ni dans le monde, d&rsquo;une exploitation sans scrupules des pays producteurs de mati&egrave;res premi&egrave;res. Areva pour sa part devra am&eacute;liorer les conditions d&rsquo;exploitation sur les sites et fournir au Niger des services associ&eacute;s. Mais cela ne l&rsquo;emp&ecirc;chera pas de proc&eacute;der ailleurs &agrave; d&rsquo;autres acquisitions, comme le rachat qui vient d&rsquo;&ecirc;tre annonc&eacute;, pour 2,5 milliards de dollars, du groupe canadien Uramin et de ses gisements en Afrique. <br /> <br /> Plus g&eacute;n&eacute;ralement, comme l&rsquo;uranium-minerai sera de plus en plus une denr&eacute;e rare, l&rsquo;une des solutions d&rsquo;avenir demeure la surg&eacute;n&eacute;ration. Abandonn&eacute;e par la France (&agrave; tort pensons-nous) suite aux difficult&eacute;s de Superphoenix, elle redeviendra possible dans de meilleurs conditions avec les futures centrales de 4e g&eacute;n&eacute;ration. Thu, 09 Aug 2007 23:00:00 GMT Possible origine accidentelle de l'épidémie de fièvre aphteuse britannique http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=199 199 <br /><br /> L'&eacute;pid&eacute;mie de fi&egrave;vre aphteuse annonc&eacute;e avant hier dans un &eacute;levage bovin du Surrey, dans le sud de l'Angleterre, pourrait provenir de la fuite d'un virus &eacute;tudi&eacute; dans un laboratoire public voisin. A la date de ce jour, 6 ao&ucirc;t 2007, les soup&ccedil;ons se portent sur le site de Pirbright, situ&eacute; &agrave; seulement cinq kilom&egrave;tres de cette exploitation, occup&eacute; par l'Institut de la sant&eacute; animale (IAH), organisme public, et Merial Animal Health, un laboratoire pharmaceutique sp&eacute;cialis&eacute; dans les maladies animales.<br /> <br /> &quot;<em>C'est une piste prometteuse mais nous ne sommes pas s&ucirc;rs</em>&quot;, a d&eacute;clar&eacute; ce 5 ao&ucirc;t sur BBC News24 Hilary Benn, ministre de l'Environnement, de l'Alimentation et des Affaires rurales (Defra). Cette souche &eacute;tait &quot;<em>tr&egrave;s semblable</em>&quot; &agrave; celle utilis&eacute;e &agrave; Pirbright. &quot;<em>Elle se trouve &agrave; l'IAH et a &eacute;t&eacute; utilis&eacute;e dans une pr&eacute;paration (de vaccin) fabriqu&eacute;e en juillet 2007 par le laboratoire de Merial</em>&quot;. <br /> <br /> L'Institut de la sant&eacute; animale (IAH) a ni&eacute; dimanche toute faille de sa s&eacute;curit&eacute;. Le virus d&eacute;tect&eacute; est &quot;t<em>r&egrave;s proche</em>&quot; d'une souche de 1967 conserv&eacute;e par le laboratoire, mais &quot;<em>nous l'avons utilis&eacute; de mani&egrave;re limit&eacute;e dans le laboratoire au cours des derni&egrave;res quatre semaines&quot;,</em> a soulign&eacute; son directeur, le professeur Martin Shriley. Merial a pour sa part suspendu par pr&eacute;caution la pr&eacute;paration de vaccins. Son implantation britannique fait partie des quatre laboratoires autoris&eacute;s par l'Union europ&eacute;enne &quot;&agrave; manipuler le virus aphteux vivant pour la production de vaccins&quot;. Les autres sont &agrave; Lyon (France), Cologne (Allemagne) et Lelystad (Pays-Bas). (<font face="Times New Roman">source AFP) </font><br /> <br /> Quoi qu'il en soit, cet &eacute;v&eacute;nement montre que les craintes exprim&eacute;es &agrave; l'&eacute;gard des laboratoires qui &eacute;tudient des germes pathog&egrave;nes ou tentent de modifier leurs g&eacute;nomes pour les rendre plus agressifs ne sont pas vaines. Ce sont surtout les scientifiques am&eacute;ricains qui pratiquent de telles recherches, sur financement du d&eacute;partement de la d&eacute;fense, et dans le but - illusoire pensons-nous - de lutter contre le bio-terrorisme. Des maladresses et le cas &eacute;ch&eacute;ant des actes criminels sont toujours &agrave; craindre. L'Europe n'est, comme on le voit, pas &agrave; l'abri de tels risques. Thu, 09 Aug 2007 23:00:00 GMT Le Livre Blanc Energie 2007 britannique http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=193 193 <br /><br /> Faisant suite &agrave; la revue de la politique en mati&egrave;re d'&eacute;nergie d&eacute;taill&eacute;e dans l'Energy Review 2006, publi&eacute;e en juin 2006 par le Departement for Trade and Industry (DTI), l'Energy White Paper 2007, publi&eacute; le 23 mai 2007, r&eacute;unit toutes les mesures pr&eacute;conis&eacute;es dans ce domaine par les Pouvoirs Publics britanniques. Il r&eacute;affirme tout d'abord les objectifs et priorit&eacute;s du gouvernement aux &eacute;chelles internationale, nationales, r&eacute;gionale et locales, d&eacute;j&agrave; &eacute;nonc&eacute;s dans les pr&eacute;c&eacute;dentes publications du DTI sur le sujet. Il permet aussi l'annonce de nouvelles mesures et le lancement de nouvelles consultations publiques en vue d'autres mesures. Au total, 18 consultations sont annonc&eacute;es sur des th&egrave;mes tr&egrave;s vari&eacute;s, des nouvelles centrales nucl&eacute;aires &agrave; la r&eacute;forme des Renewables Obligations en passant par les modalit&eacute;s d'am&eacute;nagement des grands projets &eacute;nerg&eacute;tiques et le d&eacute;mant&egrave;lement des installations &eacute;nerg&eacute;tiques offshore. <br /> <br /> La consultation d'un tel document, aussi int&eacute;ressant soit-il, fait regretter que les grands pays europ&eacute;ens ne proc&egrave;dent pas tous &agrave; de tels travaux et surtout ne se concertent pas pour rendre les politiques nationales compatibles. M&ecirc;me si une v&eacute;ritable politique &eacute;nerg&eacute;tique europ&eacute;enne n'&eacute;tait pas encore concevable vu les diff&eacute;rences d'int&eacute;r&ecirc;t nationaux, un minimum de coordination permettrait des &eacute;conomies d'&eacute;chelle consid&eacute;rables. Thu, 09 Aug 2007 23:00:00 GMT Le nouveau rapport de l'Agence Internationale de l'Energie http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=182 182 <br /><div align="justify">Aujourd'hui, dans un nouveau rapport, elle montre que l'accroissement de la hausse de la demande des produits p&eacute;troliers, conjugu&eacute;e avec la rar&eacute;faction des ressources &eacute;conomiquement exploitables, va conduire &agrave; une acc&eacute;l&eacute;ration de la crise. Plus t&ocirc;t que pr&eacute;vu, c'est-&agrave;-dire dans les 5 ans, les prix devraient monter et de nombreuses activit&eacute;s reposant sur l'exploitation du p&eacute;trole vont &ecirc;tre affect&eacute;es. L'AEI d&eacute;plore que les gouvernements et les entreprises continuent &agrave; ne pas tenir compte de ces pr&eacute;visions. <br /> <br /> En effet, au moment o&ugrave; les avertissements relatifs &agrave; l'imminence de la crise climatique se font plus pressants, les acteurs politiques et &eacute;conomiques multiplient les appels &agrave; la croissance, &agrave; la production, au commerce, au libre-&eacute;change. &agrave; la consommation, d'o&ugrave; ne peut que d&eacute;couler une consommation en forte hausse. Personne par contre ne pr&eacute;voit les mesures &agrave; prendre en cas de crise d&eacute;clar&eacute;e, laquelle s'&eacute;tendra &agrave; bien d'autres domaines que ceux li&eacute;s &agrave; l'&eacute;conomie du p&eacute;trole. L'Europe &agrave; cet &eacute;gard n'est gu&egrave;re plus sage que les Etats-Unis. M&ecirc;me le tr&egrave;s lib&eacute;ral Financial Times le constate.</div> Mon, 30 Jul 2007 23:00:00 GMT Ouverture du marché de l'électricité et du gaz. Aberrations du libéralisme http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=155 155 <br /><div align="justify"><br /> Expliquons-nous. Tout le monde en France se plaint aujourd'hui de la d&eacute;r&eacute;gulation dans le domaine du t&eacute;l&eacute;phone et de l'Internet. Des op&eacute;rateurs irresponsables, que chacun peut nommer, ont fait des offres attrayantes que ne supportait aucun investissement dans les r&eacute;seaux. R&eacute;sultat&nbsp;: l'op&eacute;rateur historique a &eacute;t&eacute; mis en difficult&eacute; et pour survivre, il a du lui aussi diminuer la qualit&eacute; de son offre. Dieu merci cependant il reste le meilleur. Pour ma part, je lui suis toujours fid&egrave;le et suis content de l'&ecirc;tre car quand je demande son intervention, elle arrive dans un d&eacute;lai plus que raisonnable. On me dira que sans concurrence, nous en serions encore en France au minitel. Certainement pas. On peut organiser, m&ecirc;me dans les r&eacute;seaux de t&eacute;l&eacute;communication, une certaine comp&eacute;tition entre grands offreurs dans un cadre globalement r&eacute;gul&eacute;...Mais il vaudrait mieux &eacute;videmment que ceci se fasse au niveau europ&eacute;en.<br /> <br /> Ceci dit, les TIC sont une chose. L'&eacute;lectricit&eacute;-gaz repr&eacute;sente un tout autre enjeu. D'une part, le domaine suppose des investissements massifs, tant en production qu'en distribution. En ce qui concerne le gaz, il s'ins&egrave;re dans des n&eacute;gociations g&eacute;opolitiques dont les Etats ne peuvent se d&eacute;sint&eacute;resser. Par ailleurs, ces investissements impactent lourdement le milieu. Les entreprises priv&eacute;es, aux mains d'un capital flottant et guid&eacute;es par le souci de r&eacute;mun&eacute;rer &agrave; court terme les actionnaires, ne les feront pas ou les feront &agrave; tort et &agrave; travers. Ce n'est pas sur le m&eacute;canisme du march&eacute; qu'il faut compter pour encourager, comme on le pr&eacute;tend, de petits producteurs marginaux faisant appel aux &eacute;nergies renouvelables. <br /> <br /> Les Etats doivent donc conserver des op&eacute;rateurs puissants, soutenus par des aides publiques et soumis &agrave; des cahiers des charges stricts. Si au niveau europ&eacute;en, les gouvernements pouvaient encourager des rapprochements, ce serait une bonne chose, mais ceux-ci doivent viser en premier lieu le renforcement de la capacit&eacute; de recherche/d&eacute;veloppement et de production des op&eacute;rateurs.<br /> <br /> Voyons maintenant la question des tarifs de vente au public. Actuellement les adversaires de la d&eacute;r&eacute;gulation dans l'&eacute;nergie font valoir, non sans arguments, que dans les pays qui l'ont d&eacute;j&agrave; mise en &oelig;uvre, apr&egrave;s une baisse momentan&eacute;e des prix, ceux-ci sont remont&eacute;s bien au del&agrave; des montants initiaux. Donc, le consommateur est perdant. On retrouve une situation qui se rapproche de celle faite aux abonn&eacute;s du t&eacute;l&eacute;phone apr&egrave;s ouverture &agrave; une concurrence sans r&egrave;gles. Mais pour nous, le bon argument contre la concurrence, aussi fond&eacute; qu'il soit, n'est pas l&agrave;. En effet, pour pr&eacute;parer l'Europe &agrave; la grande crise climatique et environnementale qui s'annonce, il ne faudrait pas diminuer les prix de l'&eacute;nergie mais les augmenter, afin d'encourager les &eacute;conomies. Que les prix de l'&eacute;lectricit&eacute; et du gaz s'&eacute;l&egrave;vent serait plut&ocirc;t dans cette perspective une bonne nouvelle. <br /> <br /> Mais cette augmentation ne devrait pas se faire au profit des actionnaires. Elle devrait favoriser les investissements. On voit bien alors qu'une telle politique n'aurait de sens que si elle portait sur toutes les &eacute;nergies et en priorit&eacute; sur celles produites par le charbon et le p&eacute;trole, avec notamment la taxe carbone envisag&eacute;e dans certains discours politiques, ou toutes autres mesures visant aux m&ecirc;mes fins. Nous n'en sommes pas l&agrave;, ni en France ni, encore moins, en Europe. <br /> <br /> Que conclure donc de ce qui pr&eacute;c&egrave;de&nbsp;? C'est que non seulement l'ouverture des march&eacute;s de l'&eacute;nergie ne devrait plus &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;e comme la priorit&eacute; pour l'Europe, mais encore qu'il faudrait substituer &agrave; cette politique &ndash; trop facile h&eacute;las &ndash; d'ouverture, une politique globale de l'&eacute;nergie, portant &agrave; la fois sur les &eacute;conomies, les investissements dans les sources de production non polluantes et les r&eacute;seaux de distribution s&eacute;curis&eacute;s, la d&eacute;finition de tarifs favorisant en priorit&eacute; la rationalisation des usages. Autrement dit, il ne peut s'agir l&agrave; que de questions r&eacute;galiennes, &agrave; discuter et d&eacute;cider dans les conf&eacute;rences intergouvernementales europ&eacute;ennes. Les esprits sont loin aujourd'hui d'en convenir. Mais parions qu'avec le renforcement de la crise environnementale, ils changeront vite d'avis et se tourneront vers les Etats ...et les institutions europ&eacute;ennes, afin d'y chercher &agrave; la fois la protection et l'audace qui s'imposent dans ce domaine vital de l'&eacute;nergie.<br /> <br /> </div> Mon, 30 Jul 2007 23:00:00 GMT Politique de l'eau en Europe http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=154 154 <br /><p><br /> La cour de justice europ&eacute;enne a &eacute;t&eacute; saisie d'une plainte contre la France &eacute;manant de la Commission europ&eacute;enne, pour cause de pollution persistante des eaux bretonnes. Les professions agricoles, avec en arri&egrave;re main les industries chimiques, s'indignent et arguent des progr&egrave;s accomplis, mais le fait est l&agrave;. Il est confirm&eacute; par le rapport de la mission &laquo;&nbsp;Ecologie et d&eacute;veloppement durable&nbsp;&raquo; pr&eacute;sid&eacute; par la s&eacute;natrice UMP du Bas Rhin Fabienne Keller et pr&eacute;sent&eacute; le 27 juin (non disponible en ligne &agrave; ce jour) sur la politique de l'eau en France. Il est accablant. La dilution des responsabilit&eacute;s, le manque d'engagement des r&eacute;gions et de l'Etat ont laiss&eacute; le champ libre, non seulement &agrave; la d&eacute;gradation des cours d'eau mais du fait de la mauvaise qualit&eacute; des eaux &agrave; de multiples atteintes aux sant&eacute;s humaine, animale et v&eacute;g&eacute;tale. On peut se demander quelle autorit&eacute; gouvernementale va prendre en main le dossier, entre le nouveau minist&egrave;re de l'environnement et le minist&egrave;re de l'agriculture, qui reste tr&egrave;s proche des int&eacute;r&ecirc;ts des exploitants agricoles et &eacute;leveurs.<br /> <br /> Ceci dit, l'accent mis sur la mauvaise situation des eaux en France ne doit pas faire oublier qu'elle n'est gu&egrave;re meilleure chez nos voisins. Les cultures et &eacute;levages hors sols se multiplient et s'accompagnent d'un gaspillage et d'une pollution des eaux croissants. R&eacute;cemment, les autorit&eacute;s espagnoles se sont, un exemple parmi de nombreux autres, inqui&eacute;t&eacute;es de l'&eacute;puisement rapide des nappes phr&eacute;atiques fossiles qui avaient jusqu'ici permis le d&eacute;veloppement exponentiel des cultures mara&icirc;ch&egrave;res sous plastique en Andalousie.</p> Mon, 30 Jul 2007 23:00:00 GMT Rapport de la FAO: L'agriculture biologique face au défi de la sécurité alimentaire http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=187 187 <br /><p>&ldquo;L'agriculture biologique n'est plus un ph&eacute;nom&egrave;ne propre aux pays d&eacute;velopp&eacute;s. En 2006, elle &eacute;tait pratiqu&eacute;e dans 120 pays sur un total de 31 millions d'hectares et repr&eacute;sentait un march&eacute; de 40 milliards de dollars&rdquo;, souligne la FAO dans un rapport Agriculture biologique et s&eacute;curit&eacute; alimentaire pr&eacute;sent&eacute; &agrave; la <strong>Conf&eacute;rence internationale sur l'agriculture biologique et la s&eacute;curit&eacute; alimentaire </strong>qui s'est tenue du 3 au 5 mai 2007 &agrave; Rome au si&egrave;ge de la FAO.<br /> <br /> Le rapport identifie les points forts et les faiblesses de l'agriculture biologique en ce qui a trait &agrave; sa contribution &agrave; la s&eacute;curit&eacute; alimentaire. Il analyse les caract&eacute;ristiques de la cha&icirc;ne d'approvisionnement biologique au regard de la Plate-forme du droit &agrave; l'alimentation. Et il formule des propositions en mati&egrave;re de politique et de recherche en vue d'am&eacute;liorer les performances de l'agriculture biologique au triple plan national, international et institutionnel. <br /> <br /> &ldquo;La principale caract&eacute;ristique de l'agriculture biologique est qu'elle s'appuie sur des biens de production disponibles sur place et n'utilise pas de carburants fossiles; le recours &agrave; des proc&eacute;d&eacute;s naturels am&eacute;liore aussi bien le rapport efficience-co&ucirc;t que la r&eacute;silience des &eacute;cosyst&egrave;mes agricoles au stress climatique&rdquo;, selon le rapport.<br /> <br /> &ldquo;En g&eacute;rant la biodiversit&eacute; dans le temps (rotation des cultures) et l'espace (cultures associ&eacute;es), les agriculteurs bio utilisent la main-d'oeuvre et les services environnementaux pour intensifier la production de mani&egrave;re durable. Autre avantage: l'agriculture biologique rompt le cercle vicieux de l'endettement pour l'achat d'intrants agricoles, endettement qui entra&icirc;ne un taux alarmant de suicides dans le monde rural.&rdquo; <br /> <br /> Le rapport reconna&icirc;t que &ldquo;dans les pays en d&eacute;veloppement, la plupart des produits alimentaires biologiques certifi&eacute;s sont destin&eacute;s &agrave; l'exportation&rdquo; et ajoute que &ldquo;lorsque les cultures de rente sont li&eacute;es &agrave; des am&eacute;liorations agro&eacute;cologiques et procurent des revenus suppl&eacute;mentaires aux paysans pauvres, cela entra&icirc;ne une meilleure autosuffisance alimentaire et un regain de vitalit&eacute; pour les petites exploitations agricoles&rdquo;.<br /> <br /> Toujours selon le rapport, certaines conditions doivent &ecirc;tre r&eacute;unies lorsqu'on se convertit &agrave; l'agriculture biologique. Il s'agit principalement de la connaissance agro&eacute;cologique et de la disponibilit&eacute; de la main-d'oeuvre. &ldquo;La gestion biologique est une approche cognitive n&eacute;cessitant une bonne connaissance des processus agro&eacute;cologiques et elle reste une contrainte l&agrave; o&ugrave; la main-d'oeuvre est rare, notamment au sein des populations d&eacute;cim&eacute;es par le sida.&rdquo; <br /> <br /> Le rapport cite des mod&egrave;les r&eacute;cents sur l'approvisionnement mondial qui montrent que l'agriculture biologique peut produire assez par t&ecirc;te d'habitant pour nourrir la population actuelle de la plan&egrave;te.<br /> <br /> &ldquo;Ces mod&egrave;les sugg&egrave;rent que l'agriculture biologique a le potentiel de satisfaire la demande alimentaire mondiale, tout comme l'agriculture conventionnelle d'aujourd'hui, mais avec un impact mineur sur l'environnement&rdquo;, selon la FAO.<br /> <br /> <br /> </p> Mon, 30 Jul 2007 23:00:00 GMT Consommation de carbone et bien être en Europe. Rapport de la NEF http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=188 188 <br /><p>Le rapport de la Nef a utilis&eacute; un &laquo;&nbsp;<em>European Happy Planet Index</em>&nbsp;&raquo; qui mesure en fonction de leur consommation en carbone la fa&ccedil;on selon laquelle 30 nations europ&eacute;ennes assurent &agrave; leurs citoyens des vies longues et en bonne sant&eacute;. Le tableau est tr&egrave;s diff&eacute;rent selon les pays. De plus, la situation s'est d&eacute;t&eacute;rior&eacute;e depuis 40 ans.&nbsp; A une &eacute;poque o&ugrave; l'accent est mis de plus en plus sur les cons&eacute;quences du changement climatique, ce r&eacute;sultat est particuli&egrave;rement pr&eacute;occupant. <br /> <br /> Les syst&egrave;mes assurant le bien-&ecirc;tre &eacute;conomique et social des pays europ&eacute;ens diff&egrave;rent dans un rapport de 1 &agrave; 6&nbsp; au regard de leur empreinte environnementale. Le Royaume Uni vient au 21e rang sur les 30 pays pour l'efficacit&eacute; &eacute;nerg&eacute;tique de ses politiques de bien-&ecirc;tre, devan&ccedil;ant seulement le Portugal, la Gr&egrave;ce et le Luxembourg. C'est l'Islande qui tient la t&ecirc;te du palmar&egrave;s. Ce pays montre qu'il peut assurer le &quot; bonheur &quot;de ses habitants au meilleur co&ucirc;t environnemental. Il conjugue des politiques sociales ambitieuses et un usage intensif des ressources renouvelables. <br /> <br /> Les auteurs du rapport recommandent aux pouvoirs publics europ&eacute;ens de ne pas h&eacute;siter &agrave; d&eacute;courager les formes de production et de consommation inspir&eacute;es par l'exemple anglo-saxon qui imposent des d&eacute;penses anormalement &eacute;lev&eacute;es en carbone. Le bonheur des citoyens n'en souffrira pas. Au contraire.</p> Mon, 30 Jul 2007 23:00:00 GMT Accord bienvenu à Bruxelles. Et maintenant, que fait-on pour renforcer l'Europe&nbsp;? http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=146 146 <br /><div align="justify"><br /> </div> <div align="justify">Comme le souhaitait la chanceli&egrave;re Angela Merkel, les 27 se sont mis d'accord sur un mandat pour la conf&eacute;rence intergouvernementale (CIG) qui sera charg&eacute;e de r&eacute;diger le trait&eacute; avant la fin de l'ann&eacute;e 2007. L'accord reprend certains des avanc&eacute;es institutionnelles du d&eacute;funt trait&eacute;: la double majorit&eacute; pour faciliter la prise de d&eacute;cision &agrave; 27, la pr&eacute;sidence stable du conseil europ&eacute;en, un ministre des affaires &eacute;trang&egrave;res de l'Union (qui ne portera pas ce titre mais fera fonction), l'extension du champ de la majorit&eacute; qualifi&eacute;e (hors domaines sociaux et fiscaux, malheureusement). Un processus de sortie de l'Union est pr&eacute;vu, qui pourra avoir un effet dissuasif. Le pr&eacute;sident Sarkozy pour sa part a fait retirer la mention faisant de la &quot;concurrence&quot; un des principes fondateurs de l'Union. Cette derni&egrave;re disposition qui passera peut-&ecirc;tre inaper&ccedil;ue est &agrave; nos yeux capitale. Elle remet en cause 30 ans de lib&eacute;ralisme &eacute;conomique dont on mesure de plus en plus les d&eacute;g&acirc;ts. Elle devrait permettre de reprendre le chemin de bon sens, celui d'une r&eacute;gulation politique des activit&eacute;s &eacute;conomiques. Il fallait que la d&eacute;l&eacute;gation britannique soit vraiment au plus bas pour l'avoir laiss&eacute;e passer. Mais les lib&eacute;raux n'ont pas dit leur dernier mot. <br /> <br /> Le calendrier institutionnel est d&eacute;sormais fix&eacute;. La Conf&eacute;rence Intergouvernementale s'ouvrira le 23 juillet prochain pour se terminer avant la fin de l'ann&eacute;e. L'objectif est une entr&eacute;e en vigueur du nouveau trait&eacute; en 2009. Les 27 devront d'ici l&agrave; ratifier le projet. Nicolas Sarkozy s'est engag&eacute; pour la France &agrave; passer par la voie parlementaire pour &eacute;viter un deuxi&egrave;me ''non'' qui serait d&eacute;sastreux. Tony Blair et Gordon Brown entendent eux aussi &eacute;viter le r&eacute;f&eacute;rendum en Grande-Bretagne. Mais rien n'assure qu'ils le feront.<br /> <br /> A l'inverse, il ne faut pas minimiser les reculs par rapport &agrave; l'Europe que proposait l'ex TCE. Les symboles de l'Europe sont enterr&eacute;s. La perspective d'une marche fut-elle progressive vers l'Europe f&eacute;d&eacute;rale est ferm&eacute;e. Le poids des Etats atlantistes et souverainistes ne diminue pas. Il aura pleinement l'occasion de s'exercer lors des discussions en Conf&eacute;rence Intergouvernementale qui risquent de tout remettre sur la table. Si la Grande Bretagne ou quelque autre Etat reprenait l'id&eacute;e de soumettre le trait&eacute; au r&eacute;f&eacute;rendum, tout serait &agrave; nouveau compromis. Sous la pression du Vatican enfin, mention sera faite des traditions religieuses de l'Europe, ce qui parait une incitation &agrave; la remise en cause de la la&iuml;cit&eacute; et &agrave; une reprise des conflits entre religions. Rappelons que le pr&eacute;sident Chirac s'y &eacute;tait toujours oppos&eacute;.<br /> <br /> Dans ces conditions, ceux qui comme nous veulent une Europe forte doivent-ils se satisfaire de ces d&eacute;cisions? Certes, elles valent mieux qu'un constat d'&eacute;chec qui, sous les yeux int&eacute;ress&eacute;s de l'Am&eacute;rique, de la Russie et de la Chine, aurait v&eacute;ritablement &eacute;t&eacute; suicidaire. Mais nous pensons que l'accord obtenu est v&eacute;ritablement a minima. Il n'est pas certain que les opinions se rendent compte d'un changement quelconque par rapport &agrave; l'&eacute;tat actuel des institutions. <br /> <br /> Pour &eacute;viter que l'Europe ne retombe dans l'apathie, il faudrait donc que des initiatives europ&eacute;ennes significatives se fassent jour. Elles impliqueraient si possible les 27 gouvernements mais si cela n'est pas possible, elles devraient se limiter aux Etats fondateurs, en pratique les actuels membres de l'Eurogroupe. Elles montreraient aux citoyens europ&eacute;ens, comme au reste du monde, le r&ocirc;le nouveau et plus ambitieux que doit jouer l'Europe, consid&eacute;r&eacute;e non comme une construction juridique mais comme une superpuissance de fait, irr&eacute;ductible aux efforts de ceux qui veulent l'abattre. Il ne faut &eacute;videmment pas pour cela attendre ni 2012 ni m&ecirc;me 2009. C'est maintenant que ceux qui d&eacute;fendent cette approche pragmatique mais audacieuse doivent agir et faire des propositions.<br /> <br /> On retrouvera toutes les questions rest&eacute;es en suspens ces derniers mois, o&ugrave; l'Europe a brill&eacute; par son absence ou son inefficacit&eacute;. Citons en d&eacute;sordre la situation au Moyen-Orient, la lutte contre les changements climatiques et pour la biodiversit&eacute;, les investissements en &eacute;nergies renouvelables, les politiques de co-d&eacute;veloppement notamment avec l'Afrique, les questions de d&eacute;fense et de s&eacute;curit&eacute;.&nbsp; Nous y ajouterons les grandes politiques scientifiques et technologiques indispensables &agrave; la souverainet&eacute; europ&eacute;enne&nbsp;: spatial, infotechnologies, biotechnologies, sciences cognitives. Dans ces derniers domaines, un renforcement rapide des budgets attribu&eacute;s aux actions communes s'impose. Peu importe que ces questions fassent ou non l'objet actuellement de comp&eacute;tences communes. L'essentiel est d'agir, avec prime &agrave; celui qui donnera le premier l'exemple le plus fort. <br /> <br /> Mais de quels Etats peut-on raisonnablement attendre que viennent de telles initiatives? Evidemment d'abord de la France. La France peut retrouver l&agrave; sa tradition des grands programmes et des strat&eacute;gies ambitieuses. Il ne s'agit pas dans un premier temps d'aligner des moyens mais de formuler des buts. Nous souhaitons pour notre part que le gouvernement fran&ccedil;ais affiche d&egrave;s maintenant des objectifs ambitieux dans les domaines &eacute;num&eacute;r&eacute;s ci-dessus, que ce soit en France proprement dite ou en partenariat avec d'autres pays europ&eacute;ens sinon avec l'ensemble de l'Union. L'opposition, plut&ocirc;t qu'ergoter sur le Trait&eacute;, devrait le pousser &agrave; le faire.<br /> <br /> <em><strong>G&eacute;rard Bokanowski nous propose d'ajouter le commentaire suivant:</strong><br /> Sur les r&eacute;sultats du Conseil Europ&eacute;en, je pense que, compte tenu des positions de d&eacute;part, on peut &ecirc;tre plus positif dans 4 domaines: <br /> -la Charte des Droits fondamentaux qui entre dans le droit positif avec &quot;l'opting out&quot; britannique, il est vrai.<br /> -la reconnaissance des services publics.<br /> -les coop&eacute;rations renforc&eacute;es (promises &agrave; un grand avenir).<br /> -l'extension des pouvoirs du Parlement Europ&eacute;en. D&egrave;s lors que l'on &eacute;tend le champ d'application des d&eacute;cisions susceptibles d'&ecirc;tre prises &agrave; la majorit&eacute; qualifi&eacute;e, on &eacute;tend les domaines de la proc&eacute;dure de co-d&eacute;cision. <br /> -l'extension du r&ocirc;le des parlements nationaux.<br /> </em><br /> <br /> </div> Fri, 29 Jun 2007 23:00:00 GMT A propos du rapport de la Commission européenne “Adapting to Climate Change in Europe — Options for EU Action" http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=152 152 <br /><p><br /> Nous sommes de ceux qui pensent que les lib&eacute;raux europ&eacute;ens, pr&ocirc;nant l'initiative priv&eacute;e comme rem&egrave;de unique aux maux qui menacent l'Europe, seront de moins en moins audibles. De m&ecirc;me que ceux, souvent les m&ecirc;mes, pour qui les entreprises am&eacute;ricaines seront les seules &agrave; pr&eacute;senter des solutions acceptables. L'Europe devra pour survivre en revenir &agrave; des formes de gouvernance inspir&eacute;es de ce que l'on appelait au si&egrave;cle dernier des &eacute;conomies de guerre. Pour cela, elle ne pourra compter que sur ses seules ressources, notamment scientifiques et technologiques. Gouvernements et opinions doivent donc d&egrave;s maintenant r&eacute;fl&eacute;chir aux politiques publiques qui s'imposeront &agrave; elle, que les lib&eacute;raux le veuillent ou non.<br /> <br /> Il est int&eacute;ressant de voir que c'est du sein de la Commission europ&eacute;enne, pourtant &agrave; juste titre consid&eacute;r&eacute;e comme soumise &agrave; l'id&eacute;ologie lib&eacute;rale impos&eacute;e par l'influence am&eacute;ricaine, que viennent d&eacute;sormais les avertissements. Un rapport r&eacute;dig&eacute; par des experts de la Commission, encore non rendu public (<em>&ldquo;Adapting to Climate Change in Europe &mdash; Options for EU Action&quot;</em>), pr&eacute;sent&eacute; le 29 juin devant celle-ci, &eacute;tablit un plan d'action contre les cons&eacute;quences &laquo;&nbsp;catastrophiques&nbsp;&raquo; du r&eacute;chauffement climatique. Il s'accompagne d'un catalogue de mesures de protection et de restructuration des diverses infrastructures &eacute;conomiques, sociales, urbaines, etc., &agrave; prendre pour faire face &agrave; des changements susceptibles d'&ecirc;tre subits et chaotiques. <br /> <br /> Plus pr&eacute;cis&eacute;ment encore que les rapports pr&eacute;c&eacute;dents du GIEC, ce texte &eacute;voque la d&eacute;sertification des r&eacute;gions m&eacute;diterran&eacute;ennes, notamment au sud, la fonte des glaciers alpins et scandinaves, l'inondation des zones littorales, qui sont les plus riches et les plus peupl&eacute;es. Il faudra d&eacute;placer et r&eacute;implanter les ports et la majorit&eacute; des industries et des villes situ&eacute;es dans ces zones. Rien de ceci, qui co&ucirc;tera des fortunes, ne pourra se faire sans des politiques publiques extr&ecirc;mement contraignantes. <br /> <br /> Le pr&eacute;sident Jose Manuel Barroso, apr&egrave;s une tourn&eacute;e d'information au Gro&euml;land, est revenu convaincu de l'urgence de &laquo;&nbsp;faire quelque chose&nbsp;&raquo; . Va-t-il devenir le h&eacute;raut de l'interventionnisme public et entra&icirc;ner dans sa conviction nouvelle tous les groupes de pression lib&eacute;raux qui s&eacute;vissent &agrave; Bruxelles&nbsp;? O&ugrave; s'agit-il pour lui de se mettre de fa&ccedil;on superficielle &agrave; l'unisson des voix qui aux Etats-Unis font de plus en plus pression pour que G.W. Bush prenne en compte la crise climatique face aux int&eacute;r&ecirc;ts industriels&nbsp;? Certains pensent que face &agrave; la remont&eacute;e qu'il pressent des nationalismes, il veuille redonner &agrave; l'Europe une dimension f&eacute;d&eacute;ratrice. S'il en &eacute;tait ainsi, nous ne nous en plaindrions pas. Nous reviendrons plus en d&eacute;tail sur cette question le mois prochain. 28/06/07 <br /> <br /> </p> Fri, 29 Jun 2007 23:00:00 GMT Politiques industrielles européennes http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=147 147 <br /><p>Nous attendions avec impatience le discours du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique &agrave; l'issue de sa visite du Salon du Bourget le 23 juin. Le bruit avait couru qu'il devait recommander une relance des ambitions spatiales de l'Europe. A la lecture des comptes-rendus des agences et faute de disposer encore sur le site de l'Elys&eacute;e du texte complet du discours de Nicolas Sarkozy, il faut bien reconna&icirc;tre que cela n'a pas &eacute;t&eacute; le cas. <br /> <br /> Le pr&eacute;sident a certes prononc&eacute; des phrases que nous ne pouvons qu'approuver, concernant la politique industrielle de l'Europe. On sait qu'il avait la veille demand&eacute; le retrait de la concurrence &quot;libre et non fauss&eacute;e&quot; des imp&eacute;ratifs du nouveau trait&eacute; europ&eacute;en. Au Bourget, il a (source AFP) <em>&quot; soulign&eacute; que la politique de la concurrence devait s'inscrire dans la perspective d'une politique industrielle europ&eacute;enne, en r&eacute;cusant &quot;une approche id&eacute;ologique qui fait de la concurrence une fin en soi&quot;. Il a r&eacute;clam&eacute; la r&eacute;ciprocit&eacute; &quot;aux Etats-Unis et &agrave; la Chine en mati&egrave;re d'acc&egrave;s au march&eacute;&quot;. &quot;La na&iuml;vet&eacute; c'est fini, la r&eacute;ciprocit&eacute; &ccedil;a commence, a-t-il dit &agrave; l'intention de ces deux pays. &quot;Vous voulez que nous ouvrions nos march&eacute;s, nous les ouvrirons &agrave; la minute o&ugrave; vous les ouvrirez&quot; et &quot;nous d&eacute;ferons nos barri&egrave;res tarifaires &agrave; la minute o&ugrave; vous abaisserez les v&ocirc;tres&quot;. &quot;Nous devons mener une politique industrielle avec la m&ecirc;me libert&eacute; d'interpr&eacute;tation que celle que s'accordent nos amis am&eacute;ricains, chinois, indiens ou br&eacute;siliens&quot;, a-t-il fait valoir.&quot;</em><br /> <br /> Mais dans quelles directions mener une politique industrielle, aussi bien au plan europ&eacute;en que fran&ccedil;ais&nbsp;? Nicolas Sarkozy a &eacute;voqu&eacute; Airbus, en annon&ccedil;ant que le sommet franco-allemand pr&eacute;vu avec la chanceli&egrave;re Angela Merkel chez Airbus &agrave; Toulouse aurait lieu le 16 juillet et en invitant les actionnaires d'EADS, Daimler-Chrysler et Lagard&egrave;re, &agrave; une r&eacute;union de travail &agrave; cette occasion.<br /> <br /> Par contre, sur la d&eacute;fense, il a paru en retrait. Il a demand&eacute; (source AFP) une <em>&quot; remise &agrave; plat&quot; des programmes militaires fran&ccedil;ais, y compris ceux d&eacute;j&agrave; engag&eacute;s, avant la prochaine loi de programmation militaire qui d&eacute;bute apr&egrave;s 2008 dont il a critiqu&eacute; le processus d'&eacute;laboration. &quot;On n'est pas oblig&eacute;s de reprendre un processus qui n'a pas produit que des r&eacute;ussites&quot;. Il a jug&eacute; que l'Europe ne peut pas &quot;se payer le luxe&quot; de dupliquer les programmes, citant l'existence au sein de l'UE de &quot;cinq programmes de missiles sol-air, trois programmes d'avions de combat, six programmes de sous-marins d'attaque et plus d'une vingtaine de programmes de blind&eacute;s &quot;.</em><br /> <br /> Ceci est tout &agrave; fait exact, mais suppose des coop&eacute;rations en profondeur avec ceux des Etats europ&eacute;ens qui ne comptent pas seulement sur les armements am&eacute;ricains impos&eacute;s &agrave; l'Otan pour assurer la d&eacute;fense de l'Europe. Si ces coop&eacute;rations n'aboutissent pas rapidement, il ne se passera rien. L'exemple du 2e porte-avions fran&ccedil;ais ou de l'utilisation pour la d&eacute;fense des informations du futur syst&egrave;me Galil&eacute;o montre que jusqu'&agrave; pr&eacute;sent la France n'a, ni r&eacute;ussi &agrave; entra&icirc;ner la coop&eacute;ration de gouvernements importants pour la d&eacute;fense europ&eacute;enne comme ceux de l'Allemagne et de la Grande Bretagne, ni a d&eacute;faut rien d&eacute;cid&eacute; pour son propre compte.<br /> <br /> Il y a bien plus grave. Le silence de Nicolas Sarkozy sur la n&eacute;cessaire relance de l'Europe spatiale, qui est pourtant en discussion au sein des Etats-membres de l'Esa et de la Commission europ&eacute;enne, est particuli&egrave;rement inqui&eacute;tant. La France va-t-elle renoncer &agrave; son r&ocirc;le traditionnel de chef de file dans ce domaine vital pour l'Europe?</p> Fri, 29 Jun 2007 23:00:00 GMT Nouvelles de l'Agence spatiale européenne http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=140 140 <br /><p>L'Esa a sign&eacute; avec Thales Alenia Space, le 18 juin au salon du Bourget, la commande de Sentinel 1, le premier de la s&eacute;rie de satellites destin&eacute;s au sein du futur r&eacute;seau GMES &agrave; suivre les changements de l'environnement terrestre. Le co&ucirc;t en est de 229 millions d'euros et le lancement est pr&eacute;vu pour 2011. C'est bien mais les impatients diront que le d&eacute;ploiement du r&eacute;seau GMES se fera bien tardivement et bien lentement, alors que l'urgence pour l'Europe d'obtenir des donn&eacute;es fiables sur ce sujet hyper-sensible est plus grande que jamais. <br /> <br /> Lors de ce m&ecirc;me salon du Bourget, le directeur g&eacute;n&eacute;ral de l'Esa, Jean-Jacques Dordain et l'Administrateur de la Nasa Michael Griffin ont sign&eacute; un accord de coop&eacute;ration, impliquant &eacute;galement l'Agence spatiale canadienne, concernant le remplacement du t&eacute;l&eacute;scope orbital Hubble par le James Webb Space Telescope (JWST) qui devrait &ecirc;tre lanc&eacute; en 2013 et rester en fonctionnement au moins 5 ans. Ce t&eacute;lescope dot&eacute; d'un miroir de 6,5 de diam&egrave;tre (au lieu de 2,4 pour Hubble) sera &eacute;quip&eacute; d'appareils permettant des observations nouvelles dans les diff&eacute;rentes gammes. L'Esa en assurera le lancement avec une Ariane 5 ECA et fournira en coordination avec les instruments de la Nasa un spectrograph dit Near-Infrared spectrograph (NIRSpec). Un consortium associant d'autres europ&eacute;ens et la Nasa &eacute;quipera le t&eacute;lescope d'un Mid-Infrared Instrument (MIRI)<br /> <br /> Dans un autre domaine l'accord Nasa - Esa pr&eacute;voit que cette derni&egrave;re concevra, d&eacute;veloppera et lancera &agrave; la m&ecirc;me &eacute;poque la mission Pathfinder dot&eacute;e de l'&eacute;quipement LISA (Laser Interferometer Space Antenna). La mission LISA Pathfinder est destin&eacute;e &agrave; pr&eacute;parer la mission LISA conjointe entre l'Esa et la Nasa pour la recherche des ondes gravitationnelles. </p> Fri, 29 Jun 2007 23:00:00 GMT Pesticides. Révélations sur un scandale français, livre de Fabrice Nicolino et François Veillerette http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=135 135 <br /><div align="justify"><br /> On pourrait &ecirc;tre tent&eacute; de ranger le livre de Fabrice Nicolino et Fran&ccedil;ois Veillerette, Pesticides, parmi les nombreux libelles produits par les militants &eacute;cologistes s'en prenant avec plus ou moins d'objectivit&eacute; aux multinationales des secteurs agro-alimentaire et phytosanitaire. Nous estimons que ce serait une erreur. M&ecirc;me si cet ouvrage est &eacute;crit avec passion &ndash; ce qui n'est pas une critique &ndash; il pose de graves questions qui doivent int&eacute;resser, non seulement les lecteurs de notre revue, suppos&eacute;s soucieux de mieux conna&icirc;tre les relations entre les scientifiques et les pouvoirs, mais chacun de nous en tant que citoyens. Observons d'embl&eacute;e que les constatations faites par les auteurs pourraient &ecirc;tre transpos&eacute;es avec un certain nombre de pr&eacute;cautions &agrave; tout ce qui concerne la vente et l'utilisation des produits dits chimiques dans l'industrie et pour les usages domestiques. Les protestations des industriels de la chimie europ&eacute;enne ayant accompagn&eacute; la mise en place du programme communautaire Reach, entr&eacute; en application le 1er juin 2007 sous la responsabilit&eacute; de l'agence europ&eacute;enne ECHA (European Chemichals Agency) en ont donn&eacute; l'illustration. La question des OGM doit aussi &ecirc;tre abord&eacute;e dans la m&ecirc;me optique, puisque pour le moment les recherches sur les organismes g&eacute;n&eacute;tiquement modifi&eacute;es et les pratiques commerciales en d&eacute;coulant sont uniquement le fait des multinationales d&eacute;nonc&eacute;es par Pesticides. <br /> <br /> Avant de dresser la liste des questions pos&eacute;es par le livre, indiquons que l'enqu&ecirc;te &agrave; laquelle se sont livr&eacute;e les auteurs nous a paru particuli&egrave;rement scrupuleuse et aussi compl&egrave;te qu'il &eacute;tait possible pour un ouvrage de 380 pages. Les sources sont toutes cit&eacute;es et v&eacute;rifiables, notamment lorsqu'elles ont fait l'objet d'&eacute;dition sur Internet. Les personnes interrog&eacute;es semblent l'avoir &eacute;t&eacute; avec objectivit&eacute;. Les rares d'entre elles ayant refus&eacute; de r&eacute;pondre sont cit&eacute;es, ce qui permettrait &eacute;ventuellement de s'adresser &agrave; elles pour compl&eacute;ment d'information. Nous ne sommes certes pas en pr&eacute;sence d'une th&egrave;se universitaire. Le fond et la forme sont propres au journalisme d'investigation, mais nous ne voyons aucune raison s&eacute;rieuse de rejeter l'ouvrage en bloc, en l'attribuant &agrave; on ne sait quelle man&oelig;uvre souterraine visant &agrave; d&eacute;stabiliser l'industrie, l'agriculture, la science et l'administrations fran&ccedil;aises. Ajoutons que beaucoup des comportements observ&eacute;s se retrouvent dans les principaux pays europ&eacute;ens et posent donc globalement la question de la fa&ccedil;on dont les citoyens de l'Union peuvent s'informer et r&eacute;agir face aux abus provenant des professions et des administrations relevant des domaines agro-alimentaire, phytosanitaire, v&eacute;t&eacute;rinaire et pharmaceutique.<br /> <br /> <strong>Les &laquo;&nbsp;int&eacute;r&ecirc;ts am&eacute;ricains&nbsp;&raquo; acteurs de la r&eacute;volution verte</strong><br /> <br /> Dans le cadre d'un article n&eacute;cessairement court, nous n'allons pas r&eacute;sumer le livre, mais avant d'&eacute;voquer les graves questions qu'il pose &agrave; chaque citoyen comme &agrave; chaque d&eacute;cideur, r&eacute;sumons bri&egrave;vement l'histoire qu'il nous raconte. C'est celle de la transformation acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e de l'agriculture fran&ccedil;aise traditionnelle, &agrave; la fin de la derni&egrave;re guerre, en vue de r&eacute;pondre aux besoins alimentaires de la population. L'agriculture est en moins de vingt ans devenue intensive et productiviste, par l'emploi syst&eacute;matique du machinisme, des engrais chimiques et des pesticides. Mais cette transformation, selon les auteurs, aurait pu se faire plus progressivement et en respectant davantage les &eacute;quilibres naturels si elle n'avait pas &eacute;t&eacute; pilot&eacute;e de l'ext&eacute;rieur et quasi impos&eacute;e au monde rural par ce qu'il faut bien appeler les &laquo;&nbsp;int&eacute;r&ecirc;ts am&eacute;ricains&nbsp;&raquo;. L'histoire est particuli&egrave;rement int&eacute;ressante car l'on retrouve ces m&ecirc;mes int&eacute;r&ecirc;ts, sous des formes et avec des acteurs diff&eacute;rents, dans tout ce qui a orchestr&eacute; le redressement de l'&eacute;conomie et de la soci&eacute;t&eacute; de l'Europe occidentale, ainsi que la mise en place de l'Union europ&eacute;enne sous sa forme initiale dite du March&eacute; commun. Nous avons d&eacute;j&agrave; &eacute;voqu&eacute; la question dans cette revue &agrave; propos de Plan Marshall et des accords Blum-Byrnes ouvrant le domaine culturel aux majors du cin&eacute;ma am&eacute;ricain. Le m&ecirc;me ph&eacute;nom&egrave;ne s'&eacute;tait produit &agrave; une bien plus grande &eacute;chelle dans les domaines de la d&eacute;fense et des industries strat&eacute;giques en g&eacute;n&eacute;ral, puis dans celui des technologies de l'information. <br /> <br /> Par int&eacute;r&ecirc;ts am&eacute;ricains, il faut entendre ce que l'on d&eacute;nomme dor&eacute;navant le complexe politico-industriel unissant les grandes entreprises am&eacute;ricaines et les repr&eacute;sentants du D&eacute;partement d'Etat, des minist&egrave;res techniques et des agences f&eacute;d&eacute;rales. Dans le cas de l'agriculture, le livre les d&eacute;signe clairement. Il s'agit du monde du machinisme agricole, des engrais chimiques, de l'industrie phyto-sanitaire et des semenciers &ndash; ces derniers se retrouvant aujourd'hui derri&egrave;re les campagnes visant &agrave; g&eacute;n&eacute;raliser les OGM en Europe. C'est par l'action conjugu&eacute;e et harmonieuse de ces divers int&eacute;r&ecirc;ts que le monde rural fran&ccedil;ais a &eacute;t&eacute; oblig&eacute; de s' &laquo;&nbsp;adapter&nbsp;&raquo;, beaucoup plus vite qu'il n'aurait &eacute;t&eacute; raisonnable au regard de ce que l'on appelle aujourd'hui la protection de l'environnement. <br /> <br /> <strong>Des effets d&eacute;sastreux sur la sant&eacute; publique</strong><br /> <br /> Si cette adaptation s'&eacute;tait faite en m&eacute;nageant les grands &eacute;quilibres entre les esp&egrave;ces vivantes et les ressources en terres et en eau, il n'y aurait eu que moindre mal. La ruralit&eacute; du 19e si&egrave;cle n'avait plus sa place au 20e. Mais elle s'est accompagn&eacute;e et s'accompagne encore, non seulement d'une grave atteinte &agrave; ce que l'on appelle aujourd'hui la biodiversit&eacute;, mais aussi d'une mise en danger de la sant&eacute; des citoyens, agriculteurs et consommateurs. Ceci par un usage absolument irresponsable des produits chimiques destin&eacute;s &agrave; &laquo;&nbsp;prot&eacute;ger&nbsp;&raquo; les r&eacute;coltes contre les parasites, c'est-&agrave;-dire des pesticides qui donnent son titre au livre. On objectera que, contrairement aux sombres pronostics des auteurs, la sant&eacute; publique est &ndash; ou parait &ndash; meilleure aujourd'hui qu'il y a 50 ans. Mais il faut se m&eacute;fier des apparences. Les pesticides et autres produits chimiques industriels et domestiques provoquent des troubles et des maladies mal d&eacute;celables par l'&eacute;pid&eacute;miologie classique, dont aucun d'entre nous, semble-t-il, puisse se pr&eacute;tendre indemne. Le livre en recense un grand nombre. Les autorit&eacute;s sanitaires qui pr&eacute;tendraient le contraire devraient pr&eacute;senter des dossiers inattaquables, ce qui est loin d'&ecirc;tre le cas aujourd'hui &ndash; d'autant plus comme nous allons le voir, que leur objectivit&eacute; n'est pas toujours assur&eacute;e. <br /> <br /> Pour lire la suite, suivez le lien<br /> </div> <p>&nbsp; <br /> </p> Fri, 29 Jun 2007 23:00:00 GMT Des associations françaises recommandent le développement du dirigeable http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=87 87 <img src="http://www.pan-europe.org/v2/repimg/00087_dirigeable.jpg" align="left" alt="photo" title="" border="0" /><br />Le vendredi 23 mars dernier, en pr&eacute;sence de Claire DUPAS, directrice de l'ENS de Cachan, Sylvain ALLANO et Herv&eacute; KUHLMANN ont lanc&eacute; le r&eacute;seau DIRISOFT . Il s'agit ni plus ni moins que de &laquo;&nbsp;promouvoir en Europe des recherches scientifiques de haut niveau pour voir &eacute;merger une nouvelle g&eacute;n&eacute;ration de dirigeables&nbsp;&raquo;.<br /> <br /> Parall&egrave;lement, l'association AERALL, dans son rapport d'exercice de 2006, met en exergue le fait que &laquo;&nbsp;le d&eacute;veloppement &eacute;conomique et social du monde entier exige chaque jour davantage des moyens de transport plus nombreux et aux caract&eacute;ristiques diversifi&eacute;es pour r&eacute;pondre de mani&egrave;re optimis&eacute;e aux besoins d'une civilisation complexe&nbsp;&raquo;.<br /> <br /> Il ne fait aucun doute que cette assertion trouve sa v&eacute;rit&eacute; au quotidien et notamment dans les pays en voie de d&eacute;veloppement o&ugrave; la construction et l'exploitation d'un r&eacute;seau routier ou ferr&eacute; absorberaient la plus grande partie des investissements. Il en est de m&ecirc;me lorsqu'il s'agit de faire face &agrave; des &laquo;&nbsp;situations tragiques qui appellent g&eacute;n&eacute;ralement des r&eacute;ponses rapides, urgentes, avec des modes d'acheminement classiques des aides par voie terrestre ou a&eacute;rienne qui sont souvent non ad&eacute;quats, voire tout simplement impraticables ou trop dangereux&nbsp;&raquo;. C'est en tout cas ce que pr&eacute;conisent les initiateurs du projet DGPA&nbsp;dans une intervention faite au cours d'un s&eacute;minaire international intitul&eacute; &laquo;&nbsp;Syst&egrave;mes de transport de marchandises en Afrique de l'ouest&nbsp;&raquo; et organis&eacute; &agrave; Ouagadougou (Burkina Faso) en juin 2005. <br /> <br /> En annexe de son intervention, Jean-Charles POUTCHY-TIXIER, du Conseil National des Transports, pr&eacute;sentait les grandes lignes du projet DGPA, &nbsp;dont la conclusion a de quoi faire vibrer la corde sensible des Paneurop&eacute;ens que nous sommes. &laquo;&nbsp;Il est &eacute;vident que la nation et l'Europe qui pourraient aligner un tel potentiel verraient leur prestige grandir aupr&egrave;s des populations du globe. Elles ne pourraient que b&eacute;n&eacute;ficier d'une renomm&eacute;e politique et pr&eacute;f&eacute;rentielle bien sup&eacute;rieure &agrave; toutes les actions diplomatiques pouvant &ecirc;tre engag&eacute;es, favorisant la Paix, la g&eacute;n&eacute;rosit&eacute; &agrave; l'&eacute;chelle de la plan&egrave;te&nbsp;&raquo;. N'y a t-il pas l&agrave; une petite touche de cet esprit de solidarit&eacute; promu par PanEurope France dans sa vision d'une Europe-Puissance, ind&eacute;pendante, souveraine et solidaire.<br /> <br /> Pour PanEurope France, en effet, l'engagement de l'Union europ&eacute;enne pour le d&eacute;veloppement durable et les nouvelles technologies pourrait trouver une de ses premi&egrave;res applications dans l'utilisation des technologies a&eacute;rostatiques, tr&egrave;s &eacute;conomes en &eacute;nergie, au service de l'observation de la terre, des loisirs pour tous et des transports longue distance pour les objets lourds et encombrants. Mais s'agit-il comme le souligne Jean-Claude Empereur, vice-pr&eacute;sident de PanEurope France mais aussi fondateur d'AERALL en 1972, d'une r&eacute;tro-innovation&nbsp;?&nbsp;Le dernier record, la derni&egrave;re invention doivent-ils pour autant oblit&eacute;rer de g&eacute;niales innovations dont le seul tort est de ne pas avoir trouv&eacute; d'applications imm&eacute;diates et p&eacute;rennes&nbsp;? Dans le cadre de l'ann&eacute;e polaire internationale, Jean-Louis ETIENNE s'envolera, en mars ou avril 2008, vers le p&ocirc;le &agrave; bord d'un dirigeable russe con&ccedil;u chez ROS AERO. S'agit-il pour autant d'une r&eacute;tro-aventure&nbsp;? Pr&eacute;sent au colloque de lancement de DIRISOFT, Jean-Louis a expliqu&eacute; qu'un dirigeable capable d'une charge de 30 tonnes pouvait l'emporter sur toutes les Calypso du monde&nbsp;! Tiens&nbsp;! Tiens&nbsp;! S'agit-il d'une r&eacute;tro-id&eacute;e&nbsp;?<br /> <br /> Pour vous convaincre du fait que le dirigeable n'a jamais failli, qu'il n'est pas un accessoire de r&eacute;tro-fiction, je vous propose de nous retrouver chaque mois pour lui redonner ses lettres de noblesse et l'avenir qu'il m&eacute;rite. A l'image de la &laquo;&nbsp;Belle au bois dormant&nbsp;&raquo;, soyons de ceux qui poseront sur son enveloppe le baiser de sa r&eacute;viviscence Thu, 31 May 2007 23:00:00 GMT Les pays européens doivent gérer sérieusement leurs déchets http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=73 73 <br /><p>On trouvera sans doute exag&eacute;r&eacute;e l'affirmation selon laquelle la maturit&eacute; politique d'un Etat se juge sur la bonne gestion de ses d&eacute;chets, et notamment de ses ordures m&eacute;nag&egrave;res. C'est pourtant le cas. N'&eacute;voquons pas la situation d&eacute;sastreuse o&ugrave; se trouvent sur ce point les pays du tiers-monde, car les montagnes d'ordures qui caract&eacute;risent leurs m&eacute;galopoles ne sont qu'un aspect de leur sous-d&eacute;veloppement g&eacute;n&eacute;ral, sur lequel ils ne peuvent pas grand-chose. Il est par contre inadmissible que la m&ecirc;me situation se retrouve et soit tol&eacute;r&eacute;e dans les Etats europ&eacute;ens riches. C'est pourtant le cas. <br /> <br /> Un article du <em>Monde</em> (Les mines d'or de la Camorra, 25 avril 2007, p. 27) expose la situation scandaleuse qui caract&eacute;rise la r&eacute;gion napolitaine. Un million de tonnes de d&eacute;chets est abandonn&eacute; dans la ville et l'arri&egrave;re-pays. 250.000 personnes sont expos&eacute;es &agrave; des produits toxiques et en soufrent gravement. Depuis trente ans, la mafia locale contr&ocirc;le les d&eacute;charges. Cette situation n'est pas propre &agrave; l'Italie et &agrave; son mezzogiorno. Elle se retrouve plus ou moins partout en Europe. En France, les d&eacute;partements m&eacute;diterran&eacute;ens, y compris la Corse, r&eacute;put&eacute;e paradis touristique, font montre de la m&ecirc;me n&eacute;gligence criminelle, qui d&eacute;coule en grande partie l&agrave; encore de luttes d'influence entre int&eacute;r&ecirc;ts sordides. Les &eacute;cologistes, qui insistent tellement sur le probl&egrave;me pos&eacute; par les d&eacute;chets nucl&eacute;aires, ne sont pas assez offensifs face aux comportements collectifs d&eacute;shonorants en mati&egrave;re de d&eacute;chets m&eacute;nagers. Ils ne peuvent se d&eacute;douaner en invoquant la n&eacute;cessit&eacute; de faire pression sur l'industrie et le commerce pour diminuer les emballages inutiles. Les deux d&eacute;marches doivent &ecirc;tre men&eacute;es en parall&egrave;le. <br /> <br /> Il est possible cependant, &agrave; peu de frais mais avec un minimum d'engagement de la puissance publique, de faire beaucoup mieux. Un article du <em>NewScientist </em>(Garbage of Eden, 14 avril 2007, p. 39) expose en d&eacute;tail comment la ville Etat de Singapour, riche de 4,5 millions de r&eacute;sidents, a r&eacute;solu son probl&egrave;me &agrave; la satisfaction g&eacute;n&eacute;rale. Le tri s&eacute;lectif et la transformation des produits recyclables, l'incin&eacute;ration des d&eacute;chets humides et le d&eacute;p&ocirc;t des cendres dans une &icirc;le artificielle, Pulau Semakau, transform&eacute;e en biotope et entour&eacute;e de mangroves, le recours aux &eacute;nergies renouvelables et la plantation d'arbre pour compenser la consommation d'oxyg&egrave;ne due &agrave; l'incin&eacute;ration, permettent &agrave; l'Etat d'envisager sans inqui&eacute;tude un avenir hygi&eacute;nique jusqu'&agrave; 2050. M&ecirc;me si les autorit&eacute;s singapouriennes pr&eacute;sentent la situation avec un peu trop d'optimisme, leur comportement est exemplaire. Bien des villes, en Asie et surtout en Europe, devraient s'en inspirer. <br /> <br /> Nous disons qu'il s'agit d'un &eacute;l&eacute;ment essentiel permettant de juger de la maturit&eacute; politique d'un Etat, et de son aptitude &agrave; la bonne gouvernance. La solution du probl&egrave;me suppose en effet, en priorit&eacute;, des administrations publiques, centrales et locales, int&egrave;gres, comp&eacute;tentes et &eacute;nergiques. Ce n'est pas l'appel au march&eacute; qui r&eacute;soudra le probl&egrave;me. Elle n&eacute;cessite ensuite des citoyens disciplin&eacute;s et pour cela, bien inform&eacute;s et motiv&eacute;s. Il faut enfin que des investissements intellectuels et financiers importants soient consacr&eacute;s &agrave; la mise en place d'&eacute;quipements ad&eacute;quats, en utilisant les technologies les plus modernes et en en payant le co&ucirc;t. <br /> <br /> En Europe, le sujet ne devrait pas &ecirc;tre laiss&eacute; &agrave; la charge des seules municipalit&eacute;s et des int&eacute;r&ecirc;ts sordides sinon mafieux qui s'en emparent souvent. Il devrait &ecirc;tre abord&eacute; au niveau d'une agence europ&eacute;enne, relay&eacute;e par les administrations d'Etat et dot&eacute;e de cr&eacute;dits d'intervention suffisants. Dans la perspective du r&eacute;chauffement climatique et de la d&eacute;t&eacute;rioration des conditions d'hygi&egrave;ne et de sant&eacute; publique qui en d&eacute;coulera, la question est d&eacute;sormais de premi&egrave;re importance.<br /> <br /> </p> Mon, 30 Apr 2007 23:00:00 GMT L'Europe s'unit contre la crise climatique et se divise sur les anti-missiles américains http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=42 42 <br /><div align="justify"><br /> Lors du Conseil europ&eacute;en du 9 mars 2007, les vingt-sept Etats membres se sont fix&eacute;s pour but de r&eacute;duire de 20% au moins en 2020 la production de gaz &agrave; effet de serre, par rapport &agrave; son niveau de 1990. L'Europe envisage d'aller jusqu'&agrave; 30%, si les autres pays industrialis&eacute;s font de m&ecirc;me. </div> <div align="justify">Parall&egrave;lement, les 27 ont d&eacute;cid&eacute; pour&nbsp;2020 de d&eacute;velopper jusqu'&agrave; 20% la part de la production des &eacute;nergies renouvelables. Paris entendait que le nucl&eacute;aire, en tant que source d'&eacute;nergie faiblement &eacute;mettrice de gaz &agrave; effet de serre, soit pris en compte dans l'attribution des objectifs nationaux de d&eacute;veloppement des &eacute;nergies renouvelables. D'autres Etats, en premier lieu l'Allemagne, l'Autriche et l'Irlande, ne voulaient pas faire entrer le nucl&eacute;aire en compte, puisqu'ils continuent &agrave; pr&eacute;tendre (contre toute vraisemblance) vouloir toujours &quot; sortir du nucl&eacute;aire &quot;. Pour satisfaire chacun, le texte final rappelle qu'il appartient &agrave; chacun des Etats membres de d&eacute;cider s'il aura ou non recours &agrave; cette forme d'&eacute;nergie. </div> <div align="justify"></div> <div align="justify">La chanceli&egrave;re Angela Merkel, qui a pilot&eacute; la signature du &quot;plan &eacute;nerg&eacute;tique&quot; adopt&eacute; par les Vingt-sept au titre de pr&eacute;sidente de l'Union, a reconnu une grande satisfaction &agrave; &quot; &ecirc;tre arriv&eacute;e aujourd'hui &agrave; des objectifs si ambitieux et cr&eacute;dibles &quot;, qui permettront &agrave; l'UE &quot; de jouer un r&ocirc;le d'avant-garde &quot; dans la lutte contre le r&eacute;chauffement. Pour le pr&eacute;sident Chirac, l'accord &quot;&nbsp;fait partie des grands moments de l'histoire &quot; de la construction europ&eacute;enne. Tout le monde parait donc satisfait - ce qui est une bonne chose en soi. La cr&eacute;ation d'un foss&eacute; entre la France et l'Allemagne sur ce sujet aurait &eacute;t&eacute; d&eacute;sastreuse. </div> <div align="justify">&nbsp;</div> <div align="justify"><strong>Ou division</strong></div> <div align="justify">&nbsp;</div> <div align="justify">Dans le m&ecirc;me temps, nous devons constater que vassaliser l'Europe, ou tout au moins la diviser,&nbsp;reste pour les Etats-Unis un objectif plus que jamais &agrave; l'ordre du jour. Washington s'appuie pour ce faire sur la complaisance d'un certain nombre de gouvernements, notamment chez les nouveaux entrants. L'affaire des missiles anti-missiles (Balistic Missiles Defense ou BMD) que les Etats-Unis tentent d'imposer&nbsp;par des accords bilat&eacute;raux n&eacute;goci&eacute;s avec la Tch&eacute;quie et la Pologne en donne la preuve (voir notre article du n&deg; 23). La visite du pr&eacute;sident tch&egrave;que Vaclav Klaus &agrave; Dick Cheyney le 9 mars le montre. Le pr&eacute;sident tch&egrave;que n'a pas eu peur d'impliquer son pays, et sans doute pensait-il l'Union europ&eacute;enne toute enti&egrave;re, dans le d&eacute;ploiement des BMD. Cheyney a f&eacute;licit&eacute; la r&eacute;publique Tch&egrave;que de son fort soutien &agrave; l'Otan et &agrave; la d&eacute;fense euro-atlantique, notamment dans la perspective de&nbsp;&quot; &nbsp;menaces croissantes venant du Moyen-Orient &quot;.&nbsp;</div> <div align="justify">&nbsp;</div> <div align="justify">L'Allemagne et la France au contraire marquent leur diff&eacute;rence. La Chanceli&egrave;re Angela Merkel a dit qu'elle comprenait fort bien l'inqui&eacute;tude du pr&eacute;sident Poutine. Elle l'a d'ailleurs&nbsp;re&ccedil;u &agrave; Berlin le 15 mars. Elle s'est rendue le lendemain en Pologne. Elle insiste, au nom de l'Union qu'elle pr&eacute;side, pour que l'Otan se saisisse de la question des BMD. Ceci dans un premier temps emp&ecirc;chera la conclusion d'accords bilat&eacute;raux entre certains Etats membres et les Etats-Unis. Dans un second temps, on aboutira peut-&ecirc;tre &agrave; l'enterrement du projet, car l'Otan oblig&eacute;e de se prononcer &agrave; l'unanimit&eacute; de ses membres, ne pourra pas l'accepter. Le pr&eacute;sident Chirac au sommet de Bruxelles le 9 a exprim&eacute; un point de vue proche de celui de la Chanceli&egrave;re. Il a pr&eacute;venu que le projet am&eacute;ricain d'installer un syst&egrave;me de d&eacute;fense anti-missiles en Europe pourrait couper le continent en deux et relancer la guerre froide. L'Europe, a-t-il dit, doit prendre en consid&eacute;ration l'inqui&eacute;tude russe. <br /> <br /> Nous ne pouvons ici que nous f&eacute;liciter de voir l'Allemagne et la France confirmer leur vision commune sur la n&eacute;cessit&eacute; de s'affranchir d'une tutelle irresponsable de Washington et de m&eacute;nager les possibilit&eacute;s de coop&eacute;ration avec la Russie. De bonnes relations avec ce grand pays compteront autant pour l'avenir de l'Europe qu'un r&ocirc;le de&nbsp;servante de l'Am&eacute;rique.<br /> <br /> Quant &agrave; savoir si l'accord sur les GES est plus ou moins important pour l'avenir de l'Europe que le d&eacute;saccord sur les BMD, nous n'avons aucun doute. L'accord pr&eacute;figure&nbsp;un prochain demi-si&egrave;cle d'efforts europ&eacute;ens communs pour ma&icirc;triser une crise climatique et environnementale d'une ampleur exceptionnelle. Le d&eacute;saccord sur les missiles ne durera que le temps pendant lequel l'Am&eacute;rique sera encore assez puissante pour imposer ses strat&eacute;gies &agrave; certains pays europ&eacute;ens traumatis&eacute;s par la guerre froide...c'est-&agrave;-dire quelques ann&eacute;es au mieux.<br /> </div> Sat, 31 Mar 2007 23:00:00 GMT L'application du système d'échange des crédits de carbone prévu par le protocole de Kyoto ne sera pas facile http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=61 61 <br /><div align="justify"></div> <p align="left">Celui qui ne se plonge pas dans l'&eacute;norme litt&eacute;rature et dans les d&eacute;bats entourant l'application du Protocole de Kyoto ne soup&ccedil;onne pas les consid&eacute;rables conflits d'int&eacute;r&ecirc;t d&eacute;j&agrave; engag&eacute;s. Malheureusement, ces conflits cachent des entreprises qui, se disant vertueuses, c'est-&agrave;-dire offrant des solutions pour faire r&eacute;aliser des &eacute;conomies d'&eacute;nergie et cr&eacute;er des &quot;puits de carbone&quot;, ne sont pas loin de l'escroquerie pure et simple.<br /> <br /> Le syst&egrave;me d'&eacute;change des cr&eacute;dits de carbone (<em>&quot;offset credit system&quot;</em>) permet en effet, potentiellement, tous les abus. Prenons un exemple. Vous venez de faire un peu de tourisme en Nouvelle Cal&eacute;donie, ce qui a produit un certain nombre de kilos ou tonnes de CO<sub>2</sub>. Votre conscience vous impose alors de verser une contribution &agrave; une entreprise qui vous garantira la plantation de for&ecirc;ts quelque part dans le monde afin de r&eacute;cup&eacute;rer le carbone produit. En fait, vous avez toutes les chances, soit d'enrichir un escroc, soit d'engager une op&eacute;ration sans suite sinon plus dangereuse &agrave; terme que la production de CO<sub>2</sub> dont vous avez &eacute;t&eacute; responsable. Ou bien en effet la dite entreprise ne plantera rien du tout, et vous n'irez pas v&eacute;rifier ce qu'elle fait. Ou bien elle vous fera payer tr&egrave;s cher une op&eacute;ration de fa&ccedil;ade sans avenir. Ou bien elle ira d&eacute;poss&eacute;der d'honn&ecirc;tes cultivateurs du tiers-monde pour mettre &agrave; la place de leurs cultures des productions d'ol&eacute;agineux industriels... qui eux-m&ecirc;mes p&eacute;ricliteront faute d'eau et de soins.<br /> <br /> Il n'existera pas avant longtemps une &eacute;valuation ind&eacute;pendante et fiable de ceux que l'on appelle les &quot;<em>offsetters</em>&quot;, de leurs m&eacute;thodes, de leurs tarifs et de leur p&eacute;rennit&eacute;. Les &quot;<em>offsetters</em>&quot; pourront &ecirc;tre particuli&egrave;rement malfaisants s'ils s'arrangent avec les entreprises productrices de carbone pour leur procurer de faux certificats de cr&eacute;ation de puits ou de sources d'&eacute;nergie renouvelable. Comme tout ceci se n&eacute;gocie au niveau international, hors de tout contr&ocirc;le des Etats et de l'ONU, les pires trafics peuvent se d&eacute;velopper. Beaucoup de soi-disant associations &eacute;cologistes qui se cr&eacute;eront pour &quot;contr&ocirc;ler les abus&quot; seront elles-m&ecirc;mes des nids d'escrocs.<br /> <br /> Ceci ne veut pas dire qu'il faudrait ne rien faire, comme le pr&eacute;tendent les gouvernements am&eacute;ricain et australien. Tout le monde d'ailleurs n'est pas forc&eacute;ment corrompu et l'on trouvera sans doute des <em>offsetters</em> honn&ecirc;tes. Mais il faudrait d'urgence mettre en place des r&eacute;glementations protectrices et des services charg&eacute;s de les faire appliquer, comme vient de le demander le ministre britannique de l'environnement David Miliband. Voici une raison de plus pour penser que la lutte contre la grande crise climatique n'est gu&egrave;re compatible &nbsp;avec le lib&eacute;ralisme.</p> Sat, 31 Mar 2007 23:00:00 GMT Le projet de canal Seine Nord est l'exemple d'un des grands programmes industriels et technologiques nécessaires à la compétitivé européenne http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=52 52 <br /><p>&nbsp;Depuis l'inauguration du canal du Nord, en 1965, la France et avec elle l'Europe du Nord&nbsp;n'avaient pas connu de projet de cette ampleur en mati&egrave;re de transport fluvial. La r&eacute;alisation du canal Seine-Nord Europe exigera des travaux consid&eacute;rables: long de 105 kilom&egrave;tres, large de 54 m&egrave;tres, le canal devra accueillir des convois de 4 400 tonnes, contre 700 actuellement pour le canal du Nord. Il permettra de relier le bassin de la Seine &agrave; celui de l'Escaut. Le r&eacute;seau fluvial de la puissante Ile-de-France communiquera ainsi avec les canaux et aux grands ports de la riche Europe du Nord, comme Anvers et Rotterdam. <br /> <br /> Le canal offrira une alternative au transport routier sur l'axe Amsterdam-Paris, en situation de saturation, et stimulera un d&eacute;veloppement plus respectueux de l'environnement. A terme, plus de 32 millions de tonnes de marchandises devraient transiter, chaque ann&eacute;e, par ce canal de grand gabarit. L'&eacute;quivalent de 1,6 million de poids lourds. Soit un camion toutes les vingt secondes...</p> <p>Il s'agit donc bien d'un de ces grands programmes industriels et technologiques dont nous voudrions que l'Europe se dote plus syst&eacute;matiquement afin d'am&eacute;liorer sa place dans le monde. </p> <p>D&eacute;but des travaux: 2008. Mise en service: 2012. Co&ucirc;t: 2,6 milliards d'euros. <br /> </p> Sat, 31 Mar 2007 23:00:00 GMT Les gouvernements doivent se préparer, non aux évolutions moyennes des paramètres climatiques, mais aux phénomènes extrêmes http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=26 26 <br /><p>Le grand combat du monde, de l'Europe et de la France dans les prochaines d&eacute;cennies sera la lutte contre les cons&eacute;quences catastrophiques du changement climatique et de la destruction des &eacute;cosyst&egrave;mes. Notre revue doit s'y impliquer syst&eacute;matiquement. Nous inaugurons ce sujet dans la rubrique Grand dossier. Il sera repris et d&eacute;clin&eacute; dans les num&eacute;ros futurs.<br /> <br /> <strong>Des pr&eacute;visions pessimistes</strong></p> <p>L'urgence est d'autant plus grande que les experts nous avertissent. Les pr&eacute;visions d&eacute;j&agrave; pessimistes du GIEC/IPCC, pr&eacute;sent&eacute;es &agrave; la conf&eacute;rence de Paris d&eacute;but f&eacute;vrier, sont le r&eacute;sultat de compromis in&eacute;vitables avec les Etats qui ne voulaient pas que l'accent soit mis sur les risques, de peur de devoir changer trop vite leurs comportements. En fait, il ne s'agit que de pr&eacute;visions moyennes, qui ne mentionnent pas des risques bien r&eacute;els mais qui sont estim&eacute;s, selon le langage des experts, comme relevant du &laquo;&nbsp;<em>very likely</em>&nbsp;&raquo; et non du &laquo;&nbsp;<em>extremely likely </em>&raquo;. Autrement dit, du tr&egrave;s probable et non du quasi-certain.</p> <p><strong>Londres noy&eacute;, si...</strong></p> <p>Or ce sont les extr&ecirc;mes et leurs probabilit&eacute;s d'occurrence qui doivent int&eacute;resser les gouvernements et les <img height="100" alt="Londres vue du ciel" width="100" align="left" src="/europaplusplus/repimg/Image/floodplain.jpg" />peuples. Les Londoniens, comme l'expose l'&eacute;ditorial du <em>New Scientist</em> dat&eacute; du 10 f&eacute;vrier 2007, ne seront pas seulement int&eacute;ress&eacute;s par l'&eacute;l&eacute;vation du niveau moyen des mers. Ce qui les pr&eacute;occupera sera la conjonction de cette &eacute;l&eacute;vation, d'une mar&eacute;e haute et d'une temp&ecirc;te de Nord-Est en mer du Nord. Alors Londres sera noy&eacute;,&nbsp;comptant des centaines de milliers de morts, comme le montre tr&egrave;s justement le roman <em>Flood</em> de Richard Doyle.<br /> <br /> On attend donc des experts du GIEC les plus ind&eacute;pendants, si celui-ci ne peut le faire lui-m&ecirc;me, une &eacute;valuation sans complaisance des catastrophes &agrave; venir, m&ecirc;me si certaines sont moyennement probables. Ce sera seulement sur cette base que les gouvernements et les opinions pourront accepter les mesures pr&eacute;ventives n&eacute;cessaires, &agrave; supposer que celles-ci soient du domaine du possible.<br /> </p> Wed, 28 Feb 2007 23:00:00 GMT La conférence de Paris pour une gouvernance écologique mondiale. Enjeux pour l'Europe. Vers une Organisation des Nations Unies pour l'Environnement http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=13 13 <br /><p><strong>Vers une Organisation des nations unies pour l'environnement</strong></p> <p>Apr&egrave;s la conf&eacute;rence internationale de Paris (3-4 f&eacute;vrier) pour une &laquo;&nbsp;gouvernance &eacute;cologique mondiale&nbsp;&raquo;, pr&eacute;sid&eacute;e par le pr&eacute;sident fran&ccedil;ais Jacques Chirac&nbsp;; apr&egrave;s la conclusion des travaux (1er-2 f&eacute;vrier) du comit&eacute; d'experts internationaux du GIEC/IPCC montrant que les pronostics les plus pessimistes concernant la crise climatique &eacute;taient confirm&eacute;s par les scientifiques&nbsp;; quelques jours apr&egrave;s le Forum de Davos (24-26 janvier) o&ugrave; la pr&eacute;vention de cette m&ecirc;me crise a fait l'objet de la pr&eacute;occupation des grands d&eacute;cideurs &eacute;conomiques&nbsp;; quelques semaines enfin apr&egrave;s la remise par Nicholas Stern du rapport qui fera date &eacute;valuant les co&ucirc;ts consid&eacute;rables que repr&eacute;senterait l'inaction face &agrave; la crise et proposant de nombreuses mesures politiques qui n'ont rien de lib&eacute;ral, on peut constater qu'une prise de conscience concernant la r&eacute;alit&eacute; de la crise climatique commence &agrave; se faire. Mieux, il devient clair qu'il faut d&eacute;sormais envisager de v&eacute;ritables &quot;mesures r&eacute;volutionnaires&quot;, selon le terme de Jacques Chirac, pour lutter contre la crise. La vraie question est celle de savoir si la r&eacute;volution restera dans les mots ou si elle se traduira en d&eacute;cisions effectives. L'enjeu pour l'Europe sera consid&eacute;rable. </p> <p><strong>Agir ensemble</strong></p> <p>A cet &eacute;gard, plusieurs constatations lourdes de sens s'imposent. D'abord, dans cette prise de conscience mondiale, la Grande Bretagne et la France jouent de fa&ccedil;on diff&eacute;rente mais convergente, un r&ocirc;le pilote. Derri&egrave;re ces deux pays, l'ensemble de l'Union, &agrave; l'initiative de la Commission et du parlement europ&eacute;en, se mobilise sans tergiverser. Pour une fois, les 27 membres semblent convaincus de la n&eacute;cessit&eacute; d'agir ensemble et vite. Pourvu que le consensus se maintienne quand il s'agira de prendre des mesures qui entra&icirc;neront n&eacute;cessairement beaucoup de sacrifices! </p> <p><strong>Unilat&eacute;ralisme am&eacute;ricain</strong></p> <p>Une seconde constatation concerne la persistance de l'administration f&eacute;d&eacute;rale am&eacute;ricaine &agrave; nier la crise et &agrave; refuser toutes mesures susceptibles d'obliger la nation la plus productrice de gaz &agrave; effet de serre (GES)&nbsp;du monde &agrave; changer son mode de vie. &quot;Le mode de vie am&eacute;ricain n'est pas n&eacute;gociable&quot;, avait d&eacute;j&agrave; affirm&eacute; avec un unilat&eacute;ralisme insupportable, mais qui ne s'est pas d&eacute;menti depuis, un pr&eacute;c&eacute;dent pr&eacute;sident. Mais une &eacute;volution surprenante se dessine cependant. Certains &eacute;tats f&eacute;d&eacute;r&eacute;s am&eacute;ricains commencent &agrave; vouloir n&eacute;gocier avec l'Union europ&eacute;enne le partage de divers m&eacute;canismes destin&eacute;s &agrave; lutter contre les &eacute;missions de GES, notamment la bourse d'&eacute;change des droits &agrave; produire du carbone (<em>carbon trading scheme</em>) d&eacute;coulant du protocole de Kyoto. Ceci pourrait &ecirc;tre le d&eacute;but d'une crise constitutionnelle majeure aux Etats-Unis. Le pouvoir f&eacute;d&eacute;ral y reculerait devant celui des Etats. L'hostilit&eacute; que suscite dans nombre de ceux-ci l'ent&ecirc;tement du G.W.Bush, non seulement &agrave; nier la crise climatique, mais &agrave; poursuivre sa longue guerre contre le terrorisme ne fera qu'augmenter la probabilit&eacute; d'une telle crise. <br /> <br /> <strong><em>Fair-trade</em></strong></p> <p align="justify">Une troisi&egrave;me constatation nous para&icirc;t s'imposer. Il s'agit du fait qu'en Am&eacute;rique, qui s'est toujours pr&eacute;tendue (en dehors des questions int&eacute;ressant le <em>Militaro Industrial Congressional Complex</em>) le parangon du lib&eacute;ralisme (<em>free-trade</em>), des chefs d'entreprises toujours plus nombreux&nbsp;commencent &agrave; consid&eacute;rer qu'un retour au patriotisme &eacute;conomique (pr&ocirc;n&eacute; il fut un temps par la France et repris aujourd'hui &ndash; timidement &ndash; par les candidats aux pr&eacute;sidentielles fran&ccedil;aise) correspond dor&eacute;navant &agrave; une n&eacute;cessit&eacute;. On ne parle pas encore aux Etats-Unis de protectionnisme ou de patriotisme &eacute;conomique, mais de <em>fair-trade</em>. Le mot signifie en fait que les &eacute;changes doivent &ecirc;tre n&eacute;goci&eacute;s, sous les auspices d'une autorit&eacute; gouvernementale, sur la base de la r&eacute;ciprocit&eacute;. Le programme de retour au fair-trade a d&eacute;j&agrave; un nom, il s'agit du projet <em>Horizon.</em> Certes, le fair trade recommand&eacute; n'est pas li&eacute;, en principe, &agrave; la r&eacute;ciprocit&eacute; des efforts que feront les pays dans la lutte contre la crise climatique, mais il trouvera rapidement l'occasion de s'y appliquer. <br /> <br /> <strong>Deux questions cruciales</strong></p> <p align="justify">Tout cela nous confirme pour notre part qu'il convient en Europe, en commen&ccedil;ant par la France, de prendre un peu d'avance sur les esprits et de commencer &agrave; &eacute;tudier comment pourraient s'organiser les efforts visant &agrave; r&eacute;guler les &eacute;conomies afin de limiter au maximum les effets de la crise climatique et environnementale. Qui r&eacute;glementera, en faveur de qui et de quoi&nbsp;? Ces questions ne sont pas tranch&eacute;es, ni m&ecirc;me pos&eacute;es. Mais il semble que peu &agrave; peu &eacute;merge le concept d'une &eacute;conomie mixte (priv&eacute;e-publique) mondiale, dirig&eacute;e par des int&eacute;r&ecirc;ts multiples (multipolaires) associ&eacute;s pour la survie de nos civilisations. Ce serait donc bien le glas du capitalisme lib&eacute;ral qui commencerait &agrave; sonner. Ce serait aussi celui de l'influence unilat&eacute;rale de la super-puissance am&eacute;ricaine, jusque l&agrave; associ&eacute;e &agrave; ce m&ecirc;me capitalisme lib&eacute;ral et d&eacute;sormais embourb&eacute;e dans ses impasses multiples. Enfin, pour l'Europe, si elle s'inscrivait r&eacute;solument dans la lutte contre le r&eacute;chauffement global et la protection de l'environnement, ce serait une opportunit&eacute; consid&eacute;rable de se faire entendre face non seulement aux Etats-Unis mais aussi face aux puissances &eacute;mergentes telles la Chine et l'Inde, qui ne peuvent construire leur croissance en n&eacute;gligeant ces questions. <br /> <br /> Selon nous, deux questions m&eacute;riteraient d'&ecirc;tre approfondies sans attendre&nbsp;: </p> <ul> <li>quelles seraient les mesures r&eacute;glementaires gouvernementales nationales, europ&eacute;ennes ou internationales susceptibles de mieux lutter contre la crise tout en sauvegardant le d&eacute;veloppement mondial l&agrave; o&ugrave; il peut se faire sans compromettre l'environnement&nbsp;&nbsp;? </li> <li>comment les scientifiques, autres que les seuls climatologues, pourraient participer au r&ocirc;le de mise en alerte et d'expertise en l'&eacute;tendant bien au-del&agrave; des questions actuellement trait&eacute;es dans les instances internationales&nbsp;? </li> </ul> <p align="justify">Il est clair que de telles r&eacute;flexions devraient alimenter les futurs travaux de l'Union europ&eacute;enne, la premi&egrave;re concern&eacute;e, mais aussi de la future Organisation des Nations unies pour l'Environnement, si celle-ci voit le jour comme il l'a &eacute;t&eacute; souhait&eacute; par un grand nombre de pays lors de la Conf&eacute;rence de Paris.<br /> </p> Wed, 28 Feb 2007 23:00:00 GMT Chiffrage des propositions des candidats aux élections présidentielles françaises http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=10 10 <br /><p><strong>Mieux &eacute;valuer les r&eacute;percussions &agrave; long terme des choix politiques</strong></p> <p>Les candidats aux &eacute;lections pr&eacute;sidentielles fran&ccedil;aises et leurs partis doivent -ils s'&eacute;vertuer &agrave; chiffrer le co&ucirc;t que repr&eacute;sentera leur programme de r&eacute;formes&nbsp;? Nous estimons que cette d&eacute;marche n'a gu&egrave;re de sens. Pire, elle est marqu&eacute;e de plusieurs vices r&eacute;dhibitoires, consistant &agrave;&nbsp;:</p> <ul> <li>Traiter tout ce qui est investissement susceptible de cr&eacute;er de la comp&eacute;titivit&eacute; et des emplois comme s'il s'agissait de d&eacute;penses de fonctionnement. Ceci concerne le financement de la recherche, des universit&eacute;s, de l'innovation industrielle (par les Agences)&nbsp;; l'aide aux grands &eacute;quipements structurants (notamment ferroviaire et maritime)&nbsp;; le financement des politiques de souverainet&eacute; (notamment le militaire et le spatial, dont les retomb&eacute;es sont n&eacute;cessairement duales), etc. Ces d&eacute;penses devraient &ecirc;tre mises hors budget courant et &ecirc;tre inscrites dans des fonds b&eacute;n&eacute;ficiant d'avances de l'Etat remboursables sur 10 &agrave; 20 ans. De toutes fa&ccedil;ons, dans les propositions actuelles des candidats, ces d&eacute;penses sont trop sous-&eacute;valu&eacute;es et devraient &ecirc;tre augment&eacute;es. </li> <li>Faire l'hypoth&egrave;se que si la France engageait de grandes politiques &laquo;&nbsp;de puissance&nbsp;&raquo; telles qu'esquiss&eacute;es ci-dessus, l'amenant &agrave; d&eacute;passer le 3% de d&eacute;ficit accord&eacute; par le trait&eacute; de Ma&euml;stricht, l'Union Europ&eacute;enne et les autres Etats se borneraient &agrave; la condamner. On doit au contraire faire l'hypoth&egrave;se que la France provoquerait de v&eacute;ritables d&eacute;bats de soci&eacute;t&eacute; sur l'avenir de l'Europe en g&eacute;n&eacute;ral et des grands &Eacute;tats-membres en particulier. Ceux-ci rallieraient alors la position fran&ccedil;aise. </li> <li>Oublier que d&egrave;s les 5 prochaines ann&eacute;es, le d&eacute;veloppement mondial de la crise climatique et environnementale aura n&eacute;cessairement chang&eacute; le consensus actuel sur le bien fond&eacute; du lib&eacute;ralisme et du capitalisme financier. D'innombrables mesures relevant du &laquo;&nbsp;dirigisme&nbsp;&raquo; seront n&eacute;cessaires et obligeront &agrave; red&eacute;finir de nouveaux cadres &eacute;conomiques et financiers. Un seul exemple&nbsp;: la taxe carbone. Un tel &laquo;&nbsp;pr&eacute;l&egrave;vement obligatoire&nbsp;&raquo; n'aura rien de comparable aux autres. Ce ne sera pas une ressource stable, puisque par d&eacute;finition la mati&egrave;re imposable &eacute;voluera en fonction de l'&eacute;volution de la crise et de la fa&ccedil;on dont on voudra lutter contre elle. Or cet imp&ocirc;t prendra de plus en plus d'importance, en modifiant beaucoup de comportements &eacute;conomiques. Faudra-t-il l'utiliser &agrave; abonder le budget g&eacute;n&eacute;ral ou au contraire &agrave; financer des comptes sp&eacute;ciaux destin&eacute;s au soutien des &eacute;nergies renouvelables et des &eacute;conomies d'&eacute;nergies. </li> <li>Oublier enfin que, dans les 5 prochaines ann&eacute;es, le multilat&eacute;ralisme mondial sera sans doute devenu une r&eacute;alit&eacute;. Autrement dit, les Etats-Unis verront leur puissance durablement abaiss&eacute;e et ne pourront plus en principe continuer &agrave; utiliser l'Europe comme leur base arri&egrave;re et zone tampon. D'autres superpuissances se seront affirm&eacute;es, toutes dirig&eacute;es par des superpouvoirs m&ecirc;lant l'&eacute;tatique et le nationalisme &eacute;conomique. Si l'Europe ne se dote pas, au niveau de l'Union et dans chaque grand Etat-membre, de pouvoirs &eacute;quivalent, elle dispara&icirc;tra. Comme on peut esp&eacute;rer qu'elle tiendra au contraire &agrave; s'affirmer comme puissance ind&eacute;pendante, souveraine et solidaire (guid&eacute;e esp&eacute;rons-le par la France), il deviendra n&eacute;cessaire de revoir tous les calculs &eacute;conomiques et budg&eacute;taires. D'o&ugrave; l'inutilit&eacute; des comptes d'apothicaires actuels. </li> </ul> Wed, 28 Feb 2007 23:00:00 GMT Un livre indispensable pour comprendre les nanotechnologies http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=23 23 <br /><p>Dans ce livre, <em>Les nanotechnologies, espoir, menace ou mirage</em>&nbsp;? (Editions Lignes de rep&egrave;res, Avril 2006), Yan de Kerorguen (1) d&eacute;crit &laquo;<em> la nouvelle r&eacute;volution technologique qui se pr&eacute;pare. Pour la premi&egrave;re fois de son histoire, l'homme pourrait &ecirc;tre en passe de ma&icirc;triser l'infiniment petit, la structure atomique de la mati&egrave;re et cr&eacute;er des objets invisibles &agrave; l'oeil nu, incroyablement r&eacute;sistants, souples et l&eacute;gers. Ces nanotechnologies, exp&eacute;riment&eacute;es par des scientifiques depuis des d&eacute;cennies, sont en train d'exploser. Elles modifieront en profondeur nos structures &eacute;conomiques et sociales. Les industriels se mobilisent dans le d&eacute;veloppement de proc&eacute;d&eacute;s de fabrication qui r&eacute;volutionneront toutes les activit&eacute;s humaines: la m&eacute;decine, l'environnement, l'&eacute;nergie, l'habillement, l'automobile, les outils que nous utilisons pour communiquer et nous divertir. On parle de la naissance d'un &quot;nanomonde&quot;. Un march&eacute; estim&eacute; &agrave; 1000 milliards de dollars en 2013! </em>(Pr&eacute;sentation de l'&eacute;diteur)<br /> <br /> Nous conseillons &agrave; nos lecteurs cet ouvrage pour deux raisons&nbsp;:<br /> </p> <ul> <li>la premi&egrave;re est qu'il s'agit d'un ouvrage de vulgarisation que nous pourrions qualifier de presque parfait. Ecrit par un auteur qui conna&icirc;t parfaitement le sujet, il pr&eacute;sente tous les th&egrave;mes qui doivent &ecirc;tre &eacute;voqu&eacute;s quand on traite des nanosciences et de leurs applications&nbsp;: la technologie, l'industrie, les usages actuels et pr&eacute;visibles, les perspectives &agrave; plus long terme, les risques possibles et la fa&ccedil;on d'en discuter et de les pr&eacute;venir. Le livre est &eacute;crit de fa&ccedil;on tr&egrave;s accessible et vivante, mais il ne se refuse pas &agrave; aborder quand n&eacute;cessaire les termes et les concepts techniques. Compte tenu de l'avenir qui s'ouvre devant les nanosciences et les nanotechnologies, nous n'h&eacute;sitons pas &agrave; dire qu'il s'agit d'un ouvrage que chacun devrait poss&eacute;der dans sa poche, si l'on peut dire. <br /> </li> <li>Une seconde raison justifie selon nous la pr&eacute;sentation du livre de Jan de Kerorguen dans cette revue, qui sera de plus en plus consacr&eacute;e &agrave; l'analyse des cons&eacute;quences politiques de la crise climatique. Lorsque l'on r&eacute;fl&eacute;chit &agrave; l'avenir des nanotechnologies, on ne peut qu'&ecirc;tre frapp&eacute; par une &eacute;tonnante co&iuml;ncidence. Ces technologies viennent exactement au moment o&ugrave; le monde entier s'interroge sur l'avenir de la biosph&egrave;re. Des milliards d'hommes sont actuellement en train d'en &eacute;puiser les ressources naturelles imm&eacute;diatement exploitables: &eacute;nergies fossiles, esp&egrave;ces vivantes, eau, sol et air respirable. Les uns sont mus par la volont&eacute; f&eacute;roce de continuer &agrave; profiter de leur puissance pour tirer jusqu'au bout partie des r&eacute;serves telles que les gisements en gaz et p&eacute;trole, sur lesquelles ils ont mis la main. Les autres, le plus grand nombre, se battent tout simplement pour survivre. Or les nanotechnologies, si l'on en cro&icirc;t les sp&eacute;cialistes, devraient offrir, au moins sur le plan des essais en laboratoires, des solutions inattendues et v&eacute;ritablement providentielles pour obtenir des produits de substitution ne faisant appel qu'&agrave; des mati&egrave;res premi&egrave;res et des &eacute;nergies simples et en grande quantit&eacute;. </li> </ul> <p>Il faudrait donc passer du laboratoire &agrave; la vraie grandeur. On obtiendrait alors des ressources qui pourraient en grande partie remplacer celles que produisent actuellement les agricultures et les industries en d&eacute;truisant l'&eacute;cosyst&egrave;me. Elles pourraient &eacute;galement contribuer &agrave; la d&eacute;pollution et &agrave; la transformation des d&eacute;chets. A terme, elles pourraient diriger la m&eacute;canosynth&egrave;se d'innombrables compos&eacute;s susceptibles de servir de substituts alimentaires et de participer &agrave; l'enrichissement des organismes vivants et m&ecirc;me de leurs syst&egrave;mes nerveux. <br /> <br /> Mais &agrave; quel co&ucirc;t&nbsp;? Laissons de c&ocirc;t&eacute; le co&ucirc;t &eacute;conomique qui fait partie des variables ajustables. Le vrai co&ucirc;t &agrave; mesurer est celui du bilan &eacute;cologique (<em>ecological footprint)</em> de telles fabrications. Plusieurs conditions doivent alors &ecirc;tre remplies pour qu'il soit positif et pour que celles-ci puissent&nbsp; intervenir massivement dans la protection de l'environnement et de la nature, sans aggraver les risques actuels. Il faudrait d'abord v&eacute;rifier, et c'est v&eacute;ritablement l&agrave; le pas d&eacute;cisif &agrave; franchir avant d'investir dans les nanosciences, que l'humanit&eacute; pourrait gr&acirc;ce &agrave; elles produire de la complexit&eacute;, c'est-&agrave;-dire des richesses de toutes sortes, en n'utilisant que de l'&eacute;nergie primaire (par exemple les &eacute;nergies renouvelables, &eacute;ventuellement l'&eacute;nergie nucl&eacute;aire), avec des rendements suffisants pour que les produits obtenus le soient &agrave; bas co&ucirc;t. Il faudrait aussi v&eacute;rifier que les mati&egrave;res premi&egrave;res de base utilis&eacute;es pour la synth&egrave;se des nouveaux compos&eacute;s soient disponibles en grande quantit&eacute; et sans risque pour l'environnement, par exemple le sable et l'eau. <br /> <br /> Les seuls investissements v&eacute;ritablement co&ucirc;teux &agrave; consentir int&eacute;resseraient alors les instruments de laboratoires et machines outils capables de produire les nanomat&eacute;riaux et nano-objets, ainsi que la mati&egrave;re grise (en principe infiniment renouvelable) que les humains devraient investir en recherche d&eacute;veloppement et en gestion pour d&eacute;velopper ces proc&eacute;d&eacute;s. Mais l&agrave; encore, en ce qui concerne les &eacute;quipements n&eacute;cessaires &agrave; des productions industrielles, des nanomachines regroup&eacute;es en nanoateliers, pilot&eacute;s par des syst&egrave;mes d'intelligence artificielle autonomes, pourraient prendre le relais des&nbsp; &eacute;quipements de laboratoires, d&eacute;riv&eacute;s du microscope &agrave; effet tunnel et canons &agrave; &eacute;lectrons qui ne peuvent actuellement que manipuler les atomes un &agrave; un. Il pourrait alors s'agir d'usines facilement exportables vers les pays du tiers-monde, afin que ceux-ci ne restent pas exclus de ces nouvelles sources de richesse.<br /> <br /> On objectera que de telles perspectives rel&egrave;vent de la science-fiction. Elles le resteraient en effet si les recherches/d&eacute;veloppements n&eacute;cessaires n'&eacute;taient pas consentis. Yan de Kerorguen donne le montant des cr&eacute;dits aujourd'hui consacr&eacute;s aux nanotechnologies par les grandes puissances. Les Etats-Unis, qui tiennent la t&ecirc;te et font par rapport &agrave; l'Asie et &agrave; l'Europe un effort consid&eacute;rable pour rester dominants dans un domaine qu'ils consid&egrave;rent comme vital pour le maintien de leur supr&eacute;matie, y consacrent des sommes difficiles &agrave; calculer mais qui ne d&eacute;passent pas les quelques dizaines de milliards de dollars par an. Dans le m&ecirc;me temps, la guerre en Irak leur co&ucirc;te tous les ans plus de 400 milliards. On n'ose pas envisager o&ugrave; en serait la recherche si des sommes de cette importance avaient &eacute;t&eacute; investies r&eacute;guli&egrave;rement dans les nanosciences.<br /> </p> Wed, 28 Feb 2007 23:00:00 GMT Le MIT montre que l'énergie géothermique pourrait remplacer les carburants fossiles aux Etats-Unis http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=7 7 <br /><p>Un rapport surprenant du MIT publi&eacute; le 20 janvier 2007 sous la responsabilit&eacute; du Pr Jefferson Tester [Meissner Professor of Chemical Engineering au MIT] d&eacute;montre que faire appel &agrave; l'&eacute;nergie g&eacute;othermique pourrait r&eacute;soudre, &agrave; court terme et &agrave; des co&ucirc;ts non sup&eacute;rieurs &agrave; ceux impos&eacute;s par les &eacute;nergies fossiles, l'ensemble des besoins en &eacute;nergie des Etats-Unis. La solution est relativement simple. Elle consiste &agrave; injecter de l'eau dans les couches chaudes, &agrave; une profondeur moyenne de 10 km, et &agrave; utiliser la vapeur ainsi produite dans des turbines.</p> <p>Les ressources de chaleur disponibles (l'eau &eacute;tant r&eacute;cup&eacute;r&eacute;e en grande partie) pourraient assurer la consommation &eacute;nerg&eacute;tique actuelle des Etats-Unis (27 trillions de kwH) pendant 2 mill&eacute;naires. La technologie n&eacute;cessaire existe d&eacute;j&agrave;. Rien n'imposerait dans ces conditions de restrictions &agrave; la consommation &eacute;nerg&eacute;tique, puisque cette &eacute;nergie serait absolument propre, notamment en termes de production de gaz &agrave; effet de serre (GES). Les seuls risques &agrave; consid&eacute;rer seraient d'ordre sismique, dans certaines r&eacute;gions peu stables.</p> <p>La question de bon sens consiste alors &agrave; se demander pourquoi l'administration am&eacute;ricaine ne s'engage pas imm&eacute;diatement dans cette voie&nbsp;? Sans doute parce que l'industrie p&eacute;troli&egrave;re y perdrait - au moins momentan&eacute;ment et le temps qu'elle se reconvertisse - une partie de son pouvoir &eacute;conomique et de ses perspectives de profit actuels. Concernant l'Europe et les autres pays en mal d'&eacute;nergie, on peut penser que la g&eacute;othermie &quot;lourde&quot; ainsi comprise pourrait aussi offrir des solutions int&eacute;ressantes. Le feu de la terre n'est pas pr&egrave;s de s'&eacute;teindre.</p> Wed, 28 Feb 2007 23:00:00 GMT Microsoft impose Vista à ses utilisateurs alors que ceux-ci n'en ont pas besoin http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=6 6 <br /><p>Fid&egrave;le &agrave; ses m&eacute;thodes, Microsoft impose, non seulement aux informaticiens, mais aussi (et surtout) au grand public, un nouveau syst&egrave;me d'exploitation aux avantages douteux, mais qu'ils devront acheter, sans parler du remplacement des micros qui s'imposera le plus souvent. La firme en attend des b&eacute;n&eacute;fices consid&eacute;rables. Les administrations, y compris enseignants et &eacute;l&egrave;ves, qui n'ont pas os&eacute; jusqu'&agrave; pr&eacute;sent remplacer Windows par des logiciels libres, devront payer des millions d'euros de droits, d&eacute;pense bienvenue en cette p&eacute;riode d'abondance budg&eacute;taire. Les m&eacute;dias sont tous &agrave; genoux devant ce nouveau prodige de l'intelligence logicielle et commerciale. Quand on lit la presse aux ordres, il y a de quoi se poser des questions. </p> <p><strong>Il ne faut pas acheter Vista</strong></p> <p>Des experts bien inform&eacute;s - que nous avons consult&eacute;s - &eacute;mettent par ailleurs des doutes quant aux finalit&eacute;s de la National Security Agency qui a aid&eacute; Microsoft &agrave; s&eacute;curiser Vista. Les back doors et autres espions ne doivent pas manquer. Concernant l'effet sur la crise climatique, il faut aussi savoir que: la dur&eacute;e de vie d'un PC va passer en 2007 de 3 ans &agrave; 2 ans, &agrave; cause notamment de la migration vers Vista. Il faudra recycler entre 400 et 500 millions de PC fin 2007 simplement parce qu'ils seront incapables de s'adapter aux nouvelles technologies. Vista va n&eacute;cessiter entre 60 et 80 watts de consommation suppl&eacute;mentaire par PC.</p> <p>Conclusion&nbsp;: il ne faut pas acheter Vista. On peut tr&egrave;s bien vivre sans, comme la plupart des gens vivent sans v&eacute;hicule 4/4.</p> Wed, 28 Feb 2007 23:00:00 GMT