Europa++ - http://www.pan-europe.org/europaplusplus/lettre/archives/ Lettre d'information PanEurope - France http://www.pan-europe.org/europaplusplus/logo.gifEuropa++http://www.pan-europe.org/europaplusplus/lettre/archives/ Mon, 22 Oct 2007 05:01:42 GMT Pourquoi ne pas réintégrer l'Otan http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=248 248 <br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; <br /> <div align="justify">Questions incongrues, voire d&eacute;plac&eacute;es, qui auraient r&eacute;sonn&eacute;, il y a quelques d&eacute;cennies,&nbsp; comme un pied de nez post mortem envers un personnage dont la stature historique et la vision g&eacute;ostrat&eacute;gique sont unanimement reconnues&hellip; Et pourtant il n&rsquo;est pas rare depuis les ann&eacute;es 90 de les voir pos&eacute;es par d&rsquo;&eacute;minents sp&eacute;cialistes des affaires de d&eacute;fense, par des militaires de haut rang faisant autorit&eacute; dans le domaine de la strat&eacute;gie ou encore par des responsables politiques donnant dans la sensibilit&eacute; atlantiste. Tout r&eacute;cemment, les premiers &eacute;chos relatifs aux grandes lignes de la r&eacute;flexion qui s&rsquo;engage autour de Jean-Claude Mallet pour l&rsquo;&eacute;laboration du nouveau livre blanc de la d&eacute;fense donnent &agrave; penser que le th&egrave;me des rapports entre l&rsquo;Union Europ&eacute;enne et l&rsquo;Alliance Atlantique et celui du r&ocirc;le que la France pourrait jouer dans la transformation de l&rsquo;Otan seront&nbsp; au c&oelig;ur des d&eacute;bats. <br /> &nbsp;&nbsp;&nbsp; <br /> C&rsquo;est un lieu commun que d&rsquo;&eacute;voquer le malaise profond, voire existentiel, d&rsquo;une organisation atlantique priv&eacute;e des raisons qui ont pr&eacute;sid&eacute; &agrave; sa cr&eacute;ation. Certes l&rsquo;outil militaire a fait des efforts consid&eacute;rables pour s&rsquo;adapter &agrave; une nouvelle donne strat&eacute;gique dans laquelle l&rsquo;ennemi n&rsquo;est plus &agrave; l&rsquo;Est, mais dilu&eacute; aux quatre coins de la plan&egrave;te, ne se pr&eacute;sente ni sous la forme de missiles&nbsp; intercontinentaux&nbsp; porteurs d&rsquo;ogives thermonucl&eacute;aires, ni sous celle de capacit&eacute;s a&eacute;roterrestres conventionnelles et massives, mais anime une gu&eacute;rilla d&eacute;centralis&eacute;e, mondiale, aliment&eacute;e par un extr&eacute;misme religieux d&eacute;voy&eacute;, utilisant habilement la caisse de r&eacute;sonance m&eacute;diatique. Les Etats-Unis d&eacute;tiennent au sein de l&rsquo;organisme les leviers de commande r&eacute;ellement d&eacute;terminants pour l&rsquo;action et&nbsp; font de plus en plus de la communaut&eacute; atlantique un&nbsp; forum au sein duquel ils imposent leur vision du monde et confortent leur influence g&eacute;opolitique. <br /> <br /> Par ailleurs l&rsquo;&eacute;largissement de l&rsquo;Alliance aux pays d&rsquo;Europe Centrale et Orientale, bient&ocirc;t suivie par des tentatives d&rsquo;extension tous azimuts &agrave; d&rsquo;autres pays comme le Japon ou l&rsquo;Australie, a chang&eacute; consid&eacute;rablement la nature m&ecirc;me de l&rsquo;organisation&nbsp; qui tend de plus en plus &agrave; se substituer &agrave; l&rsquo;ONU dans la gouvernance mondiale en mati&egrave;re de s&eacute;curit&eacute; et de d&eacute;fense. <br /> <br /> Depuis longtemps d&eacute;j&agrave; la France ne cautionne ni cette &eacute;volution&nbsp; qui &eacute;loigne l&rsquo;Otan de sa sp&eacute;cificit&eacute; militaire, ni la toute puissance d&rsquo;un&nbsp; leadership am&eacute;ricain qui n&rsquo;entend pas laisser aux Europ&eacute;ens une r&eacute;elle souverainet&eacute; en mati&egrave;re de d&eacute;fense et qui abuse de son poids politique pour servir ses propres int&eacute;r&ecirc;ts industriels et &eacute;conomiques.<br /> <br /> La France reste cependant tr&egrave;s fid&egrave;le &agrave; l&rsquo;Alliance Atlantique et l&rsquo;a prouv&eacute; moult fois en participant de fa&ccedil;on significative aux op&eacute;rations men&eacute;es par l&rsquo;Otan, la derni&egrave;re en date &eacute;tant son engagement au sein de l&rsquo;Isaf en Afghanistan. Elle entend de ce fait peser sur les objectifs g&eacute;ostrat&eacute;giques de l&rsquo;Alliance et sur la conduite des op&eacute;rations militaires, autrement dit tenir son rang au niveau d&eacute;cisionnel de l&rsquo;organisme pour l&rsquo;orienter dans un sens plus conforme aux objectifs de notre politique &eacute;trang&egrave;re et aux int&eacute;r&ecirc;ts de l&rsquo;Union Europ&eacute;enne. <br /> <strong><br /> Deux strat&eacute;gies</strong><br /> <br /> Deux strat&eacute;gies&nbsp; peuvent &ecirc;tre envisag&eacute;es pour atteindre ce but : l&rsquo;une d&rsquo;entre elles consisterait &agrave; r&eacute;int&eacute;grer l&rsquo;organisation militaire de l&rsquo;alliance de fa&ccedil;on &agrave; la faire &eacute;voluer de l&rsquo;int&eacute;rieur. C&rsquo;est en fait cette option qui a &eacute;t&eacute; tent&eacute;e au milieu de la d&eacute;cennie 90, mais&nbsp; la d&eacute;marche a &eacute;t&eacute; men&eacute;e avec une grande maladresse et n&rsquo;a&nbsp; &eacute;t&eacute;&nbsp; ni comprise, ni accept&eacute;e par nos partenaires europ&eacute;ens. La position fran&ccedil;aise reste depuis cet &eacute;chec une politique de petits pas&nbsp; qui se traduit notamment&nbsp; par la mise en place d&rsquo;officiers g&eacute;n&eacute;raux&nbsp; au sein des instances de r&eacute;flexion sur l&rsquo;&eacute;volution de l&rsquo;Alliance et sur l&rsquo;adaptation de ses structures.<br /> <br /> Une autre strat&eacute;gie consisterait &agrave; mener une action diplomatique de grande envergure aupr&egrave;s des quelques 19 pays de l&rsquo;Union Europ&eacute;enne qui sont membres de l&rsquo;Otan afin de les convaincre de la n&eacute;cessit&eacute; pour l&rsquo;Europe de disposer de sa souverainet&eacute; en mati&egrave;re de d&eacute;fense et de s&eacute;curit&eacute;. Il ne s&rsquo;agit &eacute;videmment pas d&rsquo;opposer cette d&eacute;fense europ&eacute;enne &agrave; la garantie de s&eacute;curit&eacute; qu&rsquo;apporte l&rsquo;Alliance Atlantique &agrave; chacun de ses membres et cela suppose la mise en &oelig;uvre d&rsquo;une p&eacute;dagogie appropri&eacute;e pour amener nos partenaires europ&eacute;ens &agrave; une r&eacute;vision fondamentale de leur conception de la d&eacute;fense collective sans remettre en cause la qualit&eacute; de leurs relations avec les Etats-Unis.<br /> <br /> Les outrances r&eacute;centes et r&eacute;p&eacute;t&eacute;es de la diplomatie am&eacute;ricaine rendent cette approche&nbsp; par l&rsquo;ext&eacute;rieur plus ais&eacute;e. En effet comment ne pas voir que la politique d&rsquo;encagement de la Russie par des &eacute;tats membres de l&rsquo;Otan conduira in&eacute;luctablement &agrave; la renaissance de fortes tensions entre Moscou et l&rsquo;Union Europ&eacute;enne ? Comment accepter sur le sol Europ&eacute;en l&rsquo;installation d&rsquo;&eacute;l&eacute;ments significatifs d&rsquo;un dispositif am&eacute;ricain de missiles anti-missiles sans que l&rsquo;Union Europ&eacute;enne ne soit saisi du dossier et associ&eacute;e en tant que partenaire &agrave; part enti&egrave;re dans la politique d&rsquo;emploi de ce syst&egrave;me ? Comment enfin ne pas voir que l&rsquo;Europe ne pourra s&rsquo;en remettre ind&eacute;finiment au bon vouloir d&rsquo;une puissance, certes amie et li&eacute;e par un trait&eacute; portant garantie d&rsquo;alliance, mais ext&eacute;rieure &agrave; notre continent et dont les int&eacute;r&ecirc;ts politiques et&nbsp; g&eacute;ostrat&eacute;giques pourraient ne pas toujours co&iuml;ncider avec ceux de l&rsquo;Union Europ&eacute;enne ?<br /> <br /> Ce ne sera une surprise pour personne&nbsp; que d&rsquo;affirmer la pr&eacute;f&eacute;rence de PanEurope-France pour une politique qui affiche clairement et fortement une volont&eacute; d&rsquo;autonomie de l&rsquo;Union Europ&eacute;enne en ce qui concerne sa propre d&eacute;fense et la s&eacute;curit&eacute; de ses ressortissants. L&rsquo;Europe puissance, ind&eacute;pendante,&nbsp; souveraine et solidaire, que le mouvement paneurop&eacute;en international appelle de ses v&oelig;ux, se doit d&rsquo;affirmer sa volont&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre elle-m&ecirc;me et d&rsquo;exister en tant que p&ocirc;le g&eacute;ostrat&eacute;gique capable de mener une politique &eacute;trang&egrave;re ind&eacute;pendante, s&rsquo;appuyant sur ses propres capacit&eacute;s militaires.<br /> <br /> Certes le chemin &agrave; parcourir sera long, compte tenu de la situation pr&eacute;sente dans laquelle, aux termes des trait&eacute;s existants, la d&eacute;fense collective des Etats membres de l&rsquo;Union Europ&eacute;enne repose sur l&rsquo;Otan. Nombreux sont nos partenaires qui ne ressentent pas r&eacute;ellement ce besoin d&rsquo;un certain d&eacute;marquage vis-&agrave;-vis de celle-ci et qui trouvent finalement assez confortable de ne consacrer &agrave; l&rsquo;effort de d&eacute;fense qu&rsquo;un compl&eacute;ment souvent modeste aux capacit&eacute;s de leur grand alli&eacute;. A nous de souligner l&rsquo;incoh&eacute;rence d&rsquo;une construction europ&eacute;enne amput&eacute;e d&rsquo;un atout majeur pour &ecirc;tre &agrave; la hauteur de ses ambitions dans le monde multipolaire qui est d&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave; r&eacute;alit&eacute;. A nous aussi de faire progresser l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;une coop&eacute;ration renforc&eacute;e&nbsp; entre les Etats membres de l&rsquo;Union afin que l&rsquo;on aille plus vite et plus loin vers une int&eacute;gration plus pouss&eacute;e de nos forces arm&eacute;es et une politique d&rsquo;armement r&eacute;ellement europ&eacute;enne, fond&eacute;e sur une base industrielle technologique de d&eacute;fense propre &agrave; l&rsquo;Union Europ&eacute;enne.&nbsp; <br /> <br /> Dans la p&eacute;riode de r&eacute;flexion g&eacute;ostrat&eacute;gique&nbsp; qui s&rsquo;ouvre d&eacute;sormais &agrave; l&rsquo;occasion de l&rsquo;&eacute;laboration d&rsquo;un nouveau livre blanc pour la politique de d&eacute;fense de notre pays, PanEurope-France ne saurait rester muette et se doit de rappeler combien il serait illusoire de se laisser entra&icirc;ner dans un retour au sein d&rsquo;un organisme dont la philosophie politique ne permet pas &agrave; l&rsquo;Europe d&rsquo;affirmer r&eacute;ellement sa souverainet&eacute; en mati&egrave;re de d&eacute;fense et de s&eacute;curit&eacute;. C&rsquo;est dans un approfondissement de l&rsquo;Europe de la D&eacute;fense et un d&eacute;veloppement de celle-ci vers des objectifs plus ambitieux que les seules missions de Petersberg que la r&eacute;flexion g&eacute;ostrat&eacute;gique fran&ccedil;aise doit se diriger. C&rsquo;est en tous cas ce que nous attendons de notre nouveau Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique et ce que nous esp&eacute;rons des travaux qui orienteront d&egrave;s mars 2008&nbsp; la nouvelle politique de d&eacute;fense de notre pays au sein d&rsquo;une construction europ&eacute;enne remise en selle par le futur trait&eacute; en cours de r&eacute;daction.&nbsp;&nbsp; <br /> </div> <br /> <br /> <br /> <br /> Sun, 30 Sep 2007 23:00:00 GMT Un mauvais service de la France à l'Europe http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=247 247 <br /><br /> <div align="justify">Le porte parole de l'Alliance atlantique vient de constater&nbsp; le 19 septembre que&nbsp; ses membres&nbsp; ne sont plus en mesure d'apporter des contributions suffisantes &agrave; la force de r&eacute;action de l'Otan (Rapid Response Force&nbsp; ou NRF) de 25 000 hommes. Celle-ci ne serait plus op&eacute;rationnelle. Les pays europ&eacute;ens peinent &eacute;galement &agrave; r&eacute;unir des troupes lors d'op&eacute;rations ext&eacute;rieures comme celle qui va se mettre en place, en novembre, dans l'est du Tchad, en compl&eacute;ment de la force ONU-UA au Darfour.<br /> <br /> L'Otan est aujourd'hui engag&eacute;e dans deux op&eacute;rations majeures, en Afghanistan et au Kosovo (respectivement 40 000 et 17 000 hommes), et le commandement de la Force internationale d'assistance &agrave; la s&eacute;curit&eacute; (Isaf) en Afghanistan ne cesse de r&eacute;clamer davantage d'hommes et d'&eacute;quipements. Nous avons d&eacute;j&agrave; montr&eacute; qu&rsquo;en Afghanistan, les op&eacute;rations sous direction am&eacute;ricaine encha&icirc;nent les &eacute;checs. Elles suscitent plus de volontaires rejoignant les talibans qu&rsquo;elles ne neutralisent de repr&eacute;sentants de ces derniers. <br /> <br /> La Respond Force est con&ccedil;ue comme un &quot;r&eacute;servoir de forces&quot; ayant vocation &agrave; remplir des missions de s&eacute;curit&eacute; collective ou de gestion des crises. C'est une force de r&eacute;action rapide pour des circonstances exceptionnelles, et son r&ocirc;le n'est pas de pallier les lacunes capacitaires dans telle ou telle op&eacute;ration. Les unit&eacute;s qui la composent sont de facto &quot;gel&eacute;es&quot; : elles sont identifi&eacute;es dans les arm&eacute;es des Etats membres, et changent par rotation tous les six mois.&nbsp; Or les Etats-Unis, soutenus notamment par la Grande-Bretagne, le Canada et les Pays-Bas, demandent une &eacute;volution de ce concept afin de pouvoir disposer des forces qui la composent en Afghanistan. Ils se heurtent &agrave; plusieurs pays, dont la France, l'Allemagne, la Belgique et l'Espagne, qui veulent conserver le concept originel de la Force. De plus, ces pays, dont la France, qui contribue fortement &agrave; la d&eacute;fense europ&eacute;enne, y compris &agrave; travers la Respond Force de l&rsquo;Otan, r&eacute;pugnent &agrave; augmenter leur financement. <br /> <br /> Cette crise de l&rsquo;Otan, comme celle de la guerre en Afghanistan, est en fait une crise de la &laquo; solidarit&eacute; atlantique &raquo;, c&rsquo;est-&agrave;-dire une crise des relations entre les&nbsp; pays europ&eacute;ens et l&rsquo;Am&eacute;rique. Si l&rsquo;Otan a perdu son pouvoir mobilisateur, c&rsquo;est parce que l&rsquo;Am&eacute;rique est en train de perdre le sien. Les plus atlantistes des pays europ&eacute;ens ne peuvent pas ne pas se rendre compte du fait que, depuis la catastrophique invasion de l&rsquo;Irak, l&rsquo;Am&eacute;rique se trouve d&eacute;sormais incapable de mener d&rsquo;actions militaires durables, avec ou sans l&rsquo;Otan. Ceci que ce soit contre un hypoth&eacute;tique terrorisme que contre le bien r&eacute;el Iran. Un article de William Pfaff publi&eacute; le 20 septembre 2007 (1) et cit&eacute; par Dedefensa montre que les Gardiens de la R&eacute;volution iraniens (&agrave; ne pas confondre n&eacute;cessairement avec les forces sur lesquelles s&rsquo;appuie le pr&eacute;sident Ahmadinejad) ne redoutent pas, mais au contraire souhaitent une attaque par l&rsquo;Am&eacute;rique,&nbsp; avec ou sans l&rsquo;aide suppl&eacute;tive d&rsquo;Isra&euml;l ou (<em>Kouchner dixit)</em> de la France. Avec les techniques de la G4G, ils sont s&ucirc;rs de l&rsquo;emporter. Ce serait h&eacute;las aussi la fin de l&rsquo;Etat d&rsquo;Isra&euml;l. L&rsquo;Am&eacute;rique n&rsquo;aurait de chance de succ&egrave;s qu&rsquo;avec un emploi massif de l&rsquo;arme atomique, dont l&rsquo;effet provoquerait &eacute;videmment une v&eacute;ritable&nbsp; guerre de civilisation (2). <br /> <br /> Dans ces conditions, plut&ocirc;t que &laquo; r&eacute;int&eacute;grer &raquo; l&rsquo;Otan et confondre son action avec celle des Etats-Unis,&nbsp; la France devrait plus que jamais se d&eacute;marquer de l&rsquo;une et de l&rsquo;autre. L&rsquo;Europe devrait faire de m&ecirc;me. L&rsquo;Am&eacute;rique ne fait et ne fera&nbsp; jamais aucune concession &agrave; l&rsquo;Europe, d&egrave;s que celle-ci se met en t&ecirc;te de d&eacute;velopper des alternatives &agrave; sa domination. On le voit dans le cas de <strong>Galil&eacute;o</strong> aujourd&rsquo;hui. Les Etats-Unis et ses alli&eacute;s europ&eacute;ens font tout pour d&eacute;manteler ce qui reste de ce programme de souverainet&eacute; europ&eacute;enne pourtant essentiel. <br /> <br /> D&rsquo;o&ugrave; la question plus g&eacute;n&eacute;rale de savoir si une politique fran&ccedil;aise de rapprochement avec les Etats-Unis, que ce soit via l&rsquo;Otan ou au Moyen-Orient, va bien dans le sens des int&eacute;r&ecirc;ts de la France, directement, et de l&rsquo;Europe, indirectement. Nous sommes pour notre part persuad&eacute;s du contraire. Mais qui en France aujourd&rsquo;hui, en dehors des effets d&rsquo;annonce, est-il capable de peser intelligemment le pour et le contre ? <br /> <br /> </div> Sun, 30 Sep 2007 23:00:00 GMT La coopération renforcée en matière de défense et de sécurité Européenne http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=240 240 <br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br /> <div align="justify">Pourquoi et comment coop&eacute;rer dans le domaine de la d&eacute;fense et de la s&eacute;curit&eacute; au sein de l&rsquo;Union Europ&eacute;enne? Telles sont les questions que l&rsquo;on doit se poser au moment o&ugrave; la CIG&nbsp; se penche sous pr&eacute;sidence Portugaise sur la r&eacute;daction du &laquo; trait&eacute; r&eacute;formateur &raquo; d&eacute;cid&eacute; par le Conseil Europ&eacute;en &agrave; Bruxelles les 21 et 22 juin 2007.<br /> <br /> Toutefois avant d&rsquo;apporter quelques &eacute;l&eacute;ments de r&eacute;ponse, il est n&eacute;cessaire de distinguer les deux termes &laquo; d&eacute;fense &raquo; et &laquo; s&eacute;curit&eacute; &raquo; qui sont ainsi associ&eacute;s et qui recouvrent cependant des concepts distincts. <br /> &nbsp;&nbsp; *&nbsp; La D&eacute;fense de l&rsquo;Europe consiste &agrave; garantir l&rsquo;int&eacute;grit&eacute; des territoires, la protection des populations et des int&eacute;r&ecirc;ts vitaux de la collectivit&eacute; Europ&eacute;enne contre toute agression arm&eacute;e venant de l&rsquo;ext&eacute;rieur. <br /> &nbsp;&nbsp;&nbsp; * La S&eacute;curit&eacute; de l&rsquo;Europe concerne la protection des populations contre des menaces qui ne sont pas strictement militaires et qui risquent d&rsquo;entraver ou d&rsquo;emp&ecirc;cher le d&eacute;roulement normal de la vie des citoyens et du fonctionnement des institutions. <br /> <br /> &nbsp;La notion de S&eacute;curit&eacute; rejoint d&rsquo;une certaine mani&egrave;re celle de D&eacute;fense lorsque les menaces viennent de l&rsquo;ext&eacute;rieur de l&rsquo;Union ou se situent en dehors de ses fronti&egrave;res. Traditionnellement, la D&eacute;fense rel&egrave;ve de l&rsquo;emploi des forces arm&eacute;es, la S&eacute;curit&eacute; de celui des services de police. Mais la mondialisation et l&rsquo;interd&eacute;pendance croissante des pays dans le monde ont cr&eacute;&eacute; de fait des zones grises dans lesquelles forces arm&eacute;es et services de police peuvent &ecirc;tre amen&eacute;s &agrave; conjuguer leurs efforts pour ma&icirc;triser des menaces qui ne se d&eacute;finissent plus par rapport aux fronti&egrave;res ou en r&eacute;f&eacute;rence au port d&rsquo;un uniforme.<br /> <br /> &nbsp;&nbsp; &nbsp;Cette mise au point &eacute;tant fa&icirc;te, il faut encore pr&eacute;ciser que la d&eacute;fense collective de l&rsquo;Europe est, en l&rsquo;&eacute;tat actuel des trait&eacute;s, assur&eacute;e par l&rsquo;OTAN pour les pays qui sont simultan&eacute;ment membres de l&rsquo;Union Europ&eacute;enne et de l&rsquo;Alliance Atlantique. L&rsquo;Europe de la d&eacute;fense se limite, en son &eacute;tat actuel, &agrave; assumer dans le cadre de la PESC des missions de type P&eacute;tersberg, ce qui n&rsquo;exclut nullement le domaine de la d&eacute;fense, mais s&rsquo;apparente le plus souvent &agrave; celui de la s&eacute;curit&eacute;. Il est donc l&eacute;gitime pour l&rsquo;Union Europ&eacute;enne de rassembler D&eacute;fense et S&eacute;curit&eacute; dans une m&ecirc;me politique, la PESD, au sein de la PESC.<br /> <strong><br /> Pourquoi coop&eacute;rer ? </strong><br /> <br /> &nbsp;1/ Pour des raisons d&rsquo;efficacit&eacute; op&eacute;rationnelle.<br /> &nbsp;Il est n&eacute;cessaire de disposer au moins de proc&eacute;dures op&eacute;rationnelles communes et de syst&ecirc;mes interop&eacute;rables. <br /> &nbsp;Il est souhaitable pour atteindre cet objectif d&rsquo;efficacit&eacute; op&eacute;rationnelle de se fixer des crit&egrave;res chiffr&eacute;s, par exemple en ce qui concerne les capacit&eacute;s de commandement, le soutien logistique&nbsp; ou m&ecirc;me le niveau d&rsquo;int&eacute;gration des forces.<br /> &nbsp; <br /> &nbsp;2/ Au plan &eacute;conomique et industriel, il est clair que des programmes communs d&rsquo;&eacute;quipement fond&eacute;s sur une recherche de d&eacute;fense commune et r&eacute;alis&eacute;s par une Base Industrielle et Technologique de D&eacute;fense (BITD) Europ&eacute;enne, comp&eacute;titive &eacute;conomiquement et techniquement, permettra d&rsquo;atteindre un niveau optimum d&rsquo;efficacit&eacute; en mati&egrave;re d&rsquo;&eacute;quipements de d&eacute;fense.<br /> C&rsquo;est bien l&rsquo;objectif majeur de l&rsquo;Agence Europ&eacute;enne de D&eacute;fense que d&rsquo;harmoniser les besoins, de rationaliser et d&rsquo;optimiser l&rsquo;effort de R et D de d&eacute;fense, de conforter l&rsquo;outil industriel et de r&eacute;aliser un v&eacute;ritable march&eacute; commun de la d&eacute;fense en Europe.<br /> <br /> <br /> <strong>Comment coop&eacute;rer ?</strong><br /> <br /> Au-del&agrave; des d&eacute;clarations de principe dont la finalit&eacute; politique sert parfois d&rsquo;alibi, il est n&eacute;cessaire de d&eacute;finir un mode op&eacute;ratoire de la coop&eacute;ration au sein de l&rsquo;Union. <br /> Jusqu&rsquo;&agrave; pr&eacute;sent, des coop&eacute;rations se sont instaur&eacute;es dans le cadre intergouvernemental et ont abouti de fait &agrave; des r&eacute;alisations multilat&eacute;rales, notamment en mati&egrave;re d&rsquo;armement.<br /> <br /> La coop&eacute;ration op&eacute;rationnelle a pris la dimension communautaire dans l&rsquo;adoption des Headline Goals 2003, puis 2010, par le Conseil Europ&eacute;en et s&rsquo;exprime de plus en plus fr&eacute;quemment dans des op&eacute;rations men&eacute;es sous responsabilit&eacute;&nbsp; de l&rsquo;UE et planifi&eacute;es par l&rsquo;Etat-major de l&rsquo;UE. Si les op&eacute;rations ext&eacute;rieures de l&rsquo;Union Europ&eacute;enne rev&ecirc;tent le plus souvent un caract&egrave;re relativement modeste au regard des capacit&eacute;s globales des pays de l&rsquo;Union, elles n&rsquo;en sont pas moins significatives de la mont&eacute;e en puissance de l&rsquo;Europe de la D&eacute;fense.<br /> &nbsp;&nbsp;&nbsp; <br /> La coop&eacute;ration technique et industrielle s&rsquo;exprime pour sa part dans l&rsquo;activit&eacute; de l&rsquo;Agence Europ&eacute;enne de D&eacute;fense (AED) et il serait pr&eacute;matur&eacute; de tirer des conclusions r&eacute;ellement significatives de ses 2 premi&egrave;res ann&eacute;es de fonctionnement. Tout au plus peut on dire que la quasi-totalit&eacute; des pays de l&rsquo;Union a manifest&eacute; un int&eacute;r&ecirc;t &agrave; participer &agrave; l&rsquo;organisme, mais que, au-del&agrave; des d&eacute;clarations d&rsquo;intention, la volont&eacute; r&eacute;elle de participation &agrave; l&rsquo;effort commun d&rsquo;investissement est encore incertaine, en tous cas se concr&eacute;tise de fa&ccedil;on tr&egrave;s in&eacute;gale. Force est de constater que la position de la Grande-Bretagne en ce domaine est particuli&egrave;rement &eacute;quivoque&hellip;<br /> <br /> <strong>Quelles lignes directrices sugg&eacute;rer pour le Trait&eacute; R&eacute;formateur ?</strong><br /> <br /> Il s&rsquo;agit essentiellement de prendre en compte la volont&eacute; de certains Etats membres d&rsquo;aller plus avant dans la coop&eacute;ration en mati&egrave;re de d&eacute;fense. Cette volont&eacute; ne doit pas &ecirc;tre entrav&eacute;e par des pays moins sensibilis&eacute;s ou moins d&eacute;cid&eacute;s &agrave; aller vite et loin dans l&rsquo;int&eacute;gration des forces et dans l&rsquo;optimisation de l&rsquo;effort commun de d&eacute;fense. C&rsquo;est dans cette perspective qu&rsquo;avait &eacute;t&eacute; con&ccedil;ue la Coop&eacute;ration Structur&eacute;e Permanente inscrite dans le projet de Trait&eacute; Constitutionnel, d&eacute;sormais &eacute;cart&eacute;.<br /> <br /> ll faut pourtant, nous semble-t-il, reprendre l&rsquo;esprit de l&rsquo;article I-41 &sect; 6&nbsp; de ce texte qui, tout en institutionnalisant une structure permanente de coop&eacute;ration entre les Etats ayant la volont&eacute; et la capacit&eacute; de coop&eacute;rer efficacement, laissait la porte ouverte aux pays qui auraient souhait&eacute; y adh&eacute;rer &agrave; terme.<br /> Il ne s&rsquo;agit &eacute;videmment pas de cr&eacute;er une sorte de club ferm&eacute; qui aurait le monopole de la d&eacute;fense et de la s&eacute;curit&eacute; de l&rsquo;Union et il ne saurait &ecirc;tre question d&rsquo;&eacute;carter les petits pays ou ceux qui, en raison du niveau modeste de leurs capacit&eacute;s, ne peuvent&nbsp; pour des raisons politiques ou &eacute;conomiques&nbsp; faire un effort plus significatif dans l&rsquo;imm&eacute;diat. En revanche, il s&rsquo;agit d&rsquo;inciter par effet d&rsquo;entra&icirc;nement tous les pays &agrave; faire, dans la mesure de leurs moyens propres, les efforts n&eacute;cessaires pour, &agrave; plus ou moins long terme, raccrocher le train d&rsquo;une d&eacute;fense et d&rsquo;une s&eacute;curit&eacute; commune plus efficace.<br /> <br /> Cela suppose que l&rsquo;on ouvre dans le futur trait&eacute; r&eacute;formateur aux pays membres qui le souhaitent une possibilit&eacute; de Coop&eacute;ration Renforc&eacute;e, au sein d&rsquo;une structure bien d&eacute;finie, tout en laissant tr&egrave;s ouvertes les conditions d&rsquo;acc&egrave;s &agrave; cette structure. Il serait particuli&egrave;rement souhaitable de joindre au trait&eacute; un protocole qui&nbsp; pr&eacute;ciserait clairement les conditions d&rsquo;acc&egrave;s &agrave; cette Coop&eacute;ration Renforc&eacute;e, sp&eacute;cifique &agrave; la D&eacute;fense et &agrave; la S&eacute;curit&eacute;, en d&eacute;finissant des crit&egrave;res chiffr&eacute;s. Ceux-ci pourraient &ecirc;tre en premier lieu d&rsquo;ordre op&eacute;rationnel, notamment en mati&egrave;re d&rsquo;interop&eacute;rabilit&eacute; des syst&egrave;mes d&rsquo;information et de commandement ou des moyens de projection. D&rsquo;autres crit&egrave;res pourraient &ecirc;tre d&rsquo;ordre financier, &eacute;conomique ou industriel, par exemple le niveau de l&rsquo;effort de d&eacute;fense et de s&eacute;curit&eacute; rapport&eacute; au PIB, le niveau de participation aux travaux de l&rsquo;AED ou encore celui de l&rsquo;effort budg&eacute;taire de R et D de d&eacute;fense.<br /> <br /> Telles sont quelques pistes de r&eacute;flexion que PanEurope-France propose aux membres de la CIG afin de donner un nouvel &eacute;lan &agrave; la coop&eacute;ration&nbsp; de d&eacute;fense et de s&eacute;curit&eacute; au travers du trait&eacute; r&eacute;formateur en cours d&rsquo;&eacute;laboration. Il s&rsquo;agit en fait de ne pas s&rsquo;en tenir au signe ind&eacute;niablement tr&egrave;s symbolique du d&eacute;fil&eacute; Europ&eacute;en du 14 juillet 2007 et de transformer l&rsquo;essai pour construire une v&eacute;ritable d&eacute;fense Europ&eacute;enne.<br /> </div> Sun, 30 Sep 2007 23:00:00 GMT Coup de pied de l'âne contre le Rafale http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=246 246 <br /><div align="justify"><!--[if gte vml 1]><v:shapetypeid="_x0000_t75" coordsize="21600,21600" o:spt="75" o:preferrelative="t"path="m@4@5l@4@11@9@11@9@5xe" filled="f" stroked="f"><v:stroke joinstyle="miter" /><v:formulas><v:f eqn="if lineDrawn pixelLineWidth 0" /><v:f eqn="sum @0 1 0" /><v:f eqn="sum 0 0 @1" /><v:f eqn="prod @2 1 2" /><v:f eqn="prod @3 21600 pixelWidth" /><v:f eqn="prod @3 21600 pixelHeight" /><v:f eqn="sum @0 0 1" /><v:f eqn="prod @6 1 2" /><v:f eqn="prod @7 21600 pixelWidth" /><v:f eqn="sum @8 21600 0" /><v:f eqn="prod @7 21600 pixelHeight" /><v:f eqn="sum @10 21600 0" /></v:formulas><v:path o:extrusionok="f" gradientshapeok="t" o:connecttype="rect" /><o:lock v:ext="edit" aspectratio="t" /></v:shapetype><v:shape id="_x0000_s1026" type="#_x0000_t75" alt="Q" style='position:absolute;margin-left:-70.85pt;margin-top:-70.85pt;width:19.5pt;height:24.75pt;z-index:1;mso-wrap-distance-left:0;mso-wrap-distance-top:0;mso-wrap-distance-right:0;mso-wrap-distance-bottom:0;mso-position-horizontal:absolute;mso-position-horizontal-relative:text;mso-position-vertical:absolute;mso-position-vertical-relative:line'o:allowoverlap="f"><v:imagedata src="file:///C:DOCUME~1BAQUIA~1LOCALS~1Tempmsohtml1clip_image001.gif"o:title="q" /><w:wrap type="square" /></v:shape><![endif]--><!--[if !vml]--></div> <p style="line-height: 14.25pt;"><span style="font-size: 10.5pt; font-family: Georgia;"></span></p> Au moment o&ugrave; l'avion de combat fran&ccedil;ais Rafale&nbsp; entrevoit, pour la premi&egrave;re fois, une perspective d&rsquo;ailleurs difficile d'exportation au Maroc,&nbsp; le ministre de la d&eacute;fense, Herv&eacute; Morin, contrairement &agrave; tous ses pr&eacute;d&eacute;cesseurs, choisit de souligner le prix trop &eacute;lev&eacute; et la trop grande &quot;sophistication&quot; de l'avion qui seraient, selon lui, un frein &agrave; l'exportation.<br /> <br /> Le d&eacute;put&eacute; UMP Bernard Carayon a r&eacute;agi, mais le mal est sans doute fait. &quot;D'un ministre de la d&eacute;fense, on attend qu'il sache anticiper, que son administration aide nos industriels contre les manoeuvres astucieuses ou d&eacute;loyales de leurs concurrents, pas qu'il sabote l'image de nos fleurons industriels alors que, partout ailleurs, nos concurrents s'&eacute;veillent au patriotisme &eacute;conomique&quot;.<br /> <br /> Quand on veut noyer son chien, on l&rsquo;accuse de la rage. On dit le Rafale trop cher alors qu&rsquo;il subit le contre-coup de la hausse de l&rsquo;euro face au dollar. Dans le cas du contrat d&rsquo;&eacute;quipement de l&rsquo;arm&eacute;e de l&rsquo;air marocaine, o&ugrave; le Rafale est sur les rangs, les Am&eacute;ricains auraient propos&eacute;&nbsp; 36 F-16 pour 2 milliards de dollars (1,41 milliard d'euros), face &agrave; l&rsquo;offre fran&ccedil;aise de 18 appareils pour 2,3 milliards d'euros, qui pourrait se transformer en une contre-proposition de 24 Rafales&nbsp; pour un prix de 2 milliards d'euros. (Le Monde du 22/09/07, citant lui-m&ecirc;me La Tribune).<br /> <br /> On le dit trop sophistiqu&eacute; alors qu&rsquo;il est simplement polyvalent et certainement meilleur que des F-16 destin&eacute;s &agrave; saturer le march&eacute;. On dit qu&rsquo;il ne se vend pas, parce que le D&eacute;partement d&rsquo;Etat et celui de la D&eacute;fense US interviennent partout dans le monde pour emp&ecirc;cher sa vente &ndash; alors aussi que son concurrent europ&eacute;en, l&rsquo;Eurofighter, vient d&rsquo;obtenir un contrat pour 72 appareil en Arabie Saoudite dans des conditions si suspectes que les deux Royaumes (l&rsquo;Arabie et la Grande Bretagne), ont &eacute;t&eacute; et demeurent tr&egrave;s &eacute;branl&eacute;s. <br /> <br /> Que la France n&rsquo;ait plus le poids politique lui permettant de pr&eacute;server son industrie a&eacute;ronautique, la seule capable de concurrencer valablement celle des Etats-Unis, soit. Mais que le ministre de la D&eacute;fense fran&ccedil;aise (avec l&rsquo;aval de qui ?) y ajoute un coup de poignard dans le dos, nous ne comprenons plus.<br /> <br /> <br /> &nbsp;&nbsp; &nbsp;<br /> <br /> <span style="font-size: 10.5pt; font-family: Georgia;"></span> <p style="line-height: 14.25pt;"><span style="font-size: 10.5pt; font-family: Georgia;"> <p style="line-height: 14.25pt;"><o:p></o:p></p> </span></p> Sun, 30 Sep 2007 23:00:00 GMT La surenchère sur l'Iran http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=242 242 <br /><br /> Fran&ccedil;ois Hollande a r&eacute;clam&eacute;, lundi 17 septembre, un d&eacute;bat au Parlement sur la situation en Iran et estim&eacute; que le pr&eacute;sident Nicolas Sarkozy devait s'exprimer devant les Fran&ccedil;ais. Ces d&eacute;clarations interviennent apr&egrave;s que Bernard Kouchner a pr&eacute;venu, dimanche soir, qu'il fallait &quot;se pr&eacute;parer au pire&quot;, y compris &quot;la guerre&quot;, contre T&eacute;h&eacute;ran. Le ministre des affaires &eacute;trang&egrave;res a aussi demand&eacute;, lors de l'&eacute;mission Le Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, des sanctions europ&eacute;ennes, tout en appelant &agrave; &quot;n&eacute;gocier jusqu'au bout&quot; pour &eacute;viter que l'Iran ne se dote de l'arme atomique. Le Premier ministre, ce m&ecirc;me lundi, a r&eacute;p&eacute;t&eacute; ces propos mena&ccedil;ants en visitant une unit&eacute; motoris&eacute;e fran&ccedil;aise. <br /> <br /> Tout ceci nous parait irresponsable. La France ne peut, &agrave; elle seule, sans un embryon de consultation officielle de l'Union europ&eacute;enne, soutenir les faucons am&eacute;ricains dans leurs projets de guerre, dont certains semblent bien avanc&eacute;s (voir par exemple le Sunday Telegraph du 17 septembre). Et ceci au moment o&ugrave; Mohammed El Baradei, le chef de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique, explique que ses experts n'ont pas d&eacute;tect&eacute; d'activit&eacute;s mena&ccedil;antes en Iran et que, de toutes fa&ccedil;ons, la diplomatie est loin d'avoir encore dit son dernier mot. Va-t-on nous refaire le coup des ADM de Saddam? Comment, quand on parait suivre aveugl&eacute;ment les folies de l'Am&eacute;rique, plaider ensuite aupr&egrave;s de nos amis europ&eacute;ens la th&egrave;se d'une Europe forte diplomatiquement, &agrave; l'initiative d'une France jouant un r&ocirc;le moteur en ce sens?<br /> <br /> L'Europe, sous l'impulsion de la France si n&eacute;cessaire, pourrait dans ce dossier jouer un r&ocirc;le diplomatique consid&eacute;rable, sans gesticulations militaires: aider l'Iran dans ses ambitions de puissance r&eacute;gionale &quot;perse&quot;, c'est-&agrave;-dire capable de contrebalancer le poids des&nbsp; Etats arabes - et si l'Iran persiste &agrave; rester sourde, durcir les sanctions &eacute;conomiques. Pour ce faire, l'Europe devra aussi chercher &agrave; s'associer la Russie et les pays du Maghreb, dont on parle peu. Sun, 30 Sep 2007 23:00:00 GMT Paul Craig Roberts http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=249 249 <br /><br /> Le Dr Paul Craig Roberts est &eacute;conomiste et chroniqueur politique,&nbsp; membre du Creators Syndicate. Il a &eacute;t&eacute; secr&eacute;taire adjoint du Tr&eacute;sor dans l&rsquo;administration Reagan dont il avait th&eacute;oris&eacute; les conceptions &eacute;conomiques sous le nom de Reaganomics. Il participe ou a particip&eacute; &agrave; de nombreux organes de presse dont les Wall Street Journal, Business Week, and Scripps Howard News Service. Il a &eacute;crit de nombreux livres<br /> En 1992, il a re&ccedil;u le Warren Brookes Award for Excellence in Journalism. En 1993, le Guide Forbes des Media l&rsquo;avait class&eacute; parmi les 7 meilleurs journalistes am&eacute;ricains. <br /> <br /> Ses articles sont aujourd&rsquo;hui fr&eacute;quemment publi&eacute;s sur les sites Antiwar.com, VDARE.com. Lew Rockwell's web site, NewsMax, and CounterPunch.<br /> Bien que de culture et de tradition R&eacute;publicaine, il ne se situe ni &agrave; gauche ni &agrave; droite, mais se veut ind&eacute;pendant. <br /> Notons qu&rsquo;en 1987 le ministre des finances fran&ccedil;ais de l&rsquo;&eacute;poque, Edouard Balladur, s&rsquo;&eacute;tait rendu&nbsp; &agrave; l&rsquo;Ambassade de France &agrave; Washington pour lui remettre la L&eacute;gion d&rsquo;honneur, en reconnaissance de ses travaux &laquo; ayant permis de renouveler la science &eacute;conomique apr&egrave;s un demi-si&egrave;cle d&rsquo;interventionnisme d&rsquo;Etat &raquo;. <br /> <br /> Le Dr Roberts n&rsquo;est donc pas un esprit aventurier ni un journaliste manipulateur. Ses qualit&eacute;s obligent &agrave; prendre au s&eacute;rieux deux articles r&eacute;cents qui &eacute;clairent d&rsquo;un jour sinistre les strat&eacute;gies g&eacute;opolitiques actuelles du gouvernement Bush. <br /> <br /> <strong>Deux articles particuli&egrave;rement inqui&eacute;tants</strong><br /> <br /> Dans un article intitul&eacute; &laquo;I<em>mpeach Bush and Cheney Now</em>&raquo; publi&eacute; le 17 juillet 2007 dans le Online Journal, Paul Craig Roberts avertit de l&rsquo;imminence d&rsquo;un deuxi&egrave;me 11 septembre orchestr&eacute; par le duo Bush-Cheney et qui pourrait &ecirc;tre imput&eacute; &agrave; l&rsquo;Iran. Selon l'auteur, cet attentat terroriste permettra &agrave; Bush d&rsquo;activer les d&eacute;crets pr&eacute;sidentiels qui donnent au pr&eacute;sident des pouvoirs dictatoriaux en cas d&rsquo;urgence nationale. Un &eacute;tat de guerre avec l&rsquo;Iran en d&eacute;coulerait imm&eacute;diatement, accompagn&eacute; d&rsquo;op&eacute;rations destin&eacute;es &agrave; remettre au pas les Etats arabes &laquo; amis &raquo; et de museler les oppositions internes et europ&eacute;ennes (NDLR: avec une neutralisation possible de l'internet et des syst&egrave;mes satellitaires &quot;non amis&quot;).<br /> <br /> Dans un second article, du 10 septembre 2007, publi&eacute; sur le site VDARE.com et intitul&eacute; <em>9/11, Six Years Later,</em> il reprend tous les t&eacute;moignages et arguments, certains d&eacute;j&agrave; connus et d&rsquo;autres r&eacute;cents, tendant &agrave; prouver que les attentats du 11 septembre avaient &eacute;t&eacute; provoqu&eacute;s intentionnellement par le pouvoir militaro-industriel pour, entre autres objectifs, mettre la main sur les ressources p&eacute;troli&egrave;res de l&rsquo;Irak. Si le Dr Roberts rouvre ce dossier, dont un nombre croissant d&rsquo;Am&eacute;ricains ne mettraient plus en doute la v&eacute;racit&eacute;, c&rsquo;est pour donner plus de poids &agrave; l&rsquo;hypoth&egrave;se de l&rsquo;article pr&eacute;c&eacute;dent, selon laquelle l&rsquo;administration Bush n&rsquo;aurait plus d&rsquo;autres solutions, pour sortir de la crise &eacute;conomique, financi&egrave;re et militaire actuelle, que d&eacute;clencher une attaque massive contre l&rsquo;Iran. Mais cette attaque ne pourrait &ecirc;tre accept&eacute;e par l&rsquo;opinion internationale que si un nouvel attentat, sur le mode du 9/11, pouvait &ecirc;tre imput&eacute; aux activistes de ce pays. <br /> <br /> Quelles formes prendrait cette attaque massive contre l&rsquo;Iran ? Des scientifiques britanniques viennent d&rsquo;indiquer qu&rsquo;il s&rsquo;agirait de neutraliser plusieurs centaines de sites militaires, industriels et civils, sans emploi de l&rsquo;arme nucl&eacute;aire strat&eacute;gique mais le cas &eacute;ch&eacute;ant &agrave; l&rsquo;aide de&nbsp; mini-nukes &agrave; fort pouvoir de p&eacute;n&eacute;tration. La source est cit&eacute;e par Alterinfo, dont les sympathies troskystes ne se cachent pas. Mais elle parait s&eacute;rieuse.&nbsp; <br /> <br /> L&rsquo;Iran serait-elle neutralis&eacute;e ? Beaucoup de militaires occidentaux, notamment am&eacute;ricains et isra&eacute;liens le pensent. Mais nous avons cit&eacute; dans un pr&eacute;c&eacute;dent&nbsp; article de notre revue, une pr&eacute;vision pessimiste de l&rsquo;excellent journaliste William Pfaff, selon laquelle les gardiens de la R&eacute;volution et plus g&eacute;n&eacute;ralement le pouvoir militaro-religieux des Mollahs, loin d&rsquo;&ecirc;tre d&eacute;truits par cette agression,&nbsp; pourraient d&eacute;clencher une Guerre de 4e G&eacute;n&eacute;ration dans l&rsquo;ensemble du Moyen-Orient, en Europe et sur le sol m&ecirc;me des Etats-Unis. Cette guerre pourrait signer la fin non seulement de l&rsquo;Empire am&eacute;ricain mais aussi de la civilisation occidentale. La Russie et la Chine pourraient au contraire profiter de la situation (sans mentionner le Pakistan) pour s&rsquo;approprier les ressources p&eacute;troli&egrave;res de la r&eacute;gion et plus g&eacute;n&eacute;ralement, prendre sans contestation la place de la superpuissance am&eacute;ricaine d&eacute;truite. <br /> Devons-nous, pour ce qui nous concerne, citer ces sources, quitte &agrave; g&eacute;n&eacute;rer des rumeurs et des craintes non fond&eacute;es. Nous le pensons. Si l&rsquo;Europe n&rsquo;essaye pas de p&eacute;n&eacute;trer pour les emp&ecirc;cher les tentations strat&eacute;giques d&eacute;mentes de son alli&eacute;e l&rsquo;Am&eacute;rique, elle partagera la responsabilit&eacute; de cette derni&egrave;re au cas o&ugrave; de son fait se d&eacute;clencherait ce qui serait vraiment la 3e Guerre mondiale. <br /> Sun, 30 Sep 2007 23:00:00 GMT L'Esprit, l'IA et la Singularité http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=241 241 <br /><br /> Le th&egrave;me du livre est simple, souvent trait&eacute; par les sp&eacute;cialistes:&nbsp; l&rsquo;&eacute;volution acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e et convergente des sciences et technologies&nbsp; &laquo;&eacute;mergentes et convergentes &raquo;, info, bio, cogno et nanotechnologies, produira l&rsquo;apparition d&rsquo;entit&eacute;s intelligentes qui bouleverseront la fa&ccedil;on dont nous consid&eacute;rons l&rsquo;avenir de la vie et de l&rsquo;homme sur la Terre. Ce bouleversement se produira in&eacute;luctablement, sauf catastrophes toujours possibles r&eacute;sultant de la b&ecirc;tise et la folie des hommes actuels. L&rsquo;&eacute;ch&eacute;ance de l&rsquo;&eacute;v&egrave;nement pourrait &ecirc;tre proche, quelques d&eacute;cennies voire quelques ann&eacute;es.&nbsp; Ce d&eacute;lai sera fonction de la d&eacute;termination qui sera mise &agrave; la r&eacute;alisation des nouvelles intelligences. <br /> <br /> Contrairement &agrave; ce qu l&rsquo;on croit g&eacute;n&eacute;ralement, la r&eacute;alisation de ces nouvelles entit&eacute;s ne demanderait pas de moyens consid&eacute;rables. Quelques scientifiques et ing&eacute;nieurs comp&eacute;tents, quelques clusters de ressources informatiques en r&eacute;seau, quelques laboratoires pr&ecirc;tant leurs &eacute;quipements pour les premiers essais, pourraient suffire &agrave; lancer le projet de ce que Serge Boisse appelle une IA vraie (c&rsquo;est-&agrave;-dire aussi sinon plus intelligente que ne l&rsquo;est l&rsquo;intelligence humaine, individuelle ou collective). Ensuite, par la force de l&rsquo;auto-complexification, le prototype pourrait s&rsquo;enrichir de lui-m&ecirc;me, &agrave; condition d&rsquo;&ecirc;tre encourag&eacute; &agrave; le faire par ses concepteurs initiaux. <br /> <br /> Mais alors, dira-t-on, pourquoi de tels syst&egrave;mes n&rsquo;existent-ils pas en abondance ? Certes, on sait que les robots &eacute;volutionnaires ou autonomes sont de plus en plus nombreux et intelligents, que ce soit dans le domaine militaire aux Etats-Unis (le Pentagone affecte d&rsquo;importants cr&eacute;dits &agrave; ces recherches) ou dans le domaine civil, notamment au Japon. Nous avons plusieurs fois insist&eacute; sur le diff&eacute;rentiel de d&eacute;veloppement qui s&eacute;pare maintenant l&rsquo;Europe des autres pays technologiques, dont les cons&eacute;quences &eacute;conomiques et en termes de puissance ne vont pas tarder &agrave; se faire sentir. Mais, m&ecirc;me aux Etats-Unis, on est encore &agrave; quelques ann&eacute;es d&rsquo;une IA disposant des capacit&eacute;s intellectuelles, affectives et corporelles d&rsquo;un enfant de 5 ans, premier objectif que se donnent les chercheurs. Pourquoi donc cette lenteur ? C'est que, fondamentalement, de tels projets font peur&hellip;. <br /> <br /> Nous estimons pour notre part que la r&eacute;sistance implicite sinon syst&eacute;matique face &agrave; de telles perspectives est une mauvaise action, au d&eacute;triment de la&nbsp; science en g&eacute;n&eacute;ral et de l&rsquo;humanit&eacute; en particulier. Elle exprime un manque de confiance dans les capacit&eacute;s d&rsquo;adaptation de l&rsquo;homme qui p&eacute;nalisera &agrave; terme tous ceux manquant d&rsquo;imagination cr&eacute;atrice. Pour notre part, nous fommes persuad&eacute;s que,&nbsp; quelles que soient la vitesse et l&rsquo;ambition caract&eacute;risant le d&eacute;veloppement d&rsquo;une intelligence artificielle autonome, il se trouvera des humains qui pourront entrer en symbiose avec elle et &laquo; augmenter &raquo; ainsi leurs capacit&eacute;s physiques et mentales.&nbsp; C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs ce que la plupart des hommes ont fait depuis la premi&egrave;re r&eacute;volution industrielle et scientifique. Certes, ces humains futurs ne ressembleront pas plus aux hommes d&rsquo;aujourd&rsquo;hui que ceux-ci ne ressemblent &agrave; l&rsquo;homo ergaster. Mais qui s&rsquo;en plaindra ?<br /> <br /> <strong>Pourquoi lire le livre ?&nbsp; &nbsp;<br /> </strong><br /> * <em>L&rsquo;Esprit, l&rsquo;IA et la Singularit&eacute; </em>est d&rsquo;abord un bon r&eacute;sum&eacute; de l&rsquo;&eacute;tat de l&rsquo;art concernant l&rsquo;Intelligence Artificielle et ses versions les plus &eacute;volu&eacute;es. On y trouve notamment l&rsquo;essentiel de ce qu&rsquo;un esprit g&eacute;n&eacute;raliste devrait savoir sur les recherches actuelles concernant le cerveau, l&rsquo;esprit et l&rsquo;apprentissage, ainsi que sur les processus d&eacute;cisionnels. De plus, contrairement aux ouvrages sp&eacute;cialis&eacute;s en neurosciences, ce qui est dit de ces sujets complexes est pr&eacute;sent&eacute; dans la perspective de r&eacute;aliser le cahier des charges fonctionnel, si l&rsquo;on peut dire, d&rsquo;une intelligence artificielle incorpor&eacute;e dans un robot &eacute;volutionnaire. Si par exemple l&rsquo;auteur r&eacute;sume ce que l&rsquo;on sait actuellement du m&eacute;canisme de la vision, c&rsquo;est pour montrer que ce m&eacute;canisme est relativement facile &agrave; impl&eacute;menter sur un syst&egrave;me artificiel. C&rsquo;est ainsi que travaillent les roboticiens, sans se perdre dans des consid&eacute;rations essentialistes. <br /> <br /> * <em>L&rsquo;Esprit, l&rsquo;IA et la Singularit&eacute;</em> s&rsquo;efforce par ailleurs de d&eacute;sarmer &agrave; l&rsquo;avance les critiques qui se font d&eacute;j&agrave; jour &agrave; l&rsquo;&eacute;gard des recherches appliqu&eacute;es concernant l&rsquo;Intelligence Artificielle, la robotique et les nanotechnologies. Il montre comment une &laquo; IA amicale &raquo; pourrait &ecirc;tre mise en chantier, avec de bonnes chances de r&eacute;ussite. <br /> <br /> * <em>L&rsquo;Esprit, l&rsquo;IA et la Singularit&eacute;</em>, dernier argument, de poids &agrave; nos yeux, a &eacute;t&eacute; &eacute;crit par un auteur fran&ccedil;ais ou, pour rester dans l&rsquo;approche europ&eacute;enne qui est la n&ocirc;tre, par un auteur europ&eacute;en. Autrement dit, il pourrait s&rsquo;agir d&rsquo;une v&eacute;ritable semence franco-europ&eacute;enne susceptible de germer dans un champ jusqu&rsquo;ici envahi jusqu&rsquo;&agrave; saturation par les esp&egrave;ces d&rsquo;importation am&eacute;ricaine. On retrouve dans le domaine de l&rsquo;Intelligence Artificielle la question que nous &eacute;voquons souvent &agrave; propos de l&rsquo;Espace. Si l&rsquo;Europe ne d&eacute;veloppe pas un grand programme lunaire et martien autonome, elle pourra faire le deuil de ses ambitions g&eacute;opolitiques futures, &agrave; supposer qu&rsquo;elle en nourrisse encore. <br /> <br /> Pour conclure, nous serions assez tent&eacute;s ici de donner &agrave; l&rsquo;auteur le conseil de ne pas s&rsquo;en tenir &agrave; ce livre dans la voie qu&rsquo;il a si bien trac&eacute;e. S&rsquo;il en avait la possibilit&eacute; mat&eacute;rielle, ne pourrait-il pas, &agrave; l&rsquo;exemple de ce qu&rsquo;a fait le fondateur du Singularity Institute, r&eacute;unir (par Internet pour commencer) un petit nombre de pionniers qui accepteraient avec lui de d&eacute;velopper en grid les sp&eacute;cifications ou les premiers versions du syst&egrave;me dont il r&ecirc;ve. Nous sommes persuad&eacute;s que si l&rsquo;entreprise paraissait s&eacute;rieuse, elle&nbsp; recueillerait des soutiens.&nbsp; &nbsp; Sun, 30 Sep 2007 23:00:00 GMT Pour une Ligue Européenne de l'Espace. http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=250 250 <br /><br /> Dans un article tr&egrave;s incisif du Figaro du 21 septembre dernier, intitul&eacute; &laquo; <em>L&rsquo;ambition spatiale europ&eacute;enne : dernier appel avant extinction de voix. </em>&raquo;, Fran&ccedil;ois Auque,&nbsp; Pr&eacute;sident d&rsquo;EADS Astrium, met en &eacute;vidence l&rsquo;&eacute;tat de d&eacute;sh&eacute;rence dans lequel se trouve aujourd&rsquo;hui la politique spatiale de l&rsquo;Union Europ&eacute;enne.<br /> <br /> Nouveau cri d&rsquo;alarme, sa prise de position s&rsquo;inscrit dans une s&eacute;rie d&rsquo;interventions, de rapports, de colloques auxquels Paneurope &agrave; largement pris sa part depuis plusieurs ann&eacute;es. Rappelons notamment le dernier d&rsquo;entre eux, un Colloque organis&eacute; &agrave; Toulouse le 17 novembre 2006 (1) .<br /> <br /> Le drame de cette politique, c&rsquo;est que l&rsquo;opinion publique, subjugu&eacute;e, notamment , par les succ&egrave;s r&eacute;p&eacute;t&eacute;s et parfaitement m&eacute;diatis&eacute;s d&rsquo;Ariane, ne se rend pas compte&nbsp; que ces succ&egrave;s sont le r&eacute;sultat d&rsquo;une politique lanc&eacute;e il y a pr&egrave;s de quarante ans, politique dont la rel&egrave;ve concernant&nbsp; les d&eacute;cennies &agrave; venir n&rsquo;est plus assur&eacute;e, faute de moyens, et en absence de volont&eacute; politique.<br /> <br /> Ceci est d&rsquo;autant plus inqui&eacute;tant que dans le m&ecirc;me temps les Etats-Unis, mais aussi la Chine, l&rsquo;Inde et bien entendu la Russie se dotent de programmes &agrave; long terme ambitieux.<br /> <br /> Tous ont, en effet, compris que la politique spatiale &eacute;tait l&rsquo;&eacute;l&eacute;ment clef de la puissance de l&rsquo;ind&eacute;pendance et de la souverainet&eacute; et qu&rsquo;elle &eacute;tait l&rsquo;un des instruments majeurs de la comp&eacute;tition multipolaire qui marque ce d&eacute;but du XXI &egrave;me si&egrave;cle.<br /> <br /> Nous consid&eacute;rons, au sein du mouvement paneurop&eacute;en, et tout particuli&egrave;rement au sein de&nbsp; Paneurope France&nbsp; mais aussi de&nbsp; Paneuropa-Union Deutschland que le moment est venu de saisir et d&rsquo;informer l&rsquo;opinion publique europ&eacute;enne de la n&eacute;cessit&eacute; vitale pour l&rsquo;Union d&rsquo;une relance extr&ecirc;mement volontariste&nbsp; de cette politique. <br /> <br /> Nous avons toujours &eacute;t&eacute; convaincu, en effet, que, dans ces domaines d&rsquo;ind&eacute;pendance et de souverainet&eacute;, le&nbsp; soutien massif et organis&eacute;, pour ne pas dire la pression, de l&rsquo;opinion &eacute;tait indispensable.<br /> <br /> On &agrave; de bonnes raisons de s&rsquo;inqui&eacute;ter lorsque l&rsquo;on voit que, pour &eacute;viter le naufrage de Galileo,&nbsp; programme spatial d&eacute;cisif pour notre avenir, Jacques Barrot est oblig&eacute; de recourir &agrave; des exp&eacute;dients en proposant de puiser dans les cr&eacute;dits non utilis&eacute;s de la Politique Agricole Commune les 2,4 milliards d&rsquo;Euros n&eacute;cessaire au financement des infrastructures du projet. Saluons &agrave; cette occasion&nbsp; le&nbsp; courage et la lucidit&eacute; du vice-pr&eacute;sident de la Commission.<br /> <br /> Face &agrave; une situation qu&rsquo;il ne faut pas h&eacute;siter &agrave; qualifier de dramatique, Paneurope France propose la cr&eacute;ation d&rsquo;une&nbsp; &laquo; <strong>Ligue Europ&eacute;enne de l&rsquo;Espace </strong>&raquo; destin&eacute;e &agrave; mobiliser en profondeur l&rsquo;opinion publique europ&eacute;enne.<br /> <br /> Cette ligue devrait rassembler, dans un vaste &eacute;lan paneurop&eacute;en, toutes celles et ceux : membres de la soci&eacute;t&eacute; civile, responsables politiques &eacute;conomiques ou syndicaux, industriels,&nbsp; chercheurs, universitaires, intellectuels, qui pensent, comme l&rsquo;ont rappel&eacute; Christian Cabal et Henri Revol, en f&eacute;vrier dernier, au nom de l&rsquo;Office parlementaire d&rsquo;&eacute;valuation des choix scientifiques et technologiques, qu&rsquo;il n&rsquo;existe, en ce domaine, pour les Europ&eacute;ens, pas d&rsquo;autre choix que celui de l&rsquo;audace ou du d&eacute;clin.<br /> <br /> <br /> <br /> Sun, 30 Sep 2007 23:00:00 GMT Colloque européen sur le transfert de technologies spatiales http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=245 245 <br />Une conf&eacute;rence sur les soci&eacute;t&eacute;s issues de la technologie spatiale sera organis&eacute;e &agrave; l'occasion du colloque europ&eacute;en sur le transfert de technologie spatiale qui se tiendra les 16 et 17 octobre &agrave; Munich (Allemagne). Les participants d&eacute;battront de plusieurs r&eacute;ussites de transfert de technologie spatiale vers divers secteurs importants. Sun, 30 Sep 2007 23:00:00 GMT Al Qaïda deviendra-t-elle une puissance mondiale&#160;? L'anniversaire du 11/09/2001 http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=227 227 <br /><div align="justify"> <p>On dira que c&rsquo;est faire beaucoup d&rsquo;honneur &agrave; Al Qa&iuml;da que consid&eacute;rer cette n&eacute;buleuse complexe comme une puissance mondiale, susceptible d&rsquo;affronter voire de vaincre les plus grandes. C&rsquo;est &eacute;videmment ce qu&rsquo;affirme son chef pr&eacute;sum&eacute;, Ben Laden, y compris r&eacute;cemment dans deux adresses au monde publi&eacute;es &agrave; l&rsquo;occasion de l&rsquo;anniversaire des attentats du 11 septembre. R&eacute;percuter son message en y attachant trop d&rsquo;importance ne peut que lui rendre service. Disons seulement qu&rsquo;Al Qa&iuml;da pr&eacute;sente un certain nombre des caract&egrave;res d&eacute;finissant les invasions virales au sein des syst&egrave;mes biologiques ou informationnelles. Ces virus constituent des populations de micro-agents capables d&rsquo;un taux &eacute;lev&eacute; de mutation-reconfiguration et capables d&rsquo;infecter rapidement des h&ocirc;tes plus stables et moins r&eacute;actifs d&egrave;s qu&rsquo;ils ont trouv&eacute; leurs points faibles. Lorsqu&rsquo;un syst&egrave;me dominant d&rsquo;une certaine importance se met en place, ils semblent s&rsquo;auto-g&eacute;n&eacute;rer quasi-automatiquement pour l&rsquo;attaquer. C&rsquo;est ce que font les virus biologiques et leurs lointains cousins les virus informatiques.<br /> </p> <p>Or les grandes puissances, notamment la superpuissance am&eacute;ricaine, montrent de nombreux points faibles. Elles multiplient les in&eacute;galit&eacute;s et s&rsquo;imposent souvent par la violence, en g&eacute;n&eacute;rant de nombreux opposants externes et internes. Cependant, cela ne suffit pas &agrave; rendre ceux-ci dangereux. Pour les soulever, il faut une force consid&eacute;rable. Ben Laden et ses proches ne sont pas des religieux convaincus, ce sont des gens avides de pouvoir et d&rsquo;argent, impressionn&eacute;s par le mod&egrave;le am&eacute;ricain. Mais ils ont compris qu&rsquo;en activant les passions religieuses, ils pouvaient d&eacute;multiplier leur action quasi &agrave; l&rsquo;infini. Avec la destruction du N.Y. World Trade Center faite au nom de l&rsquo;islam, qui lui a demand&eacute; peu de moyens militaires, Ben Laden s&rsquo;est rendu compte qu&rsquo;il a pu obtenir un succ&egrave;s d&rsquo;une ampleur qu&rsquo;il n&rsquo;avait peut-&ecirc;tre m&ecirc;me pas imagin&eacute;e &agrave; l&rsquo;avance. Il a r&eacute;ussi &agrave; pr&eacute;cipiter l&rsquo;entr&eacute;e en guerre des Etats-Unis, non seulement contre l&rsquo;Afghanistan et l&rsquo;Irak, mais virtuellement contre une partie du monde arabo-musulman. A ses yeux ou aux yeux de ses disciples, r&eacute;p&eacute;ter de telles op&eacute;rations, contre l&rsquo;Am&eacute;rique mais aussi contre les Etats europ&eacute;ens, devrait permettre de d&eacute;stabiliser enti&egrave;rement le monde occidental. Les occasions de le faire ne lui manqueront pas puisqu&rsquo;il existe dans ces pays d&rsquo;importantes populations musulmanes o&ugrave; le recrutement de quelques fanatiques suicidaires appara&icirc;t facile. El Qa&iuml;da pourra les dresser contre les pays occidentaux, non seulement en pr&eacute;sentant ces derniers comme g&eacute;n&eacute;rateurs d&rsquo;in&eacute;galit&eacute;s &eacute;conomiques et de violence, mais aussi comme des adversaires religieux. Les d&eacute;mocraties occidentales sont en effet r&eacute;put&eacute;es impies puisque leurs r&egrave;gles de fonctionnement sont aux antipodes de celles reconnues par les Etats appliquant la loi islamique. </p> <div>Ce sc&eacute;nario, s&rsquo;il se poursuivait jusqu&rsquo;au bout, pourrait faire craindre qu&rsquo;Al Qa&iuml;da ou des organisations d&rsquo;un type viral analogue ne deviennent des puissances mondiales de premier plan, sinon une v&eacute;ritable superpuissance. Il est facile en effet de provoquer dans les soci&eacute;t&eacute;s soumises au terrorisme des &laquo; sur-r&eacute;actions &raquo; qui multiplient les vocations au martyr. L&rsquo;invasion de l&rsquo;Irak &eacute;tait l&rsquo;une de ces sur-r&eacute;actions. Sans avoir la m&ecirc;me gravit&eacute;, frapper de suspicion g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e les populations immigr&eacute;es en est une autre. Or le propre d&rsquo;Al Qa&iuml;da et des organisations analogues est de n&rsquo;avoir pas besoin de recruteurs. Ce sont des volontaires, g&eacute;n&eacute;ralement des personnes &agrave; probl&egrave;mes, qui viennent d&rsquo;eux-m&ecirc;mes la trouver ou, plus simplement, qui passent &agrave; l&rsquo;action en se recommandant d&rsquo;elle. Sur quelques millions ou centaines de milliers de personnes bien adapt&eacute;es, il est statistiquement tr&egrave;s probable d&rsquo;en trouver en permanence quelques unes qui se laisseront s&eacute;duire par la perspective du martyr pour motifs religieux. Sommes-nous alors en pr&eacute;sence d&rsquo;un m&eacute;canisme appel&eacute; &agrave; s&rsquo;&eacute;tendre irr&eacute;vocablement ? C&rsquo;est ce dont Ben Laden parait persuad&eacute;.&nbsp;</div> <p>Il semble que dans le monde biologique les infections virales finissent toujours par reculer devant les anti-corps qu&rsquo;elles suscitent. S&rsquo;il n&rsquo;en &eacute;tait pas ainsi, toutes les esp&egrave;ces d&rsquo;une certaine complexit&eacute; auraient d&eacute;j&agrave; disparu. Sur le long terme, deux d&eacute;mographes Emmanuel Todd et Youssef Courbage&nbsp; viennent d&rsquo;expliquer que les soci&eacute;t&eacute;s musulmanes &laquo; occidentales &raquo;, c&rsquo;est-&agrave;-dire ne comprenant pas le Pakistan et l&rsquo;Indon&eacute;sie, sont en train d&rsquo;atteindre la transition d&eacute;mographique o&ugrave; les chiffres des naissances et des d&eacute;c&egrave;s s&rsquo;&eacute;quilibrent. Pour eux, cette &eacute;volution, due en partie &agrave; la promotion sociale des femmes, devrait favoriser l&rsquo;Islam mod&eacute;r&eacute; et faire reculer le spectre d&rsquo;une &laquo; guerre des civilisations &raquo; telle que d&eacute;crite par Samuel Huntington (1). Mais dans le court terme, les vocations au martyr, touchant des individus cultiv&eacute;s et apparemment bien adapt&eacute;s, ne diminueront pas pour autant. Peut-on compter sur d&rsquo;autres ph&eacute;nom&egrave;nes ? Al Qa&iuml;da provoquera certainement des oppositions, y compris au sein des pays musulmans. Il s&rsquo;agit en effet, nous l&rsquo;avons dit, d&rsquo;une forme de pouvoir &agrave; la recherche d&rsquo;une domination qui se r&eacute;v&egrave;le aussi tyrannique que les autres. Elle peut donc &ecirc;tre rejet&eacute;e par ceux-l&agrave; m&ecirc;me &agrave; qui elle s&rsquo;adresse. Mais pour le moment, elle est encore en phase ascendante et doit donc susciter toute l&rsquo;attention et l&rsquo;intelligence de ceux qui ne veulent pas se soumettre &agrave; sa loi. Peut-on attendre de G.W.Bush qu'il fasse preuve de ces qualit&eacute;s?</p> <div><hr width="33%" size="1" align="left" /> <!--[endif]--> <div id="ftn1"> <div align="center"><strong><font size="4"><a title="" name="_ftn1" href="#_ftnref1"><span><!--[if !supportFootnotes]--></span></a><span style="font-size: 10pt;" /></font></strong></div> </div> </div> <div align="left"><br /> </div> </div> Fri, 14 Sep 2007 23:00:00 GMT Pour un service militaire obligatoire européen http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=225 225 <br /><br /> Le service militaire ou&nbsp; conscription obligatoire a &eacute;t&eacute; violemment critiqu&eacute;, notamment dans un certain nombre de pays europ&eacute;ens ayant connu le poids des guerres mondiales et des guerres coloniales. Beaucoup de gouvernements y ont renonc&eacute;, notamment la France. Il parait donc&nbsp; de mauvais go&ucirc;t d&rsquo;en d&eacute;fendre le retour. Nous pensons cependant que les pays qui ont supprim&eacute; cette v&eacute;ritable institution, que ce soit pour des raisons d&rsquo;&eacute;conomie ou pour lutter contre un &eacute;ventuel retour de la militarisation de la soci&eacute;t&eacute;, n'en retirent aucun de ces deux r&eacute;sultats. Les d&eacute;g&acirc;ts r&eacute;sultant de l&rsquo;absence de moyens suffisants d&rsquo;intervention, militaires ou civils,&nbsp; sont et seront de plus en plus consid&eacute;rables. On voit ce qu&rsquo;ont co&ucirc;t&eacute; les derniers incendies de l&rsquo;&eacute;t&eacute; 2007 en Gr&egrave;ce. Quant &agrave; la militarisation, l&rsquo;existence d&rsquo;une arm&eacute;e de professionnels coup&eacute; du peuple peut en cas de crise politique toujours possible se r&eacute;v&eacute;ler dangereuse pour la d&eacute;mocratie.<br /> <br /> Nous pensons qu&rsquo;il convient de r&eacute;examiner aujourd&rsquo;hui la question, en renouvelant profond&eacute;ment la d&eacute;finition traditionnelle du service militaire. Dor&eacute;navant, les soci&eacute;t&eacute;s, qu&rsquo;elles soient d&eacute;velopp&eacute;es ou en d&eacute;veloppement, doivent r&eacute;soudre simultan&eacute;ment leurs probl&egrave;mes de d&eacute;fense et ceux, de plus en plus envahissants, li&eacute;s &agrave; la s&eacute;curit&eacute; civile (lutte contre les grands risques environnementaux et sanitaires) et &agrave; la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure (lutte contre les comportements criminels et les infiltrations hostiles). Pour cela, s&rsquo;orienter comme le font certains Etats (notamment les Etats-Unis) vers la professionnalisation des corps d&rsquo;intervention et surtout vers leur sous-traitance &agrave; des agences et soci&eacute;t&eacute;s priv&eacute;es, ne peut qu&rsquo;entra&icirc;ner un recul g&eacute;n&eacute;ral du sentiment de citoyennet&eacute;. La population toute enti&egrave;re, hommes et femmes r&eacute;unies, sans exemptions, devrait au contraire consacrer une partie de son temps &agrave; ces activit&eacute;s de d&eacute;fense, d&rsquo;abord pendant une p&eacute;riode initiale continue d&rsquo;au moins 18 mois puis par la suite au cours de p&eacute;riodes d&rsquo;entretien. Les appel&eacute;s apprendront dans ce cadre &agrave; utiliser de nombreuses techniques militaires et civiles qui leur serviront par ailleurs. Pour &eacute;viter la militarisation, l&rsquo;encadrement devrait &ecirc;tre en partie assur&eacute; par des responsables civils non professionnels. <br /> <br /> Enfin, pour pr&eacute;venir les tentations de retour &agrave; un nationalisme &eacute;troit, les corps ainsi constitu&eacute;s devront l&rsquo;&ecirc;tre au niveau d&rsquo;ensembles inter&eacute;tatiques ou r&eacute;gionaux, L&rsquo;exemple du service militaire en Suisse ou en Isra&euml;l peut &ecirc;tre &eacute;voqu&eacute;, mais nous aimerions qu&rsquo;il ne soit pas limit&eacute; &agrave; de petits Etats confront&eacute;s &agrave; des situations exceptionnelles. En ce qui concerne l&rsquo;Europe, par exemple, un service citoyen obligatoire (nous pr&eacute;f&eacute;rons ce terme &agrave; celui de service militaire comme &agrave; celui de service civil) exerc&eacute; au sein d&rsquo;unit&eacute;s multinationales europ&eacute;ennes, ajouterait &agrave; son r&ocirc;le en mati&egrave;re de s&eacute;curit&eacute;-d&eacute;fense un r&ocirc;le d&rsquo;int&eacute;gration consid&eacute;rable, m&ecirc;lant toutes les origines et toutes les appartenances. Il faudrait qu&rsquo;il soit con&ccedil;u dans la perspective d&rsquo;un v&eacute;ritable brassage social, g&eacute;ographique et linguistique dont les retomb&eacute;es en termes de conscience&nbsp; europ&eacute;enne partag&eacute;e seraient consid&eacute;rables.&nbsp; Fri, 14 Sep 2007 23:00:00 GMT 40e anniversaire du Traité de l'espace http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=230 230 <br /><br /> Aujourd&rsquo;hui, la&nbsp; bien mal nomm&eacute;e &laquo; conqu&ecirc;te de l&rsquo;espace &raquo; se d&eacute;roule non sous l&rsquo;angle de la coop&eacute;ration, mais sous celui de la comp&eacute;tition la plus vive. La priorit&eacute; imm&eacute;diate des puissances spatiales est d'assurer leur pr&eacute;sence militaire dans l'espace. Ce sont les Etats-Unis qui ont les premiers compris l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t pour eux de cette politique et d&eacute;cid&eacute; de s&rsquo;en donner les moyens, avec le concept de f<em>ull spatial dominance.</em> Ce terme signifie qu&rsquo;ils ne veulent pas laisser &agrave; d&rsquo;autres la capacit&eacute; de d&eacute;velopper des moyens spatiaux disposant d&rsquo;une avance technologique leur permettant de s&rsquo;imposer aux leurs. L&rsquo;ambition est consid&eacute;rable et, par ailleurs, elle n&rsquo;est pas admissible. Si les autres puissances, spatiales ou non spatiales, l&rsquo;acceptaient, cela voudrait dire que, dans les d&eacute;cennies prochaines, elles seraient sous la d&eacute;pendance des Etats-Unis dans la plupart des secteurs vitaux de l&rsquo;&eacute;conomie et de la soci&eacute;t&eacute;. Aussi s&rsquo;efforcent-elles de se doter de moyens permettant d&rsquo;entrer en comp&eacute;tition avec ceux du Pentagone. Mais l&rsquo;effort sera co&ucirc;teux. On s&rsquo;efforcera donc de l&rsquo;amortir en d&eacute;veloppant des technologies duales, capables de servir &agrave; la fois les besoins des militaires et ceux des civils. Par ailleurs, des rapprochements entre puissances, par exemple entre l&rsquo;Europe et la Russie, seront envisag&eacute;s. Le domaine militaire restera longtemps cependant, pour des raisons &eacute;videntes, peu propice aux coop&eacute;rations. Celles-ci se mettront en place plus facilement dans les domaines civils.<br /> <br /> Si l'espace doit &ecirc;tre militaris&eacute; &ndash; et il l'est d&eacute;j&agrave; &ndash;, les forces arm&eacute;es europ&eacute;ennes doivent y &ecirc;tre pr&eacute;sentes, dans toutes les configurations permises par les technologies. En Europe, le terme&nbsp; de militarisation de l'espace fait peur. Mais les outils d&eacute;velopp&eacute;s par les Europ&eacute;ens pourront rester dans l&rsquo;esprit de la dissuasion. Il s'agira de moyens d'observation et de d&eacute;fense dont le r&ocirc;le serait analogue aux moyens de dissuasion, y compris ceux des forces nucl&eacute;aires strat&eacute;giques, dont disposent actuellement deux pays europ&eacute;ens, la Grande Bretagne et la France. <br /> <br /> L&rsquo;utilisation de l&rsquo;espace &agrave; fins militaires suppose :<br /> - la disponibilit&eacute; d'infrastructures de lancement et de stations au sol ;<br /> - des lanceurs de diverses capacit&eacute;s ; <br /> - une gamme compl&egrave;te de satellites d&rsquo;observation tous temps et toutes conditions d'observation. <br /> - une gamme compl&egrave;te de satellites de t&eacute;l&eacute;communication et de transmission.<br /> - des syst&egrave;mes de positionnement par satellites autonome. Il s'agit aujourd&rsquo;hui, pour les Etats-Unis, du syst&egrave;me GPS, dont une version d&eacute;grad&eacute;e est utilis&eacute;e par les civils. L&rsquo;Europe s&rsquo;efforce de d&eacute;velopper son propre syst&egrave;me, Galil&eacute;o. La Chine et la Russie ont &eacute;galement les leurs. <br /> - des syst&egrave;mes d&rsquo;alerte avanc&eacute;e anti-missiles et de syst&egrave;mes d&eacute;fensifs anti-missiles voire anti-satellites (satellites-tueurs). Il s&rsquo;agit d&rsquo;une exigence nouvelle d&eacute;coulant du fait que des Etats potentiellement agressifs, sans &ecirc;tre v&eacute;ritablement encore des puissances spatiales, d&eacute;veloppent dor&eacute;navant des missiles balistiques &agrave; longue port&eacute;e.<br /> <br /> Il faut voir cependant que la militarisation de l&rsquo;espace soul&egrave;ve des probl&egrave;mes&nbsp; bien plus graves que ceux pos&eacute;s par les autres syst&egrave;mes d&rsquo;armes. Une course aux armements dans l&rsquo;espace multipliera la mise en orbite d&rsquo;engins potentiellement dangereux, susceptibles, ne fut-ce que par accident,&nbsp; de d&eacute;truire des r&eacute;seaux de satellites civils ou de bombarder par inadvertance des cibles terrestres. De plus, la multiplication des engins et de leurs d&eacute;bris&nbsp; encombrera d&rsquo;une fa&ccedil;on qui deviendra vite insupportable les orbites basses o&ugrave; gravitent la plupart des satellites civils. Pendant la guerre froide, devant les risques de voir mettre en orbite des charges nucl&eacute;aires, et plus g&eacute;n&eacute;ralement afin de d&eacute;courager l&rsquo;utilisation militaire de l&rsquo;espace, le Trait&eacute; dit <em>Outer Space Treaty </em>avait &eacute;t&eacute; sign&eacute; puis transform&eacute; en Loi internationale le 10 octobre 1967. Il a depuis &eacute;t&eacute; ratifi&eacute; par une centaine d&rsquo;Etats, dont toutes les puissances spatiales. Ce trait&eacute; dispose que l&rsquo;exploration et l&rsquo;exploitation de l&rsquo;espace, incluant la Lune et les autres corps c&eacute;lestes, devront &ecirc;tre conduites pour le b&eacute;n&eacute;fice de tous les pays, ind&eacute;pendamment de leur niveau de d&eacute;veloppement scientifique et &eacute;conomique. A la suite de ce trait&eacute;, des d&eacute;cisions importantes avaient &eacute;t&eacute; prises, prohibant par exemple le positionnement dans l&rsquo;espace ou sur les astres d&rsquo;armes de destruction massive. Il avait &eacute;galement &eacute;t&eacute; d&eacute;cid&eacute; que les activit&eacute;s spatiales devraient respecter la Charte des Nations Unies. <br /> <br /> Les experts pr&eacute;conisent que le 40e anniversaire de ce Trait&eacute; soit l&rsquo;occasion de sa mise &agrave; niveau, tenant compte de la multiplication des projets spatiaux &agrave; finalit&eacute; purement militaire. Il faudrait d&eacute;finir de nouvelles feuilles de route coordonnant et r&eacute;gulant le comportement des Etats dans l&rsquo;espace. On peut craindre que les Etats-Unis, fid&egrave;le &agrave; leur volont&eacute; de &laquo; <em>full spatial dominance</em> &raquo;, s&rsquo;y refusent et que la pression internationale ne soit pas suffisante pour les y obliger. Une occasion exceptionnelle de coop&eacute;ration entre puissances dans un domaine qui devrait rester, selon les termes du Trait&eacute;, l&rsquo;h&eacute;ritage commun de l&rsquo;humanit&eacute; sera ainsi perdue ou retard&eacute;e pour longtemps. La n&eacute;cessaire coop&eacute;ration dans les domaines civils sera, elle-aussi, de ce fait, retard&eacute;e voire rendue impossible. <br /> Fri, 14 Sep 2007 23:00:00 GMT Faut-il soutenir un bombardement de l'Iran par les Etats-Unis? http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=233 233 <br /><br /> Les bonnes feuilles de cet ouvrage (introduction et conclusion), publi&eacute;es par Le Monde le 12 septembre 2007, p. 22,&nbsp; r&eacute;sument une th&egrave;se qui nous parait, non seulement particuli&egrave;rement dangereuse, mais destin&eacute;e &agrave; nous faire admettre &agrave; l&rsquo;avance un bombardement am&eacute;ricano-isra&eacute;lien des sites nucl&eacute;aires iraniens. Selon Fran&ccedil;ois Heisbourg, l&rsquo;affaiblissement des Etats-Unis en Irak ne leur permet plus d&rsquo;accepter que l&rsquo;Iran franchisse le seuil nucl&eacute;aire, car ce serait interpr&eacute;t&eacute; comme une preuve de la faiblesse strat&eacute;gique d&rsquo;une Am&eacute;rique humili&eacute;e. Le monde, selon lui, devrait en convenir et admettre la n&eacute;cessit&eacute; de choisir entre deux options &eacute;galement catastrophiques, accepter la logique de la prolif&eacute;ration (provoqu&eacute;e par une Iran dot&eacute;e de l&rsquo;arme atomique) ou soutenir une frappe am&eacute;ricaine. Se voiler la face et&nbsp; pratiquer l&rsquo;attentisme serait, pour les autres puissances et notamment pour l&rsquo;Europe, faire le choix du d&eacute;shonneur sans r&eacute;ussir &agrave; &eacute;viter la guerre (selon la formule de Churchill apr&egrave;s Munich). <br /> <br /> Fran&ccedil;ois Heisbourg nous affirme par ailleurs que si l&rsquo;Iran dispose dans un d&eacute;lai plus ou moins&nbsp; proche de l&rsquo;arme atomique, l&rsquo;ensemble de la r&eacute;gion sera tent&eacute;e, non seulement de s&rsquo;armer mais de se servir de telles armes. Ce serait &eacute;videmment alors l&rsquo;apocalypse, le Pakistan pouvant par exemple entrer en lice. Dans ces conditions, le lecteur que nous sommes ne peut que souhaiter au plus vite l&rsquo;intervention militaire am&eacute;ricaine en Iran, qui correspond aux projets d&rsquo;une partie de l&rsquo;actuelle administration &agrave; Washington, voulant sortir de cette fa&ccedil;on, par le haut, du gu&ecirc;pier irakien &ndash; et ceci nonobstant les cons&eacute;quences &eacute;galement apocalyptique d&rsquo;un tel acte. <br /> <br /> Selon nous, les Europ&eacute;ens ne doivent pas se laisser ainsi mettre au pied du mur. Ils doivent&nbsp; au contraire rejoindre tous ceux qui pensent possible de cohabiter avec l&rsquo;Iran, qu&rsquo;elle fut ou non dot&eacute;e d&rsquo;une bombe atomique. Nous pensons &agrave; d&rsquo;&eacute;minents chefs militaires am&eacute;ricains, lesquels&nbsp; ont fait savoir (du jamais vu) qu&rsquo;ils s&rsquo;opposeraient &agrave; une d&eacute;cision de bombardement jug&eacute;e par eux&nbsp; irresponsable. Mais les Europ&eacute;ens ont surtout &agrave; consulter tous les Etats pour qui le choix binaire pos&eacute; par les Etats-Unis et repris sans nuance par Fran&ccedil;ois Heisbourg n&rsquo;a pas de sens : les Etats m&eacute;diterran&eacute;ens et du Moyen-Orient, ainsi que les grands Etats directement concern&eacute;s : Russie, Chine, Inde, Pakistan. Les pays de l&rsquo;Union europ&eacute;enne doivent aussi &ecirc;tre consult&eacute;s. Leurs int&eacute;r&ecirc;ts dans la r&eacute;gion sont tout diff&eacute;rents de ceux des Am&eacute;ricains. De plus, ils seraient les premiers &agrave; souffrir de l&rsquo;&eacute;clatement d&rsquo;une guerre de civilisation avec les pays arabo-musulmans. Ce qui ne signifie d&rsquo;ailleurs pas qu&rsquo;ils devraient faire assaut de faiblesse vis-&agrave;-vis de l&rsquo;Iran. <br /> <br /> Pour notre part, nous pensons que la d&eacute;tention d&rsquo;une bombe atomique a plut&ocirc;t pour effet de calmer les gouvernements excit&eacute;s que le contraire. Surtout s&rsquo;ils sont menac&eacute;s d&rsquo;une atomisation en retour au cas o&ugrave; l&rsquo;id&eacute;e de s&rsquo;en servir leur venait &agrave; l&rsquo;esprit. L&rsquo;Europe, si elle s&rsquo;&eacute;tait dot&eacute;e d&rsquo;une force de dissuasion autonome, pourrait jouer un r&ocirc;le diplomatique majeure en ce cas, &agrave; base non de faiblesse mais de force. Mais les atlantistes europ&eacute;ens d&eacute;vou&eacute;s aux Etats-Unis font tout pour &eacute;carter l&rsquo;hypoth&egrave;se d&rsquo;une d&eacute;fense europ&eacute;enne qui permettrait&nbsp; d&rsquo;afficher des strat&eacute;gies ind&eacute;pendantes de celles de leurs chers amis am&eacute;ricains. <br /> Fri, 14 Sep 2007 23:00:00 GMT Un fonds souverain chinois de 250 milliards de dollars http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=238 238 <br /><br /> On sait qu&rsquo;&agrave; c&ocirc;t&eacute; des fonds d&rsquo;investissement priv&eacute;s (fonds de pensions, fonds sp&eacute;culatifs, fonds pourris) existent dor&eacute;navant des fonds souverains o&ugrave; les Etats placent les b&eacute;n&eacute;fices que leur rapportent leurs exportations. On parle de fonds souverains car les gouvernements les mettent au service, au mieux de leurs politiques &eacute;conomiques, au pire de leurs politiques de conqu&ecirc;te. Avec ces fonds cumul&eacute;s, ils pourraient en effet acheter dix fois le nombre des entreprises priv&eacute;es achetables, c&rsquo;est-&agrave;-dire cot&eacute;es en bourse. Ces fonds proviennent des gains r&eacute;sultant de la vente de produits p&eacute;troliers ou gaziers par les pays du Moyen Orient ou la Russie. Ils proviennent, quand il s&rsquo;agit de la Chine,&nbsp; des r&eacute;serves de change accumul&eacute;es du fait des emprunts faits aupr&egrave;s de ce pays par les op&eacute;rateurs am&eacute;ricains, p&eacute;nalis&eacute;s il est vrai par une devise chinoise anormalement d&eacute;pr&eacute;ci&eacute;e. Les r&eacute;serves chinoises atteindraient actuellement la somme &eacute;norme de 1300 milliards de dollars. <br /> <br /> Les Occidentaux auraient tort de se plaindre d&rsquo;un tel ph&eacute;nom&egrave;ne, qui r&eacute;sulte en grande partie de leur incapacit&eacute; &agrave; refr&eacute;ner leur boulimie consommatrice. Il reste que ces fonds, et leur manque de transparence (certains sont sans doute d&rsquo;origine maffieuse) commencent &agrave; inqui&eacute;ter. C&rsquo;est une telle inqui&eacute;tude que provoque la cr&eacute;ation par la Chine, ce mois-ci, d&rsquo;un fonds souverain de 250 milliards de dollars, dit <em>China Investment Co</em>. Les dirigeants actuels du fonds veulent rassurer, en affichant&nbsp; des objectifs modestes. Ils affirment vouloir aussi investir en Chine m&ecirc;me, ce qui serait du simple bon sens. Mais ils deviendront plus gourmands &agrave; l&rsquo;international en fonction de la r&eacute;sistance ou de la passivit&eacute; des pays cibles. <br /> <br /> Face &agrave; de tels &laquo; pr&eacute;dateurs &raquo;, la solution pr&ocirc;n&eacute;e par les &quot;dirigistes&quot; en France (et peut-&ecirc;tre maintenant en Allemagne) para&icirc;t l&agrave; aussi du simple bon sens. Elle consiste &agrave; garder dans les entreprises dites strat&eacute;giques (lesquelles ne le sont pas ?) une part majoritaire de capitaux d&rsquo;Etat, contre lesquels les fonds ne pourront rien. Mais parler de capitaux d&rsquo;Etat investis dans l&rsquo;&eacute;conomie suffit encore en Europe &agrave; vous faire passer pour un dangereux stalinien. Fri, 14 Sep 2007 23:00:00 GMT Les vacances du B 52 http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=226 226 <br /><br /> Il s&rsquo;agit d&rsquo;un B-52, effectuant le 30 ao&ucirc;t un vol de la base de Minot &agrave; celle de Barksdale avec six ACM (Advanced Cruise Missiles) chacun avec une t&ecirc;te nucl&eacute;aire de 150 kilotonnes (la bombe d&rsquo;Hiroshima faisait 15 kilotonnes). De Minot (Dakota du Nord) &agrave; Barksdale (Virginie), il y a une distance de plus de 3.000 kilom&egrave;tres, supposant un vol de plusieurs heures. L&rsquo;incident a fait l&rsquo;objet d&rsquo;une communication embarrass&eacute;e du chef d&rsquo;&eacute;tat-major de l&rsquo;USAF, dont d&eacute;pend le B-52, au secr&eacute;taire &agrave; la d&eacute;fense, lequel &agrave; pr&eacute;venu le pr&eacute;sident. En principe, les vols d&rsquo;armes nucl&eacute;aires au-dessus du territoire US n&rsquo;ont plus lieu depuis 1968. Depuis 1991, la pratique de conserver des bombardiers en alerte, arm&eacute;s d'armes nucl&eacute;aires et pr&ecirc;ts &agrave; d&eacute;coller sur les pistes des bases militaires, a &eacute;t&eacute; abandonn&eacute;e. Les B52 ont &eacute;t&eacute; par contre largement utilis&eacute;s avec des missiles conventionnels contre l'Irak, avant l'invasion. <br /> <br /> Les commentateurs, y compris aux Etats-Unis, s'interrogent. S'agit-il d'une erreur? Mais en ce cas, la cha&icirc;ne de commandement jusqu'&agrave; un tr&egrave;s haut niveau serait &agrave; revoir car ce n'est pas un chef de base locale qui peut prendre une telle initiative. Et si erreur il y avait, elle serait particuli&egrave;rement inqui&eacute;tante, montrant un haut degr&eacute; de d&eacute;gradation des processus de s&eacute;curit&eacute;. Mais plus vraisemblablement il s'agit d'un message. Mais un message de qui, d&eacute;livr&eacute; &agrave; qui et pour dire quoi? Les imaginations galopent. Les diverses hypoth&egrave;ses, que nous vous laisserons le soin de d&eacute;couvrir, sont plus inqui&eacute;tantes les unes que les autres. Les autorit&eacute;s am&eacute;ricaines ont annonc&eacute;, en tous cas, que l'enqu&ecirc;te durerait plusieurs semaines. A suivre donc Fri, 14 Sep 2007 23:00:00 GMT L'Afghanistan, test crucial pour la survie politique de l'Europe http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=222 222 <br /><br /> <div align="justify">Les Etats Europ&eacute;ens donnent actuellement le pire exemple de ce que l&rsquo;Europe ne devrait pas faire au Moyen-Orient et en Asie occidentale. Loin de d&eacute;finir une politique ind&eacute;pendante de celle des Etats-Unis, capable de sauvegarder s&rsquo;il &eacute;tait possible leur s&eacute;curit&eacute; face &agrave; un monde en plein bouleversement, ils suivent en &laquo; caniches &raquo; la politique am&eacute;ricaine en Afghanistan. Certes, ils ren&acirc;clent et tra&icirc;nent les pieds mais ils ne s&rsquo;en distinguent pas clairement. Or l&rsquo;Am&eacute;rique, depuis la d&eacute;cision catastrophique d&rsquo;armer les moudjahiddines afghans pour contrer la pr&eacute;sence russe, n&rsquo;a fait qu&rsquo;accumuler les erreurs et les crimes. L&rsquo;Europe, consid&eacute;r&eacute;e comme f&eacute;ale des Etats-Unis et comme telle ne m&eacute;ritant aucune consid&eacute;ration sp&eacute;cifique,&nbsp; recueillera dans le monde arabo-musulman tout l&rsquo;opprobre qui s&rsquo;attache dor&eacute;navant &agrave; la politique am&eacute;ricaine. Ceci est d&eacute;sastreux. Il en va non seulement de l&rsquo;&eacute;quilibre du monde mais de la s&eacute;curit&eacute; europ&eacute;enne elle-m&ecirc;me. L&rsquo;Europe &eacute;tant plus pr&egrave;s que ne l&rsquo;est l&rsquo;Am&eacute;rique de la zone des conflits, c&rsquo;est elle qui en supportera la premi&egrave;re les effets collat&eacute;raux. Ceux-ci seront in&eacute;vitablement violents et d&eacute;vastateurs. <br /> <br /> I.&nbsp;&nbsp; &nbsp;La tr&egrave;s bonne &eacute;mission de France Culture du samedi 12h45, La Rumeur du monde,&nbsp; a &eacute;t&eacute; consacr&eacute;e le 1er septembre 2007 &agrave; l&rsquo;Afghanistan. Des t&eacute;moins avertis de la situation dans ce pays comme au Pakistan voisin s&rsquo;y sont exprim&eacute;s. On pouvait retenir de leurs t&eacute;moignages que l&rsquo;Am&eacute;rique et la coalition h&eacute;t&eacute;roclite qu&rsquo;elle a rassembl&eacute;e contre les pr&eacute;tendus terroristes, assimil&eacute;s aux Talibans, ont perdu la guerre. Pas plus qu&rsquo;en Irak un &eacute;ventuel renforcement militaire ne changerait la situation. Les deux fautes strat&eacute;giques majeures, que l&rsquo;on retrouve &agrave; bien plus grande &eacute;chelle en Irak, tiennent, la premi&egrave;re, &agrave; la volont&eacute; de faire la guerre en utilisant des armes sophistiqu&eacute;es pour &eacute;viter les pertes en hommes, la seconde en se d&eacute;sint&eacute;ressant compl&egrave;tement du sort des populations civiles. Celles-ci,&nbsp; premi&egrave;res victimes des bombardements, rejoignent in&eacute;vitablement la r&eacute;bellion. Il aurait fallu des milliards de dollars pour rendre Kaboul viable et vivable. Mais Washington a pr&eacute;f&eacute;r&eacute; laisser la ville pourrir et d&eacute;penser cet argent en armements. La coalition, comme avant eux les Sovi&eacute;tiques, d&eacute;couvre &agrave; ses d&eacute;pends que la guerre du faible au fort est toujours gagn&eacute;e, avec un peu de temps, par le faible. <br /> <br /> 2. Les Am&eacute;ricains, pas plus en Afghanistan qu&rsquo;en Irak, ne voient clairement comment se retirer. Ils sont donc conduits, en esp&eacute;rant peut-&ecirc;tre&nbsp; une perspective encore plus catastrophique (l&rsquo;attaque de l&rsquo;Iran), &agrave; accentuer leurs attaques. On trouve &agrave; la base de leur d&eacute;marche la volont&eacute; persistante de prendre en mains les ressources p&eacute;troli&egrave;res de la r&eacute;gion comme de continuer &agrave; financer d&rsquo;importants contrats destin&eacute;s au complexe militaro-industriel Pour cela, ils entretiennent les conflits en attisant les contradictions entre Etats. Peut-&ecirc;tre faut-il h&eacute;las aussi mentionner chez eux la volont&eacute; de mener des croisades religieuses ne voulant pas dire leur nom, comme l&rsquo;a montr&eacute; l&rsquo;incroyable &eacute;pisode de l&rsquo;appui qu&rsquo;ils avaient donn&eacute; aux &eacute;vang&eacute;listes sud-cor&eacute;ens. <br /> <br /> Les gouvernements europ&eacute;ens ayant engag&eacute; des contingents &agrave; leur c&ocirc;t&eacute; cherchent manifestement &agrave; les rapatrier. Mais pour le moment, ils s&rsquo;y prennent si mollement que rien ne manifeste clairement cette volont&eacute; aux yeux de l&rsquo;opinion internationale. Observons qu&rsquo;au contraire, &agrave; ce moment critique, le gouvernement fran&ccedil;ais a cru devoir donner une sorte de consensus &agrave; la politique du&nbsp; Pentagone en rapprochant de la zone des conflits le petit contingent a&eacute;rien engag&eacute; en appui feu, au lieu de le ramener en Europe comme il l'avait fait pr&eacute;c&eacute;demment des commandos terrestres. &nbsp;<br /> <br /> 3. L&rsquo;Europe en tant que telle, que ce soit au&nbsp; niveau des institutions europ&eacute;ennes ou de la r&eacute;flexion strat&eacute;gique de ses grands Etats, montre ainsi, aux yeux notamment des Etats arabo-musulmans, qu&rsquo;elle est incapable d&rsquo;avoir une politique autonome dans ses relations avec ces Etats. Certes, une telle politique ne serait pas facile, car elle devrait tenir compte d&rsquo;&eacute;l&eacute;ments aussi diff&eacute;rents que les int&eacute;r&ecirc;ts pakistanais, ceux des Etats du Golfe et ceux des Etats frontaliers de la Russie &ndash; sans mentionner les int&eacute;r&ecirc;ts de cette&nbsp; derni&egrave;re et ceux de la Turquie. Mais la pire des choses pour l&rsquo;Europe serait de laisser penser &agrave; ces divers pays que l&rsquo;Europe n&rsquo;existe pas en tant que puissance autonome et qu&rsquo;elle va continuer dans les prochains mois et ann&eacute;es &agrave; relayer l&rsquo;unilat&eacute;ralisme am&eacute;ricain, en allant prendre ses consignes &agrave; Washington. C&rsquo;est alors l&agrave; que le monde arabo-musulman pourrait &agrave; juste titre se d&eacute;fier d&rsquo;elle et refuser toutes les coop&eacute;rations. <br /> <br /> De telles coop&eacute;rations seraient pourtant les seules susceptibles de tarir les sources du terrorisme et d&rsquo;assurer des relations plus d&eacute;tendues entre les soci&eacute;t&eacute;s europ&eacute;ennes et des voisins qui se rappelleront certainement &agrave; la m&eacute;moire de l&rsquo;Europe si celle-ci avait tendance &agrave; s&rsquo;imaginer &ecirc;tre s&eacute;par&eacute;e d&rsquo;eux par toute la largeur de l&rsquo;Atlantique. <br /> <br /> </div> Fri, 14 Sep 2007 23:00:00 GMT Rapport sur la France et la mondialisation par Hubert Védrine http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=228 228 <br /><p align="justify">On sait qu&rsquo;Hubert V&eacute;drine, lorsqu&rsquo;il participait au gouvernement puis ensuite comme observateur ind&eacute;pendant, a toujours incarn&eacute; &ndash; et traduit dans les faits quand il le pouvait &ndash; ce qu&rsquo;il faut bien appeler la politique gaulliste de la France. Cette politique s&rsquo;est toujours traduite par le refus d&rsquo;inf&eacute;oder la politique &eacute;trang&egrave;re&nbsp;de la France &agrave; celle des Etats-Unis, la France ayant une personnalit&eacute; et des int&eacute;r&ecirc;ts propres &agrave; d&eacute;fendre. Elle a &eacute;t&eacute; illustr&eacute;e par des d&eacute;cisions de politiques industrielles qui constituent encore une des bases de la &laquo;&nbsp;puissance&nbsp;&raquo; fran&ccedil;aise. Elle s&rsquo;est traduite aussi &nbsp;par la sortie de la France de l&rsquo;Otan. Les gouvernements ayant succ&eacute;d&eacute; au gaullisme historique ont avec des hauts et des bas&nbsp;poursuivi la politique gaulliste, notamment dans la volont&eacute; de se d&eacute;marquer des Etats-Unis. C&rsquo;est ce que fit en particulier le pr&eacute;sident Chirac lors de l&rsquo;invasion de l&rsquo;Irak par l&rsquo;Am&eacute;rique.&nbsp;On sait aussi que cette politique gaulliste a &eacute;t&eacute; g&eacute;n&eacute;ralement bien comprise par l&rsquo;opinion et, tout au contraire, combattue avec plus ou moins de virulence par certaines &laquo;&nbsp;&eacute;lites&nbsp;&raquo; patronales et militaires fran&ccedil;aises gagn&eacute;es &agrave; la cause am&eacute;ricaine. Elle a &eacute;t&eacute; et demeure &eacute;galement combattue avec plus ou moins de d&eacute;termination par beaucoup de gouvernements europ&eacute;ens et par la Commission europ&eacute;enne. </p> <div align="justify"> </div> <p align="justify">Le rapport d&rsquo;Hubert V&eacute;drine propose une actualisation&nbsp;de cette politique gaulliste de la France, tenant compte de la situation internationale actuelle. Mais cette actualisation ne repr&eacute;sente en rien un d&eacute;but d&rsquo;abandon des principes fondateurs. Certes, il &eacute;voque diff&eacute;rentes solutions possibles, dont celle d&rsquo;un rapprochement avec les Etats-Unis. Mais il en met clairement les inconv&eacute;nients en &eacute;vidence.&nbsp;Il montre au contraire qu&rsquo;il est possible (et n&eacute;cessaire) de continuer &agrave; tracer une voie renfor&ccedil;ant le r&ocirc;le de la France dans le monde. Pour lui, cette voie, et c&rsquo;est ce qui nous int&eacute;resse particuli&egrave;rement &nbsp;ici, renforcera aussi le r&ocirc;le de l&rsquo;Europe, dans la perspective de faire d&rsquo;elle une puissance v&eacute;ritable dans le monde multipolaire. Sans cela, dit-il, l&rsquo;Europe ne pourra m&ecirc;me pas pr&eacute;tendre &ecirc;tre l&rsquo;un de ces p&ocirc;les. Mais la meilleure fa&ccedil;on pour la France de convaincre l&rsquo;Europe de la n&eacute;cessit&eacute; de la puissance ne consiste pas &agrave; n&eacute;gocier avec ses partenaires l&rsquo;abandon des positions traditionnelles de la diplomatie fran&ccedil;aise. Elle consiste au contraire &agrave; continuer &agrave; tracer sa voie en l&rsquo;approfondissant. </p> <div align="justify"> </div> <p align="justify">Nous n&rsquo;entrerons pas dans le d&eacute;tail des propositions qu&rsquo;il faut, r&eacute;p&eacute;tons-le, lire et m&eacute;diter. Bornons nous &agrave; dire qu&rsquo;en mati&egrave;re de mondialisation, Hubert V&eacute;drine demande que la France, appuy&eacute;e par l&rsquo;Europe, se comporte comme toutes les autres grandes puissances&nbsp;: reconna&icirc;tre le fait, ne pas refuser l&rsquo;&eacute;conomie de march&eacute;, mais <em>&laquo;&nbsp;conserver un c&oelig;ur de comp&eacute;tences, de souverainet&eacute;s et de responsabilit&eacute;s publiques&nbsp;&raquo;</em>.&nbsp;Nous pourrions parler dans un autre vocabulaire de n&eacute;o-colbertisme, capable de n&eacute;gocier de puissance &agrave; puissance, sur la base au minimum de la r&eacute;ciprocit&eacute;, les avantages consentis aux concurrents. On sait que l&rsquo;Union europ&eacute;enne ne dispose encore d&rsquo;aucun des instruments pour ce faire, ni en haut lieu de la volont&eacute; politique ad&eacute;quate. </p> <div align="justify"> </div> <p align="justify">Vis-&agrave;-vis des Etats-Unis, Hubert V&eacute;drine fait, en termes diplomatiques,&nbsp;une critique radicale des tentations actuelles de retour vers une plus grande proximit&eacute; de la politique fran&ccedil;aise &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de la politique am&eacute;ricaine. A fortiori, il montre que ceux qui conseillent un retour de la France dans l&rsquo;Otan ne tiennent pas compte des int&eacute;r&ecirc;ts de la France. Il montre les dangers d&rsquo;un tel retour, compte tenu notamment du fait que l&rsquo;Otan continue &agrave; mettre en &oelig;uvre sans discussion les d&eacute;cisions am&eacute;ricaines les plus dangereuses, concernant notamment la guerre en Afghanistan et l&rsquo;implantation d&rsquo;une base anti-missiles en Europe, dont le seul r&eacute;sultat sera de nous inf&eacute;oder &agrave; Washington dans sa volont&eacute; d&rsquo;&eacute;loigner l&rsquo;Europe de la Russie. Ni militairement ni politiquement, nous n&rsquo;en tirerions le moindre avantage. Il observe&nbsp;: &laquo;<em>Sur les &Eacute;tats-Unis cela donnerait &agrave; la France une influence comparable &agrave; celle des autres alli&eacute;s, c'est-&agrave;-dire quasi nulle.</em>&raquo;. </p> <div align="justify"> </div> <p align="justify">La solution, pour lui, rejoint celle que nous pr&eacute;conisons ici depuis longtemps. Il ne s&rsquo;agit pas de se borner &agrave; d&eacute;finir une politique fran&ccedil;aise ind&eacute;pendante. Il faut ancrer celle-ci dans une politique europ&eacute;enne elle-m&ecirc;me souveraine&nbsp;: b&acirc;tir une d&eacute;fense europ&eacute;enne autonome, n&eacute;gocier les relations avec les grands Etats, Russie et Chine notamment, sur la base des int&eacute;r&ecirc;ts europ&eacute;ens et non des int&eacute;r&ecirc;ts am&eacute;ricains, construire des politiques qui ne soient pas inutilement agressives &agrave; l&rsquo;&eacute;gard des pays arabes, &eacute;laborer une politique africaine, participer de fa&ccedil;on ouverte &agrave; la r&eacute;forme des institutions internationales pour tenir compte du poids des Etats &eacute;mergents sans diminuer l&rsquo;influence europ&eacute;enne&hellip;. </p> <div align="justify"> </div> <div align="justify">Sur le plan int&eacute;rieur, le rapport met en &eacute;vidence deux choses . <br /> <br /> - les &eacute;ventuelles contradictions entre un activisme europ&eacute;en et n&eacute;o-protectionniste de Nicolas Sarkozy et les tentations n&eacute;o-atlantistes qui lui sont pr&ecirc;t&eacute;es (par certains de ses ministres et amis tout au moins). Le pr&eacute;sident devra lever rapidement les ambigu&iuml;t&eacute;s, s&rsquo;il veut donner de la lisibilit&eacute; &agrave; son action au regard des Fran&ccedil;ais comme de nos partenaires europ&eacute;ens. <br /> - l&rsquo;absence de d&eacute;bat sur la politique &eacute;trang&egrave;re de la France, tant au niveau des institutions politiques et des m&eacute;dias qu&rsquo;au sein de l&rsquo;opposition. Que celle-ci demeure muette alors que l&rsquo;un de ses repr&eacute;sentants &eacute;minents s&rsquo;exprime ne serait pas acceptable. <br /> <br /> Ayant lui-m&ecirc;me demand&eacute; ce rapport, nous pouvons penser que Nicolas Sarkozy ne le laissera pas dormir sur une &eacute;tag&egrave;re. Pour notre compte, nous suivrons attentivement l'&eacute;volution de la question.</div> Fri, 14 Sep 2007 23:00:00 GMT Adresse du Président Sarkozy aux Ambassadeurs http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=220 220 <br /><div align="justify"><br /> On remarquera que son analyse de la situation internationale est &agrave; la fois lucide et sans complaisance. Le Pr&eacute;sident Sarkozy montre ainsi qu&rsquo;il applique, au plan international, ce qu&rsquo;il pratique en politique int&eacute;rieure. <br /> <br /> Pour ce qui concerne l&rsquo;Europe, nous nous r&eacute;jouissons de son engagement europ&eacute;en, clair et dynamique. Les questions pos&eacute;es sont les bonnes et elles impliquent que la France prenne toute sa part aux r&eacute;ponses &agrave; apporter : quelles fronti&egrave;res, quels &eacute;largissements, quelle mondialisation et quelle contribution de la France &agrave; une Europe forte ? <br /> <br /> Il est appr&eacute;ciable aussi d&rsquo;entendre Nicolas Sarkozy rappeler le r&ocirc;le jou&eacute; par &laquo; la parfaite entente franco-allemande &raquo; pour relancer le processus institutionnel en panne depuis le printemps 2005. <br /> <br /> Il &eacute;tait indispensable &eacute;galement de contourner l&rsquo;obstacle des n&eacute;gociations sur l&rsquo;adh&eacute;sion &eacute;ventuelle de la Turquie, afin qu&rsquo;il ne se cr&eacute;e pas un blocage de plus dans le processus, si fragile, de la construction europ&eacute;enne. La question Turque sera examin&eacute;e en temps opportun et &agrave; la lumi&egrave;re des fronti&egrave;res que l&rsquo;Union voudra se donner. <br /> <br /> Dans dix mois, la France assumera la Pr&eacute;sidence de l&rsquo;Union et le Pr&eacute;sident Sarkozy a, d&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave;, engag&eacute; son action europ&eacute;enne dans cette perspective. Comme il l&rsquo;indique : &laquo; si l&rsquo;on veut que les peuples d&rsquo;Europe aiment &agrave; nouveau l&rsquo;Europe, il faut que l&rsquo;Europe p&egrave;se sur le quotidien : immigration, &eacute;nergie, environnement &raquo;. <br /> <br /> &laquo; Le nouvel &eacute;lan &raquo;, qu&rsquo;il veut donner &agrave; &laquo; l&rsquo;Europe de la D&eacute;fense &raquo; est de bon augure dans notre monde de comp&eacute;tition et de dangers. <br /> <br /> R&eacute;jouissons-nous de voir aussi la France prendre l&rsquo;initiative d&rsquo;une nouvelle politique M&eacute;diterran&eacute;enne dans l&rsquo;esprit&nbsp; de notre colloque de 2006 sur &laquo; la M&eacute;diterran&eacute;e en partage &raquo;. <br /> <br /> Qu&rsquo;importent, par ailleurs, les r&eacute;f&eacute;rences verbales &agrave; l&rsquo;Atlantisme, auxquelles le nouveau Pr&eacute;sident n&rsquo;aura rien conc&eacute;d&eacute;, sinon quelques coups de chapeaux de pure forme. Ils&nbsp; devraient d&eacute;sarmer l&rsquo;hostilit&eacute; injuste de Washington &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de la France laquelle avait vu juste sur l&rsquo;Irak. <br /> <br /> L&rsquo;essentiel est, selon la formule de Nicolas Sarkozy, que : &laquo; La construction de l&rsquo;Europe reste pour la France une priorit&eacute; absolue. Sans l&rsquo;Europe, la France ne pourra pas apporter de r&eacute;ponse aux d&eacute;fis de notre temps &raquo;. <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> </div> Thu, 30 Aug 2007 23:00:00 GMT Rejet probable d el'offre EADS dans le contrat des avions ravitailleurs de l'US Air Force http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=213 213 <br /><br /> <div align="justify">Un formidable contrat de l&rsquo;USAF est actuellement en comp&eacute;tition entre l&rsquo;Europe et les USA : autour de $100 milliards sur 10 ans pour une flotte de ravitailleurs en vol. D&rsquo;un c&ocirc;t&eacute;, le KC-767 de Boeing, de l&rsquo;autre le KC-30 de Airbus (EADS), qui a fait alliance avec aux USA (les deux avions sont des adaptations militaires de deux mod&egrave;les civils de Boeing et d&rsquo;Airbus). Les Europ&eacute;ens esp&egrave;rent faire une perc&eacute;e sur le march&eacute; militaire am&eacute;ricain mais divers signes montrent que leurs esp&eacute;rances s&rsquo;apparentent de plus en plus &agrave; des illusions. <br /> <br /> &bull; Un premier point est la d&eacute;cision de l&rsquo;USAF, au d&eacute;but du mois, d&rsquo;&eacute;carter toute formule de partage du march&eacute; entre Boeing et EADS/ Northrop-Grumman. Cette formule, lanc&eacute;e par les parlementaires des Etats o&ugrave; Northrop-Grumman a de l&rsquo;influence, &eacute;tait &eacute;videmment la plus s&ucirc;re formule pour que les Europ&eacute;ens obtiennent un contrat de l&rsquo;USAF. Elle repr&eacute;sentait un cadeau fait par le Pentagone &agrave; la repr&eacute;sentation parlementaire favorable &agrave; Northrop-Grumman. La formule a &eacute;t&eacute; jug&eacute;e trop co&ucirc;teuse par une USAF qui affronte une crise budg&eacute;taire majeure. <br /> <br /> &bull; Au-del&agrave; de cet argument, toutes les indications montrent que les Europ&eacute;ens n&rsquo;ont gu&egrave;re de chances face &agrave; Boeing. Celui-ci joue &agrave; fond la carte patriotique et protectionniste. Il obtient tous les soutiens patriotiques n&eacute;cessaires.&nbsp; De plus il avance que ce contrat est vital pour la survie de sa division militaire dans la d&eacute;cennie qui vient, ce qui est un argument toujours efficace. Boeing vient d&rsquo;organiser un d&eacute;placement sponsoris&eacute; de journalistes influents pour promouvoir son offre. Un certain Godfarb, du Weekly Standard, invite, avait d&eacute;j&agrave; fait valoir son point de vue : &laquo; &ldquo;<em>Airbus is a European company, and worse, it&rsquo;s closely connected to the French government The folks in Congress can find a way to award the contract to Boeing without the appearance of any impropriety. But how could they explain sending our tax dollars to France?&rdquo;</em> .Une traduction est-elle n&eacute;cessaire?<br /> <br /> Une non-d&eacute;cision pourrait &ecirc;tre prise, consistant en un report du contrat jusqu&rsquo;&agrave; ce que les industriels am&eacute;ricains&nbsp; proposent de nouvelles g&eacute;n&eacute;rations de ravitailleurs enti&egrave;rement automatis&eacute;s. Les avions actuels seraient en effet encore op&eacute;rationnels &agrave; 90%. Ceci &eacute;tant, une d&eacute;faite du KC-30 (ou un report de la d&eacute;cision, ce qui revient au m&ecirc;me pour le KC-30) dans cette affaire serait un rude coup pour la fraction allemande (de tendance transatlantique) de EADS, repr&eacute;sent&eacute;e par l'Allemand Enders (nouveau patron d'Airbus) contre le Fran&ccedil;ais Gallois (nouveau patron d'EADS). Un renforcement de plus de l'influence fran&ccedil;aise dans EADS devrait en r&eacute;sulter. <br /> </div> Thu, 30 Aug 2007 23:00:00 GMT Le retour du Tupolev TU 95 http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=214 214 <img src="http://www.pan-europe.org/v2/repimg/20070822163407_TU_95.jpg" align="left" alt="photo" title="" border="0" /><br /><br /> Pour rester dans le domaine de l'aviation militaire, nous pouvons noter la mini-gesticulation qu'a entreprise le pr&eacute;sident Poutine en relan&ccedil;ant les patrouilles intercontinentales du vieux cheval de retour dont dispose encore l'aviation russe, le bombardier strat&eacute;gique Tupolev TU 95 dit aussi Bear. Les &acirc;mes sensibles se sont peut-&ecirc;tre &eacute;mues, du moins en Europe de l&rsquo;Est. Mais c&rsquo;est oublier que depuis des mois les Etats-Unis multiplient les provocations militaires &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de la Russie. Ils sont bien soutenus en cela par la Grande Bretagne. La derni&egrave;re (ou avant derni&egrave;re) de ces provocations a consist&eacute; &agrave; refuser l&rsquo;offre russe d&rsquo;implanter sur une base sous influence russe les radars am&eacute;ricains du futur syst&egrave;me anti-missiles balistiques qui sera d&eacute;ploy&eacute; en Europe. Le pr&eacute;texte qui laisse beaucoup d&rsquo;experts dubitatifs &eacute;tait que cette base &eacute;tait trop proche de l&rsquo;Iran. <br /> <br /> Certes le Bear peut encore emporter des missiles nucl&eacute;aires, mais pourquoi suspecter aujourd&rsquo;hui les Russes de vouloir utiliser de telles armes alors que les pays occidentaux n&rsquo;ont pas besoin de bombardiers pour d&eacute;livrer des charges nucl&eacute;aires o&ugrave; ils veulent. Il semble que les Etats-Unis et leurs amis anglais soient anim&eacute;s de la volont&eacute; tenace de rendre impossible toute coop&eacute;ration avec la Russie. Si la France voulait faire entendre une voix diff&eacute;rente et plus raisonnable &agrave; ce sujet, ce serait peut-&ecirc;tre le moment d&rsquo;envoyer &agrave; Moscou M. Kouchner, grand n&eacute;gociateur devant l'Eternel. Mais &agrave; la r&eacute;flexion, un autre &eacute;missaire serait peut-&ecirc;tre pr&eacute;f&eacute;rable. Thu, 30 Aug 2007 23:00:00 GMT Johan Galtung http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=219 219 <br /><br /> <div align="justify"><font color="#0000ff"><em>Le Professeur Johan Galtung (n&eacute; en 1930) est de nationalit&eacute; norv&eacute;gienne. Il a fond&eacute; et continue &agrave; co-diriger le r&eacute;seau Transcend (</em><em>Peace and Development Network for Conflict Transformation by Peaceful Means). Il a cr&eacute;&eacute; &eacute;galement le PRIO (</em><em>International Peace Research Institute) bas&eacute; &agrave; Oslo. Il est consid&eacute;r&eacute; comme un pionnier dans le domaine des recherches sur les conflits et sur les solutions contribuant &agrave; les pr&eacute;venir. Parmi celles-ci, il privil&eacute;gie l&rsquo;utilisation de la presse qui selon lui reste un des m&eacute;dia les mieux &agrave; m&ecirc;me de sensibiliser les opinions. Pour lui, le terme de presse ne signifie pas seulement &eacute;dition-papier, de diffusion n&eacute;cessairement limit&eacute;e et p&eacute;renne. Il inclut dor&eacute;navant la publication &eacute;lectronique. Les versions &eacute;lectroniques des grands journaux demeurent &agrave; son avis une des meilleures fa&ccedil;ons de contribuer &agrave; l&rsquo;&eacute;mergence d&rsquo;une conscience internationale, &agrave; condition d&rsquo;&ecirc;tre en permanence analys&eacute;es et critiqu&eacute;s dans le cadre, notamment, de lettres d&rsquo;information elles-m&ecirc;mes publi&eacute;es sur le web. Nous ne pouvons qu&rsquo;adopter ce point de vue, car c&rsquo;est en grande partie&nbsp; par ce biais que dans cette petite newsletter, nous essayons de nous forger une opinion.<br /> <br /> Nous pr&eacute;sentons ici un r&eacute;sum&eacute; des th&egrave;mes d&rsquo;une conf&eacute;rence prononc&eacute;e en anglais par Johan Galtung, en introduction au T</em><em>ranscend International Meeting,&nbsp; les 6/12 juin 2007, &agrave; Vienne, en Autriche. <br /> Ce texte est publi&eacute; par l&rsquo;</em><em>Information Clearing House . Ce site r&eacute;f&eacute;rencie quotidiennement un certain nombre d&rsquo;articles qui ne font pas la une de la presse &laquo; </em><em>mainstream &raquo;, des articles qui comme l&rsquo;affirme le responsable du site, Tom Feeley, ne se trouvent pas dans CNN et FoxNews. La d&eacute;marche, fond&eacute;e sur le b&eacute;n&eacute;volat,&nbsp; se veut au service de trois valeurs, la paix, le d&eacute;veloppement et l&rsquo;environnement. &nbsp;<br /> Sans &ecirc;tre n&eacute;cessairement convaincu par l&rsquo;ensemble des articles publi&eacute;s, on trouvera l&agrave; une source pr&eacute;cieuse de r&eacute;flexion.</em><br /> </font><br /> 1. <strong>Le G8 d&eacute;truit l&rsquo;autorit&eacute; de l&rsquo;ONU</strong><br /> <br /> Cette organisation, qui pr&eacute;tend de plus en plus diriger le monde global, est un acte d&eacute;lib&eacute;r&eacute; de sabotage &agrave; l&rsquo;encontre de l&rsquo;ONU. Bien que ne comprenant pas l&rsquo;Inde et la Chine, il pr&eacute;tend traiter d&rsquo;enjeux majeurs qui sont &agrave; l&rsquo;ordre du jour de l&rsquo;ONU, telles que les questions de s&eacute;curit&eacute; et le r&eacute;chauffement climatique. Il repr&eacute;sente en fait l&rsquo;axe USA-Otan-Japon&nbsp; dont le poids sera de plus en plus faible par rapport aux membres de la SCO (Shanghai Cooperation Organization) &nbsp;<br /> <br /> <font color="#0000ff"><em>Notre commentaire : La Russie fait d&eacute;sormais partie &agrave; la fois du G8 et de la SCO. Cela pourrait lui donner un pouvoir d&rsquo;arbitrage important. Malheureusement, au dernier G8, elle a surtout subi les provocations am&eacute;ricaines &agrave; propos du bouclier anti-missile que les Am&eacute;ricains veulent installer en Europe. L&rsquo;Europe en tant que telle n&rsquo;a pas de pr&eacute;sence politique, ni au G8 ni &agrave; la SCO.&nbsp; . Elle pourrait cependant demander &agrave; &ecirc;tre observatrice dans cette derni&egrave;re organisation. L&rsquo;influence de l&rsquo;Europe sur les questions d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t mondiale ne s&rsquo;exerce qu&rsquo;&agrave; l&rsquo;ONU, ce qui n&rsquo;est sans doute pas suffisant. &nbsp;<br /> </em></font><br /> <strong>2. Il faut concurrencer le capitalisme global<br /> </strong><br /> Les deux antidotes au capitalisme global qui se sont r&eacute;v&eacute;l&eacute;s efficaces jusqu&rsquo;&agrave; pr&eacute;sent sont le welfare state et le protectionnisme s&eacute;lectif. Le micro-cr&eacute;dit n&rsquo;est qu&rsquo;une plaisanterie. Le Bangladesh et la Bolivie qui le pratiquent ne d&eacute;colleront jamais. Le welfare state et le protectionnisme s&eacute;lectif ont permis au contraire au Japon, &agrave; Taiwan, &agrave; la Cor&eacute;e du Sud, &agrave; Hong-kong, &agrave; Singapour,&nbsp; &agrave; la Malaisie d&rsquo;enregistrer des d&eacute;veloppements exceptionnels.&nbsp; Le capitalisme global fait tout ce qu&rsquo;il peut pour combattre ces deux solutions, par l&rsquo;interm&eacute;diaire de la mon&eacute;tisation, de la privatisation et de l&rsquo;ouverture des fronti&egrave;res.&nbsp; La mon&eacute;tisation signifie &laquo; attribuer un prix &agrave; tous les biens et services &raquo;. Ceux qui n&rsquo;ont pas d&rsquo;argent ne peuvent y acc&eacute;der. Autrement dit au moins 1 milliard de personnes sont condamn&eacute;es &agrave; mort. 125.000 personnes meurent chaque jour, 25.000 de faim et 100.000 de maladies qui auraient pu &ecirc;tre pr&eacute;venues. <br /> <br /> Si l&rsquo;on ne peut pas supprimer le capitalisme global, &agrave; tout le moins faut-il le rendre moins offensif, en lui opposant des alternatives.&nbsp; Ceci voudrait dire le mettre en concurrence avec plusieurs&nbsp; autres types d&rsquo;&eacute;conomies, dont le welfare state, le protectionnisme s&eacute;lectif, les services publics, l&rsquo;&eacute;conomie associative, etc. Ce point sera d&eacute;velopp&eacute; par Johan Galtung dans un livre &agrave; para&icirc;tre : A Life-Sustaining Economy. Il faudra r&eacute;aliser une &eacute;conomie pluraliste, comme on le fera en mati&egrave;re d&rsquo;&eacute;nergie, o&ugrave; plusieurs sources d&rsquo;&eacute;nergie diff&eacute;rentes devront &ecirc;tre utilis&eacute;es &agrave; la fois. <br /> <br /> <font color="#0000ff"><em>Notre commentaire : cette proposition est excellente. Elle devrait attirer l&rsquo;attention des Europ&eacute;ens, qui offrent eux aussi de bons exemples d&rsquo;&eacute;conomies pluralistes. Les taux de croissance, en terme de consommation et surtout d&rsquo;investissement, ne sont peut-&ecirc;tre pas au rendez-vous. Mais l&rsquo;Europe reste encore &agrave; ce jour prot&eacute;g&eacute;e des grands maux de la mon&eacute;tarisation et de la financiarisation. Cela risque de n&rsquo;&ecirc;tre plus pour tr&egrave;s longtemps malheureusement. Voir notre &eacute;ditorial concernant la fusion Suez-GDF. </em></font><br /> <br /> <strong>3. Le terrorisme contre le terrorisme d&rsquo;Etat.<br /> </strong><br /> La communaut&eacute; internationale d&eacute;nombre volontiers les victimes du terrorisme mais oublie celle du terrorisme d&rsquo;Etat, dont les interventions militaires des Etats-Unis sont aujourd&rsquo;hui les principales responsables. On a compt&eacute;, en cons&eacute;quence des 73 interventions militaires am&eacute;ricaines depuis la seconde guerre mondiale, entre 13 et 17 millions de victimes reconnues&nbsp; (overt) et sans doute 6 millions non-reconnues (covert). Les interventions am&eacute;ricaines n&rsquo;ont jamais &eacute;t&eacute; faites au service de buts humanitaires, mais pour le profit de leur syst&egrave;me &eacute;conomique. <br /> <br /> <font color="#0000ff"><em>Notre commentaire : Les Etats-Unis ont port&eacute; &agrave; l&rsquo;extr&ecirc;me un mode&nbsp; de comportement qui a toujours &eacute;t&eacute; le fait des grandes puissances dans l&rsquo;histoire. Mais venant de l&rsquo;hyper-puissance, les cons&eacute;quences en sont bien plus visibles. Malheureusement, les Europ&eacute;ens semblent consid&eacute;rer que les Etats-Unis ont un droit inali&eacute;nable &agrave; mettre leur force militaire au service du complexe militaro-industriel au pouvoir &agrave; Washington depuis les ann&eacute;es cinquante. Nous reviendrons sur le complexe militaro-industriel am&eacute;ricain dans un autre num&eacute;ro. <br /> </em></font><br /> <strong>4. L&rsquo;Irak, triomphe de la guerre asym&eacute;trique</strong><br /> <br /> Pourquoi la coalition am&eacute;ricaine&nbsp; ne gagne-t-elle&nbsp; pas la guerre en Irak ? Parce que l&rsquo;ennemi auquel l&rsquo;Am&eacute;rique s&rsquo;affronte est invincible. Il utilise des explosifs improvis&eacute;s mais il a pour lui le temps et l&rsquo;espace. C&rsquo;est ce qui fait la force de la guerre du faible au fort dite aussi guerre asym&eacute;trique. <br /> Le temps ? La notion de capitulation n&rsquo;existe pas pour le faible. Il peut attendre ind&eacute;finiment. Dans une autre guerre de ce genre, les Serbes ont combattu les Ottomans pendant 500 ans. Les Islamistes ne sont pas davantage press&eacute;s. Au contraire les Am&eacute;ricains ont voulu&nbsp; vaincre en 5 mois. <br /> L&rsquo;espace ? Il est fonction du nombre des Etats qui se reconnaissent dans l&rsquo;OIC, l&rsquo;Organisation de la Conf&eacute;rence Islamique, soit 56 Etats auxquels s&rsquo;ajoutent 160 millions de musulmans en Inde. Les fronti&egrave;res de ces Etats avec l&rsquo;Ouest n&rsquo;ont pas de sens pour l&rsquo;Islam. Elles marquent seulement les espaces &agrave; conqu&eacute;rir ou reconqu&eacute;rir ult&eacute;rieurement. On compte ainsi 1.350.000.000 musulmans, dont 300.000 seulement sont des Arabes. Les Am&eacute;ricains ont tent&eacute; d&rsquo;exploiter cette ligne de fracture, mais rien ne prouve qu&rsquo;elle puisse affaiblir l&rsquo;adversaire potentiel, contrairement aux espoirs nourris &agrave; Harvard. <br /> <br /> Disposant du temps et de l&rsquo;espace, on dispose aussi de ressources consid&eacute;rables. Mais faut-il parler de &quot;Clash des civilisations&quot; comme l&rsquo;a fait&nbsp; Samuel Huntington? En fait, ce dernier, si l&rsquo;on relit son livre, n&rsquo;a pas mentionn&eacute; les conflits entre civilisations fond&eacute;es sur des religions diff&eacute;rentes. Il visait des conflits entre int&eacute;r&ecirc;ts &eacute;conomiques, militaires, politiques. Washington l&rsquo;a bien compris qui sous couvert de d&eacute;fense de civilisation a mis la main sur les puits de p&eacute;trole et &eacute;tabli 14 bases militaires au Moyen Orient. Il faut r&eacute;activer le concept d&rsquo;imp&eacute;rialisme, car il est global. C&rsquo;est la raison pour laquelle il est mal vu &agrave; Washington. La guerre des civilisations est en fait une guerre des riches &eacute;lites contre les pauvres du monde. Ceux-ci ne seront jamais battus. C&rsquo;est vrai en Irak et le sera aussi en Afghanistan (laquelle rappelons-le, a combattu avec succ&egrave;s ses envahisseurs occidentaux depuis un si&egrave;cle et demi). <br /> <br /> Pourquoi un grand pays comme l&rsquo;Am&eacute;rique ne comprend-il pas ces &eacute;vidences ? Pourquoi est-il &agrave; ce point ignorant de l&rsquo;histoire ?&nbsp; Ce n&rsquo;est pas uniquement de la faute de Bush ni m&ecirc;me des R&eacute;publicains. L&rsquo;Empire am&eacute;ricain repose sur des structures et une culture fortes. R&eacute;publicains comme D&eacute;mocrates se retrouvent dans la croyance dans la possibilit&eacute; de choix volontaristes, dans&nbsp; la vision d&rsquo;une gloire pass&eacute;e et pr&eacute;sente. Ils sont Dualistes, Manich&eacute;ens, ils comptent sur Armageddon pour les lib&eacute;rer du mal. Les deux partis ont vot&eacute; pour le &laquo; Surge &raquo; et soutiendraient sans doute une extension de la guerre. Certes 50% des inscrits n&rsquo;ont pas vot&eacute;. Mais que pensent-ils ? Offriraient-ils des solutions s&rsquo;ils se d&eacute;cidaient &agrave; s&rsquo;exprimer ? Peut-&ecirc;tre ? <br /> <br /> En attendant, selon les informations disponibles, les plans d&rsquo;attaque de l&rsquo;Iran auraient identifi&eacute; 100.000 cibles. Certaines concerneraient les installations nucl&eacute;aires et militaires, mais les autres l&rsquo;ensemble des infrastructures &eacute;conomiques, qui sont elles-m&ecirc;mes tr&egrave;s li&eacute;es aux espaces urbains. La soci&eacute;t&eacute; iranienne serait d&eacute;truite, mais sans doute pas sa volont&eacute; de combattre. On observerait dans les jours suivants le d&eacute;clanchement de bombes &laquo; sales &raquo; t&eacute;l&eacute;command&eacute;es sur le territoire occidental, &agrave; commencer par Isra&euml;l. Point ne serait besoin de missiles pour cela. <br /> <br /> <em><font color="#0000ff">Notre commentaire: S&rsquo;il &eacute;tait exact que les Etats islamiques &eacute;taient engag&eacute;s dans une guerre s&eacute;culaire avec l&rsquo;Occident, Am&eacute;rique et Europe comprise, ceci dessinerait un avenir certainement inqui&eacute;tant. Mais est-ce exact ? Si en Occident comme en Orient, des hommes raisonnables ne laissaient pas les extr&eacute;mismes religieux, musulmans ou chr&eacute;tiens, prendre le pas,&nbsp; si par ailleurs, en Occident, on renon&ccedil;ait &agrave; la course imp&eacute;rialiste au pouvoir&nbsp; &eacute;conomique, peut-&ecirc;tre qu&rsquo;&agrave; terme des cohabitations pacifiques pourraient-elles &ecirc;tre envisag&eacute;es ? L&rsquo;Europe serait en tous cas bien mieux que l&rsquo;Am&eacute;rique capable de mener une telle politique.<br /> <br /> Dans notre prochain num&eacute;ro, nous examinerons la suite de l&rsquo;article de Johan Galtung,&nbsp; notamment les raisons qui selon lui condamnent l&rsquo;Empire am&eacute;ricain &agrave; la d&eacute;cadence. Nous verrons &eacute;galement pourquoi il pense que l&rsquo;Europe pourrait lui succ&eacute;der. &nbsp;<br /> </font></em><br /> </div> Thu, 30 Aug 2007 23:00:00 GMT La Grande Bretagne décide de construire deux nouveaux porte-avions. La France est intéressée à plusieurs titres. La défense européenne aussi http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=192 192 <br /><br /> Les deux futurs b&acirc;timents de la Royal Navy, de 65 000 tonnes chacun, le Queen-Elizabeth et le Prince-of-Wales, entreront en service en 2014 et 2016. Ce projet de 5,8 milliards d'euros permettra de moderniser le dispositif a&eacute;ronaval britannique. Dans la perspective d&rsquo;une d&eacute;fense europ&eacute;enne mieux int&eacute;gr&eacute;e qu&rsquo;actuellement, il pourra aussi servir &agrave; d&eacute;ployer des contingents europ&eacute;ens. D&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t que la France, dans cette m&ecirc;me perspective, ne reste pas &agrave; l&rsquo;&eacute;cart, en ne disposant que d&rsquo;un porte-avion, le Charles de Gaulle, indisponible pour maintenance un tiers de son temps. <br /> <br /> En donnant son feu vert au projet devant les Communes, mercredi 25 juillet, le ministre de la d&eacute;fense, Des Browne, a mis fin &agrave; une incertitude qui durait depuis 1998. Des questions de prix et des h&eacute;sitations sur le choix des constructeurs ont longtemps retard&eacute; la d&eacute;cision finale.<br /> <br /> Le groupe fran&ccedil;ais d'&eacute;lectronique de d&eacute;fense Thales assurera 16 % du contrat. Il sera associ&eacute; &agrave; Babcock au sein de VT Group. Thales avait &eacute;t&eacute; choisi d&egrave;s 2003 par Londres pour assurer la conception des deux futurs b&acirc;timents sous la ma&icirc;trise d'oeuvre du britannique BAE Systems. Thales est le num&eacute;ro deux de l'industrie de d&eacute;fense britannique, derri&egrave;re BAE Systems. Il r&eacute;alise un quart de son chiffre d'affaires en Grande-Bretagne. BAE Systems est actuellement lourdement impliqu&eacute; dans le scandale de corruption dit Yamama avec l&rsquo;Arabie Saoudite. Mais on&nbsp; remarquera pour ne pas envenimer les choses que ces soup&ccedil;ons portent sur son d&eacute;partement A&eacute;ronautique. <br /> <br /> La construction des deux porte-avions va entra&icirc;ner un regroupement du secteur de la construction navale britannique. BAE Systems et VT Group ont annonc&eacute; la cr&eacute;ation d'une co-entreprise qui regroupera leurs activit&eacute;s maritimes afin, selon M. Browne, de mieux utiliser &laquo; l'argent du contribuable &raquo;.<br /> Concernant la&nbsp; coop&eacute;ration franco-britannique dans le domaine naval, en&nbsp; 2003, la France avait pris la d&eacute;cision de principe de choisir un mode de propulsion classique pour son deuxi&egrave;me &eacute;ventuel porte-avions.<br /> <br /> Ce choix rendait possible une construction commune franco-britannique de plusieurs b&acirc;timents. Un accord de coop&eacute;ration a &eacute;t&eacute; sign&eacute; entre Londres et Paris en mars 2006. Le ministre s'est f&eacute;licit&eacute; des &laquo; &eacute;normes b&eacute;n&eacute;fices &raquo; d&eacute;j&agrave; apport&eacute;s par la coop&eacute;ration bilat&eacute;rale. Les entreprises concern&eacute;es, a-t-il ajout&eacute;, &eacute;tudient de nouveaux projets, notamment &laquo; la fourniture d'&eacute;quipements communs pour les porte-avions &raquo; et &laquo; des accords de maintenance partag&eacute;s &raquo;. Les Fran&ccedil;ais n&rsquo;osent pas encore esp&eacute;rer que ces porte-avions puissent embarquer des Rafales, que leur polyvalence d&eacute;signerait mieux que tous autres pour &eacute;quiper une force appel&eacute;e &agrave; intervenir en coop&eacute;ration sur des th&eacute;&acirc;tres tr&egrave;s diff&eacute;rents. Thu, 09 Aug 2007 23:00:00 GMT Livraisons d'armes américaines au Moyen-Orient, aveu d'impuissance http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=197 197 <br /><br /> Les intentions de vente d&rsquo;armes am&eacute;ricaines au Moyen- Orient sont impressionnantes :<br /> &bull; $20 milliards pour les Etats du Golfe &agrave; livrer en 10 ans, dont pr&egrave;s de $10 milliards pour l&rsquo;Arabie Saoudite. <br /> &bull; $30 milliards pour Isra&euml;l en dix ans. <br /> &bull; $13 milliards pour l&rsquo;Egypte en dix ans. <br /> &bull; sans mentionner les espoirs portant sur de futurs achats indiens que Washington aimerait emporter en totalit&eacute;: $30 milliards en 5 ans. <br /> <br /> Tout ceci nous conduit &agrave; une analyse en trois points : <br /> <br /> <strong>Premier point </strong>: ces livraisons projet&eacute;es d&rsquo;armement sont le signe de l&rsquo;impuissance extraordinaire de la politique ext&eacute;rieure des Etats-Unis, caract&eacute;ris&eacute;e par le degr&eacute; z&eacute;ro de sa diplomatie dans cette zone. S&rsquo;y ajoute l&rsquo;impuissance de leur politique militaire, dont on nous disait qu&rsquo;elle rempla&ccedil;ait avantageusement la diplomatie. Se trouver, ou se croire dans l&rsquo;obligation de projeter de telles livraisons d&rsquo;armes alors qu&rsquo;on a d&eacute;ploy&eacute; au c&oelig;ur de la zone en question une partie importante de ses forces terrestres, navales et a&eacute;riennes, alors qu&rsquo;on dispose de la plus puissante armada militaire de l&rsquo;histoire en volume budg&eacute;taire, en poids et en nombre, constitue un &eacute;norme aveu d&rsquo;impuissance de ces forces. <br /> <br /> <strong>Deuxi&egrave;me point</strong> : la parfaite inutilit&eacute; de ce surarmement par rapport au danger qu&rsquo;on affirme vouloir contenir (l&rsquo;Iran, Al Qa&iuml;da). On se demande ce qu&rsquo;il faudrait pour faire accepter par le Pentagone et sa bureaucratie les enseignements des guerres qu&rsquo;ils sont en train de perdre, c&rsquo;est-&agrave;-dire des guerres typiques de la Guerre de 4e G&eacute;n&eacute;ration (G4G). Apparemment, rien n&rsquo;y parviendra. Ces armements promis n&rsquo;assureront aucune d&eacute;fense, &mdash; si besoin en &eacute;tait, &mdash; contre un pays comme l&rsquo;Iran, dont on sait la propension &agrave; utiliser des moyens asym&eacute;triques dans les conflits. Ne parlons pas d&rsquo;Al Qa&iuml;da, si Al Qa&iuml;da existe. Le cas d&rsquo;Isra&euml;l est &eacute;galement r&eacute;v&eacute;lateur. Les armements qui vont &ecirc;tre livr&eacute;s, voire impos&eacute;s aux Isra&eacute;liens, iront dans le sens d&eacute;velopp&eacute; par les forces isra&eacute;liennes depuis une vingtaine d&rsquo;ann&eacute;es, qui a abouti &agrave; la catastrophe d&rsquo;il y a un an, contre le Hezbollah. <br /> <br /> <strong>Troisi&egrave;me point</strong>, le plus &eacute;vident d&rsquo;une part, le plus charg&eacute; d&rsquo;implication d&rsquo;autre part. Il se divise en deux constats: <br /> <br /> &bull; Ces contrats sont une manne pour l&rsquo;industrie d&rsquo;armement am&eacute;ricaine , et c&rsquo;est bien entendu un argument d&rsquo;une tr&egrave;s grande force pour soutenir ces propositions. Toute l&rsquo;Administration am&eacute;ricaine est &eacute;videmment engag&eacute;e, d&rsquo;une fa&ccedil;on ou l&rsquo;autre, dans ce soutien de l&rsquo;industrie d&rsquo;armement, consid&eacute;r&eacute;e &agrave; la fois comme un des bijoux du capitalisme am&eacute;ricain et comme un des piliers de la s&eacute;curit&eacute; nationale d&rsquo;un syst&egrave;me qui g&eacute;n&egrave;re ce m&ecirc;me capitalisme. <br /> <br /> &bull; Consid&eacute;rant les circonstances que nous avons d&eacute;crites, o&ugrave; rien, absolument rien d&rsquo;autre dans les mesures et politiques d&eacute;velopp&eacute;es depuis 4 ans au Moyen Orient n&rsquo;a donn&eacute; le moindre r&eacute;sultat, il faut admettre que ce choix des ventes et livraisons d&rsquo;armes devient d&eacute;sormais le seul attribut s&eacute;rieux, ou faisant figure de s&eacute;rieux, de la puissance des Etats-Unis. On peut alors consid&eacute;rer que ceux-ci sont entr&eacute;s dans une phase o&ugrave; le seul attribut de puissance incontestable leur restant est bien la production et la diss&eacute;mination des armements. C&rsquo;est le triomphe de ce qu&rsquo;il y a de plus fondamental, mais aussi de plus primaire dans le complexe militaro-industriel. On ne peut dire pour autant que ce soit un progr&egrave;s d&eacute;cisif de la puissance am&eacute;ricaine per se; c&rsquo;est tout au contraire sa position ultime de tentative d&rsquo;affirmation de puissance. Les livraisons d&rsquo;armes am&eacute;ricaine ont toujours exist&eacute; dans la politique am&eacute;ricaine. Elles constituaient un compl&eacute;ment d&rsquo;autres initiatives. Cette fois, elles semblent former l&rsquo;essentiel de la politique de s&eacute;curit&eacute; nationale. C&rsquo;est le contraire d&rsquo;un progr&egrave;s ; c&rsquo;est un ultime retranchement et un terrible aveu d&rsquo;impuissance. <br /> <br /> Voil&agrave; qui devrait faire r&eacute;fl&eacute;chir les strat&egrave;ges europ&eacute;ens. Thu, 09 Aug 2007 23:00:00 GMT L'Europe doit se doter d'industries de l'armement puissantes http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=198 198 <br /><br /> <div align="justify">Il est bien vu en Europe de ne pas attacher d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t aux industries de l&rsquo;armement, sous pr&eacute;texte que celles-ci poursuivent un but fondamentalement immoral : d&eacute;truire des &ecirc;tres humains. Un certain nombre de pays ressentent encore de fa&ccedil;on tr&egrave;s vivante les souvenirs des temps o&ugrave;, sous les dictatures fascistes puis communistes, toutes les ressources avaient &eacute;t&eacute; consacr&eacute;es &agrave; l&rsquo;armement, au d&eacute;triment du reste de l&rsquo;&eacute;conomie. On peut penser pourtant que l&rsquo;Europe ne sera jamais une grande puissance globale si elle ne se dote pas, comme la France l&rsquo;a fait pour son compte, d&rsquo;une puissante industrie de d&eacute;fense. Diff&eacute;rentes raisons militent en ce sens. D&rsquo;une part, rien ne dit que dans quelques ann&eacute;es, les pays europ&eacute;ens n&rsquo;auront pas &agrave; se d&eacute;fendre d&rsquo;agressions ext&eacute;rieures. Celles-ci ne prendront pas n&eacute;cessairement une forme militaire classique. On pense plut&ocirc;t &agrave; la Guerre de 4e G&eacute;n&eacute;ration, dite du faible au fort. Mais des agresseurs utiliseront peut-&ecirc;tre aussi des moyens plus lourds, conventionnels ou nucl&eacute;aires. Ne pas avoir de capacit&eacute; de riposte serait se condamner d&rsquo;avance &agrave; l&rsquo;invasion. <br /> <br /> D&rsquo;autre part, les recherches et les investissements industriels n&eacute;cessaires &agrave; la production des armes modernes couvrent un vaste champ de comp&eacute;tence et produisent des retomb&eacute;es importantes dans le domaine civil. On dit qu&rsquo;il s&rsquo;agit de technologies duales. Certains ont ni&eacute; l&rsquo;existence de telles retomb&eacute;es. On doit constater cependant que la France, pour reprendre son exemple, n&rsquo;aurait pas l&rsquo;outil industriel dont elle dispose, notamment dans le domaine a&eacute;rospatial et naval, si elle n&rsquo;avait pas d&eacute;velopp&eacute; des programmes militaires ambitieux. On ne peut que regretter qu&rsquo;elle ait renonc&eacute; &agrave; mener avec ses moyens propres, d&egrave;s les ann&eacute;es 1970, la guerre des r&eacute;seaux informatiques et de calcul. <br /> <br /> La troisi&egrave;me raison pouvant justifier l&rsquo;autonomie industrielle europ&eacute;enne dans le domaine des armements tient au fait que toutes les grandes puissances mondiales consacrent &agrave; ce domaine d&rsquo;importantes ressources. Elles exercent toutes des pressions importantes sur l&rsquo;Europe pour que celle-ci se porte acheteuse de leurs produits. On conna&icirc;t notamment la fa&ccedil;on dont les Etats-Unis, &agrave; travers l&rsquo;Otan, cherchent &agrave; imposer leurs mat&eacute;riels et normes militaires. Il serait particuli&egrave;rement paradoxal que l&rsquo;Europe, apr&egrave;s avoir refus&eacute; par un pacifisme mal con&ccedil;u, d&rsquo;investir elle-m&ecirc;me dans le domaine des armes, se dote &agrave; grand frais et sans espoir aucun de retomb&eacute;es, de mat&eacute;riels acquis &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur.<br /> <br /> Nous pensons qu&rsquo;il faudrait &eacute;voquer une quatri&egrave;me raison justifiant le d&eacute;veloppement en Europe d&rsquo;industries de d&eacute;fense (y compris dans le domaine spatial) : celles-ci contribuent, d&rsquo;une fa&ccedil;on que l&rsquo;on per&ccedil;oit mal mais qui est certaine, au sentiment de grandeur qu&rsquo;un pays ou un ensemble de pays peuvent avoir d&rsquo;eux-m&ecirc;mes. L&rsquo;argument a &eacute;t&eacute; utilis&eacute; pour justifier la construction d&rsquo;un second porte-avion par la France. Un tel mat&eacute;riel est bien plus efficace pour construire l&rsquo;identit&eacute; nationale qu&rsquo;une proclamation de principe ne s&rsquo;accompagnant d&rsquo;aucune marque tangible. Il s&rsquo;agit peut-&ecirc;tre d&rsquo;un orgueil mal plac&eacute; et dangereux. Mais les soci&eacute;t&eacute;s humaines r&eacute;pondent &agrave; des motivations inconscientes qu&rsquo;il ne faut pas n&eacute;gliger, en attendant de pouvoir les remplacer par des arguments plus rationnels. <br /> <br /> </div> Thu, 09 Aug 2007 23:00:00 GMT L'Europe de l'Otan serait-elle encore la seule à croire à la RMA? http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=181 181 <br /><div align="justify"><br /> Le concept de super-guerre technologique a toujours fait l'affaire du Pentagone et des industriels am&eacute;ricains travaillant pour l'armement. R&eacute;cemment encore, au salon du Bourget, le chef de la division militaire de Boeing s'est inqui&eacute;t&eacute; d'une possible baisse du budget militaire am&eacute;ricain (lequel rappelons-le sert ainsi &agrave; financer indirectement le Dreamliner, dont la division civile de Boeing tire grande gloire). D&eacute;velopp&eacute; dans les ann&eacute;es 1990, le concept a &eacute;t&eacute; repris et rebaptis&eacute; apr&egrave;s l'invasion de l'Irak sous le nom de RMA (Revolution in Military Affairs) et plus r&eacute;cemment, &agrave; l'initiative de Rumsfeld, sous celui de Transformation. L'id&eacute;e est connue. Elle consiste &agrave; dire que les armes nouvelles, a&eacute;rospatiales notamment, peuvent cibler et d&eacute;truire tout ennemi dans le monde, assurant ainsi la s&eacute;curit&eacute; des nations qui les ma&icirc;trisent. Ainsi, ces nations n'ont plus &agrave; tenir compte des r&eacute;sistances populaires, nationalistes, religieuses, territoriales ni des &laquo;milices&raquo; qu'elles mobilisent. <br /> <br /> Au contraire de cette doctrine, les th&eacute;oriciens de la Guerre de 4e G&eacute;n&eacute;ration, ou G4G (dont le strat&egrave;ge am&eacute;ricain William S. Lind) affirment que ces armes sont impuissantes face &agrave; la r&eacute;sistance opini&acirc;tre des peuples envahis ou attaqu&eacute;s. M&ecirc;me si ceux-ci sont souvent anim&eacute;s de sentiments que l'on pourrait qualifier de&nbsp;primitifs, o&ugrave; la d&eacute;mocratie &agrave; l'occidentale est absente, ils sont capables de mettre en &eacute;chec les plus fortes arm&eacute;es du monde. L'URSS en Afghanistan et les Anglo-Am&eacute;ricains en Irak en ont fait l'am&egrave;re exp&eacute;rience. <br /> <br /> Isra&euml;l en a fait &eacute;galement le constat r&eacute;cemment. Il avait cru pouvoir venir &agrave; bout des combattants palestiniens en appliquant les m&eacute;thodes militaires am&eacute;ricaines. L'&eacute;chec de Tsahal est d&eacute;sormais patent. <br /> <br /> Il n'y a plus que les militaires europ&eacute;ens, ceux du moins qui (&agrave; l'Est de l'Europe) se laissent intoxiquer par le Pentagone au sein de l'Otan, pour croire encore aux vertus des technologies de type Guerre des &eacute;toiles procur&eacute;es par le Pentagone. Ainsi leur aveuglement en faveur du syst&egrave;me anti-balistique propos&eacute; par Washington a pour premier r&eacute;sultat de donner &agrave; Poutine des arguments lui permettant de mieux diviser l'Union Europ&eacute;enne. Une d&eacute;fense de l'Europe autonome devrait au contraire mieux analyser les menaces &eacute;ventuelles qui p&egrave;sent sur notre continent et rechercher les moyens de pr&eacute;vention appropri&eacute;s. Ceci ne passe certainement par l'int&eacute;gration dans un syst&egrave;me de d&eacute;fense am&eacute;ricain qui craque de toutes parts. <br /> <br /> NB. Si les Europ&eacute;ens voulaient se donner une strat&eacute;gie internationale (pas uniquement bas&eacute;e sur la d&eacute;fense) cela passerait par des programmes comme Galileo. C'est ce qu'a bien compris le site &quot;trotskiste&quot; am&eacute;ricain, <em>World Socialist Web Site</em>, cit&eacute; par <em>Dedefensa</em>. La seule r&eacute;serve que nous ferions &agrave; cet article concerne la volont&eacute; des Europ&eacute;ens de se donner gr&acirc;ce &agrave; Galil&eacute;o une vision strat&eacute;gique, comme croit le constater son auteur. On se demande si, &agrave; part quelques personnes en France et &agrave; Bruxelles, les gouvernements europ&eacute;ens le consid&egrave;rent ainsi. <br /> </div> Mon, 30 Jul 2007 23:00:00 GMT L'Europe doit sauver Galiléo http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=100 100 <br /><br /> Il y a quelques mois, dans ces colonnes, nous &eacute;voquions&nbsp; la mise en oeuvre de Galileo&nbsp; par l'Union Europ&eacute;enne, comme symbolisant&nbsp; &laquo;&nbsp;l'aube de la souverainet&eacute; europ&eacute;enne.&nbsp;&raquo;.<br /> <div align="justify"><br /> Dans le Figaro du 5 juin dernier, Christian Cabal et Henri Revol, les auteurs du tr&egrave;s remarquable rapport de l'Office parlementaire d'&eacute;valuation des choix scientifiques et technologique, intitul&eacute; &laquo;&nbsp;Politique spatiale: l'audace ou le d&eacute;clin&nbsp;&raquo;&nbsp; tirent, &agrave; nouveau, la sonnette d'alarme au sujet de Galileo.<br /> <br /> Ils en appellent au r&eacute;alisme et au pragmatisme de Jacques Barrot, le vice pr&eacute;sident de la commission charg&eacute; des transports, pour sortir de l'orni&egrave;re&nbsp; un&nbsp; projet &laquo;&nbsp;fondamental pour la souverainet&eacute; et la comp&eacute;titivit&eacute; europ&eacute;enne&nbsp;&raquo;.<br /> <br /> Si les Europ&eacute;ens, qu'il s'agisse des responsables politiques, des medias ou de l'opinion, continuent &agrave; ne pas s'int&eacute;resser &agrave; ce projet, pourtant d&eacute;fini par la Commission comme l'exemple m&ecirc;me d'un projet d'int&eacute;r&ecirc;t communautaire, ils doivent se pr&eacute;parer &agrave; de dangereuses d&eacute;sillusions et &agrave; de tr&egrave;s mauvaises surprises dans l'avenir.<br /> <br /> Ainsi que nous l'avons rappel&eacute; lors du colloque organis&eacute;, &agrave; Toulouse&nbsp; en novembre dernier sur le th&egrave;me&nbsp; &laquo;&nbsp;Politique spatiale et souverainet&eacute; europ&eacute;enne&nbsp;&raquo; par Paneurope France (Voir le programme du colloque&nbsp; http://www.pan-europe.org/colloques/progcollespace171006.pdf&nbsp; et les articles de la revue de&nbsp; D&eacute;fense Nationale de f&eacute;vrier 2007), la mise en &oelig;uvre par les grandes puissances continentales de&nbsp; syst&egrave;mes de g&eacute;olocalisation comme Galileo correspond, &agrave; un imp&eacute;ratif de souverainet&eacute; en m&ecirc;me temps qu' &agrave; un enjeu de soci&eacute;t&eacute;.<br /> <br /> A terme, ces syst&egrave;mes, dont les applications militaires, de s&eacute;curit&eacute; et commerciales se d&eacute;veloppent de mani&egrave;re acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e, tendront &agrave; organiser la &laquo;&nbsp;tra&ccedil;abilit&eacute;&nbsp;&raquo; imm&eacute;diate et permanente de la plupart de nos activit&eacute;s.<br /> <br /> Comment imaginer, un seul instant, que&nbsp; nous puissions&nbsp; nous en remettre &agrave; d'autres pour ma&icirc;triser un tel instrument de puissance, d'ind&eacute;pendance et de d&eacute;veloppement &eacute;conomique alors que les Am&eacute;ricains, gr&acirc;ce au GPS, poss&egrave;dent&nbsp; d&eacute;j&agrave; huit ans d'avance sur nous, que les Russes avec Glonass, les Chinois avec Beidu, et, bient&ocirc;t, les Indiens se dotent&nbsp; de leurs propres instruments de g&eacute;olocalisation?<br /> <br /> Nous partageons, bien entendu, le point de vue exprim&eacute; par les deux parlementaires, auteurs de l'article pr&eacute;cit&eacute;, selon lequel c'est &agrave; l'Union Europ&eacute;enne et, sans doute aussi, aux Etats membres,&nbsp; de prendre en charge le financement des infrastructures, satellites et stations au sol et de remobiliser l'ESA, pour conduire l'op&eacute;ration.<br /> <br /> Rappelons enfin, que, d'un point de vue strictement &eacute;conomique, Galileo est un projet &laquo;&nbsp;gagnant,gagnant&nbsp;&raquo;. C'est en effet, dans un premier temps, selon le CNES, la cr&eacute;ation de 150 000 emplois nouveaux et, ensuite, le d&eacute;veloppement, quasi illimit&eacute;, d'applications commercialement tr&egrave;s porteuses. C'est ainsi, qu'aux Etats Unis, les recettes fiscales g&eacute;n&eacute;r&eacute;es par le GPS financent d&eacute;j&agrave; une partie importante&nbsp; des co&ucirc;ts d'investissement et de fonctionnement du syst&egrave;me.<br /> <br /> La situation de Galileo est extr&ecirc;mement pr&eacute;occupante, un redressement vigoureux s'impose &agrave; tous les niveaux. Il en va de&nbsp; l'ind&eacute;pendance et de la souverainet&eacute; de l'Europe.<br /> </div> <p><br /> </p> Fri, 29 Jun 2007 23:00:00 GMT L'Europe et sa logique de puissance http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=149 149 <br /><p>On sait que Nicolas Sarkozy et les Fran&ccedil;ais se sont battus &agrave; Bruxelles pour tenter de limiter dans le texte du Trait&eacute; europ&eacute;en l'emprise de la comp&eacute;tition et de la concurrence sans entraves. On a vu derri&egrave;re cette d&eacute;marche une pr&eacute;occupation sociale que l'on s'est empress&eacute; de mettre en exergue. Ce n'est pas le plus important, tant s'en faut. La v&eacute;rit&eacute; est que la d&eacute;fense de certaines entreprises contre les attaques de la libre-concurrence qui permettraient leur rachat par la seule m&eacute;canique du march&eacute; concerne en priorit&eacute; non la protection sociale, mais la puissance de l'Europe. C'est la th&egrave;se de la protection des &ldquo;champions &eacute;conomiques&rdquo; ou celle de la d&eacute;fense des &ldquo;<strong>technologies de souverainet&eacute;</strong>&rdquo;, dont nous estimons qu'elles jouent un r&ocirc;le fondamental, d'une part pour la d&eacute;fense des peuples en temps de crise, d'autre part pour l'identit&eacute; des peuples en temps de crise &mdash;ceci, somme toute, &eacute;quivalant &agrave; cela.<br /> <br /> En m&ecirc;me temps que se passait le psychodrame de Bruxelles, deux nouvelles venait d'&ecirc;tre ou &eacute;taient publi&eacute;es. <br /> <br /> *&nbsp; D'une part, la d&eacute;claration dans le Financial Times du 19 juin de Bob Stevens, patron de Lockheed Martin, d'une extraordinaire impudence si l'on se place du point de vue du bon sens, de la logique, de l'intelligence, de la dignit&eacute; et de l'habilet&eacute; politique (&quot;Lockheed chief warns Europe&quot;). Pas une de nos grandes voix europ&eacute;ennes n'a r&eacute;agi. Pourtant l'Am&eacute;ricain nous dit qu'il n'est pas question que se d&eacute;veloppe une industrie europ&eacute;enne de l'armement ind&eacute;pendante et souveraine, que les Europ&eacute;ens sont tout juste autoris&eacute;s &agrave; se coordonner en fonction des r&egrave;gles et les exigences des USA. Cet avertissement vient du repr&eacute;sentant de la soi-disant plus grande puissance de l'Histoire qui d&eacute;pense $750 milliards par an pour sa d&eacute;fense, qui n'est pas capable de soumettre en quatre ans un pays exsangue de 25 millions d'habitants et qui est m&ecirc;me sur le point d'y recevoir une racl&eacute;e m&eacute;morable, qui enfin n'est pas capable de fabriquer un avion de combat (le JSF) sans que le d&eacute;lai de production double et le prix quadruple par rapport aux pr&eacute;visions de d&eacute;part. <br /> <br /> &nbsp; * D'autre part la confusion chez EADS, suite &agrave; des d&eacute;clarations au Financial Times-Deutschland du 22 juin du co-Directeur G&eacute;n&eacute;ral, l'Allemand Tom Enders, atlantiste convaincu et fervent adepte des lois du march&eacute;. Ces d&eacute;clarations portaient sur le fait que la direction d'EADS &ldquo;examinait&rdquo; l'&eacute;tat de ses avoirs, &mdash; s'en d&eacute;barrasser ou pas, selon les int&eacute;r&ecirc;ts du march&eacute; boursier et des orientations soi-disant strat&eacute;giques, &mdash; et, parmi eux, les parts (46%) d'EADS dans la soci&eacute;t&eacute; Dassault. Ces parts repr&eacute;sentent la participation de l'Etat fran&ccedil;ais dans cette soci&eacute;t&eacute;. La r&eacute;action fran&ccedil;aise, par la voix de l'autre co-Directeur G&eacute;n&eacute;ral d'EADS, Louis Gallois, a &eacute;t&eacute; instantan&eacute;e et tr&egrave;s ferme. Enders a fait marche arri&egrave;re, parce qu'en ce moment Berlin ne peut se passer du soutien de Paris dans ses man&oelig;uvres europ&eacute;ennes. <br /> <br /> <strong>La logique boursi&egrave;re des autres &ldquo;Europ&eacute;ens&rdquo; </strong><br /> <br /> La l&eacute;g&egrave;ret&eacute; et le style &ldquo;investisseur boursier&rdquo; avec lesquels parle Enders concernant le sort de la part d'EADS dans Dassault sont stup&eacute;fiants. L'impression retir&eacute;e est que ces gens n'ont aucune conscience politique de rien, qu'ils n'ont aucune v&eacute;ritable connaissance de ce que Dassault repr&eacute;sente du point de vue industriel et technologique d'une part, du point de vue politique et strat&eacute;gique de l'autre, ceci pour la France mais aussi pour l'Europe. C'est l'&ldquo;esprit du march&eacute;&rdquo; (march&eacute; libre, s'entend) compl&egrave;tement d&eacute;cha&icirc;n&eacute;, avec comme seule conscience et comme seule connaissance des choses et des &ecirc;tres la valeur boursi&egrave;re &agrave; son niveau le plus primaire. <br /> <br /> Etonn&eacute;, ou semblant l'&ecirc;tre, le m&ecirc;me article du m&ecirc;me journal rapportent ceci&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;Dassault is an issue which the French government watches like a hawk,&rdquo; said one person familiar with the company. &ldquo;One wrong nuance in public statements can get you in trouble, regardless of how small the mistake may actually be.&rdquo; Dassault is the sole supplier of combat aircraft to the French air force.&raquo; <br /> </em><br /> La question n'est pas tant de d&eacute;battre de la possibilit&eacute; ou pas de cession de ces 46% de Dassault, que de consid&eacute;rer la diff&eacute;rence d'&eacute;tat d'esprit qu'on met ici en &eacute;vidence. Cette diff&eacute;rence s&eacute;pare fondamentalement la partie fran&ccedil;aise et la partie allemande, aussi bien chez EADS que dans les &eacute;lites politiques. L'&eacute;tat d'esprit fran&ccedil;ais consid&egrave;re d'abord la valeur d'une chose en fonction de son rapport &agrave; la souverainet&eacute; et &agrave; l'ind&eacute;pendance. Ces concepts sont pratiquement inconnus du c&ocirc;t&eacute; allemand. Il est &eacute;vident qu'un rapport avec la soci&eacute;t&eacute; Dassault, qui est l'une des premi&egrave;res soci&eacute;t&eacute;s du monde en mati&egrave;re d'avions de combat et de syst&egrave;mes &eacute;lectroniques, est n&eacute;cessairement un rapport dont les r&eacute;f&eacute;rences d'&eacute;valuation absolument prioritaires sont la souverainet&eacute; et l'ind&eacute;pendance. <br /> <br /> Cet &eacute;pisode rapport&eacute; par le FT doit &eacute;videmment &ecirc;tre confront&eacute; aux deux autres &eacute;l&eacute;ments signal&eacute;s plus haut&nbsp;: la volont&eacute; fran&ccedil;aise que l'&ldquo;esprit du march&eacute;&rdquo; ne soit plus la r&egrave;gle absolue de la vie &eacute;conomique et politique de l'Europe d'une part, la volont&eacute; am&eacute;ricaniste de r&eacute;duire totalement l'industrie europ&eacute;enne d'armement &agrave; une position vassale de sous-traitance. Il n'est un secret pour personne que Dassault est, depuis des ann&eacute;es sinon des d&eacute;cennies, dans la ligne de mire am&eacute;ricaine. Un objectif prioritaire pour les USA consiste &agrave; d&eacute;truire cette soci&eacute;t&eacute; ou tenter d'en prendre le contr&ocirc;le. Or cette hypoth&egrave;se qui semblait impensable (&ldquo;en prendre le contr&ocirc;le&rdquo;) appara&icirc;t du domaine du possible dans l'esprit de certains &agrave; la lumi&egrave;re des d&eacute;clarations incroyablement l&eacute;g&egrave;res d'un Enders (avec l'accord de &laquo;many investors&raquo;). <br /> <br /> Certes, la perspective m&ecirc;me th&eacute;orique d'une &ldquo;prise de contr&ocirc;le&rdquo; de Dassault serait dans l'&eacute;tat actuel des choses ressentie par le gouvernement fran&ccedil;ais comme un acte de guerre. Il l'interdirait, pourrait-on dire d'une fa&ccedil;on imag&eacute;e, si n&eacute;cessaire par la force. Mais dans l'imm&eacute;diat c'est la question de l'avenir de EADS qui est pos&eacute;e. Une bataille terrible est engag&eacute;e qui n'a rien &agrave; voir avec la position financi&egrave;re de cette soci&eacute;t&eacute; et ses erreurs de gestion. Les Fran&ccedil;ais sont ou seront conduits &agrave; admettre que le &ldquo;mariage&rdquo; avec les Allemands dans ce domaine strat&eacute;gique est une erreur de premi&egrave;re dimension. La coop&eacute;ration europ&eacute;enne et l'axe franco-allemand sont une bonne chose tant qu'on en excepte les vraies choses s&eacute;rieuses que sont la souverainet&eacute; et l'ind&eacute;pendance. <br /> <br /> Le sommet de Bruxelles a, bon gr&eacute; mal gr&eacute;, d&eacute;plac&eacute; au centre de la r&eacute;flexion et de la bataille politiques la question de la protection structurelle de ce qui fait la puissance europ&eacute;enne, &mdash; ou, mieux dit, de ce qui fait la puissance des quelques nations qui existent encore au sein de l'ensemble europ&eacute;en. Il est tr&egrave;s probable que ce domaine va &ecirc;tre, dans les prochains mois et les prochaines ann&eacute;es un terrain de grand affrontement. D&eacute;barrass&eacute;s d'une certaine fa&ccedil;on, par la r&eacute;cente &eacute;lection pr&eacute;sidentielle, de leur complexe du &ldquo;repli frileux&rdquo; (pour cause de non-alignement sur la pens&eacute;e unique europ&eacute;enne), les Fran&ccedil;ais devraient se battre avec rage pour reprendre le contr&ocirc;le des quelques attributs souverains qu'ils ont aventur&eacute;s dans la &ldquo;coop&eacute;ration europ&eacute;enne&rdquo;, EADS compris. <br /> <br /> Cette coop&eacute;ration pourra et devra se faire, mais sous strict contr&ocirc;le des puissances nationales et arm&eacute;e d'un rideau de protection contre les attaques financi&egrave;res des forces ext&eacute;rieures tentant d'investir par l'argent ce qu'elles sont incapables de r&eacute;duire par la seule qualit&eacute; de leurs produits. Un &laquo;&nbsp;<strong>complexe de forteresse</strong>&raquo;&nbsp;? Sans aucun doute, avec le mot &ldquo;complexe&rdquo; pris dans son sens d'organisation militaire. Le mod&egrave;le &agrave; suivre &agrave; cet &eacute;gard est, &mdash; employons l'expression pour une fois qu'elle est justifi&eacute;e, &mdash; le &ldquo;mod&egrave;le am&eacute;ricain&rdquo;.<br /> </p> Fri, 29 Jun 2007 23:00:00 GMT G8 et missiles anti-missiles http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=150 150 <br /><div align="justify"><br /> La r&eacute;union du G8 &agrave; Heiligendamm a clarifi&eacute; les zones d'ombre qui entouraient le projet am&eacute;ricain d'installation de radar et de missiles anti-missiles en R&eacute;publique tch&egrave;que et en Pologne. En effet, depuis sa r&eacute;v&eacute;lation, personne hormis les rares sp&eacute;cialistes ne savait tr&egrave;s bien s'il s'agissait d'un programme r&eacute;pondant &agrave; un besoin r&eacute;el face &agrave; une future menace iranienne encore hypoth&eacute;tique ou d'un simple alibi en vue de renforcer la d&eacute;fense anti-missile am&eacute;ricaine face &agrave; la Russie. Sans exclure la double possibilit&eacute;, la proposition russe d'utiliser en commun son installation radar du Caucase, essentiellement politique, a du m&ecirc;me coup confirm&eacute; la cr&eacute;dibilit&eacute; du projet am&eacute;ricain. <br /> <br /> En effet, comment Poutine pouvait-il avancer sa &laquo;&nbsp;g&eacute;n&eacute;reuse&nbsp;&raquo; proposition sans reconna&icirc;tre implicitement le besoin strat&eacute;gique d'une d&eacute;fense anti-missile face &agrave; l'Iran et sans justifier le choix technique et g&eacute;ographique d'une implantation tch&eacute;co-polonaise.<br /> <br /> Sans douter un instant que le pr&eacute;sident Bush poursuive la politique constante des Etats-Unis depuis la chute du r&eacute;gime sovi&eacute;tique et la dissolution du Pacte de Varsovie, &agrave; savoir implanter des bases militaires sur le territoire des anciens pays vassaux de l'URSS, toujours plus proches des fronti&egrave;res russes, l'offre de Poutine a du moins d&eacute;menti l'hypoth&egrave;se du pur alibi destin&eacute; &agrave; masquer grossi&egrave;rement l'avanc&eacute;e des pions am&eacute;ricains dans la r&eacute;gion.<br /> <br /> Cela ne r&eacute;duit en rien la l&eacute;g&egrave;ret&eacute; avec laquelle les Etats-Unis assument le risque et les inconv&eacute;nients d'un regain de tension avec la Russie. Cette politique men&eacute;e depuis quinze ans par tous les pr&eacute;sidents am&eacute;ricains est inspir&eacute;e par le Pentagone qui d&eacute;tient une influence sur la politique &eacute;trang&egrave;re am&eacute;ricaine incomparablement sup&eacute;rieure &agrave; celle des minist&egrave;res de la d&eacute;fense des pays europ&eacute;ens vis-&agrave;-vis de leurs gouvernements respectifs. Le m&eacute;canisme est simple dans son principe. Le Pentagone communique sur le caract&egrave;re indispensable d'un programme d'armement pour la s&eacute;curit&eacute; du pays, laquelle est sacr&eacute;e, sur la foi de rapports maison ou d'&eacute;tudes &eacute;manant d'un institut universitaire renomm&eacute;. Si l'administration ne s'en empare pas, la commission de la d&eacute;fense du S&eacute;nat s'en inqui&egrave;te, ses propres experts s'agitent et la machine se met en route.<br /> <br /> De son c&ocirc;t&eacute;, le pr&eacute;sident Poutine, qui sait parfaitement que les Etats-Unis ont peu de raisons d'accepter son offre, y a peut-&ecirc;tre trouv&eacute; un avantage au-del&agrave; du simple effet de surprise. Les &eacute;lections pr&eacute;sidentielles russes se profilent en effet en 2008. Sauf &agrave; imaginer Poutine, tel Cincinnatus, renon&ccedil;ant au pouvoir, ce qui est peu probable, deux possibilit&eacute;s s'offrent&nbsp; &agrave; lui&nbsp;:<br /> - soit mettre en place un successeur sans envergure dont il conserverait le contr&ocirc;le effectif,<br /> -soit exploiter autant que de besoin les tensions russo-am&eacute;ricaines ou d'autres tensions internationales r&eacute;elles ou suscit&eacute;es afin de justifier une modification de la constitution russe lui permettant de briguer un nouveau mandat. Si telle &eacute;tait son intention, le projet d'implantation de missiles anti-missiles am&eacute;ricains pourrait lui fournir la mati&egrave;re d'une crise mijot&eacute;e au moment opportun.<br /> <br /> Affaire &agrave; suivre avec int&eacute;r&ecirc;t.<br /> <br /> </div> Fri, 29 Jun 2007 23:00:00 GMT Un bilan en demi-teinte, globalement positif cependant pour la construction européenne http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=131 131 <br /><div align="justify"><strong><br /> Dans la partie positive du bilan du G8, nous placerions par ordre d'importance&nbsp;: </strong><br /> <br /> - Le fait que G.W. Bush ait &eacute;t&eacute; oblig&eacute; de reculer sur le contr&ocirc;le de la production des gaz &agrave; effet de serre (GES) devant un bloc tr&egrave;s ferme des grands europ&eacute;ens&nbsp;: Allemagne. GB, France, Italie.....Selon le <em>S&uuml;ddeutsche Zeitung</em> du 8 juin:<em> &ldquo;Half of the G8 countries&mdash;the four European states&mdash;remained together to the end; they stayed together in a bloc. Under pressure from Angela Merkel, they stuck to their positions. It was the others who moved. In the end, they had no other choice. The word &ldquo;bloc&rdquo; is crucial, because the real issue centres on the building of great-power blocs. The German political elite, in particular, has long maintained that it can advance against the US on an international level only if it succeeds in imposing a common line on Europe&rdquo;</em>. <br /> <br /> Ceci offre un pr&eacute;c&eacute;dent prometteur, m&ecirc;me si les concessions obtenues de G.W.Bush sont mineures (voir ci-dessous). Pour la premi&egrave;re fois dans l'histoire europ&eacute;enne, il a &eacute;t&eacute; possible de montrer, sur un sujet qui sera de plus en plus important, un front europ&eacute;en uni devant lequel les Etats-Unis n'avaient pas d'autres solutions que faire des concessions. Il devrait &ecirc;tre possible de retrouver une telle unit&eacute; (avec ou sans le Royaume-Uni) sur d'autres th&egrave;mes importants de la politique internationale. <br /> <br /> - Le fait que la Russie, tout en menant tr&egrave;s habilement sa partie &agrave; propos de l'initiative am&eacute;ricaine dite des BMD ou euro-missiles, ait rejoint le bloc europ&eacute;en qui y est globalement hostile. L&agrave; encore, G.W.Bush a &eacute;t&eacute; contraint, sinon de reculer, du moins de comprendre qu'il ne pouvait pas impun&eacute;ment manipuler les Russes et les Europ&eacute;ens afin de les opposer les uns aux autres. La contre-proposition de Poutine n'aura sans doute pas de suite, mais elle rend pratiquement impossible la poursuite du projet de GW.Bush, ce qui est d&eacute;j&agrave; un important r&eacute;sultat. La proposition fran&ccedil;aise collat&eacute;rale, faite par Nicolas Sarkozy, de laquelle on a peu parl&eacute;, &eacute;tait excellente&nbsp;: que les experts russes et fran&ccedil;ais &eacute;tudient ensemble les perspectives de d&eacute;fense anti-missiles. <br /> <br /> - Le fait que la chanceli&egrave;re allemande se soit tr&egrave;s bien acquitt&eacute;e de sa t&acirc;che difficile, maintenir l'union des Europ&eacute;ens sans abandonner les points essentiels que la pr&eacute;sidence allemande avait mis &agrave; son agenda. Le fait que l'Allemagne adopte de plus en plus un ton ferme en Europe ne devrait pas d&eacute;plaire &agrave; la France, si celle-ci sait coop&eacute;rer de fa&ccedil;on positive avec son grand voisin. <br /> <br /> - Le fait enfin que le pr&eacute;sident fran&ccedil;ais, pour ses premiers pas sur la grande sc&egrave;ne internationale, ait convenablement tenu son r&ocirc;le sur tous les sujets, y compris le r&eacute;chauffement climatique. &laquo;&nbsp;Les objectifs quantitatifs sur le dossier climatique ne sont pas n&eacute;gociables, non plus que le r&ocirc;le de l'ONU&nbsp;&raquo;, avait-il pr&eacute;venu jeudi 7 juin en s'adressant directement au pr&eacute;sident am&eacute;ricain. Il a par ailleurs montr&eacute; qu'il &eacute;tait tr&egrave;s capable de contribuer &agrave; cr&eacute;er un climat de sympathie voire de coop&eacute;ration avec Poutine. Derri&egrave;re la personne de celui-ci, ce sont les relations entre la Russie, l'Europe et finalement la France qui sont en cause. Il serait inadmissible, dans l'int&eacute;r&ecirc;t des parties, que ces relations soient mauvaises. Au contraire, nous le r&eacute;p&eacute;terons une fois de plus pour notre part, elles doivent &ecirc;tre bonnes, sur la base de concessions r&eacute;ciproques. <br /> <br /> <strong>Dans la partie n&eacute;gative de ce bilan, nous mettrions&nbsp;:</strong><br /> <br /> - Le fait que les d&eacute;cisions relatives au contr&ocirc;le de la production des GES et la pr&eacute;vention des effets du r&eacute;chauffement climatiques ne soient ni quantifi&eacute;es ni assorties d'un calendrier tenant compte des urgences. On est loin des recommandations faites par les experts du GIEC, elles-m&ecirc;mes tr&egrave;s amend&eacute;es sous la pression d'un certain nombre d'Etats. On est loin &eacute;galement de celles pr&eacute;sent&eacute;es par les &eacute;conomistes du rapport Stern. Le danger serait qu'apr&egrave;s le succ&egrave;s apparent illustr&eacute; par la &laquo;&nbsp;concession&nbsp;&raquo; de G.W. Bush, on en revienne au statu quo, au moins jusqu'&agrave; 2012. De plus, la question essentielle des concessions &agrave; faire pour que les pays &eacute;mergents grands pollueurs rejoignent la d&eacute;marche commune n'a pas &eacute;t&eacute; abord&eacute;e (aides internationales cons&eacute;quentes pour la lutte contre la d&eacute;forestation et la d&eacute;sertification, par exemple).<br /> <br /> - Le fait que l'aide &agrave; l'Afrique soit rest&eacute;e du domaine des v&oelig;ux pieux, lesquels n'ont tromp&eacute; personne, notamment en Afrique. Il ne reste plus aux Africains qu'&agrave; se jeter dans les bras concupiscents des Chinois. Les promesses faites par ailleurs en mati&egrave;re de lutte contre les grandes pand&eacute;mies sont consid&eacute;r&eacute;es par les experts comme un recul au regard de celles faites au pr&eacute;c&eacute;dent sommet de Gleneagles , lesquelles d'ailleurs sont loin d'&ecirc;tre mises en &oelig;uvre aujourd'hui. <br /> <br /> - Le fait que les questions tr&egrave;s importantes du contr&ocirc;le des fonds sp&eacute;culatifs (hedge funds) ou de la r&eacute;duction des aides apport&eacute;es &agrave; certains secteurs &eacute;conomiques par les grands Etats, lesquelles font capoter les n&eacute;gociations &agrave; l'OMC, aient &eacute;t&eacute; soigneusement &eacute;vit&eacute;es. <br /> <br /> - Le fait qu'aucun Etat membre du G8 n'ait fait valoir la n&eacute;cessit&eacute; de refonder celui-ci, en l'&eacute;largissant au moins &agrave; la Chine et &agrave; l'Inde, et en le rapprochant de l'ONU et de son Conseil de S&eacute;curit&eacute;. Pour les Europ&eacute;ens, il est vrai, se poserait alors la question du r&ocirc;le de l'Union europ&eacute;enne en tant que telle dans un G8 &eacute;largi. Nous pensons pour notre part que l'Union devrait &eacute;videmment continuer &agrave; en faire partie, mais ceci sans que soit remise en cause la participation individuelle des membres europ&eacute;ens actuels. Ceux-ci constituent un de ces &laquo;&nbsp;noyaux durs&nbsp;&raquo; pour des coop&eacute;rations renforc&eacute;es sans lesquels l'Union Europ&eacute;enne &agrave; 27, parfois trop inf&eacute;od&eacute;e aux Etats-Unis, demeurerait impuissante. <br /> <br /> - Le ton dithyrambique adopt&eacute; par la presse <em>main stream </em>anglo-saxonne sur les r&eacute;sultats du G8. Certains observateurs allemands ont parl&eacute; de sommet de Scheinheiligendamm (&ldquo;sommet de l'hycrocrisie&rdquo;). Cet exc&egrave;s de satisfaction semble correspondre au fait que l'establishment lib&eacute;ral, libre-&eacute;changiste, globaliste anglo-am&eacute;ricain prend de plus en plus peur devant la marche d'&eacute;v&egrave;nements qu'il ne contr&ocirc;le plus et dont le principal est l'effondrement de l'influence am&eacute;ricaine dans le monde suite &agrave; la guerre en Irak. La Grande Bretagne, malgr&eacute; son r&ocirc;le utile en mati&egrave;re de lutte contre les GES , d&eacute;couvre que sa d&eacute;pendance vis-&agrave;-vis des Etats-Unis la conduit &agrave; un abaissement g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;, tant en Europe que dans le monde. C''est ce que montre notamment le scandale BAE-Yamamah impliquant les plus hautes autorit&eacute;s du Royaume et qui &eacute;tait, semblait-il, dans beaucoup d'esprits des participants au G8. L'Europe, malheureusement, n'en tire aucun b&eacute;n&eacute;fice. Au contraire.<br /> Lire &agrave; ce sujet http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=4092 <br /> <br /> NB: Pour mieux comprendre la situation internationale face &agrave; laquelle s'exprime la relative impuissance du G8, on pourra consulter avec profit le livre de Laurent Cohen-Tanugi: Guerre ou paix&nbsp;: essai sur le monde de demain. Grasset - mars 2007</div> Fri, 29 Jun 2007 23:00:00 GMT Politiques industrielles européennes http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=147 147 <br /><p>Nous attendions avec impatience le discours du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique &agrave; l'issue de sa visite du Salon du Bourget le 23 juin. Le bruit avait couru qu'il devait recommander une relance des ambitions spatiales de l'Europe. A la lecture des comptes-rendus des agences et faute de disposer encore sur le site de l'Elys&eacute;e du texte complet du discours de Nicolas Sarkozy, il faut bien reconna&icirc;tre que cela n'a pas &eacute;t&eacute; le cas. <br /> <br /> Le pr&eacute;sident a certes prononc&eacute; des phrases que nous ne pouvons qu'approuver, concernant la politique industrielle de l'Europe. On sait qu'il avait la veille demand&eacute; le retrait de la concurrence &quot;libre et non fauss&eacute;e&quot; des imp&eacute;ratifs du nouveau trait&eacute; europ&eacute;en. Au Bourget, il a (source AFP) <em>&quot; soulign&eacute; que la politique de la concurrence devait s'inscrire dans la perspective d'une politique industrielle europ&eacute;enne, en r&eacute;cusant &quot;une approche id&eacute;ologique qui fait de la concurrence une fin en soi&quot;. Il a r&eacute;clam&eacute; la r&eacute;ciprocit&eacute; &quot;aux Etats-Unis et &agrave; la Chine en mati&egrave;re d'acc&egrave;s au march&eacute;&quot;. &quot;La na&iuml;vet&eacute; c'est fini, la r&eacute;ciprocit&eacute; &ccedil;a commence, a-t-il dit &agrave; l'intention de ces deux pays. &quot;Vous voulez que nous ouvrions nos march&eacute;s, nous les ouvrirons &agrave; la minute o&ugrave; vous les ouvrirez&quot; et &quot;nous d&eacute;ferons nos barri&egrave;res tarifaires &agrave; la minute o&ugrave; vous abaisserez les v&ocirc;tres&quot;. &quot;Nous devons mener une politique industrielle avec la m&ecirc;me libert&eacute; d'interpr&eacute;tation que celle que s'accordent nos amis am&eacute;ricains, chinois, indiens ou br&eacute;siliens&quot;, a-t-il fait valoir.&quot;</em><br /> <br /> Mais dans quelles directions mener une politique industrielle, aussi bien au plan europ&eacute;en que fran&ccedil;ais&nbsp;? Nicolas Sarkozy a &eacute;voqu&eacute; Airbus, en annon&ccedil;ant que le sommet franco-allemand pr&eacute;vu avec la chanceli&egrave;re Angela Merkel chez Airbus &agrave; Toulouse aurait lieu le 16 juillet et en invitant les actionnaires d'EADS, Daimler-Chrysler et Lagard&egrave;re, &agrave; une r&eacute;union de travail &agrave; cette occasion.<br /> <br /> Par contre, sur la d&eacute;fense, il a paru en retrait. Il a demand&eacute; (source AFP) une <em>&quot; remise &agrave; plat&quot; des programmes militaires fran&ccedil;ais, y compris ceux d&eacute;j&agrave; engag&eacute;s, avant la prochaine loi de programmation militaire qui d&eacute;bute apr&egrave;s 2008 dont il a critiqu&eacute; le processus d'&eacute;laboration. &quot;On n'est pas oblig&eacute;s de reprendre un processus qui n'a pas produit que des r&eacute;ussites&quot;. Il a jug&eacute; que l'Europe ne peut pas &quot;se payer le luxe&quot; de dupliquer les programmes, citant l'existence au sein de l'UE de &quot;cinq programmes de missiles sol-air, trois programmes d'avions de combat, six programmes de sous-marins d'attaque et plus d'une vingtaine de programmes de blind&eacute;s &quot;.</em><br /> <br /> Ceci est tout &agrave; fait exact, mais suppose des coop&eacute;rations en profondeur avec ceux des Etats europ&eacute;ens qui ne comptent pas seulement sur les armements am&eacute;ricains impos&eacute;s &agrave; l'Otan pour assurer la d&eacute;fense de l'Europe. Si ces coop&eacute;rations n'aboutissent pas rapidement, il ne se passera rien. L'exemple du 2e porte-avions fran&ccedil;ais ou de l'utilisation pour la d&eacute;fense des informations du futur syst&egrave;me Galil&eacute;o montre que jusqu'&agrave; pr&eacute;sent la France n'a, ni r&eacute;ussi &agrave; entra&icirc;ner la coop&eacute;ration de gouvernements importants pour la d&eacute;fense europ&eacute;enne comme ceux de l'Allemagne et de la Grande Bretagne, ni a d&eacute;faut rien d&eacute;cid&eacute; pour son propre compte.<br /> <br /> Il y a bien plus grave. Le silence de Nicolas Sarkozy sur la n&eacute;cessaire relance de l'Europe spatiale, qui est pourtant en discussion au sein des Etats-membres de l'Esa et de la Commission europ&eacute;enne, est particuli&egrave;rement inqui&eacute;tant. La France va-t-elle renoncer &agrave; son r&ocirc;le traditionnel de chef de file dans ce domaine vital pour l'Europe?</p> Fri, 29 Jun 2007 23:00:00 GMT L'Otan approuve le bouclier antimissile américain http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=138 138 <br /><p><br /> Les ministres de la d&eacute;fense de l'Alliance atlantique, r&eacute;unis jeudi 14 juin &agrave; Bruxelles, ont d&eacute;cid&eacute; d'approuver&nbsp; le projet am&eacute;ricain de bouclier anti-missiles pr&eacute;sent&eacute; comme devant&nbsp; prot&eacute;ger le flanc sud de l'Europe contre des attaques venant (notamment) du Moyen-Orient. Ils n'ont donc, contrairement &agrave; certaines r&eacute;serves &eacute;mises pr&eacute;c&eacute;demment, formul&eacute; aucune critique sur l'installation de sites en Pologne et en R&eacute;publique tch&egrave;que. Au contraire, ils ont d&eacute;cid&eacute; de lancer une &eacute;tude envisageant&nbsp; la compl&eacute;mentarit&eacute; de ce projet avec les propres &eacute;tudes de l'OTAN concernant la d&eacute;fense antimissile de territoire. Ils ont annonc&eacute; cependant qu'ils envisagent favorablement, &agrave; l'instar des Etats-Unis, l'offre russe d'utiliser un radar en Azerba&iuml;djan. <br /> <br /> On peut consid&eacute;rer qu'il s'agit l&agrave; d'un important succ&egrave;s diplomatique am&eacute;ricain, montrant bien l'influence qu'ils conservent sur les Europ&eacute;ens, &agrave; travers l'Otan ou dans d'autres instances. Les Russes n'ont pas r&eacute;agi mais ils ne peuvent que noter le peu de poids&nbsp; qu'ils p&egrave;sent actuellement dans les questions strat&eacute;giques int&eacute;ressant l'Europe, face aux Am&eacute;ricains. <br /> <br /> Rappelons que cette question du bouclier anti-missiles am&eacute;ricain reste encore du domaine du virtuel. Comme il a &eacute;t&eacute; dit, il s'agit de solutions qui&nbsp; n'existent pas au plan op&eacute;rationnel, confront&eacute;es &agrave; un danger plus qu'hypoth&eacute;tique. Le projet a par contre l'avantage de ramener sous la baguette am&eacute;ricaine certains membres de l'Otan qui pouvaient, telle la France, &ecirc;tre tent&eacute;s par l'id&eacute;e d'une d&eacute;fense europ&eacute;enne <br /> <br /> <br /> </p> Fri, 29 Jun 2007 23:00:00 GMT Evolution des dépenses militaires mondiales http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=142 142 <br /><p><em>Source Le Monde, 20 juin, p. 24.</em> D'apr&egrave;s les &eacute;tudes convergentes de divers Instituts de recherche, le niveau des d&eacute;penses militaires mondiales a d&eacute;pass&eacute; en 2006, avec 1.204 milliards de dollars, celui le plus &eacute;lev&eacute; atteint durant la guerre froide. La progression a &eacute;t&eacute; de 37% depuis 10 ans. La somme atteinte correspond &agrave; 2,5% du PIB mondial soit 184 dollars par habitant. Les effectifs militaires et paramilitaires ont d&eacute;pass&eacute; les 31 millions d'hommes. <br /> <br /> Les principales d&eacute;penses se r&eacute;partissent de la fa&ccedil;on suivante: Etats-Unis 489 milliards (soit 47% du total mondial), Europe de l'Ouest 220, Europe de l'Est (incluant la Russie) 23; Proche Orient 63, Asie du Sud (incluant l'Inde) 25, Asie de l'Est, incluant la Chine et les Cor&eacute;es 120, Am&eacute;rique du sud 21, Nations Unies 4. On consid&egrave;re que les d&eacute;penses russes, indiennes et chinoises sont sous-estim&eacute;es de 50%. Dans l'&eacute;tat pr&eacute;visible de l'&eacute;volution des relations internationales, la hausse des d&eacute;penses militaires, sans nouvelle guerre d'ampleur, se poursuivra. Les Europ&eacute;ens seront peut-&ecirc;tre surpris de l'importance de leurs budgets militaires, la France suivie de la Grande Bretagne tenant la t&ecirc;te. <br /> <br /> Par comparaison, l'aide globale au d&eacute;veloppement est de 106 milliards. On sait &eacute;galement que plus d'1,5 milliards d'humains vivent avec un revenu annuel ne d&eacute;passant pas 350 dollars. <br /> <br /> </p> Fri, 29 Jun 2007 23:00:00 GMT La tentation de la politique du pire http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=134 134 <img src="http://www.pan-europe.org/v2/repimg/00104_Hermes_900_2.jpg" align="left" alt="photo" title="" border="0" /><br /><div align="justify"><br /> La brillante analyste politique canadienne Naomi Klein explique dans l'article cit&eacute; en note pourquoi l'Etat d'Isra&euml;l, apparemment assi&eacute;g&eacute; de toutes parts et engag&eacute; dans de ruineux programmes de d&eacute;fense, demeure un des centres nerveux mondiaux les plus dynamiques pour les industries de la haute technologie de s&eacute;curit&eacute; et de d&eacute;fense. Ses exportations en ce domaine, notamment vers les Etats-Unis, semblent couvrir largement ses importations. Isra&euml;l est ainsi devenu le 4e exportateur d'armes au monde, d&eacute;passant la Grande Bretagne. <br /> <br /> C'est que, selon Naomi Klein, une grande part des innovations qui int&eacute;ressent le march&eacute; mondial en pleine expansion de la s&eacute;curit&eacute; &quot;muscl&eacute;e&quot; semble provenir d'Isra&euml;l. Le gouvernement et les milieux &eacute;conomiques ont compris qu'ils devaient jouer &agrave; fond la carte de la protection contre un terrorisme et une guerre de 4e g&eacute;n&eacute;ration pr&eacute;sent&eacute;s comme devant s'&eacute;tendre au monde entier. Exploitant &agrave; fond le facteur peur (The fear factor), Isra&euml;l est en train de proposer &agrave; toutes les d&eacute;mocraties inqui&egrave;tes de leur avenir face &agrave; une ins&eacute;curit&eacute; pr&eacute;sent&eacute;e comme grandissante les outils technologiques qu'elle a d&eacute;velopp&eacute;s depuis une dizaine d'ann&eacute;es pour sa propre d&eacute;fense. <br /> <br /> Inutile de dire que ce nouveau filon politico-&eacute;conomique, exploit&eacute; &agrave; fond par Isra&euml;l tout entier, convient parfaitement aux faucons am&eacute;ricains et aux lobbies militaro-industriels de ce pays. Ceux-ci cherchent depuis longtemps &agrave; engager le monde occidental dans une guerre sans fin contre la terreur, guerre dont ils fourniront, en coop&eacute;ration avec Isra&euml;l, les armes et les recettes de management. A eux les mat&eacute;riels lourds, &agrave; Isra&euml;l les outils plus sophistiqu&eacute;s de la pr&eacute;vention et du renseignement. <br /> <br /> D&egrave;s le 11 septembre, ayant per&ccedil;u les nouvelles opportunit&eacute;s qu'offrait le terrorisme, les milieux &eacute;conomiques isra&eacute;liens ont compris qu'ils pouvaient s'appuyer sur le chaos grandissant que les entourait et sur leur propre exp&eacute;rience de forteresse de plus en plus assi&eacute;g&eacute;e pour devenir, selon l'expression de Naomi Klein, un salon permanent des technologies dite de &quot;homeland security'&quot;. Aujourd'hui, ses produits cl&eacute;s dont les recettes &agrave; l'exportation s'accroissent annuellement de 20% et d&eacute;passent le milliard de dollars, sont les barri&egrave;res et murs de protection &laquo;&nbsp;intelligents&nbsp;&raquo;, les drones (<font face="Times New Roman">voir ci-dessus: image du Hermes 900 de Elbit</font>), les syst&egrave;mes d'identification biom&eacute;triques, les syst&egrave;mes de vid&eacute;o et audio surveillance, les logiciels de &laquo;&nbsp;profiling&nbsp;&raquo; des passagers, les technologies d'interrogatoire des prisonniers, syst&eacute;matiquement utilis&eacute;s par Isra&euml;l dans son bouclage des territoires occup&eacute;s. L'universit&eacute; Ben Gourion, qui est &agrave; la pointe de ces recherches, s'enorgueillit de proposer des produits tels qu'une &laquo;&nbsp;<em>Innovative Covariance Matrix for Point Target Detection in Hyperspectral Images</em>&nbsp;&raquo; ou des &laquo;<em> Algorithms for Obstacle Detection and Avoidance </em>&raquo;. <br /> <br /> Aussi bien, pour tous ceux qui, en Isra&euml;l comme aux Etats-Unis, vivent de ce filon extraordinaire, l'accroissement du chaos &agrave; Gaza et dans les territoires occup&eacute;s constitue un moteur qu'il ne faut absolument pas stopper. Par la force des choses, il s'&eacute;tablit de facto une politique du pire, consid&eacute;r&eacute;e comme profitable et &agrave; encourager. Elle justifie la vision d'un monde o&ugrave; seules les quelques &eacute;lites ayant su s'entourer de fronti&egrave;res infranchissables pourront survivre alors que tout autour d'eux sombrera dans l'anarchie, la violence et la mort. Plus le monde r&eacute;el ressemblera &agrave; ce mod&egrave;le, plus les affaires seront prosp&egrave;res. <br /> <br /> <strong>La politique du pire con&ccedil;u comme r&egrave;gle de survie<br /> </strong><br /> Des observateurs na&iuml;fs s'interrogent sur les raisons certainement aussi obscures que morbides qui poussent un certain nombre de dirigeants dans des pays en conflit comme Isra&euml;l ou les Etats-Unis &agrave; pratiquer une infatigable politique du pire. Toutes les occasions pouvant conduire &agrave; des n&eacute;gociations et &agrave; un recul dans les affrontements sont syst&eacute;matiquement refus&eacute;es. Des provocations permanentes accroissent au contraire les tensions, transformant un opposant raisonnable en adversaire enrag&eacute;. Ces m&ecirc;mes observateurs na&iuml;fs soup&ccedil;onnent un go&ucirc;t n&eacute;vrotique pour la catastrophe, une recherche syst&eacute;matique du chaos final. Ils attribuent cela soit &agrave; des perversions mentales toujours pr&ecirc;tes &agrave; rena&icirc;tre dans les soci&eacute;t&eacute;s humaines, soit &agrave; la recherche mystique de l'Armagedon o&ugrave; le Christ ressuscit&eacute; reconna&icirc;tra les siens - soit plus prosa&iuml;quement &agrave; la survivance du concept trotskyste du chaos cr&eacute;ateur. Les exc&egrave;s d'un adversaire conduisant in&eacute;vitablement au renforcement des exc&egrave;s de l'autre, la politique du pire s'autogen&egrave;re en permanence. <br /> <br /> Il est certain qu'il convient de se demander quelles causes profondes, depuis quelques ann&eacute;es, poussent en parall&egrave;le Isra&euml;l et les Etats-Unis &agrave; s'engager dans des voies dont r&eacute;sulteront in&eacute;vitablement la destruction totale du premier et l'affaiblissement durable des seconds. Mais la raison n'est-elle pas plus prosa&iuml;que&nbsp;? Cet aveuglement mortel ne r&eacute;sulte-t-il pas simplement du fait que les contr&ocirc;les d&eacute;mocratiques ont cess&eacute; depuis longtemps de s'exercer sur les acteurs du complexe militaro-industriels dans ces deux pays. Pour ces acteurs, un profit imm&eacute;diat garanti par la politique du pire qu'ils appliquent et font appliquer compense bien le risque plus hypoth&eacute;tique d'une catastrophe finale &agrave; laquelle, de toutes fa&ccedil;ons, ils esp&egrave;rent bien pouvoir survivre gr&acirc;ce &agrave; leurs relations. <br /> <br /> <strong>L'Europe doit-elle se laisser entra&icirc;ner dans cet engrenage? <br /> </strong><br /> <div align="justify">Aujourd'hui, nul ne peut pr&eacute;voir ce que feront dans le proche avenir, tant les Etats-Unis qu'Isra&euml;l. La question qui leur est pos&eacute;e imm&eacute;diatement concerne l'attitude qu'ils adopteront vis-&agrave;-vis de l'Iran. Celle-ci, tr&egrave;s probablement, joue aussi pour sa part la politique du pire. Autrement dit, elle poursuivra son programme de nucl&eacute;arisation de ses vecteurs balistiques et continuera &agrave; menacer de s'en servir dans quelques ann&eacute;es, aussi bien contre Isra&euml;l que contre les Etats sunnites voisins, voire les Etats europ&eacute;ens. On peut craindre que s'il reste orient&eacute; tel qu'il l'est actuellement, le gouvernement de T&eacute;h&eacute;ran ne redoute pas, voire souhaite une attaque atomique pr&eacute;ventive venant d'Isra&euml;l ou des Etats-Unis. Cette attaque serait certes terriblement d&eacute;vastatrice mais ne ruinera pas l'Iran qui est un grand pays. Elle inaugurerait un tel chaos que les Iraniens pourraient esp&eacute;rer en profiter pour affirmer leur pr&eacute;dominance dans la r&eacute;gion. Mais il ne semble pas qu'ils soient pas les seuls aujourd'hui &agrave; souhaiter une attaque contre eux. Al-Quaida, pour des raisons diff&eacute;rentes, n'y verrait que des avantages. L'organisation terroriste profiterait elle aussi, et mieux sans doute que l'Iran, du bouleversement r&eacute;gional voir mondial qui s'en suivrait. <br /> <br /> Isra&euml;l et l'Am&eacute;rique sont donc devant un choix imm&eacute;diat crucial&nbsp;: jouer de toutes leurs forces la d&eacute;tente et la n&eacute;gociation, pour isoler l'Iran et pacifier les foyers de guerre civile qui se multiplient, ou pousser au pire de leur c&ocirc;t&eacute;, notamment en proc&eacute;dant &agrave; une frappe pr&eacute;ventive contre l'Iran. Compte tenu des &eacute;l&eacute;ments &eacute;voqu&eacute;s dans la premi&egrave;re partie de cet article, on peut craindre qu'ils ne choisissent cette derni&egrave;re solution.<br /> </div> </div> <div align="justify"><br /> La situation actuelle, avec les risques majeurs qui se profilent, pose une nouvelle fois la question du r&ocirc;le de l'Europe. Celle-ci pourrait jouer un r&ocirc;le dans une n&eacute;gociation globale, mais il ne faudrait pas qu'elle se laisse entra&icirc;ner par les Etats-Unis et Isra&euml;l dans la radicalisation du conflit. Or c'est bien ce qu'elle semble en passe de faire. Il est de mauvais augure de voir que les Europ&eacute;ens, par la voix unanime des pays membres de l'Otan, semblent finalement accepter l'installation de la base am&eacute;ricaine de missile anti-balistique en Pologne et en Tch&eacute;quie, laquelle est explicitement dirig&eacute;e contre l'Iran sinon contre la Russie. Ils paraissent donc eux aussi faire de l'Iran l'ennemi principal, ce qui ne contribuera pas &agrave; faciliter leur r&ocirc;le de m&eacute;diation au Moyen-Orient. <br /> <br /> Autant nous sommes partisans de la d&eacute;fense &eacute;conomique et militaire europ&eacute;enne, si elle concourre &agrave; l'ind&eacute;pendance et &agrave; la souverainet&eacute; de l'Europe, autant nous ne voudrions pas voir celle-ci devenir une base avanc&eacute;e am&eacute;ricaine dans de futurs guerres avec le reste du monde. <br /> <br /> Note<br /> Naomi Klein, n&eacute;e en 1970, est l'auteur de plusieurs ouvrages: No Logo: Taking Aim at the Brand Bullies (Picador)&nbsp;; , Fences and Windows: Dispatches From the Front Lines of the Globalization Debate (Picador). Son prohain ouvrage, The Shock Doctrine: The Rise of Disaster Capitalism abordant parmi d'autres le th&eacute;me &eacute;voqu&eacute; ici, para&icirc;tra prochainement.<br /> </div> <p><br /> <br /> </p> Fri, 29 Jun 2007 23:00:00 GMT Sur la souveraineté technologique. Le cas du Rafale http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=145 145 <br /><p><strong>Question</strong><br /> L'avion Rafale est encore un exemple de souverainet&eacute; mal plac&eacute;e. En voici la description sous wikipedia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Dassault_Rafale.&nbsp; Malheureusement, dans cet article, rien n'est dit sur la prouesse qui a conduit la France &agrave; se lancer seule dans cette aventure. Pour r&eacute;sumer, l'avion qui a co&ucirc;t&eacute; une fortune, et donc a lourdement handicap&eacute; le budget de l'arm&eacute;e fran&ccedil;aise (rallonge des porte-avions et retard sur tous les autres programmes), s'av&egrave;re une vieillerie d&egrave;s sa mise en circulation et est invendable.<br /> <br /> <strong> R&eacute;ponse</strong><br /> de JP. Baquiast<br /> <br /> Sur le Rafale et plus g&eacute;n&eacute;ralement les technologies fran&ccedil;aises, je crois qu'il faut &eacute;viter les jugements sommaires, r&eacute;pandus par la concurrence anglo-saxonne et r&eacute;p&eacute;t&eacute;es de fa&ccedil;on m&eacute;canique par les atlantistes europ&eacute;ens. Sans &ecirc;tre corrompu par Dassault, je crois que l'on peut rappeler ceci:<br /> <br /> 1. Question prix. 1.1. Le co&ucirc;t de d&eacute;veloppement de l'avion ne peut &ecirc;tre compar&eacute; &agrave; aucun autre, car les constructeurs &eacute;trangers ne communiquent pas &agrave; ce sujet et surtout ne comptabilisent pas les aides directes et indirectes qu'ils re&ccedil;oivent de leurs gouvernements. Il en est de m&ecirc;me d'ailleurs pour l'aviation civile. 2.2. Le Rafale est plut&ocirc;t &eacute;conomique &agrave; la vente. Selon Defense A&eacute;rospace.com, cit&eacute; par Dedefensa.org, notre correspondant sp&eacute;cialiste de l'a&eacute;ronautique, le Rafale s'impose ais&eacute;ment comme le moins co&ucirc;teux avec le JAS 39 Gripen (l'avantage de l'avion fran&ccedil;ais &eacute;tant d&eacute;multipli&eacute; par ses capacit&eacute;s et sa puissance tr&egrave;s sup&eacute;rieures &agrave; celles de l'avion su&eacute;dois), &mdash; $62,1 et $68,9 millions respectivement pour le Rafale et le Gripen. Le reste se situe dans une autre cat&eacute;gorie de prix, on dirait la &ldquo;cat&eacute;gorie anglo-saxonne&rdquo; et assimil&eacute;e&nbsp;: des $78,4 millions du F/A-18E aux $177 millions du F-22 (avec en interm&eacute;diaire&nbsp;: $108,2 millions pour le F-15E, $115 millions pour le JSF et $118,2 millions pour l'Eurofighter Typhoon). <br /> 2. Question performances, le Rafale est versatile et l&eacute;ger, contrairement &agrave; l'Eurofighter et les am&eacute;ricains tels le F.15 ou le F.A 22 Raptor qui sont de l'avis des aviateurs &quot;<em>clumsy</em>&quot;. C'est un avion de ce genre qui s'impose dans les guerres de 4e g&eacute;n&eacute;ration. On sait que l'US Air Force s'est plainte de l'inad&eacute;quation de ses avions en Irak, suite &agrave; des plaintes de l'infanterie. Or il ne s'agit plus aujourd'hui de pr&eacute;parer une guerre contre les sovi&eacute;tiques.<br /> 3. Question disponibilit&eacute;, le Rafale peut &ecirc;tre fourni avec de courts d&eacute;lais, alors que l'avion mythique am&eacute;ricain JSF F 35 promis &agrave; tous les alli&eacute;s des Etats-Unis depuis 10 ans pour les d&eacute;courager d'avoir une industrie a&eacute;ronautique en propre est toujours en discussion de finalisation, avec un prix astronomiquement en hausse.<br /> 4. Mais pourquoi si le Rafale est &agrave; ce point merveilleux, personne ne l'ach&egrave;te? Parce que les pressions am&eacute;ricaines (en faveur du F35 notamment) et anglaises (en faveur de l'Eurofighter o&ugrave; British Aerospace, BAE, a une part importante) jouent &agrave; plein. Quand je dis pression, c'est corruption &agrave; tout va. On a suivi, en s'en indignant ici, la fa&ccedil;on dont le D&eacute;partement d'Etat a fait pression sur les Polonais pour les d&eacute;courager d'acheter le Rafale. Vous n'ignorez pas non plus le scandale BAE / Yamama (http://www.dedefensa.org/article.php?). Tony Blair et l'establishment britannique y sont lourdement compromis. C'est gr&acirc;ce &agrave; cette corruption d'origine britannique (les Am&eacute;ricaine s'&eacute;taient tenus &agrave; l'&eacute;cart, malgre leurs liens avec BAE) que ceux des Saoudiens qui voulaient acheter des Rafales, comme Chirac le croyait na&iuml;vement, ont finalement renonc&eacute;. <br /> 5. Last but not least: La France est aujourd'hui la seule puissance au monde disposant encore d'une a&eacute;ronautique militaire cr&eacute;dible (je ne mentionne pas la Russie ni la Su&egrave;de ni le Br&eacute;sil qui se situent &agrave; la marge). Les Am&eacute;ricains ont r&eacute;ussi &agrave; d&eacute;courager tous les autres pays. Or qui dit industrie a&eacute;ronautique de d&eacute;fense cr&eacute;dible dit aussi industrie a&eacute;ronautique et spatiale cr&eacute;dible. Voudrait-on tout abandonner aux concurrents? <br /> <br /> J'ajoute que Pan Europe France&nbsp; participera sans doute&nbsp; l'automne prochain &agrave; une journ&eacute;e organis&eacute;e en Belgique pour expliciter les arri&egrave;res plans du Joint Stike Fighter F 35, la plus grande esbrouffe politico-industrialo-militaire de ces derni&egrave;res ann&eacute;es. <br /> <br /> <br /> </p> Fri, 29 Jun 2007 23:00:00 GMT Le radar et le système Graves http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=144 144 <br /><p><br /> Dans le cadre du salon du Bourget (du 18 au 24 juin), le minist&egrave;re de la D&eacute;fense fran&ccedil;ais a pr&eacute;sent&eacute; le radar &laquo;&nbsp;Graves&nbsp;&raquo; (Grand r&eacute;seau adapt&eacute; &agrave; la veille spatiale), situ&eacute; &agrave; 40 km de Dijon. Ce syst&egrave;me, unique en Europe, est charg&eacute; de surveiller les objets en orbite basse de l'espace.<br /> <br /> Actuellement, environ 9 000 objets d'une taille sup&eacute;rieure &agrave; 10 cm, dont pr&egrave;s de 800 satellites actifs, orbitent autour de la Terre. Un bon nombre survole quotidiennement la France et l'Europe plus g&eacute;n&eacute;ralement, mena&ccedil;ant ainsi la confidentialit&eacute; et la s&eacute;curit&eacute; d'informations strat&eacute;giques et militaires, sans parler de la prolif&eacute;ration des d&eacute;bris qui seront un frein majeur dans l'utilisation de l'espace.<br /> <br /> Op&eacute;r&eacute; par le Commandement de la d&eacute;fense a&eacute;rienne et des op&eacute;rations a&eacute;riennes (CDAOA) et d&eacute;velopp&eacute; par l'Onera, &laquo;&nbsp;Graves&nbsp;&raquo; est l'unique syst&egrave;me de surveillance de l'espace en Europe. Totalement autonome, il est capable de d&eacute;tecter des objets d'une taille d'au moins un m&egrave;tre carr&eacute; &eacute;voluant une altitude comprise entre 400 et 1 000 km. Un syst&egrave;me de r&eacute;ception des donn&eacute;es est install&eacute; &agrave; une distance de 400 km sur le plateau d'Albion. Une fois l'objet identifi&eacute;, le syst&egrave;me indique o&ugrave; il se trouvera dans les jours qui suivent. Graves est t&eacute;l&eacute;surveill&eacute; et t&eacute;l&eacute;g&eacute;r&eacute; depuis la base a&eacute;rienne 102 de Dijon-Longvic. Le co&ucirc;t global du syst&egrave;me s'&eacute;l&egrave;ve &agrave; 30 millions d'&euro; pour un million d'&euro; d'entretien annuel. Compte-tenu des services rendus, il faut bien se rendre compte que cette somme est d&eacute;risoire. <br /> <br /> Depuis d&eacute;cembre 2005, &laquo;&nbsp;Graves&nbsp;&raquo; a r&eacute;pertori&eacute; et suit d&eacute;sormais plus de 2 200 objets. Tous les satellites observ&eacute;s ne sont pas n&eacute;cessairement identifi&eacute;s par la connaissance de leur origine et leur mission. 20 &agrave; 30 &quot;anomalies orbitales&quot; correspondant vraisemblablement &agrave; des satellites espions principalement am&eacute;ricains, non d&eacute;clar&eacute;s. La France ne cherche pas &agrave; pol&eacute;miquer &agrave; ce sujet avec les Etats-Unis, mais il est incontestable que l'existence de Graves change l'&eacute;quilibre strat&eacute;gique entre les deux pays, dans un domaine o&ugrave; la sup&eacute;riorit&eacute; am&eacute;ricaine &eacute;tait jusqu'alors consid&eacute;rable. L'Europe de la d&eacute;fense et de la s&eacute;curit&eacute; en b&eacute;n&eacute;ficiera &eacute;galement, selon des conditions &agrave; n&eacute;gocier. <br /> <br /> Graves permettra &agrave; l'avenir, par ailleurs, d'actualiser les trajectoires des futurs satellites du syst&egrave;me europ&eacute;en Galil&eacute;o et d'avertir les populations d'&eacute;ventuelles retomb&eacute;es de d&eacute;bris spatiaux. <br /> <br /> <br /> </p> Fri, 29 Jun 2007 23:00:00 GMT La crise des BMD http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=76 76 <br /><p>Les Etats-Unis ont une nouvelle fois fait preuve d'un sens aigu de la diplomatie dans la fa&ccedil;on dont ils ont conduit leur projet d'installation de missiles anti-missiles en Pologne et de radars de contr&ocirc;le du syst&egrave;me en R&eacute;publique Tch&egrave;que (BMD). <br /> <br /> La Russie consid&egrave;re &agrave; juste titre que ce projet est de nature &agrave; d&eacute;truire le climat de confiance relative qui, cahin-caha, s'&eacute;tait instaur&eacute; dans les relations entre ces deux grandes puissances depuis la chute du communisme et vient de suspendre l'application du trait&eacute; CFE relatif aux forces conventionnelles en Europe. Magnifique r&eacute;sultat, &agrave; vrai dire pr&eacute;visible et qui ne surprendra que des individus dou&eacute;s d'une dose de na&iuml;vet&eacute; tr&egrave;s sup&eacute;rieure &agrave; la moyenne....&nbsp;!<br /> <br /> En revanche, ce qui est pour le moins surprenant, c'est l'apathie de l'Union Europ&eacute;enne face &agrave; ce qui constitue une provocation caract&eacute;ris&eacute;e pour sa souverainet&eacute; et pour la coh&eacute;rence de sa diplomatie et de sa d&eacute;fense&nbsp;: quelques timides r&eacute;actions de la part de certains de nos partenaires, un assourdissant silence de la France toute &agrave; sa campagne pr&eacute;sidentielle, une Pr&eacute;sidence Allemande qui se d&eacute;fausse de la question sur l'Otan, et depuis la r&eacute;action Russe, une &laquo;&nbsp;tr&egrave;s grande pr&eacute;occupation, de la d&eacute;ception et des regrets...&nbsp;&raquo; de la part du Secr&eacute;taire G&eacute;n&eacute;ral de l'Otan...&nbsp;! Etonnante Europe...&nbsp;!<br /> <br /> La r&eacute;action de PanEurope est toute autre. Elle est simplement de poser la question suivante&nbsp;: Mais quand donc l'Europe se r&eacute;veillera-t-elle&nbsp;?<br /> </p> Mon, 30 Apr 2007 23:00:00 GMT L'Europe va-t-elle se décider, après les retards de Galiléo, à définir une stratégie spatiale commune http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=74 74 <br /><p>Nous ne cessons de d&eacute;noncer ici la d&eacute;sinvolture et les luttes d'int&eacute;r&ecirc;ts qui handicapent en permanence la pourtant indispensable strat&eacute;gie spatiale europ&eacute;enne. Les erreurs accumul&eacute;es sur le programme Galil&eacute;o, qui risquent de compromettre son aboutissement, en sont la preuve. <br /> <br /> L'Europe va-t-elle cependant se reprendre&nbsp;? Un &eacute;l&eacute;ment d'actualit&eacute; m&eacute;rite d'&ecirc;tre &eacute;voqu&eacute;, m&ecirc;me si une hirondelle ne fait pas le printemps. Il s'agit du rapport pr&eacute;sent&eacute; par la Commission et l'Agence spatiale europ&eacute;ennes (ESA) le 26 avril &agrave; Bruxelles. C'est le tout premier document d&eacute;finissant une politique spatiale commune, dans un domaine o&ugrave; les rivalit&eacute;s entre l'Esa et la Commission ont fait jusqu'alors beaucoup de d&eacute;g&acirc;ts. <br /> <br /> Le rapport ou, comme l'on dit, la Communication (Communication on the European Space Policy ) vise &agrave; convaincre les Etats membres de l'importance strat&eacute;gique du secteur. Il faut aussi montrer aux contribuables europ&eacute;ens que des d&eacute;penses suppl&eacute;mentaires valent la peine d'&ecirc;tre consenties pour des activit&eacute;s qui touchent d&eacute;sormais tous les domaines de l'existence. Mais &agrave; cette fin, les erreurs de Galil&eacute;o ne doivent pas &ecirc;tre r&eacute;p&eacute;t&eacute;es. <br /> <br /> <strong>Int&eacute;grer la d&eacute;fense</strong><br /> <br /> Un point important du nouveau document concerne la r&eacute;f&eacute;rence au domaine du spatial de d&eacute;fense, jusqu'ici r&eacute;serv&eacute; &agrave; ceux des Etats membres qui s'y int&eacute;ressaient en propre. Afin de mieux rentabiliser les investissements, la s&eacute;paration entre programmes civils et militaires pourrait &ecirc;tre assouplie, le &quot;partage et la mise en commun des ressources&quot; permettant&nbsp; &quot;des solutions plus rentables&quot;. La Commission et l'ESA reconnaissent &agrave; ce propos, mettant fin au non-dit qui pr&eacute;valait jusque-l&agrave; pour s'assurer de la participation des Britanniques, que des programmes tels que Galileo &quot;pourraient avoir des utilisateurs militaires&quot;.<br /> <strong><br /> Mieux coordonner les acteurs</strong><br /> <br /> Cette recherche d'efficacit&eacute; passe aussi par un renforcement de la coordination entre les acteurs du secteur. Mais le rapport ne va pas jusqu'&agrave; retenir la solution de transformer l'ESA en une agence de l'Union (au pr&eacute;texte semble-t-il que des Etats-non membres participent aussi &agrave; la direction de l'Esa). Pourtant, une telle int&eacute;gration aurait pour avantage d'unifier des r&egrave;gles de fonctionnement tr&egrave;s diff&eacute;rentes. Mais plusieurs Etats, attach&eacute;s &agrave; la logique du retour sur investissement, n'en veulent pas. La politique spatiale europ&eacute;enne se contente donc d'envisager des &quot;am&eacute;liorations&quot; de l'accord-cadre de 2004 entre l'ESA et la Commission.<br /> <br /> Des projets communs, tels que le programme GMES d'observation de la terre par satellite, serviront de laboratoires &agrave; des proc&eacute;dures unifi&eacute;es. Pour ce dernier programme, G&uuml;nter Verheugen, vice-pr&eacute;sident de la Commission, charg&eacute; des entreprises et de l'industrie, n'est pas inquiet. <em>&quot;Nous ne conna&icirc;trons pas les m&ecirc;mes difficult&eacute;s que Galileo, a-t-il d&eacute;clar&eacute; jeudi en pr&eacute;sentant la communication, parce que nous nous reposerons sur un financement public et non un sur un partenariat public-priv&eacute;.&quot; </em>Ce point est important. Il faut se persuader que les int&eacute;r&ecirc;ts commerciaux ne sont pas compatibles, sauf marginalement, avec les strat&eacute;gies spatiales des grandes puissances. <br /> <br /> <strong>Galil&eacute;o</strong><br /> <br /> M. Verheugen a par ailleurs assur&eacute; que l'Europe &quot;<em>ne pouvait pas renoncer</em>&quot; &agrave; Galileo. Son coll&egrave;gue Jacques Barrot, commissaire aux transports, doit pr&eacute;senter, le 10 mai, des propositions pour sortir le projet de l'impasse dans laquelle il se trouve. Une r&eacute;vision du partenariat public-priv&eacute; est &agrave; l'&eacute;tude. Trois sc&eacute;narios seraient envisag&eacute;s, les fonds publics prenant en charge ou 12, ou 18, ou la totalit&eacute; des 30 satellites de la constellation - contre 4 &agrave; ce jour.<br /> Au total, l'investissement &agrave; la charge des contribuables pourrait, dans l'hypoth&egrave;se haute, repr&eacute;senter environ 3,5 milliards d'euros (contre 1 milliard aujourd'hui). La Commission pourrait sugg&eacute;rer de proc&eacute;der &agrave; de nouveaux appels d'offres pour construire et lancer les satellites. &quot;Cette approche permettrait de gagner du temps pour n&eacute;gocier un contrat de concession concentr&eacute; sur l'exploitation du syst&egrave;me&quot;. Encore faudrait-il, selon nous, que la pr&eacute;f&eacute;rence europ&eacute;enne soit appliqu&eacute;e sans d&eacute;fauts dans ce domaine strat&eacute;gique essentiel. <br /> <br /> </p> Mon, 30 Apr 2007 23:00:00 GMT L'Europe s'unit contre la crise climatique et se divise sur les anti-missiles américains http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=42 42 <br /><div align="justify"><br /> Lors du Conseil europ&eacute;en du 9 mars 2007, les vingt-sept Etats membres se sont fix&eacute;s pour but de r&eacute;duire de 20% au moins en 2020 la production de gaz &agrave; effet de serre, par rapport &agrave; son niveau de 1990. L'Europe envisage d'aller jusqu'&agrave; 30%, si les autres pays industrialis&eacute;s font de m&ecirc;me. </div> <div align="justify">Parall&egrave;lement, les 27 ont d&eacute;cid&eacute; pour&nbsp;2020 de d&eacute;velopper jusqu'&agrave; 20% la part de la production des &eacute;nergies renouvelables. Paris entendait que le nucl&eacute;aire, en tant que source d'&eacute;nergie faiblement &eacute;mettrice de gaz &agrave; effet de serre, soit pris en compte dans l'attribution des objectifs nationaux de d&eacute;veloppement des &eacute;nergies renouvelables. D'autres Etats, en premier lieu l'Allemagne, l'Autriche et l'Irlande, ne voulaient pas faire entrer le nucl&eacute;aire en compte, puisqu'ils continuent &agrave; pr&eacute;tendre (contre toute vraisemblance) vouloir toujours &quot; sortir du nucl&eacute;aire &quot;. Pour satisfaire chacun, le texte final rappelle qu'il appartient &agrave; chacun des Etats membres de d&eacute;cider s'il aura ou non recours &agrave; cette forme d'&eacute;nergie. </div> <div align="justify"></div> <div align="justify">La chanceli&egrave;re Angela Merkel, qui a pilot&eacute; la signature du &quot;plan &eacute;nerg&eacute;tique&quot; adopt&eacute; par les Vingt-sept au titre de pr&eacute;sidente de l'Union, a reconnu une grande satisfaction &agrave; &quot; &ecirc;tre arriv&eacute;e aujourd'hui &agrave; des objectifs si ambitieux et cr&eacute;dibles &quot;, qui permettront &agrave; l'UE &quot; de jouer un r&ocirc;le d'avant-garde &quot; dans la lutte contre le r&eacute;chauffement. Pour le pr&eacute;sident Chirac, l'accord &quot;&nbsp;fait partie des grands moments de l'histoire &quot; de la construction europ&eacute;enne. Tout le monde parait donc satisfait - ce qui est une bonne chose en soi. La cr&eacute;ation d'un foss&eacute; entre la France et l'Allemagne sur ce sujet aurait &eacute;t&eacute; d&eacute;sastreuse. </div> <div align="justify">&nbsp;</div> <div align="justify"><strong>Ou division</strong></div> <div align="justify">&nbsp;</div> <div align="justify">Dans le m&ecirc;me temps, nous devons constater que vassaliser l'Europe, ou tout au moins la diviser,&nbsp;reste pour les Etats-Unis un objectif plus que jamais &agrave; l'ordre du jour. Washington s'appuie pour ce faire sur la complaisance d'un certain nombre de gouvernements, notamment chez les nouveaux entrants. L'affaire des missiles anti-missiles (Balistic Missiles Defense ou BMD) que les Etats-Unis tentent d'imposer&nbsp;par des accords bilat&eacute;raux n&eacute;goci&eacute;s avec la Tch&eacute;quie et la Pologne en donne la preuve (voir notre article du n&deg; 23). La visite du pr&eacute;sident tch&egrave;que Vaclav Klaus &agrave; Dick Cheyney le 9 mars le montre. Le pr&eacute;sident tch&egrave;que n'a pas eu peur d'impliquer son pays, et sans doute pensait-il l'Union europ&eacute;enne toute enti&egrave;re, dans le d&eacute;ploiement des BMD. Cheyney a f&eacute;licit&eacute; la r&eacute;publique Tch&egrave;que de son fort soutien &agrave; l'Otan et &agrave; la d&eacute;fense euro-atlantique, notamment dans la perspective de&nbsp;&quot; &nbsp;menaces croissantes venant du Moyen-Orient &quot;.&nbsp;</div> <div align="justify">&nbsp;</div> <div align="justify">L'Allemagne et la France au contraire marquent leur diff&eacute;rence. La Chanceli&egrave;re Angela Merkel a dit qu'elle comprenait fort bien l'inqui&eacute;tude du pr&eacute;sident Poutine. Elle l'a d'ailleurs&nbsp;re&ccedil;u &agrave; Berlin le 15 mars. Elle s'est rendue le lendemain en Pologne. Elle insiste, au nom de l'Union qu'elle pr&eacute;side, pour que l'Otan se saisisse de la question des BMD. Ceci dans un premier temps emp&ecirc;chera la conclusion d'accords bilat&eacute;raux entre certains Etats membres et les Etats-Unis. Dans un second temps, on aboutira peut-&ecirc;tre &agrave; l'enterrement du projet, car l'Otan oblig&eacute;e de se prononcer &agrave; l'unanimit&eacute; de ses membres, ne pourra pas l'accepter. Le pr&eacute;sident Chirac au sommet de Bruxelles le 9 a exprim&eacute; un point de vue proche de celui de la Chanceli&egrave;re. Il a pr&eacute;venu que le projet am&eacute;ricain d'installer un syst&egrave;me de d&eacute;fense anti-missiles en Europe pourrait couper le continent en deux et relancer la guerre froide. L'Europe, a-t-il dit, doit prendre en consid&eacute;ration l'inqui&eacute;tude russe. <br /> <br /> Nous ne pouvons ici que nous f&eacute;liciter de voir l'Allemagne et la France confirmer leur vision commune sur la n&eacute;cessit&eacute; de s'affranchir d'une tutelle irresponsable de Washington et de m&eacute;nager les possibilit&eacute;s de coop&eacute;ration avec la Russie. De bonnes relations avec ce grand pays compteront autant pour l'avenir de l'Europe qu'un r&ocirc;le de&nbsp;servante de l'Am&eacute;rique.<br /> <br /> Quant &agrave; savoir si l'accord sur les GES est plus ou moins important pour l'avenir de l'Europe que le d&eacute;saccord sur les BMD, nous n'avons aucun doute. L'accord pr&eacute;figure&nbsp;un prochain demi-si&egrave;cle d'efforts europ&eacute;ens communs pour ma&icirc;triser une crise climatique et environnementale d'une ampleur exceptionnelle. Le d&eacute;saccord sur les missiles ne durera que le temps pendant lequel l'Am&eacute;rique sera encore assez puissante pour imposer ses strat&eacute;gies &agrave; certains pays europ&eacute;ens traumatis&eacute;s par la guerre froide...c'est-&agrave;-dire quelques ann&eacute;es au mieux.<br /> </div> Sat, 31 Mar 2007 23:00:00 GMT L'Europe est en train de ruiner les espoirs mis dans le projet Galiléo http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=56 56 <br /><div align="justify"></div> <p>Ces mauvais g&eacute;nies sont d'abord les industriels associ&eacute;s dans le projet&nbsp;&nbsp;:&nbsp;l'europ&eacute;en EADS, les fran&ccedil;ais Thales et Alcatel, l'italien Finmeccanica, les espagnols Aena et Hispasat, le britannique Inmarsat et l'allemand TeleOp. Soucieux de maximiser leurs profits en minimisant les risques, ils se sont affront&eacute;s pour former le consortium priv&eacute; qui devait pr&eacute;senter une structure d'exploitation commune dot&eacute;e d'un directeur g&eacute;n&eacute;ral.<br /> <br /> Mais les mauvais g&eacute;nies sont aussi les pilotes institutionnels charg&eacute;s de repr&eacute;senter les int&eacute;r&ecirc;ts publics dans le projet. Au nom de la logique du &quot;juste retour, ils veulent capter &agrave; leur profit les retomb&eacute;es initialement esp&eacute;r&eacute;es du programme. <br /> <br /> Moins visible, on peut placer aussi parmi les mauvais g&eacute;nies la rivalit&eacute; dans la ma&icirc;trise d'ouvrage g&eacute;n&eacute;rale du projet qui s'est &eacute;tablie entre l'Agence spatiale europ&eacute;enne et la Commission, chacune apportant une part&nbsp;du financement public et se jugeant la mieux plac&eacute;e pour arbitrer entre les int&eacute;r&ecirc;ts et assurer un pilotage d'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral. L'exp&eacute;rience montre en fait que l'une et l'autre, manquant du soutien des Etats-membres, n'ont pas pu montrer&nbsp;l'autorit&eacute; n&eacute;cessaire.&nbsp;</p> <p>Nous sommes de ceux qui avaient d&eacute;fendu&nbsp;l'argument selon lequel un tel syst&egrave;me ne devait pas &ecirc;tre&nbsp;pr&eacute;sent&eacute; comme une affaire commerciale, susceptible d'attirer les investisseurs priv&eacute;s. Galil&eacute;o devait &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;, &agrave; l'instar de son pr&eacute;d&eacute;cesseur GPS pour les Etats-Unis, comme un syst&egrave;me indispensable &agrave; l'autonomie et &agrave; la puissance europ&eacute;enne, tant sur le plan civil que militaire. Le projet aurait donc du &ecirc;tre&nbsp;financ&eacute; et soutenu par les Etats, eux-m&ecirc;mes convaincus de la n&eacute;cessit&eacute; d'en faire une technologie de souverainet&eacute; pour une Europe puissance. La France et peut-&ecirc;tre d'autres partenaires avaient mollement soutenu ce point de vue, en d&eacute;fendant notamment le droit pour les Europ&eacute;ens de donner &agrave; Galil&eacute;o des versions militaires. Mais la Grande-Bretagne, t&eacute;l&eacute;guid&eacute;e par les Etats-Unis, s'y &eacute;taient oppos&eacute;e et les autres membres n'avaient pas relev&eacute; le d&eacute;fi.</p> <p>Aujourd'hui, face au d&eacute;sastre annonc&eacute;, les Etats, la Commission et l'Esa semblent se reprendre. Les ministres des Transports des 27 ont dans une r&eacute;union d'urgence tenue le 22 mars, fix&eacute;&nbsp; un ultimatum aux huit industriels europ&eacute;ens travaillant sur le futur syst&egrave;me europ&eacute;en de navigation par satellite Galileo pour tenir une partie de leurs engagements. Ils doivent pr&eacute;senter la structure commune le 10 mai.<br /> <br /> ********<br /> &nbsp;En fait, une grande partie du mal para&icirc;t difficilement r&eacute;cup&eacute;rable, vue la d&eacute;faveur actuelle o&ugrave; se trouve l'id&eacute;e europ&eacute;enne elle-m&ecirc;me. Galil&eacute;o, d&eacute;j&agrave; peu cr&eacute;dible aux yeux des opinions publics et des gouvernements europ&eacute;ens, risque de sombrer dans l'indiff&eacute;rence. Qu'attendre d'un syst&egrave;me qui ne sera pas op&eacute;rationnel avant des ann&eacute;es, alors que le GPS se modernise et multiplie les services offerts&nbsp;?</p> <p>Les grands gagnants de la d&eacute;mission europ&eacute;enne sont (sans mentionner les Chinois et les Russes) les Am&eacute;ricains, et plus particuli&egrave;rement l'administration f&eacute;d&eacute;rale qui a toujours appuy&eacute; budg&eacute;tairement et diplomatiquement le d&eacute;veloppement du GPS. Elle n'a pas manqu&eacute; non plus de multiplier les man&oelig;uvres en sous main aupr&egrave;s non seulement de la Grande Bretagne mais de tous les Etats membres, pour d&eacute;consid&eacute;rer Galil&eacute;o. Elle n'a eu de cesse en effet, soit de le pr&eacute;senter comme dangereux pour l'alliance atlantique, soit de le ridiculiser en en faisant le cri d&eacute;risoire d'un pr&eacute;tendu coq gaulois aussi pr&eacute;tentieux qu'impuissant.<br /> <br /> Nous estimons pour notre part que ceux qui ont encourag&eacute; ces man&oelig;uvres et qui continuent &agrave; le faire s'inscrivent dans l'immense arm&eacute;e, jamais en mal de recrues, des saboteurs de l'Europe. Il faudra s'en souvenir.<br /> </p> Sat, 31 Mar 2007 23:00:00 GMT Europe de la Défense et Défense de l'Europe http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=49 49 <br /><p>On pourrait avoir deux visions distinctes de la d&eacute;fense collective Europ&eacute;enne, &agrave; laquelle aspirent tous les europ&eacute;ens, face aux dangers multiformes qui caract&eacute;risent le monde actuel:<br /> <br /> - L'une, Euro-Atlantique, reposant sur l'OTAN dans laquelle les Etats-Unis jouent un r&ocirc;le pr&eacute;pond&eacute;rant et qui constitue une sorte de protectorat militaire am&eacute;ricain, en fait de moins en moins s&ucirc;r compte tenu du basculement vers le Moyen-Orient et vers l'Asie des grands d&eacute;s&eacute;quilibres g&eacute;ostrat&eacute;giques.<br /> <br /> - L'autre, Euro-Europ&eacute;enne, autosuffisante, reposant sur les seuls Europ&eacute;ens, non pas en opposition &agrave; l'OTAN, mais compl&eacute;mentaire et disposant d'une autonomie de d&eacute;cision et de moyens pour les cas o&ugrave; les int&eacute;r&ecirc;ts et la vision politique de l'Union Europ&eacute;enne ne co&iuml;ncideraient pas avec ceux et celle des Etats-Unis.<br /> <br /> Il semble pour le moins contradictoire de souhaiter une Europe souveraine, capable de ma&icirc;triser les technologies indispensables pour peser sur l'&eacute;volution du monde et de jouer un r&ocirc;le d&eacute;terminant dans l'&eacute;quilibre g&eacute;opolitique, g&eacute;ostrat&eacute;gique et &eacute;conomique de la plan&egrave;te, si le continent Europ&eacute;en reste tributaire pour sa propre D&eacute;fense de la d&eacute;cision et des moyens militaires d'une tierce puissance, c'est-&agrave;-dire l'Am&eacute;rique, f&ucirc;t-elle alli&eacute;e et profond&eacute;ment amie des Etats membres de l'Union.<br /> <br /> <em>Pour lire l'article complet, suivez le lien ci-dessous</em></p> Sat, 31 Mar 2007 23:00:00 GMT Domination américaine dans les véhicules de combat automatique . Retombées dans le domaine civil http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=54 54 <br /><div>&nbsp;</div> <div align="justify">Pour&nbsp;2015, le d&eacute;partement am&eacute;ricain de la d&eacute;fense (DOD) pr&eacute;voit qu'un tiers de ses forces combattantes seront compos&eacute;es de robots. Ceux-ci feront partie du projet FCS ou Future Combat Systems, qui, avec 127 milliards de dollars, est le plus grand programme technologique jamais d&eacute;cid&eacute; dans l'histoire am&eacute;ricaine. </div> <div align="justify">D&egrave;s maintenant l'arm&eacute;e am&eacute;ricaine dispose de 20 syst&egrave;mes de combat terrestres et a&eacute;riens&nbsp;t&eacute;l&eacute;command&eacute;s ou automatiques (unmanned ground and air vehicles). Ceux-ci sont d&eacute;velopp&eacute;s dans le cadre du Joint Robotics Program Master Plan&nbsp;dot&eacute; de 13 milliards de dollars.&nbsp;Plus de 2.500 de ces mat&eacute;riels sont en service sur divers terrains d'affrontements. En 2035, le DOD pourra aligner des robots-soldats compl&egrave;tement autonomes. <br /> <br /> </div> <div align="justify">32 pays sont r&eacute;put&eacute;s financer de telles &eacute;tudes, avec des moyens &eacute;videmment bien moins importants. Les Britanniques sont les plus engag&eacute;s. La firme de d&eacute;fense et de s&eacute;curit&eacute; Qinetiq (QinetiQ North America) dispose de nombreux contrats, lui ayant par exemple permis de d&eacute;velopper le robot Talon &agrave; partir de sa filiale am&eacute;ricaine Foster-Miller. <br /> <br /> </div> <div align="justify">L'emploi de ces mat&eacute;riels sur le champ de bataille ou dans la lutte contre des manifestants civils pose de nombreuses questions, qui font l'objet de d&eacute;bats, au moins aux Etats-Unis. La premi&egrave;re interrogation porte sur leur fiabilit&eacute; et plus particuli&egrave;rement, la possibilit&eacute; qu'ils se trompent de cibles en atteignant les forces amies. Rien n'exclut non plus qu'ils soient incapacit&eacute;s par des techniques m&ecirc;me rustiques de brouillage ou d&eacute;tourn&eacute;s par des intrusions &eacute;lectroniques. <br /> <br /> </div> <div align="justify">Sur un plan plus g&eacute;n&eacute;ral, ces programmes d&eacute;montrent une nouvelle fois ce que nous avons plusieurs fois signal&eacute;. Les progr&egrave;s dans la robotique autonome d&eacute;coulent principalement des&nbsp;investissements militaires eux-m&ecirc;mes couverts par le secret d&eacute;fense. Les sommes d'ailleurs importantes consacr&eacute;es par les entreprises japonaises pour d&eacute;velopper des robots dits de compagnie ne peuvent &ecirc;tre compar&eacute;es aux cr&eacute;dits militaires. Mais que feront les firmes &ndash; essentiellement am&eacute;ricaines &ndash; b&eacute;n&eacute;ficiant des financements des Arm&eacute;es&nbsp;? Les r&eacute;introduiront dans des syst&egrave;mes civils vendus sur le march&eacute; mondial&nbsp;? Dans ce cas, elles b&eacute;n&eacute;ficieront d'avantages comp&eacute;titifs consid&eacute;rables. Ce m&eacute;canisme est bien connu dans l'a&eacute;ronautique, o&ugrave; il favorise notamment Boeing. Demain, le march&eacute; des robots autonomes sera devenu lui aussi tr&egrave;s important et concurrentiel. On peut&nbsp;pr&eacute;voir que les soci&eacute;t&eacute;s ayant travaill&eacute; pour la d&eacute;fense am&eacute;ricaine le domineront facilement. </div> Sat, 31 Mar 2007 23:00:00 GMT Banque mondiale, Wolfowitz, bombes à sous munitions http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=50 50 <br /><p>Tous les &eacute;chos qui parviennent de la Banque Mondiale confirment le r&ocirc;le d&eacute;l&eacute;t&egrave;re qui joue son pr&eacute;sident, Paul Wolfowitz et les &eacute;quipes complaisantes qu'il y a introduites. Non seulement Wolfowitz n'a rien perdu de son militantisme n&eacute;oconservateur au service de la diplomatie am&eacute;ricaniste la plus engag&eacute;e, mais il a pouss&eacute; au d&eacute;part tous les cadres qui pouvaient maintenir un minimum de multipolarit&eacute; dans les interventions de la Banque. Celle-ci demande pourtant &agrave; ses membres plus de 25 milliards de dollars pour les trois prochaines ann&eacute;es. Il faudrait selon nous y regarder &agrave; deux fois avant de souscrire. </p> <p>Signalons, mais ceci n'a aucun lien avec cela (du moins en apparence) que les Etats-Unis avaient rejett&eacute; le 23 f&eacute;vrier la d&eacute;claration d'Oslo adopt&eacute;e ce m&ecirc;me jour pour interdire les bombes &agrave; sous-munitions dites aussi &agrave; fragmentation, particuli&egrave;rement dangereuses pour les populations civiles - y compris pour les d&eacute;mineurs qui comme ceux de la force d'interposition s'efforcent actuellement d'en purger le Liban. Paris et Londres au contraire, &agrave; Oslo,&nbsp; avaient modifi&eacute; leur point de vue, traditionnellement favorable, et s'&eacute;taient prononc&eacute;s contre ces armes.</p> Sat, 31 Mar 2007 23:00:00 GMT Replacer Airbus dans la compétition pour les technologies de puissance http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=34 34 <br /><p><span style="COLOR: rgb(34,34,34)">Appelons technologies de puissance celles qui sont n&eacute;cessaires &agrave; une nation ou un groupe de nations pour exister de fa&ccedil;on ind&eacute;pendante dans un monde marqu&eacute; par la comp&eacute;tition pour le pouvoir global. Ce monde est encore aujourd'hui unipolaire, c'est-&agrave;-dire domin&eacute; par la superpuissance am&eacute;ricaine. D'autres empires se pr&eacute;parent pour lui disputer cette domination&nbsp;: la Chine, l'Inde. Dans la&nbsp;meilleure des hypoth&egrave;ses, on aboutira &agrave; un monde multipolaire, o&ugrave; la puissance sera mieux r&eacute;partie, mais o&ugrave; la comp&eacute;tition ne sera pas diminu&eacute;e. Les industries a&eacute;rospatiales sont au premier rang des technologies de puissance, sous leur aspect civil comme militaire. Elles participent donc en premier chef &agrave; la course pour la puissance.<br /> <br /> </span><span style="COLOR: rgb(34,34,34)"><strong>Airbus et Boeing font partie des technologies de puissance<br /> </strong></span><br /> <span style="COLOR: rgb(34,34,34)">L'Europe veut-elle figurer en tant que puissance dans le monde multipolaire qui se met en place&nbsp;? Si oui, elle doit d&eacute;velopper l'&eacute;ventail des technologies de puissance n&eacute;cessaires, en mobilisant les ressources des grandes nations en ayant la capacit&eacute;. Pour cela, elle doit prot&eacute;ger et aider &agrave; se d&eacute;velopper les industries a&eacute;rospatiales dont elle dispose, au premier rang desquelles se trouve Airbus. C'est bien ce que font les Etats-Unis en ce qui les concerne quand il s'agit de Boeing. Pr&eacute;tendre que Boeing affronte Airbus sur le march&eacute; international du transport a&eacute;rien dans un combat loyal entre entreprises capitalistes ne disposant d'aucun appui de la superpuissance am&eacute;ricaine serait faux. L'Etat f&eacute;d&eacute;ral dispose de nombreux moyens pour aider les entreprises strat&eacute;giques. M&ecirc;me lorsque les actionnaires rel&egrave;vent du secteur priv&eacute;, ils sont anim&eacute;s d'une volont&eacute; de patriotisme qui en fait de bons soldats de la lutte pour la domination globale. Les difficult&eacute;s r&eacute;centes de Boeing, dues en grande partie &agrave; la mauvaise gestion, ont &eacute;t&eacute; tr&egrave;s vite effac&eacute;es par une mobilisation g&eacute;n&eacute;rale de toute la nation am&eacute;ricaine. Cette mobilisation s'exerce aussi quand il s'agit de combattre Airbus et sa maison m&egrave;re EADS sur les march&eacute;s int&eacute;rieurs et ext&eacute;rieurs. </span></p> <p><span style="COLOR: rgb(34,34,34)">Les difficult&eacute;s actuelles d'Airbus tiennent en grande partie &agrave; ce que ni les Etats participant de pr&egrave;s ou de loin &agrave; son capital, ni l'Union europ&eacute;enne, n'ont voulu admettre officiellement et pleinement&nbsp;la dimension strat&eacute;gique, c'est-&agrave;-dire vitale, de cette entreprise. Dimension strat&eacute;gique signifie primaut&eacute; des int&eacute;r&ecirc;ts et de la volont&eacute; des Etats. En effet, laisser jouer les int&eacute;r&ecirc;ts priv&eacute;s, c'est-&agrave;-dire ceux des actionnaires, soumet l'entreprise &agrave; une course au profit imm&eacute;diat emp&ecirc;chant tout investissement humain et mat&eacute;riel durable. Or les Etats europ&eacute;ens impliqu&eacute;s dans Airbus ont tent&eacute; de jouer sur les deux tableaux, en participant aux capitaux et &agrave; la gestion de l'entreprise, tout en laissant un pouvoir important sinon pr&eacute;dominant aux actionnaires. <br /> <br /> <strong>Dans le cas d'Airbus s'ajoute une dimension diplomatique</strong><br /> <br /> L'implication des Etats, France et Allemagne principalement, dans Airbus s'est traduite par des d&eacute;cisions paraissant aberrantes au plan industriel mais tr&egrave;s fond&eacute;es au plan diplomatique: mettre en place une co-direction franco-allemande devant &ecirc;tre exemplaire pour la construction europ&eacute;enne. Cette co-direction impose des contraintes justifi&eacute;es, sans doute co&ucirc;teuses en termes comptables&nbsp;: partage de la gouvernance, des sites industriels et des comp&eacute;tences comme aussi partage des sacrifices n&eacute;cessaires. Elle se fait in&eacute;vitablement dans un esprit de comp&eacute;tition franco-allemand (Chacun &quot; <em>marquant l'autre &agrave; la culotte </em>&quot; , selon l'expression d'un ancien cadre sup&eacute;rieur). Faut-il pour autant y renoncer&nbsp;? Evidemment non, ce serait la fin de toutes perspectives de coop&eacute;ration strat&eacute;gique entre les Etats europ&eacute;ens. C'est ce qu'on voulu r&eacute;affirmer, semble-t-il, la chanceli&egrave;re Merkel et le pr&eacute;sident Chirac&nbsp;lors de leur rencontre &agrave; Meseberg le 23 f&eacute;vrier. </span></p> <p><span style="COLOR: rgb(34,34,34)">Mais alors, il ne faut pas h&eacute;siter, comme d'ailleurs le font les Allemands, &agrave; renforcer&nbsp; le caract&egrave;re &laquo;&nbsp;public&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;non lib&eacute;ral&nbsp;&raquo; de l'entreprise, en ne laissant&nbsp; aux actionnaires ni&nbsp; pouvoir de d&eacute;cision ni&nbsp; pouvoir de nuisance. Certains groupes priv&eacute;s figurant au capital ont voulu ou veulent se d&eacute;sengager...Qu'ils le fassent. Mais il ne faut pas les remplacer par des actionnaires qui seront encore moins fiables et peut-&ecirc;tre au service du concurrent am&eacute;ricain, provenant de fonds d'investissements ou de pensions internationaux. <br /> <br /> <strong>Les Etats doivent donc intervenir </strong><br /> <br /> On dira que Airbus s'adresse &agrave; des acheteurs priv&eacute;s du march&eacute; international, susceptibles d'&ecirc;tre inqui&eacute;t&eacute;s par le statut d'un fournisseur&nbsp;que la concurrence s'empressera de qualifier d'&eacute;tatique. Nous pensons que l'argument ne tient pas. Les acheteurs veulent de bons avions, vendus par une entreprise qui s'int&eacute;resse &agrave; leurs besoins et acceptent la course &agrave; la comp&eacute;titivit&eacute; du produit. Peu leur importe le statut juridique de l'entreprise. </span></p> <p><span style="COLOR: rgb(34,34,34)">Renforcer le caract&egrave;re public et &laquo;&nbsp;intergouvernemental&nbsp;&raquo;&nbsp;d'une entreprise comme Airbus (nous dirions la m&ecirc;me chose de EADS) ne voudra pas dire cependant soumettre la direction de l'entreprise aux petits jeux permanents de la rivalit&eacute; entre administrations nationales. Il faudra trouver moyen d'assurer l'ind&eacute;pendance de la direction, &agrave; l'int&eacute;rieur de directives d'ensemble arbitr&eacute;es par les Etats. </span></p> <p><span style="COLOR: rgb(34,34,34)">Mais en contrepartie, lorsque ces directives imposeront, pour des raisons diplomatiques tr&egrave;s justifi&eacute;es, des d&eacute;cisions paraissant &eacute;conomiquement irrationnelles, comme la r&eacute;partition g&eacute;ographiques des sites d'avenir, il faudra que les Etats remboursent&nbsp;&agrave; l'entreprise, quoiqu'en disent les &eacute;conomistes lib&eacute;raux (et l'OMC) les surco&ucirc;ts correspondants.</span></p> <p><span style="COLOR: rgb(34,34,34)">Evidemment, il sera difficile de faire le d&eacute;part entre l'efficacit&eacute; industrielle et les concessions &agrave; la parit&eacute; politique. Mais le bon sens pourra y aider. Ainsi, les logiciels de conception des produits devront &ecirc;tre uniques, quoique en pensent certains responsables d'usines. Mais par contre, et quelque soit le surco&ucirc;t, une &eacute;gale r&eacute;partition dans la fabrication et l'assemblage des pi&egrave;ces ma&icirc;tresses sera n&eacute;cessaire, au moins jusqu'&agrave; ce que l'entreprise, ayant renou&eacute; avec le succ&egrave;s, puisse sans drames politiques rationaliser son architecture.</span></p> Wed, 28 Feb 2007 23:00:00 GMT Stratégie spatiale européenne. Nécessité d'une relance et d'une stratégie à 30 ans http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=2 2 <br /><p><strong>Pr&eacute;sentation du rapport de l'office parlementaire d'&eacute;valuation des choix scientifiques et technologiques (OPCEST)</strong></p> <p>L'opinion europ&eacute;enne s'int&eacute;resse peu &agrave; l'espace. Il en est de m&ecirc;me en France. Aucun candidat aux &eacute;lections pr&eacute;sidentielles n'en a encore parl&eacute;. Or il faut aborder ce sujet au plan politique le plus &eacute;lev&eacute;. C'est ce que veulent faire les parlementaires membres de l' OPECST, dont le dernier rapport en date sur ce sujet vient d'&ecirc;tre d&eacute;pos&eacute; (1)&nbsp;. Pour prendre conscience de la n&eacute;cessit&eacute; d'une politique spatiale europ&eacute;enne, il suffit de regarder ce que font les autres grands pays&nbsp;: USA, Chine, Inde, Russie. L'Europe doit se mobiliser pour figurer en t&ecirc;te des grandes nations spatiales. <br /> <br /> La p&eacute;riode actuelle est favorable. Elle est marqu&eacute;e par de bons r&eacute;sultats europ&eacute;ens&nbsp;: carnets de commande satisfaisants en mati&egrave;re de lanceurs et satellites, succ&egrave;s des missions multilat&eacute;rales, reconnaissance du besoin d'une pr&eacute;f&eacute;rence europ&eacute;enne en mati&egrave;re de lanceurs (confirm&eacute;e par le Pr&eacute;sident Chirac concernant les missions nationales). <br /> <br /> L'ann&eacute;e 2007 sera marqu&eacute;e par des &eacute;v&eacute;nements majeurs pour l'Europe&nbsp;: notamment le lancement du v&eacute;hicule de liaison ATV Jules Verne et la tenue du Conseil europ&eacute;en de l'espace le 22 mai, associant l'Union europ&eacute;enne&nbsp; et l'Agence spatiale europ&eacute;enne ESA. La politique spatiale europ&eacute;enne pour les prochaines ann&eacute;es y sera d&eacute;finie. <br /> <br /> Il est donc particuli&egrave;rement n&eacute;cessaire de r&eacute;affirmer, comme le fait le rapport de l' OPECST, l'ambition des objectifs que l'Europe doit se fixer. Deux domaines m&eacute;ritent particuli&egrave;rement d'&ecirc;tre soulign&eacute;s&nbsp;: <br /> <br /> <strong>La s&eacute;curit&eacute;-d&eacute;fense</strong></p> <p>Il faut se persuader qu'en ce domaine, la plupart des programmes sont duaux (pouvant servir simultan&eacute;ment des objectifs civils et militaires). La France le sait en ce qui la concerne. Mais l'Europe reste &agrave; convaincre, notamment concernant les programmes Galil&eacute;o et GMES. Dans ce domaine, une coop&eacute;ration entre les gouvernements et les Agences europ&eacute;ennes s'impose. <br /> <br /> <strong>Les vols habit&eacute;s</strong></p> <p><img height="120" alt="Station spatiale internationale" width="180" align="left" src="/europaplusplus/repimg/Image/iss.jpg" />L'ann&eacute;e 2007 sera pour l'Europe celle du lien renou&eacute; avec l'ISS (Station spatiale internationale). L'Europe ne doit pas, quel que soit l'int&eacute;r&ecirc;t des vols automatiques, exclure les vols habit&eacute;s. Le co&ucirc;t en est lourd financi&egrave;rement mais indispensable &agrave; la coh&eacute;rence d'ensemble du projet spatial europ&eacute;en. La France qui a toujours soutenu les ambitions europ&eacute;ennes doit persister &agrave; jouer ce r&ocirc;le. Au del&agrave; de l'ISS, l'Europe doit confirmer ses ambitions sur des vols robotiques puis humains sur Mars et &agrave; titre interm&eacute;diaire la Lune. Des coop&eacute;rations internationales sont sans doute &agrave; envisager, mais l'Europe devra conserver la ma&icirc;trise des &eacute;l&eacute;ments clefs de tels vols.<br /> <br /> Malgr&eacute; un bon &eacute;tat de sant&eacute; apparent, l'Europe pi&eacute;tine aujourd'hui. De multiples d&eacute;cisions sont &agrave; prendre, couvrant les 50 prochaines ann&eacute;es. Les recommandations du rapport proposent une vision franco-europ&eacute;enne pour l'espace. Le mot de vision est intentionnel. Il marque la volont&eacute; d'ambitions larges et audacieuses. </p> Wed, 28 Feb 2007 23:00:00 GMT Les Français vivent encore à l'heure des conceptions gaullistes de la puissance http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=18 18 <br /><p><img height="86" alt="Le porte avion Charles de Gaulle" width="110" align="left" src="/europaplusplus/repimg/Image/pavion.jpg" />Notre ami Philippe Grasset se f&eacute;licite du fait que le jugement pr&eacute;matur&eacute; de S&eacute;gol&egrave;ne Royal concernant l'inutilit&eacute; d'un 2e porte-avion (sur lequel elle est d'ailleurs revenue) ait soulev&eacute; de nombreuses mises au point, y compris au parti socialiste. Selon <em>Les Echos</em>, <em>&laquo;&nbsp;Les sp&eacute;cialistes de la d&eacute;fense au PS, le d&eacute;l&eacute;gu&eacute; national du PS &agrave; la d&eacute;fense, Louis Gautier, et la d&eacute;put&eacute;e PS du Finist&egrave;re Patricia Adam ont r&eacute;ajust&eacute; vendredi la position de S&eacute;gol&egrave;ne Royal&nbsp;&raquo;.</em> Pour Philippe Grasset, la France serait le seul pays au monde o&ugrave; un tel sujet soul&egrave;verait tellement d'int&eacute;r&ecirc;t passionn&eacute;. Si tout le monde para&icirc;t y vouloir le 2e PA, il y voit un h&eacute;ritage encore bien vivant du Gaullisme, qui <em>&laquo;</em><em> fait toujours pencher vers l'argument de l'ind&eacute;pendance et d'une d&eacute;fense forte&nbsp;&raquo;. </em>&laquo;<em> Le d&eacute;bat politique sur un tel sujet reconduit toujours aux concepts associ&eacute;s &agrave; celui de puissance: l'autonomie, la souverainet&eacute;, la l&eacute;gitimit&eacute;&nbsp;&raquo;</em>.</p> <p><strong>Porteur d'image</strong></p> <p>Les Fran&ccedil;ais auraient bien voulu, et ne d&eacute;sesp&egrave;rent pas, que cette id&eacute;e de la puissance soit adopt&eacute;e et transpos&eacute;e au plan de l'Union par nos partenaires europ&eacute;ens. Mais &agrave; d&eacute;faut, ils ne veulent pas l'abandonner pour ce qui les concerne, dussent-ils se serrer la ceinture dans d'autres domaines. Je suis de ceux qui estiment qu'un porte-avions&nbsp;joue un aussi grand r&ocirc;le dans l'&eacute;ducation populaire et la coh&eacute;sion sociale, par l'image qu'il donne, qu'une &eacute;ni&egrave;me r&eacute;forme de l'&eacute;ducation. Les deux d'ailleurs ne s'excluent pas.</p> <p>On peut penser comme Philippe Grasset qu'il s'agit l&agrave; d'un trait&nbsp;particulier qui distingue et honore notre nation, &agrave; droite comme &agrave; gauche. Il serait bon de ne pas l'oublier, car bien des sursauts pourraient en d&eacute;couler, n'en d&eacute;plaise aux d&eacute;clinistes et atlantistes. </p> Wed, 28 Feb 2007 23:00:00 GMT Les missiles anti-missiles américains dirigés contre l'unité européenne? http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=21 21 <br /><p>Selon le journal <em>EUObserver</em>, la d&eacute;cision am&eacute;ricaine d'imposer des bases de missiles anti-missiles &agrave; la Pologne et &agrave; la Tch&eacute;quie&nbsp;est en train de provoquer une crise grave, &agrave; la fois avec la Russie et en Europe m&ecirc;me. Les Russes, comme nous l'avons signal&eacute; pr&eacute;c&eacute;demment, consid&egrave;rent ces missiles comme dirig&eacute;s contre eux et menacent de prendre des mesures de r&eacute;torsion&nbsp;: affectation de certains missiles strat&eacute;giques &agrave; des objectifs en Europe et &eacute;ventuelle relance de bases de missiles nucl&eacute;aires de moyenne port&eacute;e, dits &ldquo;de th&eacute;&acirc;tre&rdquo;, impliquant la sortie des Russes du trait&eacute; INF de d&eacute;cembre 1987 (<em>Intermediate-Range Nuclear Forces treaty</em>). Va-t-on revoir la crise des euromissiles d&eacute;marr&eacute;e en 1977&nbsp;?</p> <p><strong>Pr&eacute;parer une &quot; Premi&egrave;re frappe &quot; </strong></p> <p>Une hypoth&egrave;se bien plus inqui&eacute;tante se fait jour aujourd'hui. Selon l'analyste politique William Engdahl, cit&eacute; par Philippe Grasset dans l'article &quot; Paysage de crise en formation acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e &quot;, l'immixtion am&eacute;ricaine en Europe de l'Est aurait&nbsp; un tout autre but. Il s'agirait de rendre possible une premi&egrave;re frappe (<em>first strike</em>) contre la Russie ou la Chine. Comment, direz-vous? Avec ces missiles anti-missiles qui ne sont pas con&ccedil;us pour cela? Certainement pas. La frappe aurait lieu avec les missiles balistiques &agrave; t&ecirc;te nucl&eacute;aire dont les Am&eacute;ricains sont dot&eacute;s en abondance. Les anti-missiles serviraient seulement &agrave; incapaciter une riposte venant d'une Russie aux trois quarts d&eacute;truite, mais capable encore d'envoyer quelques vieux engins en &quot;<em> retaliation &quot;.</em></p> <em></em>On con&ccedil;oit dans ces conditions la violence de la r&eacute;action de Poutine. Si la strat&eacute;gie am&eacute;ricaine &eacute;tait telle, la Russie ne pourrait pas rester les mains dans les poches. Elle&nbsp; relancerait de son c&ocirc;t&eacute; la course aux armements et ce serait&nbsp; l'Europe qui, la premi&egrave;re, serait sous le feu de la riposte russe. C'est bien ce que l'Allemagne commence &agrave; craindre. On regrette dans cette affaire de ne pas entendre M. PESD, Javier Solana. De m&ecirc;me la France, qui devrait sans ambiguit&eacute; se ranger du c&ocirc;t&eacute; allemand, semble muette. Mais compte tenu du prochain d&eacute;part de Jacques Chirac, existe-t-il encore une diplomatie fran&ccedil;aise capable de s'opposer aux envahissements permanents du D&eacute;partement d'Etat et du Pentagone&nbsp;? Il appara&icirc;t pourtant aujourd'hui, face &agrave; ces irresponsables, que&nbsp; s&eacute;parer d&eacute;finitivement l'Europe de l'Am&eacute;rique serait la solution de sagesse. Wed, 28 Feb 2007 23:00:00 GMT Bush demande 648 milliards de dollars pour le budget militaire de 2008 http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=22 22 <br /><p>Dans <em>DefenseNews</em> du 5 f&eacute;vrier 2007, nous trouvons la liste des demandes budg&eacute;taires formul&eacute;es par le Pentagone et propos&eacute;es au Congr&egrave;s par G.W. Bush. Pour certains observateurs comme <em>dedefensa.org</em>, ces montants &eacute;tonnamment &eacute;lev&eacute;s traduisent le prix que les g&eacute;n&eacute;raux et leurs alli&eacute;s industriels du <em>Monster </em>(ou de la <em>Beast</em>, c'est-&agrave;-dire le lobby militaro-industriel) demandent &agrave; leur alli&eacute; Bush de payer pour continuer &agrave; lui accorder leur soutien, face &agrave; une &eacute;ventuelle opposition d&eacute;mocrate au Congr&egrave;s.</p> <p>Le budget global demand&eacute; est de 648,7 milliards de dollars pour 2008, compar&eacute; &agrave; celui de 2007, soit 626,3 mds demand&eacute;s. Ce budget comporte 177 milliards pour la modernisation strat&eacute;gique, c'est-&agrave;-dire la mise &agrave; niveau des technologies de d&eacute;fense, lesquelles se retrouvent en grande partie, sous forme de produits du commerce, dans les offres des industriels &quot;civils&quot; am&eacute;ricains qui en b&eacute;n&eacute;ficient gratuitement&nbsp;:<br /> </p> <ul> <li>14,4 mds pour de nouveaux navires de guerre (hausse de 29%) </li> <li>6 mds pour les satellites et les &eacute;quipements de suivi (hausse de 25%) </li> <li>7,4 mds pour l'aviation militaire (hausse de 18%) comprenant l'acquisition de 12 F-35s, 20 F-22s, 18 EA-18Gs, 24 F/A-18s et 26 V-22s. </li> <li>3,7 mds pour les syst&egrave;mes de combat du futur (hausse de 9%) </li> </ul> <p>Il faut y ajouter 22,5 mds consacr&eacute;s &agrave; l'armement atomique et &agrave; divers programmes de d&eacute;fense conduits par d'autres minist&egrave;res. <br /> </p> <p>Une autre pr&eacute;sentation de ce budget global consiste &agrave; distinguer 481 mds consacr&eacute;s aux d&eacute;penses militaires r&eacute;guli&egrave;res, hors guerre en Irak et Afghanistan, et 147 mds consacr&eacute;s &agrave; ces deux guerres. <br /> <br /> Nous rappellerons que, concernant par exemple les d&eacute;penses consacr&eacute;es par l'Europe (principalement la France, l'Italie et l'Allemagne) au spatial militaire (satellites de t&eacute;l&eacute;coms et d'observation), le budget actuel est de 1 milliard d'euros. Les experts souhaitent, sans trop d'espoir, qu'il puisse &ecirc;tre port&eacute; &agrave; 2 mds en 2008. </p> Wed, 28 Feb 2007 23:00:00 GMT Jean-Pierre Chevènement propose dans "La faute de M. Monnet", une vision constructive de l'Europe http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=14 14 <br /><p>Dans un raccourci saisissant de 150 pages, <em>La faute de M. Monnet</em>,&nbsp; Jean-Pierre Chev&egrave;nement explique &agrave; ceux qui sont trop jeunes pour l'avoir v&eacute;cue ce que fut vraiment l'histoire de la construction europ&eacute;enne depuis la seconde guerre mondiale. Cette histoire ne fut pas tout &agrave; fait celle que l'on imagine. Beaucoup se demandent pourquoi la construction europ&eacute;enne, projet politique pourtant unique au monde et qui devrait susciter l'enthousiasme provoque tant de r&eacute;ticences et m&ecirc;me de r&eacute;voltes. Ils pourront en lisant ce livre commencer &agrave; le comprendre. <br /> <br /> <strong>Un lourd secret</strong></p> <p>La construction europ&eacute;enne cache un lourd secret. Elle n'a pas &eacute;t&eacute; con&ccedil;ue pour faire des citoyens europ&eacute;ens les acteurs d'une histoire ambitieuse o&ugrave; l'Europe redevenue puissante pourrait faire jeu &eacute;gal dans la confrontation des strat&eacute;gies g&eacute;opolitiques avec les autres puissances et superpuissances. Les vrais premiers &laquo;&nbsp;p&egrave;res de l'Europe&nbsp;&raquo; ne furent pas Robert Schuman, Konrad Adenauer et d'autres. Ce furent les strat&egrave;ges du Pentagone, du D&eacute;partement d'Etat et de la Maison Blanche. Ils agirent non pour le bien des nations europ&eacute;ennes mais pour celui de l'Am&eacute;rique &ndash; ce qui &eacute;tait d'ailleurs leur droit le plus strict. Encore fallait-il le savoir. Les Etats-Unis, relay&eacute;s en Europe par des Europ&eacute;ens tels que Jean Monnet pour qui l'alliance am&eacute;ricaine &eacute;tait le seul salut, ont vu le danger qui les mena&ccedil;ait. Une Europe d&eacute;sunie et rest&eacute;e mis&eacute;rable aurait &eacute;t&eacute; conquise en quelques mois par la Russie sovi&eacute;tique. Dans ce cas, l'Am&eacute;rique n'aurait pas pes&eacute; lourd face au bloc sovi&eacute;tique. Il fallait donc, pour assurer le salut des Etats-Unis, que l'Europe soit unie, que son niveau de vie s'am&eacute;liore et qu'elle puisse ainsi servir de glacis pour tenir &agrave; distance les r&eacute;gimes communistes. Cependant l'Am&eacute;rique n'a pas voulu que l'Europe s'unisse dans la perspective de devenir une puissance capable de s'opposer &eacute;ventuellement &agrave; elle. Elle voulait une Europe unie sous une forme qui la maintiendrait ind&eacute;finiment d&eacute;pendante, c'est-&agrave;-dire d'un march&eacute; sans barri&egrave;res ext&eacute;rieures ouvert &agrave; ses int&eacute;r&ecirc;ts industriels et financiers comme &agrave; ses bases militaires. <br /> <br /> <strong>Les colonies de l'Am&eacute;rique</strong></p> <p>Le mod&egrave;le g&eacute;opolitique permettant de cr&eacute;er et maintenir la d&eacute;pendance de l'Europe &agrave; l'&eacute;gard des Etats-Unis n'&eacute;tait pas tr&egrave;s difficile &agrave; trouver. Il s'agissait d'appliquer &agrave; l'Europe le statut colonial que cette derni&egrave;re pendant deux si&egrave;cles avait impos&eacute; au reste du monde. Il fallait faire des pays europ&eacute;ens les colonies de l'Am&eacute;rique. Mais comme l'on &eacute;tait entre gens bien &eacute;lev&eacute;s, cette colonisation devait &ecirc;tre dissimul&eacute;e, elle devait &ecirc;tre compens&eacute;e par des avantages mat&eacute;riels indiscutables capables d'acheter la servilit&eacute; des Europ&eacute;ens. Comme toujours aussi dans de telles situations, il fallait s'appuyer sur des &eacute;lites autochtones qui gouverneraient &agrave; la place des repr&eacute;sentants des Etats-Unis mais en prenant leurs ordres &agrave; Washington. Cependant les attributs de la vraie puissance, notamment la diplomatie et la d&eacute;fense, ne devaient pas &ecirc;tre d&eacute;l&eacute;gu&eacute;s. L'Am&eacute;rique, notamment &agrave; travers l'Otan et diverses institutions faussement dites multilat&eacute;rales (FMI, Banque mondiale), devait en conserver la ma&icirc;trise. <br /> <br /> Jean-Pierre Chev&egrave;nement montre bien comment ce grand dessein am&eacute;ricaniste fut men&eacute; &agrave; bien. La France de la 4e R&eacute;publique, la Grande Bretagne jusqu'&agrave; aujourd'hui, l'Allemagne, l'Italie accept&egrave;rent sans discuter de devenir les &laquo;&nbsp;caniches&nbsp;&raquo; des pr&eacute;sidents am&eacute;ricains (pour reprendre l'expression appliqu&eacute;e &agrave; Tony Blair). Le retour du Gaullisme donna un moment du fil &agrave; retordre aux atlantistes. De Gaulle refusa de jouer les caniches et voulut se doter des attributs de la souverainet&eacute;. Mais cela ne dura pas. D&egrave;s son d&eacute;part, la France rentrait dans le rang. Elle a cependant tra&icirc;n&eacute; les pieds. Dot&eacute;e d'une forte tradition r&eacute;galienne, de corps techniques et d'une administration puissante, elle a longtemps pr&eacute;tendu ne pas c&eacute;der compl&egrave;tement &agrave; l'entrisme du capitalisme am&eacute;ricain qui sous couvert d'une doctrine lib&eacute;rale pr&eacute;sent&eacute;e comme la bible voulait d&eacute;manteler ses industries et ses services publics. Bien pire, la France entretint le r&ecirc;ve de convaincre &agrave; son r&ecirc;ve de puissance &agrave; la fran&ccedil;aise certains de ses voisins, l'Allemagne en particulier. <br /> <br /> <strong>Triomphe du lib&eacute;ralisme</strong></p> <p>Mais rien n'y fit. La construction europ&eacute;enne, du Trait&eacute; de Rome &agrave; celui de Ma&euml;stricht, marqua le triomphe du lib&eacute;ralisme tel que con&ccedil;u par les strat&egrave;ges am&eacute;ricains, c'est-&agrave;-dire l'ouverture compl&egrave;te &agrave; la concurrence mondiale, &agrave; la financiarisation de l'&eacute;conomie et &agrave; la domination des firmes am&eacute;ricaines. Certes, tout ne fut pas n&eacute;gatif dans les premi&egrave;res d&eacute;cennies. L'ouverture &agrave; la concurrence ext&eacute;rieure pr&eacute;sente toujours une phase de prosp&eacute;rit&eacute; ascendante, due au d&eacute;mant&egrave;lement d'archa&iuml;smes et de privil&egrave;ges h&eacute;rit&eacute;s du pass&eacute; et incapables d'&eacute;voluer. Les prix baiss&egrave;rent, la consommation et le niveau de vie s'am&eacute;lior&egrave;rent. Mais les grands b&eacute;n&eacute;ficiaires de la mondialisation furent les &eacute;lites patronales europ&eacute;ennes, puisque contrairement aux salari&eacute;s, elles peuvent d&eacute;localiser leurs int&eacute;r&ecirc;ts dans le reste du monde. <br /> <br /> Aujourd'hui cependant nous vivons la phase de prosp&eacute;rit&eacute; descendante du lib&eacute;ralisme &agrave; l'am&eacute;ricaine impos&eacute; &agrave; l'Europe. Celle-ci dans ses profondeurs &ndash; avec un temps de retard en Allemagne du &agrave; la puissance industrielle du capitalisme rh&eacute;nan, s'est mise progressivement &agrave; conna&icirc;tre le sort de l'Argentine &agrave; la fin de la guerre, comme de tous les pays soumis aux modes de gouvernance impos&eacute;es par l'appartenance &agrave; la zone dollar, sous la tutelle de l'OMC, du FMI et la Banque mondiale. Important de plus en plus de biens de consommation, n'investissant plus, voyant fuir sa mati&egrave;re grise et ses capitaux, l'Europe est en train de s'enfoncer dans la d&eacute;sindustrialisation, le ch&ocirc;mage, les d&eacute;ficits budg&eacute;taires et commerciaux, les in&eacute;galit&eacute;s sociales g&eacute;n&eacute;ratrices de tensions internes de plus en plus fortes. <br /> <br /> <strong>Vers l'ind&eacute;pendance</strong></p> <p>A partir de cette constatation, Jean-Pierre Chev&egrave;nement propose une voie permettant de relancer l'Europe, Il s'agirait de faire de la zone euro, qui regroupe les Etats ayant adopt&eacute; l'euro, un &laquo;&nbsp;gouvernement &eacute;conomique&nbsp;&raquo;, avec harmonisation des r&egrave;gles sociales et fiscales, &eacute;tablissement d'une fronti&egrave;re douani&egrave;re ext&eacute;rieure et, bien s&ucirc;r, direction politique commune capable notamment d'harmoniser la politique commerciale et la politique financi&egrave;re, &agrave; l'instar de ce que font les Etats-Unis (<em>policy mix</em>). Le tout serait gouvern&eacute; de fa&ccedil;on d&eacute;mocratique par un conseil &eacute;manant directement des Etats membres et d&eacute;cidant &agrave; la majorit&eacute; qualifi&eacute;e. Ainsi, la Banque centrale europ&eacute;enne perdrait son statut de d&eacute;cideur exclusif et sans tutelle. Elle deviendrait un organe d'ex&eacute;cution parmi les autres, le cours de l'euro devenant ajustable en fonction des exigences de la politique commerciale et de la politique g&eacute;n&eacute;rale. D'autres coop&eacute;rations renforc&eacute;es, le cas &eacute;ch&eacute;ant avec d'autres pays, pourraient (devraient selon nous) organiser la politique ext&eacute;rieure et de s&eacute;curit&eacute; europ&eacute;enne. Le tout se ferait, et c'est l&agrave; un point essentiel &agrave; la r&eacute;ussite du syst&egrave;me, de fa&ccedil;on totalement ind&eacute;pendante des Etats-Unis &ndash; ce qui ne signifierait d'ailleurs pas contre eux, tant du moins qu'ils respecteraient la r&egrave;gle de la r&eacute;ciprocit&eacute;. </p> <p>Nous n'avons pas d'objection &agrave; ces perspectives, sauf &agrave; ajouter que les coop&eacute;rations renforc&eacute;es devraient notamment viser au d&eacute;veloppement de technologies de puissance, sans lesquelles l'ind&eacute;pendance de l'Europe resterait un mot creux.</p> Wed, 28 Feb 2007 23:00:00 GMT Message des membres de l'Assemblée interparlementaire européenne de sécurité et de défense http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=35 35 <br /><p>Voil&agrave; cinquante ans, six pays europ&eacute;ens ont sign&eacute; le Trait&eacute; de Rome. Nous saluons les avanc&eacute;es r&eacute;alis&eacute;es par ces Etats et ceux qui les ont rejoints par la suite, en vue de cr&eacute;er une Europe partageant&nbsp;des valeurs communes,&nbsp;une croissance &eacute;conomique et une prosp&eacute;rit&eacute; communes ainsi qu'une responsabilit&eacute; commune en mati&egrave;re de s&eacute;curit&eacute; et de d&eacute;fense.</p> <p>Cinquante ans plus tard, l'Union europ&eacute;enne existe, et vingt-sept pays europ&eacute;ens sont venus appuyer ces efforts initiaux. Aujourd'hui, la s&eacute;curit&eacute; de nos soci&eacute;t&eacute;s et la survie de nos valeurs d&eacute;mocratiques m&ecirc;mes sont menac&eacute;es par la mont&eacute;e de nouveaux p&eacute;rils (le terrorisme, la prolif&eacute;ration des armes de destruction massive, les migrations en masse et le crime organis&eacute;), qui affectent non seulement la s&eacute;curit&eacute; de notre continent, mais aussi la viabilit&eacute; de nos principes d&eacute;mocratiques.</p> <p>Nous avons besoin de d&eacute;finir des r&eacute;ponses communes pour parer &agrave; ces nouvelles menaces communes dans le domaine de la s&eacute;curit&eacute; et de la d&eacute;fense. Ces r&eacute;ponses doivent &ecirc;tre &eacute;troitement concert&eacute;es avec nos alli&eacute;s de l'OTAN. Nous demandons instamment aux Chefs d'&Eacute;tat et de gouvernement europ&eacute;ens d'oeuvrer au d&eacute;veloppement d'une politique europ&eacute;enne de s&eacute;curit&eacute; et de d&eacute;fense fond&eacute;e sur&nbsp;: </p> <ol> <li><strong>Les ambitions partag&eacute;es,</strong> telles que d&eacute;crites dans la strat&eacute;gie europ&eacute;enne de s&eacute;curit&eacute; &eacute;labor&eacute;e en 2003&nbsp;; elles impliquent la mise en oeuvre des engagements d&eacute;j&agrave; souscrits en mati&egrave;re de s&eacute;curit&eacute; et de d&eacute;fense. </li> <li><strong>Une cr&eacute;dibilit&eacute; capacitaire et technologique</strong>, afin de doter la politique europ&eacute;enne de s&eacute;curit&eacute; et de d&eacute;fense (PESD) de la capacit&eacute; r&eacute;ellement efficace inscrite dans la D&eacute;claration d'Helsinki. Pour cela, il est imp&eacute;ratif&nbsp;d'encourager tous les Etats membres &agrave; investir dans les capacit&eacute;s militaires n&eacute;cessaires&nbsp;;&nbsp;de doter l'Union de capacit&eacute;s de d&eacute;cisions rapides dans le domaine de la gestion des crises gr&acirc;ce &agrave; la collecte de renseignements, et en mettant en place une capacit&eacute; tr&egrave;s r&eacute;active de planification et de conduite des op&eacute;rations&nbsp;; enfin de fournir les moyens d'&eacute;laborer des politiques europ&eacute;ennes de recherche et de technologie, et des programmes d'armement communs permettant d'assurer la coordination et la compatibilit&eacute; des acquisitions nationales d'&eacute;quipements de d&eacute;fense. Ces avanc&eacute;es doivent s'organiser en concertation avec l'OTAN de mani&egrave;re &agrave; renforcer tout &agrave; la fois la PESD et l'Alliance atlantique. </li> <li><strong>Une l&eacute;gitimit&eacute; d&eacute;mocratique</strong>. Ces politiques doivent faire l'objet d'un contr&ocirc;le d&eacute;mocratique accr&ucirc; de la PESD par les parlementaires nationaux. A cet &eacute;gard, l'Assembl&eacute;e de l'UEO joue un r&ocirc;le d&eacute;terminant. Nous avons besoin de renforcer ce processus. Ce forum interparlementaire d&eacute;j&agrave; existant, qui n'est pas une deuxi&egrave;me chambre europ&eacute;enne, devra &ecirc;tre renforc&eacute; en tant que relais d&eacute;mocratique essentiel vers les citoyens et l'opinion publique. Nous demandons avec force au Conseil europ&eacute;en de traiter cette question en urgence. </li> </ol> Wed, 28 Feb 2007 23:00:00 GMT