Europa++ - http://www.pan-europe.org/europaplusplus/lettre/archives/ Lettre d'information PanEurope - France http://www.pan-europe.org/europaplusplus/logo.gifEuropa++http://www.pan-europe.org/europaplusplus/lettre/archives/ Mon, 22 Oct 2007 04:59:32 GMT Pourquoi ne pas réintégrer l'Otan http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=248 248 <br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; <br /> <div align="justify">Questions incongrues, voire d&eacute;plac&eacute;es, qui auraient r&eacute;sonn&eacute;, il y a quelques d&eacute;cennies,&nbsp; comme un pied de nez post mortem envers un personnage dont la stature historique et la vision g&eacute;ostrat&eacute;gique sont unanimement reconnues&hellip; Et pourtant il n&rsquo;est pas rare depuis les ann&eacute;es 90 de les voir pos&eacute;es par d&rsquo;&eacute;minents sp&eacute;cialistes des affaires de d&eacute;fense, par des militaires de haut rang faisant autorit&eacute; dans le domaine de la strat&eacute;gie ou encore par des responsables politiques donnant dans la sensibilit&eacute; atlantiste. Tout r&eacute;cemment, les premiers &eacute;chos relatifs aux grandes lignes de la r&eacute;flexion qui s&rsquo;engage autour de Jean-Claude Mallet pour l&rsquo;&eacute;laboration du nouveau livre blanc de la d&eacute;fense donnent &agrave; penser que le th&egrave;me des rapports entre l&rsquo;Union Europ&eacute;enne et l&rsquo;Alliance Atlantique et celui du r&ocirc;le que la France pourrait jouer dans la transformation de l&rsquo;Otan seront&nbsp; au c&oelig;ur des d&eacute;bats. <br /> &nbsp;&nbsp;&nbsp; <br /> C&rsquo;est un lieu commun que d&rsquo;&eacute;voquer le malaise profond, voire existentiel, d&rsquo;une organisation atlantique priv&eacute;e des raisons qui ont pr&eacute;sid&eacute; &agrave; sa cr&eacute;ation. Certes l&rsquo;outil militaire a fait des efforts consid&eacute;rables pour s&rsquo;adapter &agrave; une nouvelle donne strat&eacute;gique dans laquelle l&rsquo;ennemi n&rsquo;est plus &agrave; l&rsquo;Est, mais dilu&eacute; aux quatre coins de la plan&egrave;te, ne se pr&eacute;sente ni sous la forme de missiles&nbsp; intercontinentaux&nbsp; porteurs d&rsquo;ogives thermonucl&eacute;aires, ni sous celle de capacit&eacute;s a&eacute;roterrestres conventionnelles et massives, mais anime une gu&eacute;rilla d&eacute;centralis&eacute;e, mondiale, aliment&eacute;e par un extr&eacute;misme religieux d&eacute;voy&eacute;, utilisant habilement la caisse de r&eacute;sonance m&eacute;diatique. Les Etats-Unis d&eacute;tiennent au sein de l&rsquo;organisme les leviers de commande r&eacute;ellement d&eacute;terminants pour l&rsquo;action et&nbsp; font de plus en plus de la communaut&eacute; atlantique un&nbsp; forum au sein duquel ils imposent leur vision du monde et confortent leur influence g&eacute;opolitique. <br /> <br /> Par ailleurs l&rsquo;&eacute;largissement de l&rsquo;Alliance aux pays d&rsquo;Europe Centrale et Orientale, bient&ocirc;t suivie par des tentatives d&rsquo;extension tous azimuts &agrave; d&rsquo;autres pays comme le Japon ou l&rsquo;Australie, a chang&eacute; consid&eacute;rablement la nature m&ecirc;me de l&rsquo;organisation&nbsp; qui tend de plus en plus &agrave; se substituer &agrave; l&rsquo;ONU dans la gouvernance mondiale en mati&egrave;re de s&eacute;curit&eacute; et de d&eacute;fense. <br /> <br /> Depuis longtemps d&eacute;j&agrave; la France ne cautionne ni cette &eacute;volution&nbsp; qui &eacute;loigne l&rsquo;Otan de sa sp&eacute;cificit&eacute; militaire, ni la toute puissance d&rsquo;un&nbsp; leadership am&eacute;ricain qui n&rsquo;entend pas laisser aux Europ&eacute;ens une r&eacute;elle souverainet&eacute; en mati&egrave;re de d&eacute;fense et qui abuse de son poids politique pour servir ses propres int&eacute;r&ecirc;ts industriels et &eacute;conomiques.<br /> <br /> La France reste cependant tr&egrave;s fid&egrave;le &agrave; l&rsquo;Alliance Atlantique et l&rsquo;a prouv&eacute; moult fois en participant de fa&ccedil;on significative aux op&eacute;rations men&eacute;es par l&rsquo;Otan, la derni&egrave;re en date &eacute;tant son engagement au sein de l&rsquo;Isaf en Afghanistan. Elle entend de ce fait peser sur les objectifs g&eacute;ostrat&eacute;giques de l&rsquo;Alliance et sur la conduite des op&eacute;rations militaires, autrement dit tenir son rang au niveau d&eacute;cisionnel de l&rsquo;organisme pour l&rsquo;orienter dans un sens plus conforme aux objectifs de notre politique &eacute;trang&egrave;re et aux int&eacute;r&ecirc;ts de l&rsquo;Union Europ&eacute;enne. <br /> <strong><br /> Deux strat&eacute;gies</strong><br /> <br /> Deux strat&eacute;gies&nbsp; peuvent &ecirc;tre envisag&eacute;es pour atteindre ce but : l&rsquo;une d&rsquo;entre elles consisterait &agrave; r&eacute;int&eacute;grer l&rsquo;organisation militaire de l&rsquo;alliance de fa&ccedil;on &agrave; la faire &eacute;voluer de l&rsquo;int&eacute;rieur. C&rsquo;est en fait cette option qui a &eacute;t&eacute; tent&eacute;e au milieu de la d&eacute;cennie 90, mais&nbsp; la d&eacute;marche a &eacute;t&eacute; men&eacute;e avec une grande maladresse et n&rsquo;a&nbsp; &eacute;t&eacute;&nbsp; ni comprise, ni accept&eacute;e par nos partenaires europ&eacute;ens. La position fran&ccedil;aise reste depuis cet &eacute;chec une politique de petits pas&nbsp; qui se traduit notamment&nbsp; par la mise en place d&rsquo;officiers g&eacute;n&eacute;raux&nbsp; au sein des instances de r&eacute;flexion sur l&rsquo;&eacute;volution de l&rsquo;Alliance et sur l&rsquo;adaptation de ses structures.<br /> <br /> Une autre strat&eacute;gie consisterait &agrave; mener une action diplomatique de grande envergure aupr&egrave;s des quelques 19 pays de l&rsquo;Union Europ&eacute;enne qui sont membres de l&rsquo;Otan afin de les convaincre de la n&eacute;cessit&eacute; pour l&rsquo;Europe de disposer de sa souverainet&eacute; en mati&egrave;re de d&eacute;fense et de s&eacute;curit&eacute;. Il ne s&rsquo;agit &eacute;videmment pas d&rsquo;opposer cette d&eacute;fense europ&eacute;enne &agrave; la garantie de s&eacute;curit&eacute; qu&rsquo;apporte l&rsquo;Alliance Atlantique &agrave; chacun de ses membres et cela suppose la mise en &oelig;uvre d&rsquo;une p&eacute;dagogie appropri&eacute;e pour amener nos partenaires europ&eacute;ens &agrave; une r&eacute;vision fondamentale de leur conception de la d&eacute;fense collective sans remettre en cause la qualit&eacute; de leurs relations avec les Etats-Unis.<br /> <br /> Les outrances r&eacute;centes et r&eacute;p&eacute;t&eacute;es de la diplomatie am&eacute;ricaine rendent cette approche&nbsp; par l&rsquo;ext&eacute;rieur plus ais&eacute;e. En effet comment ne pas voir que la politique d&rsquo;encagement de la Russie par des &eacute;tats membres de l&rsquo;Otan conduira in&eacute;luctablement &agrave; la renaissance de fortes tensions entre Moscou et l&rsquo;Union Europ&eacute;enne ? Comment accepter sur le sol Europ&eacute;en l&rsquo;installation d&rsquo;&eacute;l&eacute;ments significatifs d&rsquo;un dispositif am&eacute;ricain de missiles anti-missiles sans que l&rsquo;Union Europ&eacute;enne ne soit saisi du dossier et associ&eacute;e en tant que partenaire &agrave; part enti&egrave;re dans la politique d&rsquo;emploi de ce syst&egrave;me ? Comment enfin ne pas voir que l&rsquo;Europe ne pourra s&rsquo;en remettre ind&eacute;finiment au bon vouloir d&rsquo;une puissance, certes amie et li&eacute;e par un trait&eacute; portant garantie d&rsquo;alliance, mais ext&eacute;rieure &agrave; notre continent et dont les int&eacute;r&ecirc;ts politiques et&nbsp; g&eacute;ostrat&eacute;giques pourraient ne pas toujours co&iuml;ncider avec ceux de l&rsquo;Union Europ&eacute;enne ?<br /> <br /> Ce ne sera une surprise pour personne&nbsp; que d&rsquo;affirmer la pr&eacute;f&eacute;rence de PanEurope-France pour une politique qui affiche clairement et fortement une volont&eacute; d&rsquo;autonomie de l&rsquo;Union Europ&eacute;enne en ce qui concerne sa propre d&eacute;fense et la s&eacute;curit&eacute; de ses ressortissants. L&rsquo;Europe puissance, ind&eacute;pendante,&nbsp; souveraine et solidaire, que le mouvement paneurop&eacute;en international appelle de ses v&oelig;ux, se doit d&rsquo;affirmer sa volont&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre elle-m&ecirc;me et d&rsquo;exister en tant que p&ocirc;le g&eacute;ostrat&eacute;gique capable de mener une politique &eacute;trang&egrave;re ind&eacute;pendante, s&rsquo;appuyant sur ses propres capacit&eacute;s militaires.<br /> <br /> Certes le chemin &agrave; parcourir sera long, compte tenu de la situation pr&eacute;sente dans laquelle, aux termes des trait&eacute;s existants, la d&eacute;fense collective des Etats membres de l&rsquo;Union Europ&eacute;enne repose sur l&rsquo;Otan. Nombreux sont nos partenaires qui ne ressentent pas r&eacute;ellement ce besoin d&rsquo;un certain d&eacute;marquage vis-&agrave;-vis de celle-ci et qui trouvent finalement assez confortable de ne consacrer &agrave; l&rsquo;effort de d&eacute;fense qu&rsquo;un compl&eacute;ment souvent modeste aux capacit&eacute;s de leur grand alli&eacute;. A nous de souligner l&rsquo;incoh&eacute;rence d&rsquo;une construction europ&eacute;enne amput&eacute;e d&rsquo;un atout majeur pour &ecirc;tre &agrave; la hauteur de ses ambitions dans le monde multipolaire qui est d&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave; r&eacute;alit&eacute;. A nous aussi de faire progresser l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;une coop&eacute;ration renforc&eacute;e&nbsp; entre les Etats membres de l&rsquo;Union afin que l&rsquo;on aille plus vite et plus loin vers une int&eacute;gration plus pouss&eacute;e de nos forces arm&eacute;es et une politique d&rsquo;armement r&eacute;ellement europ&eacute;enne, fond&eacute;e sur une base industrielle technologique de d&eacute;fense propre &agrave; l&rsquo;Union Europ&eacute;enne.&nbsp; <br /> <br /> Dans la p&eacute;riode de r&eacute;flexion g&eacute;ostrat&eacute;gique&nbsp; qui s&rsquo;ouvre d&eacute;sormais &agrave; l&rsquo;occasion de l&rsquo;&eacute;laboration d&rsquo;un nouveau livre blanc pour la politique de d&eacute;fense de notre pays, PanEurope-France ne saurait rester muette et se doit de rappeler combien il serait illusoire de se laisser entra&icirc;ner dans un retour au sein d&rsquo;un organisme dont la philosophie politique ne permet pas &agrave; l&rsquo;Europe d&rsquo;affirmer r&eacute;ellement sa souverainet&eacute; en mati&egrave;re de d&eacute;fense et de s&eacute;curit&eacute;. C&rsquo;est dans un approfondissement de l&rsquo;Europe de la D&eacute;fense et un d&eacute;veloppement de celle-ci vers des objectifs plus ambitieux que les seules missions de Petersberg que la r&eacute;flexion g&eacute;ostrat&eacute;gique fran&ccedil;aise doit se diriger. C&rsquo;est en tous cas ce que nous attendons de notre nouveau Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique et ce que nous esp&eacute;rons des travaux qui orienteront d&egrave;s mars 2008&nbsp; la nouvelle politique de d&eacute;fense de notre pays au sein d&rsquo;une construction europ&eacute;enne remise en selle par le futur trait&eacute; en cours de r&eacute;daction.&nbsp;&nbsp; <br /> </div> <br /> <br /> <br /> <br /> Sun, 30 Sep 2007 23:00:00 GMT Les banques centrales dépassées par la globalisation http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=251 251 <br /><br /> Dans un petit livre technique mais clair : &laquo; <em>Les incendiaires. Les banques centrales d&eacute;pass&eacute;es par la globalisation </em>&raquo; Perrin 2007, l&rsquo;&eacute;conomiste Patrick Artus montre comment les banques centrales, depuis longtemps essentiellement pr&eacute;occup&eacute;es de lutter contre les tendances inflationnistes, sont d&eacute;sarm&eacute;es devant des crises de type mon&eacute;taire. Son livre n&rsquo;avait pu prendre en compte les derniers d&eacute;veloppements de la crise am&eacute;ricaine et de son extension possible au reste du monde. Mais il explique pourquoi, entre autres exemples,&nbsp; la Banque F&eacute;d&eacute;rale de R&eacute;serve n&rsquo;avait&nbsp; pas jug&eacute; utile de r&eacute;agir aux premiers signes de l&rsquo;essoufflement de la croissance am&eacute;ricaine : ralentissement de la construction, baisse du prix des maisons, pertes d&rsquo;emplois et disparition des plus values en capital. Il aurait fallu d&egrave;s 2005 baisser le taux des Feds Funds (d&eacute;finissant le taux directeur de la R&eacute;serve F&eacute;d&eacute;rale). Mais ceci aurait pu entra&icirc;ner, pensaient les responsables de la Fed,&nbsp; une reprise de croissance entra&icirc;nant une reprise de l&rsquo;inflation. On en est loin aujourd&rsquo;hui puisque c&rsquo;est le contraire qui menace, une v&eacute;ritable d&eacute;flation. <br /> <br /> Le livre analyse &agrave; la lumi&egrave;re de ce diagnostic le comportement de bien d&rsquo;autres banques centrales, notamment celles des pays &eacute;mergents. Nous ne pouvons pas nous y attarder ici. Ce qui nous int&eacute;ressera est le diagnostic qu&rsquo;il fait de la situation &eacute;conomique en Europe et du r&ocirc;le de la Banque Centrale Europ&eacute;enne. Certes celle-ci, comme ses coll&egrave;gues, reste p&eacute;n&eacute;tr&eacute;e d&rsquo;une culture de la lutte contre l&rsquo;inflation (inflation targeting) que certains pays dont la croissance se ralentit peuvent lui reprocher. Elle devrait, disent les responsables de ces pays (en fait repr&eacute;sent&eacute;s principalement par la France),&nbsp; baisser ses taux directeurs pour encourager les investissements internes et rendre l&rsquo;euro moins attrayant pour les investisseurs externes (ce qui entra&icirc;nerait une basse de l&rsquo;euro par rapport aux autres grandes monnaies). <br /> <br /> Mais le mal de l&rsquo;&eacute;conomie europ&eacute;enne est tout autre, et la BCE n&rsquo;y peut rien car elle ne dispose pour agir que d&rsquo;un seul levier, le taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t, alors qu&rsquo;il faudrait intervenir de fa&ccedil;on simultan&eacute;e et coordonn&eacute;e&nbsp; sur tous les instruments de la politique &eacute;conomique. Patrick Artus montre &agrave; cet &eacute;gard la diff&eacute;rence profonde existant entre la zone euro et la zone &eacute;conomique constitu&eacute;e par les Etats de l&rsquo;Union soumis au pouvoir fort du gouvernement f&eacute;d&eacute;ral am&eacute;ricain. Certes, les uns et les autres montrent de grandes disparit&eacute;s de d&eacute;veloppement, aux Etats-Unis comme en Europe. Mais cette disparit&eacute;, en Am&eacute;rique, est corrig&eacute;e imm&eacute;diatement par le f&eacute;d&eacute;ralisme fiscal (transfert des Etats riches vers les Etats pauvres) comme par les migrations compensatrices de la main d&rsquo;&oelig;uvre et des entreprises &ndash; migrations facilit&eacute;es par le fait que&nbsp; ces derni&egrave;res&nbsp; disposent d&rsquo;un statut juridique commun.&nbsp; Par ailleurs, les grandes d&eacute;cisions concernant les politiques &eacute;conomiques et budg&eacute;taires ne sont pas prises par la Fed mais par l&rsquo;Administration f&eacute;d&eacute;rale, anim&eacute;e elle-m&ecirc;me d&rsquo;un fort patriotisme global. <br /> <br /> La zone euro au contraire n&rsquo;est pas une zone &eacute;conomique et n&rsquo;est donc qu&rsquo;&agrave; peine une zone mon&eacute;taire. Les Etats sont en comp&eacute;tition permanente entre eux, ce qui exclue toute strat&eacute;gie coop&eacute;rative, en mati&egrave;re fiscale et sociale notamment. Il n&rsquo;existe pas de budgets europ&eacute;ens communs et donc pas de possibilit&eacute; de relance notamment par l&rsquo;investissement technologique et universitaire. Les d&eacute;cisions relatives aux prix des actifs et aux taux d&rsquo;endettement des m&eacute;nages rel&egrave;vent des banques nationales. Les r&eacute;formes destin&eacute;es &agrave; diminuer les d&eacute;ficits budg&eacute;taires et sociaux sont &eacute;galement de comp&eacute;tence nationale. Enfin, comme l&rsquo;on sait, il n&rsquo;y a pas encore de statut europ&eacute;en pour l&rsquo;entreprise et pour le contrat de travail. <br /> <br /> Dans ces conditions, on ne voit pas tr&egrave;s bien l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de s&rsquo;en prendre &agrave; la politique de taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t de la BCE. M&ecirc;me si celle-ci s&rsquo;effor&ccedil;ait de la rendre plus souple, en fonction de la conjoncture, elle interviendrait n&eacute;cessairement avec retard et en aggravant les disparit&eacute;s et conflits entre Etats europ&eacute;ens. Le vrai probl&egrave;me &agrave; r&eacute;soudre consiste &agrave; cr&eacute;er ce que nous appelons de nos v&oelig;ux, un gouvernement &eacute;conomique et politique de la zone euro, incluant au sein de fronti&egrave;res ext&eacute;rieures non perm&eacute;ables une harmonisation sociale, fiscale et du statut juridique des agents &eacute;conomiques, des politiques budg&eacute;taires et d&rsquo;aide au financement des investissements communes, le soutien &agrave; la mise en place de champions europ&eacute;ens dans les domaines strat&eacute;giques, de grandes politiques communes dans les domaines &eacute;mergents (espace, transports, &eacute;nergies). <br /> <br /> Patrick Artus, qui reste fondamentalement lib&eacute;ral, n&rsquo;&eacute;voque pas directement cette perspective. Mais la description qu&rsquo;il donne du monde globalis&eacute;, tel qu&rsquo;il se pr&eacute;sente actuellement et se d&eacute;veloppera inexorablement,&nbsp; pousse le lecteur &agrave; conclure que les Europ&eacute;ens n&rsquo;ont plus le choix. Les pays asiatiques, m&ecirc;me anim&eacute;s des meilleurs bonnes volont&eacute;s &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de l&rsquo;Europe, sont de v&eacute;ritables bombes pour cette derni&egrave;re : 600 millions de ch&ocirc;meurs en Chine (soit 600 millions de travailleurs potentiels au salaire de quelques dollars) mais aussi 300 millions d&rsquo;ing&eacute;nieurs, chercheurs et cadres de haut niveau.&nbsp; Si l&rsquo;Europe ne se constitue pas dans les meilleurs d&eacute;lais en Union politique, &eacute;conomique, budg&eacute;taire, mon&eacute;taire, socio-fiscale, si elle ne se dote pas imm&eacute;diatement d&rsquo;ambitieuses politiques de puissance technologique gag&eacute;es par des &eacute;conomies s&eacute;v&egrave;res dans les consommations somptuaires de produits import&eacute;s, elle n&rsquo;existera plus dans quelques ann&eacute;es. Ce qui parait une utopie aujourd'hui deviendra &eacute;vident dans quelques temps avec l'approfondissement de la crise environnementale mondiale&nbsp; A d&eacute;faut, l&rsquo;Allemagne si fi&egrave;re aujourd&rsquo;hui de sa balance commerciale positive, rejoindra l&rsquo;Italie, l&rsquo;Espagne, la France et les autres dans le club des Etats et des soci&eacute;t&eacute;s en faillite. <br /> <br /> Nous aimerions entendre le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique et ses divers conseillers tenir ce discours, fut-il consid&eacute;r&eacute; comme visionnaire, plut&ocirc;t que s&rsquo;en prendre au pr&eacute;sident de la BCE, qui n&rsquo;est qu&rsquo;un nain parmi les autres. <br /> <br /> <em>* Patrick Artus est membre du Cercle des Economistes et du Conseil d&rsquo;Analyse Economique. Ses nombreux articles et ouvrages analysent avec pertinence le ph&eacute;nom&egrave;ne de la mondialisation lib&eacute;rale et les r&eacute;ponses que tentent d&rsquo;&eacute;laborer les politiques &eacute;conomiques des gouvernements et des banques centrales. </em> Sun, 30 Sep 2007 23:00:00 GMT La coopération renforcée en matière de défense et de sécurité Européenne http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=240 240 <br />&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br /> <div align="justify">Pourquoi et comment coop&eacute;rer dans le domaine de la d&eacute;fense et de la s&eacute;curit&eacute; au sein de l&rsquo;Union Europ&eacute;enne? Telles sont les questions que l&rsquo;on doit se poser au moment o&ugrave; la CIG&nbsp; se penche sous pr&eacute;sidence Portugaise sur la r&eacute;daction du &laquo; trait&eacute; r&eacute;formateur &raquo; d&eacute;cid&eacute; par le Conseil Europ&eacute;en &agrave; Bruxelles les 21 et 22 juin 2007.<br /> <br /> Toutefois avant d&rsquo;apporter quelques &eacute;l&eacute;ments de r&eacute;ponse, il est n&eacute;cessaire de distinguer les deux termes &laquo; d&eacute;fense &raquo; et &laquo; s&eacute;curit&eacute; &raquo; qui sont ainsi associ&eacute;s et qui recouvrent cependant des concepts distincts. <br /> &nbsp;&nbsp; *&nbsp; La D&eacute;fense de l&rsquo;Europe consiste &agrave; garantir l&rsquo;int&eacute;grit&eacute; des territoires, la protection des populations et des int&eacute;r&ecirc;ts vitaux de la collectivit&eacute; Europ&eacute;enne contre toute agression arm&eacute;e venant de l&rsquo;ext&eacute;rieur. <br /> &nbsp;&nbsp;&nbsp; * La S&eacute;curit&eacute; de l&rsquo;Europe concerne la protection des populations contre des menaces qui ne sont pas strictement militaires et qui risquent d&rsquo;entraver ou d&rsquo;emp&ecirc;cher le d&eacute;roulement normal de la vie des citoyens et du fonctionnement des institutions. <br /> <br /> &nbsp;La notion de S&eacute;curit&eacute; rejoint d&rsquo;une certaine mani&egrave;re celle de D&eacute;fense lorsque les menaces viennent de l&rsquo;ext&eacute;rieur de l&rsquo;Union ou se situent en dehors de ses fronti&egrave;res. Traditionnellement, la D&eacute;fense rel&egrave;ve de l&rsquo;emploi des forces arm&eacute;es, la S&eacute;curit&eacute; de celui des services de police. Mais la mondialisation et l&rsquo;interd&eacute;pendance croissante des pays dans le monde ont cr&eacute;&eacute; de fait des zones grises dans lesquelles forces arm&eacute;es et services de police peuvent &ecirc;tre amen&eacute;s &agrave; conjuguer leurs efforts pour ma&icirc;triser des menaces qui ne se d&eacute;finissent plus par rapport aux fronti&egrave;res ou en r&eacute;f&eacute;rence au port d&rsquo;un uniforme.<br /> <br /> &nbsp;&nbsp; &nbsp;Cette mise au point &eacute;tant fa&icirc;te, il faut encore pr&eacute;ciser que la d&eacute;fense collective de l&rsquo;Europe est, en l&rsquo;&eacute;tat actuel des trait&eacute;s, assur&eacute;e par l&rsquo;OTAN pour les pays qui sont simultan&eacute;ment membres de l&rsquo;Union Europ&eacute;enne et de l&rsquo;Alliance Atlantique. L&rsquo;Europe de la d&eacute;fense se limite, en son &eacute;tat actuel, &agrave; assumer dans le cadre de la PESC des missions de type P&eacute;tersberg, ce qui n&rsquo;exclut nullement le domaine de la d&eacute;fense, mais s&rsquo;apparente le plus souvent &agrave; celui de la s&eacute;curit&eacute;. Il est donc l&eacute;gitime pour l&rsquo;Union Europ&eacute;enne de rassembler D&eacute;fense et S&eacute;curit&eacute; dans une m&ecirc;me politique, la PESD, au sein de la PESC.<br /> <strong><br /> Pourquoi coop&eacute;rer ? </strong><br /> <br /> &nbsp;1/ Pour des raisons d&rsquo;efficacit&eacute; op&eacute;rationnelle.<br /> &nbsp;Il est n&eacute;cessaire de disposer au moins de proc&eacute;dures op&eacute;rationnelles communes et de syst&ecirc;mes interop&eacute;rables. <br /> &nbsp;Il est souhaitable pour atteindre cet objectif d&rsquo;efficacit&eacute; op&eacute;rationnelle de se fixer des crit&egrave;res chiffr&eacute;s, par exemple en ce qui concerne les capacit&eacute;s de commandement, le soutien logistique&nbsp; ou m&ecirc;me le niveau d&rsquo;int&eacute;gration des forces.<br /> &nbsp; <br /> &nbsp;2/ Au plan &eacute;conomique et industriel, il est clair que des programmes communs d&rsquo;&eacute;quipement fond&eacute;s sur une recherche de d&eacute;fense commune et r&eacute;alis&eacute;s par une Base Industrielle et Technologique de D&eacute;fense (BITD) Europ&eacute;enne, comp&eacute;titive &eacute;conomiquement et techniquement, permettra d&rsquo;atteindre un niveau optimum d&rsquo;efficacit&eacute; en mati&egrave;re d&rsquo;&eacute;quipements de d&eacute;fense.<br /> C&rsquo;est bien l&rsquo;objectif majeur de l&rsquo;Agence Europ&eacute;enne de D&eacute;fense que d&rsquo;harmoniser les besoins, de rationaliser et d&rsquo;optimiser l&rsquo;effort de R et D de d&eacute;fense, de conforter l&rsquo;outil industriel et de r&eacute;aliser un v&eacute;ritable march&eacute; commun de la d&eacute;fense en Europe.<br /> <br /> <br /> <strong>Comment coop&eacute;rer ?</strong><br /> <br /> Au-del&agrave; des d&eacute;clarations de principe dont la finalit&eacute; politique sert parfois d&rsquo;alibi, il est n&eacute;cessaire de d&eacute;finir un mode op&eacute;ratoire de la coop&eacute;ration au sein de l&rsquo;Union. <br /> Jusqu&rsquo;&agrave; pr&eacute;sent, des coop&eacute;rations se sont instaur&eacute;es dans le cadre intergouvernemental et ont abouti de fait &agrave; des r&eacute;alisations multilat&eacute;rales, notamment en mati&egrave;re d&rsquo;armement.<br /> <br /> La coop&eacute;ration op&eacute;rationnelle a pris la dimension communautaire dans l&rsquo;adoption des Headline Goals 2003, puis 2010, par le Conseil Europ&eacute;en et s&rsquo;exprime de plus en plus fr&eacute;quemment dans des op&eacute;rations men&eacute;es sous responsabilit&eacute;&nbsp; de l&rsquo;UE et planifi&eacute;es par l&rsquo;Etat-major de l&rsquo;UE. Si les op&eacute;rations ext&eacute;rieures de l&rsquo;Union Europ&eacute;enne rev&ecirc;tent le plus souvent un caract&egrave;re relativement modeste au regard des capacit&eacute;s globales des pays de l&rsquo;Union, elles n&rsquo;en sont pas moins significatives de la mont&eacute;e en puissance de l&rsquo;Europe de la D&eacute;fense.<br /> &nbsp;&nbsp;&nbsp; <br /> La coop&eacute;ration technique et industrielle s&rsquo;exprime pour sa part dans l&rsquo;activit&eacute; de l&rsquo;Agence Europ&eacute;enne de D&eacute;fense (AED) et il serait pr&eacute;matur&eacute; de tirer des conclusions r&eacute;ellement significatives de ses 2 premi&egrave;res ann&eacute;es de fonctionnement. Tout au plus peut on dire que la quasi-totalit&eacute; des pays de l&rsquo;Union a manifest&eacute; un int&eacute;r&ecirc;t &agrave; participer &agrave; l&rsquo;organisme, mais que, au-del&agrave; des d&eacute;clarations d&rsquo;intention, la volont&eacute; r&eacute;elle de participation &agrave; l&rsquo;effort commun d&rsquo;investissement est encore incertaine, en tous cas se concr&eacute;tise de fa&ccedil;on tr&egrave;s in&eacute;gale. Force est de constater que la position de la Grande-Bretagne en ce domaine est particuli&egrave;rement &eacute;quivoque&hellip;<br /> <br /> <strong>Quelles lignes directrices sugg&eacute;rer pour le Trait&eacute; R&eacute;formateur ?</strong><br /> <br /> Il s&rsquo;agit essentiellement de prendre en compte la volont&eacute; de certains Etats membres d&rsquo;aller plus avant dans la coop&eacute;ration en mati&egrave;re de d&eacute;fense. Cette volont&eacute; ne doit pas &ecirc;tre entrav&eacute;e par des pays moins sensibilis&eacute;s ou moins d&eacute;cid&eacute;s &agrave; aller vite et loin dans l&rsquo;int&eacute;gration des forces et dans l&rsquo;optimisation de l&rsquo;effort commun de d&eacute;fense. C&rsquo;est dans cette perspective qu&rsquo;avait &eacute;t&eacute; con&ccedil;ue la Coop&eacute;ration Structur&eacute;e Permanente inscrite dans le projet de Trait&eacute; Constitutionnel, d&eacute;sormais &eacute;cart&eacute;.<br /> <br /> ll faut pourtant, nous semble-t-il, reprendre l&rsquo;esprit de l&rsquo;article I-41 &sect; 6&nbsp; de ce texte qui, tout en institutionnalisant une structure permanente de coop&eacute;ration entre les Etats ayant la volont&eacute; et la capacit&eacute; de coop&eacute;rer efficacement, laissait la porte ouverte aux pays qui auraient souhait&eacute; y adh&eacute;rer &agrave; terme.<br /> Il ne s&rsquo;agit &eacute;videmment pas de cr&eacute;er une sorte de club ferm&eacute; qui aurait le monopole de la d&eacute;fense et de la s&eacute;curit&eacute; de l&rsquo;Union et il ne saurait &ecirc;tre question d&rsquo;&eacute;carter les petits pays ou ceux qui, en raison du niveau modeste de leurs capacit&eacute;s, ne peuvent&nbsp; pour des raisons politiques ou &eacute;conomiques&nbsp; faire un effort plus significatif dans l&rsquo;imm&eacute;diat. En revanche, il s&rsquo;agit d&rsquo;inciter par effet d&rsquo;entra&icirc;nement tous les pays &agrave; faire, dans la mesure de leurs moyens propres, les efforts n&eacute;cessaires pour, &agrave; plus ou moins long terme, raccrocher le train d&rsquo;une d&eacute;fense et d&rsquo;une s&eacute;curit&eacute; commune plus efficace.<br /> <br /> Cela suppose que l&rsquo;on ouvre dans le futur trait&eacute; r&eacute;formateur aux pays membres qui le souhaitent une possibilit&eacute; de Coop&eacute;ration Renforc&eacute;e, au sein d&rsquo;une structure bien d&eacute;finie, tout en laissant tr&egrave;s ouvertes les conditions d&rsquo;acc&egrave;s &agrave; cette structure. Il serait particuli&egrave;rement souhaitable de joindre au trait&eacute; un protocole qui&nbsp; pr&eacute;ciserait clairement les conditions d&rsquo;acc&egrave;s &agrave; cette Coop&eacute;ration Renforc&eacute;e, sp&eacute;cifique &agrave; la D&eacute;fense et &agrave; la S&eacute;curit&eacute;, en d&eacute;finissant des crit&egrave;res chiffr&eacute;s. Ceux-ci pourraient &ecirc;tre en premier lieu d&rsquo;ordre op&eacute;rationnel, notamment en mati&egrave;re d&rsquo;interop&eacute;rabilit&eacute; des syst&egrave;mes d&rsquo;information et de commandement ou des moyens de projection. D&rsquo;autres crit&egrave;res pourraient &ecirc;tre d&rsquo;ordre financier, &eacute;conomique ou industriel, par exemple le niveau de l&rsquo;effort de d&eacute;fense et de s&eacute;curit&eacute; rapport&eacute; au PIB, le niveau de participation aux travaux de l&rsquo;AED ou encore celui de l&rsquo;effort budg&eacute;taire de R et D de d&eacute;fense.<br /> <br /> Telles sont quelques pistes de r&eacute;flexion que PanEurope-France propose aux membres de la CIG afin de donner un nouvel &eacute;lan &agrave; la coop&eacute;ration&nbsp; de d&eacute;fense et de s&eacute;curit&eacute; au travers du trait&eacute; r&eacute;formateur en cours d&rsquo;&eacute;laboration. Il s&rsquo;agit en fait de ne pas s&rsquo;en tenir au signe ind&eacute;niablement tr&egrave;s symbolique du d&eacute;fil&eacute; Europ&eacute;en du 14 juillet 2007 et de transformer l&rsquo;essai pour construire une v&eacute;ritable d&eacute;fense Europ&eacute;enne.<br /> </div> Sun, 30 Sep 2007 23:00:00 GMT Pour une Ligue Européenne de l'Espace. http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=250 250 <br /><br /> Dans un article tr&egrave;s incisif du Figaro du 21 septembre dernier, intitul&eacute; &laquo; <em>L&rsquo;ambition spatiale europ&eacute;enne : dernier appel avant extinction de voix. </em>&raquo;, Fran&ccedil;ois Auque,&nbsp; Pr&eacute;sident d&rsquo;EADS Astrium, met en &eacute;vidence l&rsquo;&eacute;tat de d&eacute;sh&eacute;rence dans lequel se trouve aujourd&rsquo;hui la politique spatiale de l&rsquo;Union Europ&eacute;enne.<br /> <br /> Nouveau cri d&rsquo;alarme, sa prise de position s&rsquo;inscrit dans une s&eacute;rie d&rsquo;interventions, de rapports, de colloques auxquels Paneurope &agrave; largement pris sa part depuis plusieurs ann&eacute;es. Rappelons notamment le dernier d&rsquo;entre eux, un Colloque organis&eacute; &agrave; Toulouse le 17 novembre 2006 (1) .<br /> <br /> Le drame de cette politique, c&rsquo;est que l&rsquo;opinion publique, subjugu&eacute;e, notamment , par les succ&egrave;s r&eacute;p&eacute;t&eacute;s et parfaitement m&eacute;diatis&eacute;s d&rsquo;Ariane, ne se rend pas compte&nbsp; que ces succ&egrave;s sont le r&eacute;sultat d&rsquo;une politique lanc&eacute;e il y a pr&egrave;s de quarante ans, politique dont la rel&egrave;ve concernant&nbsp; les d&eacute;cennies &agrave; venir n&rsquo;est plus assur&eacute;e, faute de moyens, et en absence de volont&eacute; politique.<br /> <br /> Ceci est d&rsquo;autant plus inqui&eacute;tant que dans le m&ecirc;me temps les Etats-Unis, mais aussi la Chine, l&rsquo;Inde et bien entendu la Russie se dotent de programmes &agrave; long terme ambitieux.<br /> <br /> Tous ont, en effet, compris que la politique spatiale &eacute;tait l&rsquo;&eacute;l&eacute;ment clef de la puissance de l&rsquo;ind&eacute;pendance et de la souverainet&eacute; et qu&rsquo;elle &eacute;tait l&rsquo;un des instruments majeurs de la comp&eacute;tition multipolaire qui marque ce d&eacute;but du XXI &egrave;me si&egrave;cle.<br /> <br /> Nous consid&eacute;rons, au sein du mouvement paneurop&eacute;en, et tout particuli&egrave;rement au sein de&nbsp; Paneurope France&nbsp; mais aussi de&nbsp; Paneuropa-Union Deutschland que le moment est venu de saisir et d&rsquo;informer l&rsquo;opinion publique europ&eacute;enne de la n&eacute;cessit&eacute; vitale pour l&rsquo;Union d&rsquo;une relance extr&ecirc;mement volontariste&nbsp; de cette politique. <br /> <br /> Nous avons toujours &eacute;t&eacute; convaincu, en effet, que, dans ces domaines d&rsquo;ind&eacute;pendance et de souverainet&eacute;, le&nbsp; soutien massif et organis&eacute;, pour ne pas dire la pression, de l&rsquo;opinion &eacute;tait indispensable.<br /> <br /> On &agrave; de bonnes raisons de s&rsquo;inqui&eacute;ter lorsque l&rsquo;on voit que, pour &eacute;viter le naufrage de Galileo,&nbsp; programme spatial d&eacute;cisif pour notre avenir, Jacques Barrot est oblig&eacute; de recourir &agrave; des exp&eacute;dients en proposant de puiser dans les cr&eacute;dits non utilis&eacute;s de la Politique Agricole Commune les 2,4 milliards d&rsquo;Euros n&eacute;cessaire au financement des infrastructures du projet. Saluons &agrave; cette occasion&nbsp; le&nbsp; courage et la lucidit&eacute; du vice-pr&eacute;sident de la Commission.<br /> <br /> Face &agrave; une situation qu&rsquo;il ne faut pas h&eacute;siter &agrave; qualifier de dramatique, Paneurope France propose la cr&eacute;ation d&rsquo;une&nbsp; &laquo; <strong>Ligue Europ&eacute;enne de l&rsquo;Espace </strong>&raquo; destin&eacute;e &agrave; mobiliser en profondeur l&rsquo;opinion publique europ&eacute;enne.<br /> <br /> Cette ligue devrait rassembler, dans un vaste &eacute;lan paneurop&eacute;en, toutes celles et ceux : membres de la soci&eacute;t&eacute; civile, responsables politiques &eacute;conomiques ou syndicaux, industriels,&nbsp; chercheurs, universitaires, intellectuels, qui pensent, comme l&rsquo;ont rappel&eacute; Christian Cabal et Henri Revol, en f&eacute;vrier dernier, au nom de l&rsquo;Office parlementaire d&rsquo;&eacute;valuation des choix scientifiques et technologiques, qu&rsquo;il n&rsquo;existe, en ce domaine, pour les Europ&eacute;ens, pas d&rsquo;autre choix que celui de l&rsquo;audace ou du d&eacute;clin.<br /> <br /> <br /> <br /> Sun, 30 Sep 2007 23:00:00 GMT Le colloque de Rome http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=236 236 <br /><br /> Nous les Europ&eacute;ens , qui sommes-nous , que voulons-nous ? Telles sont principalement les questions auxquelles le Colloque de Rome aura &agrave; r&eacute;pondre . Sont convi&eacute;s dans la Ville Eternelle , avec les Paneurop&eacute;ens , tous ceux qui partagent notre curiosit&eacute; et notre impatience , pour que puisse s'identifier et se projeter dans l'avenir &quot; l' Homme Europ&eacute;en &quot; .<br /> <br /> Venant de toute la Grande Europe , les intervenants , de convictions et d'engagements diff&eacute;rents , auront la mission de contribuer &agrave; l' &eacute;laboration d'une identit&eacute; europ&eacute;enne , enracin&eacute;e dans la diversit&eacute; de notre histoire et de nos cultures et d&eacute;termin&eacute;e &agrave;&nbsp; exister dans la mondialisation .<br /> &nbsp;<br /> Pourra s'inscrire gratuitement &agrave; ce colloque , dans la limite des places disponibles , toute personne adh&eacute;rente &agrave; un des Comit&eacute;s Paneurop&eacute;ens ou invit&eacute;e personnelle d'un intervenant .<br /> &nbsp; Fri, 14 Sep 2007 23:00:00 GMT L'Union méditerranéenne&#160;: nouvelle politique arabe&#160;? http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=223 223 <img src="http://www.pan-europe.org/v2/repimg/20070904151811_200_carte_europe.jpg" align="left" alt="photo" title="" border="0" /><br /><br /> <font color="#800000"><em>Jamil Abou ASSI est doctorant &agrave; l&rsquo;institut d&rsquo;Etudes Europ&eacute;ennes, Universit&eacute; Paris VIII. Il a bien voulu nous confier la r&eacute;&eacute;dition de l'article ci-dessus, pr&eacute;c&eacute;demment mis en ligne dans le journal en ligne AgoraVox du 3 septembre 2007.<br /> Sp&eacute;cialiste du Moyen Orient, il a publi&eacute; les travaux suivants:<br /> *&nbsp;&nbsp; Pour une troisi&egrave;me r&eacute;publique au Liban, www.rue89.com, 3 Septembre 2007.<br /> *&nbsp;&nbsp; La politique &eacute;trang&egrave;re iranienne en Asie : r&eacute;alisme strat&eacute;gique ou assise id&eacute;ologique chiite, www.agoravox.fr, 29 Ao&ucirc;t 2007.<br /> *&nbsp;&nbsp; Le g&eacute;n&eacute;ral Aoun, les maronites et la R&eacute;publique Libanaise, www.rue89.com, 11 Ao&ucirc;t 2007. <br /> *&nbsp; &laquo; Les Libanais doivent se lib&eacute;rer de la tutelle libanaise &raquo;, L&rsquo;Orient Le Jour, 21 juillet 2007.<br /> *&nbsp; Contribution &agrave; l&rsquo;&eacute;tude strat&eacute;gique &laquo; La question de la marja&rsquo;iyya chiite &raquo;, sous la direction du chercheur Barah Mika&iuml;l, Institut de Relations Internationales et Strat&eacute;giques (IRIS), 2006.</em><br /> </font><br /> <div align="justify">Dans son discours pr&eacute;sidentiel du 16 mai 2007, le pr&eacute;sident fran&ccedil;ais Nicolas Sarkozy a consacr&eacute; une grande partie &agrave; la politique &eacute;trang&egrave;re, pourtant absente de la campagne pr&eacute;sidentielle. Deux volets ont &eacute;t&eacute; cit&eacute;s : la relation avec les Etats-Unis et la cr&eacute;ation d&rsquo;une Union m&eacute;diterran&eacute;enne sur la base du trait&eacute; de Rome constituant l&rsquo;Union europ&eacute;enne. <br /> <br /> Cette initiative qui comporte la cr&eacute;ation d&rsquo;une banque m&eacute;diterran&eacute;enne d&rsquo;investissement, la tenue de sommets p&eacute;riodiques et d&rsquo;un Conseil de la M&eacute;diterran&eacute;e a &eacute;t&eacute; re&ccedil;ue favorablement tant par les pays du sud de la M&eacute;diterran&eacute;e que par les pays europ&eacute;ens concern&eacute;s comme la Gr&egrave;ce et le Portugal. C&ocirc;t&eacute; Commission europ&eacute;enne, on redoute une concurrence avec la politique europ&eacute;enne de voisinage (PEV), h&eacute;ritage d&rsquo;un processus de Barcelone au point mort en raison du conflit isra&eacute;lo-palestinien. <br /> <br /> Or, la politique m&eacute;diterran&eacute;enne de l&rsquo;Europe, a &eacute;t&eacute; souvent le domaine presque exclusif de la France en raison des relations historiques de la France avec ses colonies au Maghreb et les pays sous son mandat au Moyen-Orient. Cette politique connue sous le nom de &laquo; politique arabe de la France &raquo; a &eacute;t&eacute; affaiblie au d&eacute;but des ann&eacute;es 1990 en raison de l&rsquo;engagement de l&rsquo;Union europ&eacute;enne dans un processus de coop&eacute;ration avec les pays du sud de la M&eacute;diterran&eacute;e et d&rsquo;une certaine h&eacute;g&eacute;monie am&eacute;ricaine dans la r&eacute;gion. <br /> <strong><br /> Le processus de Barcelone</strong><br /> <br /> En 1995, le processus de Barcelone a &eacute;t&eacute; cr&eacute;&eacute; dans le dessein de rapprocher les deux rives de la M&eacute;diterran&eacute;e en utilisant comme crit&egrave;re de rapprochement l&rsquo;&eacute;conomie, mais dix ans apr&egrave;s le processus, on observe des baisses des &eacute;changes commerciaux et des politiques de subventions qui emp&ecirc;chent une concurrence &eacute;quitable. <br /> <br /> En effet, l&rsquo;&eacute;valuation du programme EUROMED par les journalistes, lobbyistes et universitaires est sceptique. Les principales critiques du Partenariat EUROMED (PEM) portent sur le fait que la lib&eacute;ralisation &eacute;conomique encadr&eacute;e a peu aid&eacute; les pays du sud dont les PIB atteignent &agrave; peine 18 % de ceux des Etats de l&rsquo;Union europ&eacute;enne. <br /> <br /> L&rsquo;organisation des Amis de la Terre au Moyen-Orient (FoEME) met elle l&rsquo;accent sur l&rsquo;importance de l&rsquo;agriculture, qui n&rsquo;est pas r&eacute;gie dans ces pays par les m&ecirc;mes accords commerciaux que ceux pr&eacute;sidant &agrave; l&rsquo;&eacute;change de biens manufactur&eacute;s. La plupart des produits agricoles en provenance de la zone m&eacute;diterran&eacute;enne, lorsqu&rsquo;ils sont moins chers que les produits de l&rsquo;UE, sont sujets aux restrictions de la PAC. Les barri&egrave;res tarifaires des fruits et l&eacute;gumes varient selon les produits et les saisons, avec un prix plus &eacute;lev&eacute; impos&eacute; durant les p&eacute;riodes o&ugrave; les importations communautaires sont susceptibles d&rsquo;entrer en comp&eacute;tition avec les produits locaux. <br /> <br /> Mais le Partenariat n&rsquo;a pas simplement &eacute;chou&eacute; dans le volet agricole de ses objectifs &eacute;conomiques. En mati&egrave;re de commerce et d&rsquo;investissements &eacute;trangers directs (IDE), le processus de Barcelone n&rsquo;a eu que peu de cons&eacute;quences. Entre 1995 et 2003, la part globale de l&rsquo;UE dans les importations et exportations en direction de ses partenaires m&eacute;diterran&eacute;ens a chut&eacute;. <br /> <br /> Ces statistiques conduisent &agrave; une autre critique du processus de Barcelone, &eacute;mise cette fois par les dirigeants des pays du sud eux-m&ecirc;mes. Ceux-ci ont l&rsquo;impression que l&rsquo;Union europ&eacute;enne a laiss&eacute; les pays du PEM sur le bas-c&ocirc;t&eacute; afin de consacrer tous leurs efforts &agrave; l&rsquo;&eacute;largissement vers l&rsquo;est. Une remarque qui se justifie &agrave; beaucoup d&rsquo;&eacute;gards : l&rsquo;UE a ainsi consacr&eacute; une grande majorit&eacute; de son aide technique et financi&egrave;re &agrave; aider ses futurs Etats membres. En 2003, Bruxelles attribuait environ 545 &euro; par citoyen &agrave; chaque pays entrant alors qu&rsquo;elle ne donnait que 14 &euro; &agrave; ceux de la zone EUROMED. <br /> <br /> C&ocirc;t&eacute; fran&ccedil;ais, on observe le m&ecirc;me constat d&rsquo;&eacute;chec de ce qu&rsquo;on appelle &laquo; la politique arabe de la France &raquo;. Le blocage du processus de paix isra&eacute;lo- palestinien, les divergences strat&eacute;giques franco-am&eacute;ricaines sur la guerre d&rsquo;Irak et la crise politique libanaise sont autant d&rsquo;exemples d&rsquo;une politique &eacute;trang&egrave;re fran&ccedil;aise bloqu&eacute;e et qui, avec l&rsquo;assassinat du Premier Ministre libanais Hariri, a pris une tournure &agrave; caract&egrave;re personnel privil&eacute;giant le choix d&rsquo;une isolation de la Syrie pourtant acteur majeur de la r&eacute;gion. <br /> <br /> Est-ce qu&rsquo;on peut consid&eacute;rer l&rsquo;Union m&eacute;diterran&eacute;enne comme un retour au realpolitik de la politique &eacute;trang&egrave;re fran&ccedil;aise ? La complexit&eacute; des relations internationales et les nouveaux d&eacute;fis mondiaux notamment au Moyen-Orient n&eacute;cessitent une nouvelle approche de la gestion des dossiers internationaux. L&rsquo;action du nouveau gouvernement au Liban, dans le Darfour ou la relation avec la Syrie montrent une certaine continuit&eacute; avec l&rsquo;&egrave;re chiraquienne. L&rsquo;affaire des infirmi&egrave;res bulgares confirme une certaine continuit&eacute; plut&ocirc;t qu&rsquo;une rupture dans la politique &eacute;trang&egrave;re fran&ccedil;aise. <br /> <br /> <strong>Les dossiers attendant le pr&eacute;sident Sarkozy</strong><br /> <br /> Mais cette continuit&eacute; risque bien d&rsquo;&ecirc;tre rompue, le pr&eacute;sident Sarkozy sera confront&eacute; d&egrave;s la rentr&eacute;e &agrave; plusieurs dossiers dans cette r&eacute;gion, et son action sera suivie et d&eacute;crypt&eacute;e dans tous les centres du pouvoir r&eacute;gionaux et internationaux : <br /> <br /> <strong><font size="4">*</font> </strong>Les &eacute;lections pr&eacute;sidentielles libanaises : les tractations interlibanaises ont bien commenc&eacute;, et l&rsquo;on parle d&eacute;j&agrave; d&rsquo;un consensus autour de la personne du chef d&rsquo;&eacute;tat-major de l&rsquo;arm&eacute;e libanaise. Le r&ocirc;le de la France, qui a d&eacute;j&agrave; accueilli une conf&eacute;rence libanaise en juillet, doit &ecirc;tre de consolider un consensus en privil&eacute;giant un traitement &eacute;gal des deux coalitions protagonistes de la sc&egrave;ne libanaise. Le dialogue officieux avec la Syrie est d&eacute;j&agrave; engag&eacute;, on peut s&rsquo;attendre &agrave; un renforcement de dialogue sans pour autant envisager une normalisation de la relation franco-syrienne. <br /> <br /> <font size="4"><strong>*&nbsp;</strong></font> Un autre dossier, auquel la situation libanaise est indirectement li&eacute;e, est le dossier complexe du nucl&eacute;aire iranien. C&rsquo;est le principal dossier sur lequel M. Sarkozy sera attendu sur sa politique &eacute;trang&egrave;re. La France doit faire en sorte de ramener l&rsquo;Iran &agrave; la raison : l&rsquo;affaiblissement du pr&eacute;sident Bush et les difficult&eacute;s &eacute;conomiques de l&rsquo;Iran aidant &agrave; une solution du compromis, qui pourrait d&eacute;boucher sur une relative stabilisation de l&rsquo;Irak. Le renforcement du r&ocirc;le de l&rsquo;ONU en Irak est un signe avant-coureur d&rsquo;un tel changement. <br /> <br /> <font size="4"><strong>* </strong></font>Le dossier isra&eacute;lo-palestinien reste la question &eacute;pineuse qui est loin d&rsquo;&ecirc;tre r&eacute;solue. Les difficult&eacute;s du gouvernement Olmert et de la pr&eacute;sidence palestinienne ne facilitent pas la t&acirc;che d&rsquo;une stabilisation. Mais on peut envisager une conf&eacute;rence multilat&eacute;rale qui peut apaiser les tensions et pr&eacute;parer le terrain pour un retour au dialogue. <br /> <br /> <strong><font size="4">*</font></strong> Du c&ocirc;t&eacute; maghr&eacute;bin et africain, la probl&eacute;matique est diff&eacute;rente : il s&rsquo;agit de deux questions majeures : la lutte contre le terrorisme et la question de l&rsquo;immigration. C&rsquo;est l&agrave; que le projet de l&rsquo;Union m&eacute;diterran&eacute;enne prend son importance ; les r&eacute;cents voyages du pr&eacute;sident fran&ccedil;ais ont montr&eacute; une r&eacute;action positive de ces pays qui, on doit le dire, restent r&eacute;ticents sur quelques points notamment sur le projet de l&rsquo;immigration choisie. <br /> <br /> <strong><font size="4">* </font></strong>La pr&eacute;sidence fran&ccedil;aise ne doit pas non plus oublier la question du Darfour, et la n&eacute;cessit&eacute; de r&eacute;soudre un conflit du moins dans son volet humanitaire. <br /> <br /> Les dossiers cit&eacute;s ci-dessus sont au c&oelig;ur du projet de l&rsquo;Union m&eacute;diterran&eacute;enne et par cons&eacute;quent doivent &ecirc;tre trait&eacute;s en concertation avec les partenaires de la France. La pr&eacute;sidence fran&ccedil;aise de l&rsquo;Union europ&eacute;enne en janvier 2008 est une occasion parfaite &agrave; saisir pour concr&eacute;tiser un projet vital pour l&rsquo;Europe et son environnement. <br /> <br /> L&rsquo;exp&eacute;rience avort&eacute;e du processus de Barcelone a montr&eacute; les limites d&rsquo;une coop&eacute;ration &eacute;conomique sans concertation politique, pour cela le pr&eacute;sident Sarkozy doit &ecirc;tre encourag&eacute; par ses partenaires europ&eacute;ens et arabes &agrave; concr&eacute;tiser son projet, car au final, l&rsquo;Union m&eacute;diterran&eacute;enne n&rsquo;est ni une &laquo; politique arabe de la France &raquo;, ni une politique m&eacute;diterran&eacute;enne de l&rsquo;Europe, c&rsquo;est une nouvelle approche de coop&eacute;ration entre deux blocs dans un monde globalis&eacute;. <br /> </div> Fri, 14 Sep 2007 23:00:00 GMT Union méditerranéenne. Quelques réactions http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=224 224 <br /><br /> <div align="justify"><span style="">La visite du pr&eacute;sident fran&ccedil;ais dans les pays du Maghreb qui a &eacute;t&eacute; suivi par une autre visite des principaux &eacute;tats africains s&rsquo;inscrit dans une d&eacute;marche visant &agrave; promouvoir le projet de l&rsquo;Union M&eacute;diterran&eacute;enne d&eacute;velopp&eacute; dans le discours pr&eacute;sidentiel du 16 Mai 2007.</span> <br /> <br /> <br /> </div> <p align="justify"><span style="">Cette initiative fran&ccedil;aise a &eacute;t&eacute; entreprise pour mesurer la r&eacute;action des pays concern&eacute;s en profitant de la pr&eacute;sence de onze pays, principalement la Turquie et le Portugal. La Turquie, pour sa r&eacute;ticence &agrave; l&rsquo;id&eacute;e d&rsquo;un projet qui le consid&egrave;re comme une man&oelig;uvre fran&ccedil;aise de blocage des n&eacute;gociations de son adh&eacute;sion &agrave; l&rsquo;Union Europ&eacute;enne, et le Portugal, comme principal pays favorable &agrave; une telle initiative, et pr&eacute;sident en exercice de l&rsquo;Union Europ&eacute;enne. En effet, certains pays europ&eacute;ens ont &eacute;mis des r&eacute;serves sur le projet fran&ccedil;ais, ils le consid&egrave;rent comme une initiative fran&ccedil;aise visant &agrave; concurrencer la politique europ&eacute;enne de voisinage (PEV) .</span><br /> </p> <p align="justify"><br /> </p> <div align="justify"> </div> <p align="justify"><span style="">Ce qui est remarquable dans le projet fran&ccedil;ais est le haut degr&eacute; de coop&eacute;ration par rapport au processus de Barcelone initi&eacute; en 1995. On passe d&rsquo;une coop&eacute;ration &agrave; une Union, en d&rsquo;autres termes, le projet fran&ccedil;ais &eacute;tablit un dialogue d&rsquo;&eacute;gal &agrave; &eacute;gal avec ses partenaires du sud, ce qui n&rsquo;&eacute;tait pas le cas, ni avec le processus de Barcelone, ni avec la politique europ&eacute;enne de voisinage&nbsp;(PEV).<br /> </span><br /> <br /> </p> <div align="justify"> </div> <p align="justify"><span style="">C&rsquo;est ce point pr&eacute;cis qui a int&eacute;ress&eacute; les politiques et intellectuels de la rive sud de la M&eacute;diterran&eacute;e et qui a donn&eacute; une certaine l&eacute;gitimit&eacute; au projet fran&ccedil;ais&nbsp;: selon le chercheur tunisien Ahmad Wanis <em>(</em></span><em>Entretien accord&eacute; au journal londonien Al Hayat le 7 juillet 2007)</em> <span style="">le projet fran&ccedil;ais pourrait approfondir la coop&eacute;ration euro-m&eacute;diterran&eacute;enne et ajuster les erreurs commises dans le processus de Barcelone. Le chercheur Wanis, qui a &eacute;t&eacute; ambassadeur de la Tunisie en Russie et en Espagne, a expliqu&eacute; que cet &eacute;lan d&rsquo;optimisme est d&ucirc; &agrave; l&rsquo;id&eacute;e que le projet d&eacute;veloppe un syst&egrave;me identique &agrave; celui de l&rsquo;Union Europ&eacute;enne malgr&eacute; un contexte g&eacute;ographique et &eacute;conomique diff&eacute;rent, c&rsquo;est-&agrave;-dire on passe du stade de la coop&eacute;ration &agrave; un stade plus &eacute;lev&eacute; qui est l&rsquo;union. Cet avis est partag&eacute; par l&rsquo;ancien Premier Ministre alg&eacute;rien Ismail Hamdani qui a &eacute;mis quelques observations, notamment&nbsp;: une d&eacute;finition commune du terrorisme et sa diff&eacute;renciation de l&rsquo;islam, le d&eacute;veloppement durable et la lutte contre l&rsquo;immigration clandestine en s&rsquo;appuyant sur un syst&egrave;me de s&eacute;curit&eacute; collective.</span></p> <div align="justify"> </div> &nbsp; <div align="justify"> </div> <p align="justify"><span style="">M. Antonia Dias Farina, Secr&eacute;taire G&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;acad&eacute;mie des sciences politiques de Lisbonne <em>( </em></span><em>Entretien accord&eacute; au journal londonien Al Hayat le 7 juillet 2007)</em><span style="">, a quant &agrave; lui consid&eacute;r&eacute; que le projet fran&ccedil;ais serait la r&eacute;ponse id&eacute;ale aux crises g&eacute;opolitiques et &eacute;conomiques que traversent la r&eacute;gion et un moyen pour favoriser le dialogue des cultures entre les deux rives de la M&eacute;diterran&eacute;e.</span></p> <div align="justify"> </div> &nbsp; <div align="justify"> </div> <p align="justify"><span style="">D&rsquo;un autre c&ocirc;t&eacute;, l&rsquo;Union M&eacute;diterran&eacute;enne pourrait avoir les m&ecirc;mes blocages du processus de Barcelone ce qui pose la question des garanties &agrave; d&eacute;velopper pour &eacute;viter un tel &eacute;chec. Le chercheur Wanis argumente que l&rsquo;id&eacute;e de l&rsquo;union peut &eacute;viter un tel blocage, car elle construit une relation bilat&eacute;rale &agrave; un niveau sup&eacute;rieur du niveau de la coop&eacute;ration.</span></p> <div align="justify"> </div> &nbsp; <div align="justify"> </div> <p align="justify"><span style="">Quoiqu&rsquo;il en soit, sans une r&eacute;elle volont&eacute; europ&eacute;enne d&rsquo;engagement, on ne peut pas esp&eacute;rer un d&eacute;veloppement r&eacute;ussi d&rsquo;un tel projet, de plus il y a une responsabilit&eacute; des pays de la rive sud, qui n&rsquo;ont pas d&eacute;ploy&eacute; des efforts de r&eacute;forme comme c&rsquo;&eacute;tait le cas de l&rsquo;Europe de l&rsquo;Est qui a r&eacute;ussi son int&eacute;gration &agrave; l&rsquo;espace europ&eacute;en gr&acirc;ce &agrave; une r&eacute;forme structurelle de son &eacute;conomie et de son syst&egrave;me politique.</span></p> <div align="justify"> </div> &nbsp; <div align="justify"> </div> <p align="justify"><span style="">Le projet fran&ccedil;ais est b&acirc;ti sur une base solide qui prend en compte les &eacute;checs du processus de Barcelone. En effet, le projet de l&rsquo;Union M&eacute;diterran&eacute;enne est issu d&rsquo;un rapport d&rsquo;expert connu sous le nom du &laquo;Rapport Avicenne&nbsp;&raquo; qui a critiqu&eacute; l&rsquo;Union Europ&eacute;enne dans son application de la politique europ&eacute;enne de voisinage&nbsp;: le rapport reproche &agrave; la commission de privil&eacute;gier une int&eacute;gration rapide de l&rsquo;Europe de l&rsquo;Est en diminuant le degr&eacute; de coop&eacute;ration avec les pays de la rive sud de la M&eacute;diterran&eacute;e. (</span><em>Rapport Avicenne, Maghreb-Moyen Orient&nbsp;: Contribution pour une politique volontariste de la France, Avril 2007). </em><br /> </p> <div align="justify"> </div> &nbsp; <div align="justify"> </div> <p align="justify"><span style="">Parmi les pr&eacute;conisations du rapport, on trouve la n&eacute;cessit&eacute; du dialogue avec les islamistes mod&eacute;r&eacute;s sans pour autant dialoguer avec les int&eacute;gristes en privil&eacute;giant un contact direct avec les associations civiles plut&ocirc;t qu&rsquo;avec les institutions &eacute;tatiques. Ces pr&eacute;conisations s&rsquo;inscrivent dans une strat&eacute;gie d&rsquo;influence fran&ccedil;aise qui se d&eacute;veloppe sur un axe allant du bord du Bosphore en Turquie jusqu'aux c&ocirc;tes atlantiques en Mauritanie.</span></p> <div align="justify"> </div> &nbsp; <div align="justify"> </div> <p align="justify"><span style="">On peut se poser la question de la fiabilit&eacute; d&rsquo;un tel ambitieux projet. Les r&eacute;centes visites du pr&eacute;sident en Afrique du Nord et la r&eacute;solution tr&egrave;s m&eacute;diatique de l&rsquo;affaire des infirmi&egrave;res bulgares montre bien une certaine r&eacute;ussite du pr&eacute;sident fran&ccedil;ais. Reste &agrave; savoir si Paris arrivera &agrave; imposer sa vision de la coop&eacute;ration Nord-Sud tout en retrouvant son influence dans une r&eacute;gion strat&eacute;gique pour la France et pour l&rsquo;Europe.</span></p> Fri, 14 Sep 2007 23:00:00 GMT Contradictions internes à l'Europe http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=231 231 <br /><br /> <div align="justify">Les sp&eacute;cialistes craignent aujourd&rsquo;hui le d&eacute;clenchement d&rsquo;une r&eacute;cession&nbsp; frappant&nbsp; les &eacute;conomies occidentales et peut-&ecirc;tre par r&eacute;percussion l&rsquo;ensemble de l&rsquo;&eacute;conomie mondiale, ceci malgr&eacute; les forts taux de croissance des pays asiatiques. Les causes en seraient complexes et apparemment contradictoires: crise du cr&eacute;dit li&eacute;e &agrave; celle des pr&ecirc;ts hypoth&eacute;caires am&eacute;ricains, hausse du prix du p&eacute;trole, ph&eacute;nom&egrave;nes sp&eacute;culatifs li&eacute;s &agrave; l&rsquo;existence d&rsquo;&eacute;normes liquidit&eacute;s op&eacute;rant dans des paradis fiscaux et &agrave; la recherche de placements rapidement productifs,&nbsp; manque de comp&eacute;titivit&eacute; d&rsquo;un certain nombre d&rsquo;industries, r&eacute;actions malheureuses des banques centrales qui traitent la crise d&rsquo;aujourd&rsquo;hui par des m&eacute;thodes g&eacute;n&eacute;rant la crise de demain (1).<br /> <br /> Face &agrave; cette situation, on ne peut que d&eacute;plorer l&rsquo;inexistence d&rsquo;un gouvernement &eacute;conomique de l&rsquo;Europe, fut-il limit&eacute; &agrave; la zone euro, qui pourrait prendre des mesures globales permettant aux &eacute;conomies europ&eacute;ennes d&rsquo;affronter la crise d&rsquo;une fa&ccedil;on unie. La Banque centrale europ&eacute;enne n&rsquo;est pas juridiquement mandat&eacute;e pour ce faire et il n&rsquo;existe malheureusement aucune autorit&eacute; &eacute;conomique et financi&egrave;re europ&eacute;enne pouvant d&eacute;finir des politiques &eacute;conomiques et financi&egrave;res globales.<br /> <br /> Mais si cette autorit&eacute; existait, elle devrait disposer de moyens de pression consid&eacute;rables sur les gouvernements, car les situations sont profond&eacute;ment diff&eacute;rentes d&rsquo;un Etat &agrave; l&rsquo;autre. Les diff&eacute;rences sont d&rsquo;abord structurelles et ne peuvent donc &ecirc;tre r&eacute;sorb&eacute;es rapidement. On sait que face &agrave; la baisse du dollar obligeant &agrave; diminuer les prix de vente, les industries allemandes ou scandinaves maintiennent leur comp&eacute;titivit&eacute; gr&acirc;ce &agrave; un fort taux d&rsquo;innovation qui leur garantit, au moins momentan&eacute;ment, la fid&eacute;lit&eacute; de leurs clients. Les industries fran&ccedil;aises et italiennes vendent au contraire sur des march&eacute;s grand public o&ugrave; elles ont du mal &agrave; se distinguer de la concurrence asiatique.<br /> <br /> Les situations sont &eacute;galement diff&eacute;rentes en termes politiques. Chaque gouvernement d&eacute;fend d&rsquo;abord les int&eacute;r&ecirc;ts de ses &eacute;lecteurs. Peu lui importe que ces int&eacute;r&ecirc;ts viennent en contradiction avec ceux des autres pays europ&eacute;ens et que de ce fait une position europ&eacute;enne commune, qui devrait &ecirc;tre celle d&rsquo;une v&eacute;ritable Europe-puissance, ne puisse &ecirc;tre affich&eacute;e. Plus grave, il arrive que, par ce qu&rsquo;il faut bien appeler de la d&eacute;magogie &eacute;lectorale, certains gouvernements s&rsquo;isolent volontairement de la position commune et contribuent ainsi &agrave; l&rsquo;affaiblir. C&rsquo;est ce que les pays de la zone euro reprochent actuellement &agrave; la France. Le pr&eacute;sident a d&eacute;cid&eacute; d&rsquo;honorer la promesse pr&eacute;-&eacute;lectorale consistant &agrave; faire des cadeaux fiscaux aux propri&eacute;taires fonciers. Il encourage ainsi une demande qui se porte sur des produits g&eacute;n&eacute;ralement import&eacute;s au lieu d&rsquo;encourager les investissements en recherche susceptibles d&rsquo;am&eacute;liorer la comp&eacute;titivit&eacute; ext&eacute;rieure des industriels fran&ccedil;ais et les rendre ainsi moins sensibles aux variations des taux de change. Il peut difficilement ensuite demander &agrave; la BCE de baisser ses taux d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;ts pour favoriser les exportations. <br /> <br /> Ces diff&eacute;rences structurelles et politiques entre pays europ&eacute;ens paraissent impossibles &agrave; r&eacute;sorber rapidement &ndash; et encore n&rsquo;avons-nous pas mentionn&eacute; les diff&eacute;rences entre l&rsquo;Ouest et l&rsquo;Est de l&rsquo;Europe, plus profondes encore car s&rsquo;y ajoutent des dimensions id&eacute;ologiques bien illustr&eacute;es par les errements polonais des fr&egrave;res Kachinsky. Il s&rsquo;agit donc d&rsquo;un v&eacute;ritable casse-t&ecirc;te pour ceux qui voudraient que se construise rapidement une coh&eacute;rence. Un gouvernement &eacute;conomique, fut-il limit&eacute; &agrave; la zone euro, ne passerait-il pas tout son temps &agrave; essayer d&rsquo;arbitrer entre particularismes ? Ceci avec d&rsquo;autant moins de chances de succ&egrave;s qu&rsquo;il ne pourrait pas, comme les gouvernements nationaux, se pr&eacute;valoir de l&rsquo;autorit&eacute; du suffrage universel. <br /> <br /> Nous pensons pour notre part que la puissance politique et &eacute;conomique europ&eacute;enne ne se construira pas tant que les comportements actuels pourront se maintenir &laquo; <em>as usual </em>&raquo;. Autrement dit, seule une grande crise mondiale obligera les Europ&eacute;ens &agrave; resserrer les rangs, en leur montrant qu&rsquo;ils n&rsquo;auront aucune chance de survivre sans s&rsquo;unir v&eacute;ritablement. Faut-il alors appeler cette crise de nos v&oelig;ux, crise mon&eacute;taire, crise &eacute;conomique, crise environnementale, crise sociale&hellip;Peut-&ecirc;tre, si la conjonction de telles crises mettait en &eacute;vidence les voies sans issues dans lesquelles s&rsquo;enfonce actuellement l&rsquo;humanit&eacute;. L&rsquo;Europe en ce cas pourrait peut-&ecirc;tre r&eacute;agir la premi&egrave;re et sugg&eacute;rer quelques mod&egrave;les &agrave; suivre, comme semble le penser Hubert V&eacute;drine &agrave; la fin de son rapport. <br /> </div> <br /> Fri, 14 Sep 2007 23:00:00 GMT Pour un service militaire obligatoire européen http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=225 225 <br /><br /> Le service militaire ou&nbsp; conscription obligatoire a &eacute;t&eacute; violemment critiqu&eacute;, notamment dans un certain nombre de pays europ&eacute;ens ayant connu le poids des guerres mondiales et des guerres coloniales. Beaucoup de gouvernements y ont renonc&eacute;, notamment la France. Il parait donc&nbsp; de mauvais go&ucirc;t d&rsquo;en d&eacute;fendre le retour. Nous pensons cependant que les pays qui ont supprim&eacute; cette v&eacute;ritable institution, que ce soit pour des raisons d&rsquo;&eacute;conomie ou pour lutter contre un &eacute;ventuel retour de la militarisation de la soci&eacute;t&eacute;, n'en retirent aucun de ces deux r&eacute;sultats. Les d&eacute;g&acirc;ts r&eacute;sultant de l&rsquo;absence de moyens suffisants d&rsquo;intervention, militaires ou civils,&nbsp; sont et seront de plus en plus consid&eacute;rables. On voit ce qu&rsquo;ont co&ucirc;t&eacute; les derniers incendies de l&rsquo;&eacute;t&eacute; 2007 en Gr&egrave;ce. Quant &agrave; la militarisation, l&rsquo;existence d&rsquo;une arm&eacute;e de professionnels coup&eacute; du peuple peut en cas de crise politique toujours possible se r&eacute;v&eacute;ler dangereuse pour la d&eacute;mocratie.<br /> <br /> Nous pensons qu&rsquo;il convient de r&eacute;examiner aujourd&rsquo;hui la question, en renouvelant profond&eacute;ment la d&eacute;finition traditionnelle du service militaire. Dor&eacute;navant, les soci&eacute;t&eacute;s, qu&rsquo;elles soient d&eacute;velopp&eacute;es ou en d&eacute;veloppement, doivent r&eacute;soudre simultan&eacute;ment leurs probl&egrave;mes de d&eacute;fense et ceux, de plus en plus envahissants, li&eacute;s &agrave; la s&eacute;curit&eacute; civile (lutte contre les grands risques environnementaux et sanitaires) et &agrave; la s&eacute;curit&eacute; int&eacute;rieure (lutte contre les comportements criminels et les infiltrations hostiles). Pour cela, s&rsquo;orienter comme le font certains Etats (notamment les Etats-Unis) vers la professionnalisation des corps d&rsquo;intervention et surtout vers leur sous-traitance &agrave; des agences et soci&eacute;t&eacute;s priv&eacute;es, ne peut qu&rsquo;entra&icirc;ner un recul g&eacute;n&eacute;ral du sentiment de citoyennet&eacute;. La population toute enti&egrave;re, hommes et femmes r&eacute;unies, sans exemptions, devrait au contraire consacrer une partie de son temps &agrave; ces activit&eacute;s de d&eacute;fense, d&rsquo;abord pendant une p&eacute;riode initiale continue d&rsquo;au moins 18 mois puis par la suite au cours de p&eacute;riodes d&rsquo;entretien. Les appel&eacute;s apprendront dans ce cadre &agrave; utiliser de nombreuses techniques militaires et civiles qui leur serviront par ailleurs. Pour &eacute;viter la militarisation, l&rsquo;encadrement devrait &ecirc;tre en partie assur&eacute; par des responsables civils non professionnels. <br /> <br /> Enfin, pour pr&eacute;venir les tentations de retour &agrave; un nationalisme &eacute;troit, les corps ainsi constitu&eacute;s devront l&rsquo;&ecirc;tre au niveau d&rsquo;ensembles inter&eacute;tatiques ou r&eacute;gionaux, L&rsquo;exemple du service militaire en Suisse ou en Isra&euml;l peut &ecirc;tre &eacute;voqu&eacute;, mais nous aimerions qu&rsquo;il ne soit pas limit&eacute; &agrave; de petits Etats confront&eacute;s &agrave; des situations exceptionnelles. En ce qui concerne l&rsquo;Europe, par exemple, un service citoyen obligatoire (nous pr&eacute;f&eacute;rons ce terme &agrave; celui de service militaire comme &agrave; celui de service civil) exerc&eacute; au sein d&rsquo;unit&eacute;s multinationales europ&eacute;ennes, ajouterait &agrave; son r&ocirc;le en mati&egrave;re de s&eacute;curit&eacute;-d&eacute;fense un r&ocirc;le d&rsquo;int&eacute;gration consid&eacute;rable, m&ecirc;lant toutes les origines et toutes les appartenances. Il faudrait qu&rsquo;il soit con&ccedil;u dans la perspective d&rsquo;un v&eacute;ritable brassage social, g&eacute;ographique et linguistique dont les retomb&eacute;es en termes de conscience&nbsp; europ&eacute;enne partag&eacute;e seraient consid&eacute;rables.&nbsp; Fri, 14 Sep 2007 23:00:00 GMT Rapport sur la France et la mondialisation par Hubert Védrine http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=228 228 <br /><p align="justify">On sait qu&rsquo;Hubert V&eacute;drine, lorsqu&rsquo;il participait au gouvernement puis ensuite comme observateur ind&eacute;pendant, a toujours incarn&eacute; &ndash; et traduit dans les faits quand il le pouvait &ndash; ce qu&rsquo;il faut bien appeler la politique gaulliste de la France. Cette politique s&rsquo;est toujours traduite par le refus d&rsquo;inf&eacute;oder la politique &eacute;trang&egrave;re&nbsp;de la France &agrave; celle des Etats-Unis, la France ayant une personnalit&eacute; et des int&eacute;r&ecirc;ts propres &agrave; d&eacute;fendre. Elle a &eacute;t&eacute; illustr&eacute;e par des d&eacute;cisions de politiques industrielles qui constituent encore une des bases de la &laquo;&nbsp;puissance&nbsp;&raquo; fran&ccedil;aise. Elle s&rsquo;est traduite aussi &nbsp;par la sortie de la France de l&rsquo;Otan. Les gouvernements ayant succ&eacute;d&eacute; au gaullisme historique ont avec des hauts et des bas&nbsp;poursuivi la politique gaulliste, notamment dans la volont&eacute; de se d&eacute;marquer des Etats-Unis. C&rsquo;est ce que fit en particulier le pr&eacute;sident Chirac lors de l&rsquo;invasion de l&rsquo;Irak par l&rsquo;Am&eacute;rique.&nbsp;On sait aussi que cette politique gaulliste a &eacute;t&eacute; g&eacute;n&eacute;ralement bien comprise par l&rsquo;opinion et, tout au contraire, combattue avec plus ou moins de virulence par certaines &laquo;&nbsp;&eacute;lites&nbsp;&raquo; patronales et militaires fran&ccedil;aises gagn&eacute;es &agrave; la cause am&eacute;ricaine. Elle a &eacute;t&eacute; et demeure &eacute;galement combattue avec plus ou moins de d&eacute;termination par beaucoup de gouvernements europ&eacute;ens et par la Commission europ&eacute;enne. </p> <div align="justify"> </div> <p align="justify">Le rapport d&rsquo;Hubert V&eacute;drine propose une actualisation&nbsp;de cette politique gaulliste de la France, tenant compte de la situation internationale actuelle. Mais cette actualisation ne repr&eacute;sente en rien un d&eacute;but d&rsquo;abandon des principes fondateurs. Certes, il &eacute;voque diff&eacute;rentes solutions possibles, dont celle d&rsquo;un rapprochement avec les Etats-Unis. Mais il en met clairement les inconv&eacute;nients en &eacute;vidence.&nbsp;Il montre au contraire qu&rsquo;il est possible (et n&eacute;cessaire) de continuer &agrave; tracer une voie renfor&ccedil;ant le r&ocirc;le de la France dans le monde. Pour lui, cette voie, et c&rsquo;est ce qui nous int&eacute;resse particuli&egrave;rement &nbsp;ici, renforcera aussi le r&ocirc;le de l&rsquo;Europe, dans la perspective de faire d&rsquo;elle une puissance v&eacute;ritable dans le monde multipolaire. Sans cela, dit-il, l&rsquo;Europe ne pourra m&ecirc;me pas pr&eacute;tendre &ecirc;tre l&rsquo;un de ces p&ocirc;les. Mais la meilleure fa&ccedil;on pour la France de convaincre l&rsquo;Europe de la n&eacute;cessit&eacute; de la puissance ne consiste pas &agrave; n&eacute;gocier avec ses partenaires l&rsquo;abandon des positions traditionnelles de la diplomatie fran&ccedil;aise. Elle consiste au contraire &agrave; continuer &agrave; tracer sa voie en l&rsquo;approfondissant. </p> <div align="justify"> </div> <p align="justify">Nous n&rsquo;entrerons pas dans le d&eacute;tail des propositions qu&rsquo;il faut, r&eacute;p&eacute;tons-le, lire et m&eacute;diter. Bornons nous &agrave; dire qu&rsquo;en mati&egrave;re de mondialisation, Hubert V&eacute;drine demande que la France, appuy&eacute;e par l&rsquo;Europe, se comporte comme toutes les autres grandes puissances&nbsp;: reconna&icirc;tre le fait, ne pas refuser l&rsquo;&eacute;conomie de march&eacute;, mais <em>&laquo;&nbsp;conserver un c&oelig;ur de comp&eacute;tences, de souverainet&eacute;s et de responsabilit&eacute;s publiques&nbsp;&raquo;</em>.&nbsp;Nous pourrions parler dans un autre vocabulaire de n&eacute;o-colbertisme, capable de n&eacute;gocier de puissance &agrave; puissance, sur la base au minimum de la r&eacute;ciprocit&eacute;, les avantages consentis aux concurrents. On sait que l&rsquo;Union europ&eacute;enne ne dispose encore d&rsquo;aucun des instruments pour ce faire, ni en haut lieu de la volont&eacute; politique ad&eacute;quate. </p> <div align="justify"> </div> <p align="justify">Vis-&agrave;-vis des Etats-Unis, Hubert V&eacute;drine fait, en termes diplomatiques,&nbsp;une critique radicale des tentations actuelles de retour vers une plus grande proximit&eacute; de la politique fran&ccedil;aise &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de la politique am&eacute;ricaine. A fortiori, il montre que ceux qui conseillent un retour de la France dans l&rsquo;Otan ne tiennent pas compte des int&eacute;r&ecirc;ts de la France. Il montre les dangers d&rsquo;un tel retour, compte tenu notamment du fait que l&rsquo;Otan continue &agrave; mettre en &oelig;uvre sans discussion les d&eacute;cisions am&eacute;ricaines les plus dangereuses, concernant notamment la guerre en Afghanistan et l&rsquo;implantation d&rsquo;une base anti-missiles en Europe, dont le seul r&eacute;sultat sera de nous inf&eacute;oder &agrave; Washington dans sa volont&eacute; d&rsquo;&eacute;loigner l&rsquo;Europe de la Russie. Ni militairement ni politiquement, nous n&rsquo;en tirerions le moindre avantage. Il observe&nbsp;: &laquo;<em>Sur les &Eacute;tats-Unis cela donnerait &agrave; la France une influence comparable &agrave; celle des autres alli&eacute;s, c'est-&agrave;-dire quasi nulle.</em>&raquo;. </p> <div align="justify"> </div> <p align="justify">La solution, pour lui, rejoint celle que nous pr&eacute;conisons ici depuis longtemps. Il ne s&rsquo;agit pas de se borner &agrave; d&eacute;finir une politique fran&ccedil;aise ind&eacute;pendante. Il faut ancrer celle-ci dans une politique europ&eacute;enne elle-m&ecirc;me souveraine&nbsp;: b&acirc;tir une d&eacute;fense europ&eacute;enne autonome, n&eacute;gocier les relations avec les grands Etats, Russie et Chine notamment, sur la base des int&eacute;r&ecirc;ts europ&eacute;ens et non des int&eacute;r&ecirc;ts am&eacute;ricains, construire des politiques qui ne soient pas inutilement agressives &agrave; l&rsquo;&eacute;gard des pays arabes, &eacute;laborer une politique africaine, participer de fa&ccedil;on ouverte &agrave; la r&eacute;forme des institutions internationales pour tenir compte du poids des Etats &eacute;mergents sans diminuer l&rsquo;influence europ&eacute;enne&hellip;. </p> <div align="justify"> </div> <div align="justify">Sur le plan int&eacute;rieur, le rapport met en &eacute;vidence deux choses . <br /> <br /> - les &eacute;ventuelles contradictions entre un activisme europ&eacute;en et n&eacute;o-protectionniste de Nicolas Sarkozy et les tentations n&eacute;o-atlantistes qui lui sont pr&ecirc;t&eacute;es (par certains de ses ministres et amis tout au moins). Le pr&eacute;sident devra lever rapidement les ambigu&iuml;t&eacute;s, s&rsquo;il veut donner de la lisibilit&eacute; &agrave; son action au regard des Fran&ccedil;ais comme de nos partenaires europ&eacute;ens. <br /> - l&rsquo;absence de d&eacute;bat sur la politique &eacute;trang&egrave;re de la France, tant au niveau des institutions politiques et des m&eacute;dias qu&rsquo;au sein de l&rsquo;opposition. Que celle-ci demeure muette alors que l&rsquo;un de ses repr&eacute;sentants &eacute;minents s&rsquo;exprime ne serait pas acceptable. <br /> <br /> Ayant lui-m&ecirc;me demand&eacute; ce rapport, nous pouvons penser que Nicolas Sarkozy ne le laissera pas dormir sur une &eacute;tag&egrave;re. Pour notre compte, nous suivrons attentivement l'&eacute;volution de la question.</div> Fri, 14 Sep 2007 23:00:00 GMT Adresse du Président Sarkozy aux Ambassadeurs http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=220 220 <br /><div align="justify"><br /> On remarquera que son analyse de la situation internationale est &agrave; la fois lucide et sans complaisance. Le Pr&eacute;sident Sarkozy montre ainsi qu&rsquo;il applique, au plan international, ce qu&rsquo;il pratique en politique int&eacute;rieure. <br /> <br /> Pour ce qui concerne l&rsquo;Europe, nous nous r&eacute;jouissons de son engagement europ&eacute;en, clair et dynamique. Les questions pos&eacute;es sont les bonnes et elles impliquent que la France prenne toute sa part aux r&eacute;ponses &agrave; apporter : quelles fronti&egrave;res, quels &eacute;largissements, quelle mondialisation et quelle contribution de la France &agrave; une Europe forte ? <br /> <br /> Il est appr&eacute;ciable aussi d&rsquo;entendre Nicolas Sarkozy rappeler le r&ocirc;le jou&eacute; par &laquo; la parfaite entente franco-allemande &raquo; pour relancer le processus institutionnel en panne depuis le printemps 2005. <br /> <br /> Il &eacute;tait indispensable &eacute;galement de contourner l&rsquo;obstacle des n&eacute;gociations sur l&rsquo;adh&eacute;sion &eacute;ventuelle de la Turquie, afin qu&rsquo;il ne se cr&eacute;e pas un blocage de plus dans le processus, si fragile, de la construction europ&eacute;enne. La question Turque sera examin&eacute;e en temps opportun et &agrave; la lumi&egrave;re des fronti&egrave;res que l&rsquo;Union voudra se donner. <br /> <br /> Dans dix mois, la France assumera la Pr&eacute;sidence de l&rsquo;Union et le Pr&eacute;sident Sarkozy a, d&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave;, engag&eacute; son action europ&eacute;enne dans cette perspective. Comme il l&rsquo;indique : &laquo; si l&rsquo;on veut que les peuples d&rsquo;Europe aiment &agrave; nouveau l&rsquo;Europe, il faut que l&rsquo;Europe p&egrave;se sur le quotidien : immigration, &eacute;nergie, environnement &raquo;. <br /> <br /> &laquo; Le nouvel &eacute;lan &raquo;, qu&rsquo;il veut donner &agrave; &laquo; l&rsquo;Europe de la D&eacute;fense &raquo; est de bon augure dans notre monde de comp&eacute;tition et de dangers. <br /> <br /> R&eacute;jouissons-nous de voir aussi la France prendre l&rsquo;initiative d&rsquo;une nouvelle politique M&eacute;diterran&eacute;enne dans l&rsquo;esprit&nbsp; de notre colloque de 2006 sur &laquo; la M&eacute;diterran&eacute;e en partage &raquo;. <br /> <br /> Qu&rsquo;importent, par ailleurs, les r&eacute;f&eacute;rences verbales &agrave; l&rsquo;Atlantisme, auxquelles le nouveau Pr&eacute;sident n&rsquo;aura rien conc&eacute;d&eacute;, sinon quelques coups de chapeaux de pure forme. Ils&nbsp; devraient d&eacute;sarmer l&rsquo;hostilit&eacute; injuste de Washington &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de la France laquelle avait vu juste sur l&rsquo;Irak. <br /> <br /> L&rsquo;essentiel est, selon la formule de Nicolas Sarkozy, que : &laquo; La construction de l&rsquo;Europe reste pour la France une priorit&eacute; absolue. Sans l&rsquo;Europe, la France ne pourra pas apporter de r&eacute;ponse aux d&eacute;fis de notre temps &raquo;. <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> </div> Thu, 30 Aug 2007 23:00:00 GMT L'Europe doit maïtriser enfin son espace maritime. Naufrage du Sokalique http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=217 217 <br /><div align="justify"><br /> La pr&eacute;sence du pr&eacute;sident de la R&eacute;publique aux obs&egrave;ques du patron du Sokalique, mort h&eacute;ro&icirc;quement &agrave; sa passerelle pour signaler jusqu'&agrave; la derni&egrave;re minutes au Cross la position du caseyeur, symbolisait l'hommage de la nation toute enti&egrave;re. Mais ce geste parfaitement justifi&eacute;e ne suffira pas, non plus que le jugement en France (s&rsquo;il se fait) de l&rsquo;&eacute;quipage abordeur. L&rsquo;&eacute;tat de carence actuel devient de plus en plus insupportable. La mer montre l&rsquo;odieux visage d&rsquo;un capitalisme anonyme, fraudeur, jouisseur et finalement criminel. <br /> <br /> La s&eacute;curit&eacute; des p&ecirc;cheurs n&rsquo;est pas seule en cause, mais aussi celle de tous les humains et de tous les &ecirc;tres vivants dont le sort d&eacute;pend de celui de la mer. Pour reprendre les termes d&rsquo;un Livre Vert publi&eacute; r&eacute;cemment par l&rsquo;Union Europ&eacute;enne, dont nous avons rendu compte en son temps, il faudrait faire triompher une vision mondiale des oc&eacute;ans et des mers. Dans le cadre de celle-ci, les domaines prioritaires concernent la s&eacute;curit&eacute; active et passive du transport maritime,&nbsp;&nbsp; l&rsquo;&eacute;radication des comportements pollueurs (rejets, d&eacute;gazage, pollutions terrestres, etc.), la conservation effective, avec contr&ocirc;les et sanctions efficaces, des populations halieutiques et plus g&eacute;n&eacute;ralement du milieu marin et sous-marin.&nbsp; <br /> <br /> La difficult&eacute;, qui n&rsquo;est pas un hasard mais qui est voulue par l&rsquo;ensemble des int&eacute;r&ecirc;ts profitant de l&rsquo;absence de r&eacute;gulation des activit&eacute;s maritimes, tient &agrave; la multiplicit&eacute; des acteurs, &agrave; leur refus de r&egrave;gles communes, aux appuis qu&rsquo;ils trouvent aupr&egrave;s de la plupart des Etats, d&eacute;velopp&eacute;s ou non.&nbsp; La destruction du milieu oc&eacute;anique, dont toute l&rsquo;humanit&eacute;, dont toute la biosph&egrave;re, commencent d&eacute;j&agrave; &agrave; ressentir les effets d&eacute;sastreux, devrait &ecirc;tre une pr&eacute;occupation prioritaire de la &laquo; communaut&eacute; internationale &raquo;, repr&eacute;sent&eacute;e par ses instances politiques les plus &eacute;lev&eacute;es. Ce n&rsquo;est &eacute;videmment pas le cas. Au nom de la libert&eacute; d&rsquo;exploitation, les mesures les plus &eacute;l&eacute;mentaires de protection sont refus&eacute;es. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un v&eacute;ritable scandale dont peu de gens s&rsquo;inqui&egrave;tent, tellement le poids des int&eacute;r&ecirc;ts imm&eacute;diats l&rsquo;emporte sur les pr&eacute;occupations du long terme. <br /> <br /> L&rsquo;Europe, qui est &agrave; un carrefour strat&eacute;gique de transit, devrait jouer un r&ocirc;le moteur en vue d&rsquo;imposer des r&egrave;gles mondiales plus contraignantes. Mais sous la pression de ses propres groupes de pression vivant de la surexploitation de la mer, elle ne le fait pas. Nous aimerions que le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, s&rsquo;il veut vraiment que le naufrage du Sokalique serve de le&ccedil;on, s&rsquo;attaque au nom de la France &agrave; ce grand dossier, quitte &agrave; m&eacute;contenter les Etats-membres qui profitent abusivement du laxisme actuel. <br /> </div> Thu, 30 Aug 2007 23:00:00 GMT La FAO doit se réformer, et l'Europe doit l'y aider. http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=215 215 <br /><br /> Dans un rapport publi&eacute; sur le site de la FAO, Organisation des Nations Unies pour l&rsquo;Alimentation et l&rsquo;Agriculture, bas&eacute;e &agrave; Rome, six experts mandat&eacute;s par l&rsquo;Organisation ont &eacute;valu&eacute; son fonctionnement. L&rsquo;effort de transparence doit &ecirc;tre salu&eacute;, provenant d&rsquo;une organisation internationale. Les experts, dirig&eacute;s par le norv&eacute;gien Leif Christoffersen, d&eacute;crivent une structure&nbsp; au bord du gouffre, &agrave; la situation financi&egrave;re d&eacute;sastreuse et travaillant avec un personnel d&eacute;courag&eacute;. Sa mission initiale, garantir la s&eacute;curit&eacute; alimentaire pour tous, est toujours d&rsquo;actualit&eacute;, mais repr&eacute;sente un objectif toujours aussi lointain. Pr&egrave;s d&rsquo;un milliard de personnes sont sous-aliment&eacute;s ou m&ecirc;me meurent v&eacute;ritablement de faim et de maladies de carence. Elle avait pr&ocirc;n&eacute; initialement une agriculture productiviste, soutenue par les grands industriels de la m&eacute;canisation, de la chimie et de l&rsquo;agro-alimentaire. Derri&egrave;re ces derniers se trouvaient les Etats subventionnant leurs producteurs au m&eacute;pris des agriculteurs traditionnels. <br /> <br /> La FAO n&rsquo;avait cependant pas pr&eacute;vu l&rsquo;arriv&eacute;e des OGM, ni de l&rsquo;agriculture biologique ni des agrocarburants. Elle a donc pris des positions d&eacute;sordonn&eacute;es, tant&ocirc;t approuvant tant&ocirc;t condamnant, ce qui l&rsquo;a brouill&eacute; aussi bien avec les ONG tiers-mondistes qu&rsquo;avec les Etats soutenant les int&eacute;r&ecirc;ts agro-industriels. Cela ne veut pas dire que ses rapports &eacute;taient tous irrecevables. Au contraire. La grande majorit&eacute; de ceux figurant sur on site sont riches en enseignements. Malheureusement, ils n&rsquo;ont gu&egrave;re et &eacute;t&eacute; pris au s&eacute;rieux par les gouvernements.&nbsp; En mai 2007, la FAO avait&nbsp; pris parti pour l&rsquo;agriculture biologique, dans un document remarqu&eacute; que nous avions signal&eacute;. Elle y expliquait que l&rsquo;agriculture biologique pouvait nourrir toute la population mondiale, fournir de l&rsquo;emploi &agrave; des millions de personnes sans pour autant co&ucirc;ter, globalement, plus cher &agrave; l&rsquo;&eacute;conomie mondiale et aux &eacute;cosyst&egrave;mes que ne co&ucirc;tent l&rsquo;agriculture intensive et son faux-nez, l&rsquo;agriculture dite &laquo; raisonn&eacute;e &raquo;. &nbsp;&nbsp; &nbsp; <br /> <br /> Les experts ont fait des propositions visant &agrave; all&eacute;ger la bureaucratie de l&rsquo;Organisation. Ils ont formul&eacute; 110 recommandations destin&eacute;es &agrave; permettre une meilleure efficacit&eacute;. Le directeur g&eacute;n&eacute;ral Jacques Diouf a promis d&rsquo;&eacute;tudier le rapport et y r&eacute;ponde de fa&ccedil;on exhaustive en novembre 2007, au vu de la version finale.<br /> <br /> Nous pensons que deux grands groupes de gouvernements&nbsp; devraient s&rsquo;impliquer directement dans la r&eacute;forme de la FAO, non pas pour la seule d&eacute;fense des agriculteurs qu&rsquo;ils repr&eacute;sentent mais pour le bien de l&rsquo;humanit&eacute; en g&eacute;n&eacute;ral. Ce devrait &ecirc;tre les Etats africains, qui seront les premi&egrave;res victimes d&rsquo;une d&eacute;t&eacute;rioration continue des conditions climatiques et environnementales s&rsquo;ils n&rsquo;effectuent pas un retour &eacute;nergique aux agricultures traditionnelles modernis&eacute;es par les techniques de l&rsquo;agriculture biologique. Mais ce devrait &ecirc;tre aussi les Etats-membres de l&rsquo;Union&nbsp; Europ&eacute;enne. Celle-ci est &agrave; la recherche d&rsquo;une red&eacute;finition de sa politique agricole commune. L&rsquo;agriculture repr&eacute;sente pour elle un enjeu important. Encore faut-il la d&eacute;fendre autrement que sous la pression des agriculteurs productivistes, grands gaspilleurs de produits chimiques et de ressources hydriques comme grands consommateurs de subventions. La politique agricole commune devrait se r&eacute;organiser autour de l&rsquo;agriculture biologique et de circuits commerciaux appropri&eacute;s. C&rsquo;est le moment ou jamais d&rsquo;y r&eacute;fl&eacute;chir en visant&nbsp; plus large que les seuls int&eacute;r&ecirc;ts europ&eacute;ens. <br /> <br /> &nbsp;<br /> Thu, 30 Aug 2007 23:00:00 GMT La République Européenne http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=210 210 <br /><br /> <em>La tristesse et la peur leur &eacute;taient inconnues,<br /> Ils eussent, sans nul doute, escalad&eacute; les nues<br /> Si ces audacieux, <br /> En retournant les yeux dans leur course olympique,<br /> Avaient vu derri&egrave;re eux la grande R&eacute;publique<br /> Montrant du doigt les cieux ! ...<br /> <br /> Victor Hugo. Les soldats de l&rsquo;An II, in La L&eacute;gende des Si&egrave;cles<br /> </em><br /> <div align="justify">Par souverainet&eacute; technologique on entend la capacit&eacute; dont dispose un Etat, quelle que soit sa forme constitutionnelle, d&rsquo;imposer sa souverainet&eacute; juridique et diplomatique. Sans souverainet&eacute; technologique, les autres formes de souverainet&eacute; ne sont que des mots. Cette capacit&eacute; s&rsquo;incarne dans la possession de ce que l&rsquo;on nomme aussi des technologies de puissance.&nbsp; Les technologies de puissance r&eacute;sultent du d&eacute;ploiement conjoint volontariste de ressources industrielles, de moyens de recherche scientifiques et de comp&eacute;tences intellectuelles. Elles font appel aux infotechnologies, aux bio et nanotechnologies, aux technologies cognitives. Elles sont financ&eacute;s dans le cadre de grands programmes int&eacute;ressant le spatial, l&rsquo;&eacute;nergie, les transports, l&rsquo;environnement, la sant&eacute; &hellip;et aussi la d&eacute;fense, de pr&eacute;f&eacute;rence sur un mode dit dual, c&rsquo;est-&agrave;-dire susceptible d&rsquo;applications &agrave; la fois civiles et militaires. <br /> <br /> Depuis la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis ont d&eacute;cid&eacute; de ne laisser &agrave; aucune autre puissance la ma&icirc;trise de ces technologies. C&rsquo;est ce qu&rsquo;exprime le concept de &laquo; full spectrum dominance &raquo;. Mais de nouveaux Empires sont en train de contester la domination de l&rsquo;Empire am&eacute;ricain. Eux aussi sont engag&eacute;s dans une course &agrave; la puissance technologique. On les a identifi&eacute;s depuis longtemps. Ce sont les grandes puissances &eacute;mergentes, la Chine, l&rsquo;Inde, peut-&ecirc;tre &agrave; nouveau la Russie, sans mentionner le Japon voire le Br&eacute;sil. D&rsquo;autres acteurs moins identifi&eacute;s participeront aussi &agrave; la course &agrave; la puissance technologique : des fonds&nbsp; d&rsquo;investissement anonymes, &eacute;ventuellement d&rsquo;origine criminelle, ou des internationales terroristes soutenues par des Etats religieux fondamentalistes. <br /> <br /> Le propre de ces Empires est de d&eacute;sarmer les r&eacute;sistances des Etats et des soci&eacute;t&eacute;s traditionnelles en essayant d&rsquo;imposer au monde entier une id&eacute;ologie lib&eacute;rale selon laquelle il faut laisser jouer sans interventions publiques les m&eacute;canismes d&rsquo;un march&eacute; d&eacute;sormais mondialis&eacute;. Eux-m&ecirc;mes ne s&rsquo;inspirent en interne de l&rsquo;id&eacute;ologie lib&eacute;rale qu&rsquo;&agrave; tr&egrave;s petite dose, pour faciliter la reconversion de secteurs &eacute;conomiques rest&eacute;s archa&iuml;ques. Ils conjuguent tous les modes de gouvernement &eacute;conomique&nbsp; imaginables. Ce sont les vieilles recettes, toujours efficaces, de l&rsquo;&eacute;tatisme et celles bien plus r&eacute;centes, souvent ignor&eacute;s du grand public, visant &agrave; la conqu&ecirc;te des esprits&nbsp; et au contr&ocirc;le des comportements. On parle alors des &laquo; guerres de l&rsquo;information &raquo;. <br /> <br /> La souverainet&eacute; technologique sera d&rsquo;autant plus indispensable, dans les d&eacute;cennies &agrave; venir, que s&rsquo;annoncent des crises d&eacute;mographiques, environnementales et climatiques sans pr&eacute;c&eacute;dents. Les Etats comptant sur les autres pour surmonter ces crises seront in&eacute;vitablement &eacute;limin&eacute;s en tant que puissances politiques autonomes et ind&eacute;pendantes, c&rsquo;est-&agrave;-dire souveraines. <br /> <strong><br /> L&rsquo;Europe ou le refus de la puissance</strong><br /> <br /> Les Etats europ&eacute;ens, individuellement ou au sein de l&rsquo;Union europ&eacute;enne, n&rsquo;ont malheureusement pas encore pris conscience de la n&eacute;cessit&eacute; de d&eacute;velopper des technologies de puissance. Souvenir sans doute des malheurs apport&eacute;s par les conflits entre imp&eacute;rialismes s&rsquo;&eacute;tant d&eacute;roul&eacute;s tout au long du 20e si&egrave;cle, le terme m&ecirc;me de puissance leur parait inconvenant. Ils ont d&eacute;l&eacute;gu&eacute; leur protection aux&nbsp; Etats-Unis. Ce choix, jamais remis en cause, sauf un temps par la France gaulliste, ne les incite pas &agrave; investir dans les technologies de puissance. Ayant adopt&eacute; sans aucun recul l&rsquo;id&eacute;ologie lib&eacute;rale profess&eacute;e par les Empires (qui, on l&rsquo;a dit, ne s&rsquo;en inspirent aucunement quand il s&rsquo;agit de leurs int&eacute;r&ecirc;ts strat&eacute;giques), ils ont fait du lib&eacute;ralisme de march&eacute;, pour eux comme pour l&rsquo;Union europ&eacute;enne, un principe quasi constitutionnel, sinon th&eacute;ologique. Malheureusement, le lib&eacute;ralisme de march&eacute;, renforc&eacute; par ce que l&rsquo;on appelle la financiarisation des &eacute;conomies, privil&eacute;gie la consommation, le profit imm&eacute;diat, le court terme. Tout investissement scientifique et technologique de long terme y est consid&eacute;r&eacute; comme ind&eacute;cent. &nbsp;<br /> <br /> Certains experts font valoir que les processus de d&eacute;sindustrialisation, de fermeture des universit&eacute;s et des laboratoires, de fuite des cerveaux, ne pourront se poursuivre longtemps car ils aboutiront &agrave; des catastrophes. Mais celles-ci ne surviendront pas tout de suite. Pour le moment, les gouvernements europ&eacute;ens n&rsquo;ont qu&rsquo;un mot d&rsquo;ordre : favoriser une soi-disant croissance qui n&rsquo;est que croissance de la consommation, y compris sous ses formes les plus gaspilleuses et les plus anti-&eacute;cologiques. Ils devraient se rendre compte cependant que les importations &agrave; bas co&ucirc;t en provenance des pays &eacute;mergents n&rsquo;auront qu&rsquo;un temps, celui que mettront les consommateurs europ&eacute;ens &agrave; &eacute;puiser leurs &eacute;pargnes et leurs capacit&eacute;s d&rsquo;emprunt. Les quelques &eacute;l&eacute;ments de puissance technologique et scientifique dont les Europ&eacute;ens disposent encore sont dus &agrave; la France, et ont fait l&rsquo;objet de d&eacute;cisions prises il y a souvent plus de trente ans. L&rsquo;Europe d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, malgr&eacute; certaines affirmations, ne prend absolument pas le relais. <br /> <br /> S&rsquo;ils veulent survivre, les Europ&eacute;ens devront donc se r&eacute;soudre &agrave; faire comme les puissances dominantes : investir dans l&rsquo;industrie et la recherche, financer de grands programmes technologiques, gager ces d&eacute;penses par une r&eacute;duction drastique des consommations mat&eacute;rielles. Mais ni les Etats Europ&eacute;ens ni l&rsquo;Union europ&eacute;enne, si elle sort renforc&eacute;e des &eacute;preuves qui l&rsquo;attendent, ne pourront imposer une &eacute;pargne forc&eacute;e comme l&rsquo;avaient fait les grandes puissances engag&eacute;es dans l&rsquo;&eacute;conomie de guerre au si&egrave;cle pr&eacute;c&eacute;dent. Il leur faudra convaincre les &eacute;lecteurs du bien-fond&eacute; des nouvelles politiques d&rsquo;investissement technologique, ce qui supposera un effort sans pr&eacute;c&eacute;dant de partage des pouvoirs politiques et &eacute;conomiques. Des mythes h&eacute;ro&iuml;ques seront aussi n&eacute;cessaires, justifiant les sacrifices demand&eacute;s pour la conservation des id&eacute;aux politiques qui sont et devront demeurer ceux de l&rsquo;Europe. &nbsp;<br /> <strong><br /> Un mythe mobilisateur</strong><br /> <br /> Un de ces mythes est celui de d&eacute;mocratie, &agrave; l&rsquo;origine de laquelle fut ind&eacute;niablement l&rsquo;Europe. Mais comment l&rsquo;entendre aujourd&rsquo;hui? Il peut s&rsquo;agir d&rsquo;un mythe mou, voire ambigu comme l&rsquo;ont montr&eacute; les &eacute;checs de l&rsquo;Am&eacute;rique &agrave; vendre sa conception de la d&eacute;mocratie aux populations du Moyen-Orient. Il n&rsquo;est pas question de refuser le syst&egrave;me parlementaire et la sanction du suffrage universel. Mais il faut proposer aux &eacute;lecteurs et aux citoyens des visions&nbsp; autrement plus mobilisatrices, capables d&rsquo;emporter leurs convictions. Le th&egrave;me de la Nation semble trop &eacute;troit pour l&rsquo;Europe qui sera longtemps encore une f&eacute;d&eacute;ration d&rsquo;Etats-nations. Celui de la patrie, la patrie europ&eacute;enne, deviendra peut-&ecirc;tre plus vite d&rsquo;actualit&eacute;, mais il ne l&rsquo;est pas encore. <br /> <br /> Tr&egrave;s imm&eacute;diatement, l&rsquo;Europe, si elle veut refuser le laisser-faire du lib&eacute;ralisme &eacute;rig&eacute; en dogme, doit d&eacute;finir le type de syst&egrave;me politique et gouvernemental qui permettra de faire face aux crises, r&eacute;partir les charges et investir dans les technologies d&rsquo;avenir. Les mod&egrave;les dont elle dispose ne sont plus ad&eacute;quats. Nul ne proposera de revenir au communisme. Mais l&rsquo;&eacute;tatisme &agrave; la fran&ccedil;aise, qui avait bien r&eacute;ussi durant les Trente Glorieuses, sera jug&eacute; trop autoritaire, pas assez participatif. La social-d&eacute;mocratie, trop ax&eacute;e sur le social et pas assez sur l&rsquo;industrie et la science, n&rsquo;offrira pas non plus de solutions. Quant &agrave; l&rsquo;anti-n&eacute;o-lib&eacute;ralisme, s&rsquo;il offre des critiques recevables du capitalisme de march&eacute; mondialis&eacute; et de la financiarisation des &eacute;conomies, il est incapable d&rsquo;autre chose que s&rsquo;opposer. L&rsquo;&eacute;cologie politique, pour sa part, ne r&eacute;ussit pas &agrave; g&eacute;n&eacute;rer de processus politiques efficaces. <br /> <br /> Nous pensons par contre que le th&egrave;me de la R&eacute;publique devrait conserver toute sa valeur mobilisatrice. La R&eacute;publique est d&rsquo;abord la &laquo; chose de tous &raquo;. C&rsquo;est aussi le bien commun et l&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral subsumant les int&eacute;r&ecirc;ts particuliers et les id&eacute;ologies, y compris les religions. C&rsquo;est enfin un corps de textes juridiques et de traditions rompus &agrave; l&rsquo;usage dont nulle part ailleurs n&rsquo;existe le moindre &eacute;quivalent. Des hommes politiques europ&eacute;ens comme Jean-Pierre Chev&egrave;nement ont fort bien parl&eacute; ces derni&egrave;res ann&eacute;es de la R&eacute;publique et de ses valeurs int&eacute;gratrices et mobilisatrices. Certes l&rsquo;Europe, &agrave; supposer qu&rsquo;elle soit une d&eacute;mocratie, n&rsquo;est pas encore une R&eacute;publique une et indivisible. Pourrait-on esp&eacute;rer qu&rsquo;&agrave; la faveur des futurs affrontements o&ugrave; elle devra d&eacute;ployer &agrave; la fois ses armes et ses atouts moraux, elle puisse le devenir, ceci nonobstant le fait que certains des Etats qui la composent ne sont pas des r&eacute;publiques sur le mod&egrave;le fran&ccedil;ais ? <br /> <br /> Cependant, la R&eacute;publique con&ccedil;ue autour des valeurs r&eacute;publicaines classiques n&rsquo;offre pas de perspectives suffisantes en terme de dialogue social autour des nouvelles contraintes et des technologies de puissance permettant d&rsquo;y &eacute;chapper. Il faudrait replacer le dialogue r&eacute;publicain dans le monde des r&eacute;seaux interactifs qui caract&eacute;rise d&eacute;sormais les soci&eacute;t&eacute;s occidentales. On objectera que ces r&eacute;seaux sont tr&egrave;s bavards et ne laissent pas &eacute;merger&nbsp; d&rsquo;orientations globales nettes. Pourtant, comme tout milieu chaotique en &eacute;volution dynamique, ils comportent de telles orientations globales. Il faudrait peu de choses pour les faire appara&icirc;tre et les rendre structurantes. On pourrait sans trop de difficult&eacute; imaginer une R&eacute;publique europ&eacute;enne des r&eacute;seaux qui serait capable, telle un immense cerveau global, de g&eacute;n&eacute;rer ses propres tendances &eacute;volutionnaires profondes et les soumettre &agrave; des d&eacute;bats rationnels. Mais il faudra pour cela que les sp&eacute;cialistes des syst&egrave;mes complexes &eacute;volutionnaires se fassent entendre, face au dogmatisme des sciences politiques et &eacute;conomiques anciennes.<br /> <br /> Quoiqu'il en soit, si l'Europe se dotait de technologies de puissance sans les replacer dans un cadre politique moderne, tel qu'esquiss&eacute; ci-dessus, elle pourrait inqui&eacute;ter tant ses propres citoyens que ses voisins. Elle est donc condamn&eacute;e &agrave; inventer la R&eacute;publique Europ&eacute;enne de demain.<br /> <br /> </div> Thu, 30 Aug 2007 23:00:00 GMT L'Europe doit se doter d'industries de l'armement puissantes http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=198 198 <br /><br /> <div align="justify">Il est bien vu en Europe de ne pas attacher d&rsquo;int&eacute;r&ecirc;t aux industries de l&rsquo;armement, sous pr&eacute;texte que celles-ci poursuivent un but fondamentalement immoral : d&eacute;truire des &ecirc;tres humains. Un certain nombre de pays ressentent encore de fa&ccedil;on tr&egrave;s vivante les souvenirs des temps o&ugrave;, sous les dictatures fascistes puis communistes, toutes les ressources avaient &eacute;t&eacute; consacr&eacute;es &agrave; l&rsquo;armement, au d&eacute;triment du reste de l&rsquo;&eacute;conomie. On peut penser pourtant que l&rsquo;Europe ne sera jamais une grande puissance globale si elle ne se dote pas, comme la France l&rsquo;a fait pour son compte, d&rsquo;une puissante industrie de d&eacute;fense. Diff&eacute;rentes raisons militent en ce sens. D&rsquo;une part, rien ne dit que dans quelques ann&eacute;es, les pays europ&eacute;ens n&rsquo;auront pas &agrave; se d&eacute;fendre d&rsquo;agressions ext&eacute;rieures. Celles-ci ne prendront pas n&eacute;cessairement une forme militaire classique. On pense plut&ocirc;t &agrave; la Guerre de 4e G&eacute;n&eacute;ration, dite du faible au fort. Mais des agresseurs utiliseront peut-&ecirc;tre aussi des moyens plus lourds, conventionnels ou nucl&eacute;aires. Ne pas avoir de capacit&eacute; de riposte serait se condamner d&rsquo;avance &agrave; l&rsquo;invasion. <br /> <br /> D&rsquo;autre part, les recherches et les investissements industriels n&eacute;cessaires &agrave; la production des armes modernes couvrent un vaste champ de comp&eacute;tence et produisent des retomb&eacute;es importantes dans le domaine civil. On dit qu&rsquo;il s&rsquo;agit de technologies duales. Certains ont ni&eacute; l&rsquo;existence de telles retomb&eacute;es. On doit constater cependant que la France, pour reprendre son exemple, n&rsquo;aurait pas l&rsquo;outil industriel dont elle dispose, notamment dans le domaine a&eacute;rospatial et naval, si elle n&rsquo;avait pas d&eacute;velopp&eacute; des programmes militaires ambitieux. On ne peut que regretter qu&rsquo;elle ait renonc&eacute; &agrave; mener avec ses moyens propres, d&egrave;s les ann&eacute;es 1970, la guerre des r&eacute;seaux informatiques et de calcul. <br /> <br /> La troisi&egrave;me raison pouvant justifier l&rsquo;autonomie industrielle europ&eacute;enne dans le domaine des armements tient au fait que toutes les grandes puissances mondiales consacrent &agrave; ce domaine d&rsquo;importantes ressources. Elles exercent toutes des pressions importantes sur l&rsquo;Europe pour que celle-ci se porte acheteuse de leurs produits. On conna&icirc;t notamment la fa&ccedil;on dont les Etats-Unis, &agrave; travers l&rsquo;Otan, cherchent &agrave; imposer leurs mat&eacute;riels et normes militaires. Il serait particuli&egrave;rement paradoxal que l&rsquo;Europe, apr&egrave;s avoir refus&eacute; par un pacifisme mal con&ccedil;u, d&rsquo;investir elle-m&ecirc;me dans le domaine des armes, se dote &agrave; grand frais et sans espoir aucun de retomb&eacute;es, de mat&eacute;riels acquis &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur.<br /> <br /> Nous pensons qu&rsquo;il faudrait &eacute;voquer une quatri&egrave;me raison justifiant le d&eacute;veloppement en Europe d&rsquo;industries de d&eacute;fense (y compris dans le domaine spatial) : celles-ci contribuent, d&rsquo;une fa&ccedil;on que l&rsquo;on per&ccedil;oit mal mais qui est certaine, au sentiment de grandeur qu&rsquo;un pays ou un ensemble de pays peuvent avoir d&rsquo;eux-m&ecirc;mes. L&rsquo;argument a &eacute;t&eacute; utilis&eacute; pour justifier la construction d&rsquo;un second porte-avion par la France. Un tel mat&eacute;riel est bien plus efficace pour construire l&rsquo;identit&eacute; nationale qu&rsquo;une proclamation de principe ne s&rsquo;accompagnant d&rsquo;aucune marque tangible. Il s&rsquo;agit peut-&ecirc;tre d&rsquo;un orgueil mal plac&eacute; et dangereux. Mais les soci&eacute;t&eacute;s humaines r&eacute;pondent &agrave; des motivations inconscientes qu&rsquo;il ne faut pas n&eacute;gliger, en attendant de pouvoir les remplacer par des arguments plus rationnels. <br /> <br /> </div> Thu, 09 Aug 2007 23:00:00 GMT De l'Eurogroupe à un gouvernement économique et politique de la zone Euro http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=179 179 <br /><div align="justify"><br /> L'&eacute;conomiste Jean Pisani-Ferry, dans&nbsp;<em>Le Monde</em> du 10 juillet, p. 20, &eacute;voque les conceptions diff&eacute;rentes que les pays membres de l'Eurogroupe se font, aussi bien de la politique mon&eacute;taire commune que de la coordination des politiques &eacute;conomiques. Il rappelle que pour l'Allemagne et pour la France, la monnaie unique a <em>&quot; une signification politique profonde. Mais ce n'est pas la m&ecirc;me. Dans la conception allemande, elle symbolise un destin commun et une union mon&eacute;taire doit s'accompagner d'une union politique de type f&eacute;d&eacute;ral, permettant aux peuples d'accepter la rigueur des r&egrave;gles. Dans la conception fran&ccedil;aise, en revanche, la monnaie reste un attribut de la souverainet&eacute; &eacute;tatique et son transfert au niveau europ&eacute;en doit emporter la construction d'autres &eacute;l&eacute;ments de souverainet&eacute; partag&eacute;e. Une gouvernance par la d&eacute;cision est ce qui traduit l'engagement politique des Etats et permet de se passer d'une construction f&eacute;d&eacute;rale &quot;. </em><br /> <br /> La construction de l'Eurogroupe peut appara&icirc;tre comme une solution permettant de concilier ces deux exigences, &eacute;tant entendu que la cr&eacute;ation d'une F&eacute;d&eacute;ration europ&eacute;enne, trop ambigu&euml; en termes politiques, semble remise sine die. Beaucoup d'observateurs ont propos&eacute; de b&acirc;tir autour de cette structure un &laquo;&nbsp;gouvernement &eacute;conomique de la zone euro&nbsp;&raquo; qui serait une forme ambitieuse de coop&eacute;ration renforc&eacute;e entre ses membres. Une monnaie commune ne suffit pas si elle ne s'accompagne pas d'engagements politiques et de d&eacute;cisions &eacute;conomiques et financi&egrave;res harmonis&eacute;es. Une gouvernance coll&eacute;giale devrait diagnostiquer et traiter les &eacute;carts de comp&eacute;titivit&eacute; et prendre les mesures sociales et fiscales susceptibles de les r&eacute;soudre. <br /> <br /> <em>&quot; Le projet (</em>selon Jean Pisani-Ferry<em>, </em>qui passe pour plut&ocirc;t lib&eacute;ral),<em> c'est d'acqu&eacute;rir une identit&eacute; externe et de permettre &agrave; la zone euro de peser dans la r&eacute;gulation mon&eacute;taire et financi&egrave;re internationale. Cette volont&eacute;, qui a d&egrave;s l'origine marqu&eacute; les initiatives fran&ccedil;aises, est d'actualit&eacute; dans un contexte de changement rapide des rapports de force. Les pays de la zone euro sont &agrave; la fois surrepr&eacute;sent&eacute;s dans les forums internationaux et de faible influence dans les n&eacute;gociations financi&egrave;res. Le d&eacute;bat sur le taux de change chinois en est l'illustration&nbsp;: alors que l'enjeu est aussi important pour l'Europe que pour les Etats-Unis, la discussion se conduit essentiellement entre Washington et P&eacute;kin. A quoi sert donc d'avoir un tiers des voix au FMI, si les Etats-Unis m&egrave;nent le jeu&nbsp;? Les pays &eacute;mergents nous invitent de plus en plus clairement &agrave; &ecirc;tre coh&eacute;rents, &agrave; nous unir, et &agrave; troquer le poids num&eacute;rique contre l'influence r&eacute;elle.<br /> <br /> Un investissement des chefs d'Etat et de gouvernement sur ces deux sujets ferait sens, parce ce que les enjeux d&eacute;passent de loin les responsabilit&eacute;s des ministres des finances. Ceux-ci ne peuvent, seuls, piloter les r&eacute;formes qui rendront les &eacute;conomies plus r&eacute;actives, &eacute;noncer les implications de l'engagement mon&eacute;taire, ou consentir aux abandons de souverainet&eacute; n&eacute;cessaires &agrave; l'influence ext&eacute;rieure. C'est pourquoi il y aurait motif &agrave; r&eacute;unir au moins une fois le Conseil europ&eacute;en en format euro. &quot; </em><br /> <br /> Il est difficile de savoir si c'est cette conception de la zone euro que partage Nicolas Sarkozy et l'actuelle majorit&eacute;. S'agit-il seulement de donner le mauvais exemple en d&eacute;cidant seul de s'abstenir de respecter les engagements sur les d&eacute;ficits budg&eacute;taires&nbsp;? Si oui, il sera difficile ensuite de plaider pour des coh&eacute;rences communes.<br /> <br /> Ceci d'autant plus que si l'Eurogroupe prend dans les ann&eacute;es &agrave; venir tout son sens en termes de gouvernement &eacute;conomique de la zone euro, face &agrave; l'aggravation in&eacute;vitable de la conjoncture &eacute;conomique et politique mondiale, il faudra envisager plus que de simples harmonisations fiscales et sociales. Il faudra par exemple fermer la zone par des protections r&eacute;glementaires et douani&egrave;res, pour &eacute;viter que les efforts faits par l'Eurogroupe ne soient r&eacute;cup&eacute;r&eacute;s par les concurrents de l'Europe sans efforts parall&egrave;les. Supposons que, comme possiblement, il apparaisse urgent d'instaurer une taxe carbone, par exemple sur des produits comme les 4/4 et moteurs trop gourmands en p&eacute;trole. Il serait trop facile aux industriels comme aux acheteurs d'&eacute;chapper &agrave; cette taxe en op&eacute;rant &agrave; partir d'un autre Etat europ&eacute;en ou hors d'Europe. Pour &eacute;viter de p&eacute;naliser les seuls europ&eacute;ens vertueux, il faudrait alors contr&ocirc;ler et taxer les importations correspondantes. Ce n'est l&agrave; qu'un exemple, pris parmi les plus faciles.<br /> <br /> La difficult&eacute; que nous &eacute;voquons n'est pas pour nous un argument visant &agrave; d&eacute;courager l'id&eacute;e d'un gouvernement &eacute;conomique et politique de la zone euro, qui selon nous s'imposera &agrave; br&egrave;ve &eacute;ch&eacute;ance - en attendant qu'il ne s'impose &agrave; l'Europe toute enti&egrave;re. Il faut seulement se rendre compte qu'il s'agira d'un enjeu de taille, auquel on ne se pr&eacute;parera pas en affirmant, ni sa foi dans le lib&eacute;ralisme, ni au contraire la volont&eacute; de faire cavalier seul en Europe au nom d' int&eacute;r&ecirc;ts strictement nationaux.</div> Mon, 30 Jul 2007 23:00:00 GMT Les objectifs de la France en Europe résumés par Pierre Jouyet http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=183 183 <br /><p><font color="#800080"><em>Il faut pour (r&eacute;concilier les Fran&ccedil;ais avec l'id&eacute;e d'Europe) d&eacute;velopper un certain nombre de politiques communes tr&egrave;s concr&egrave;tes qui ont pour objectifs de stimuler l'emploi, la croissance en Europe, de d&eacute;fendre les int&eacute;r&ecirc;ts de l'Europe dans le monde, de lutter contre le r&eacute;chauffement climatique, d'avoir une politique &eacute;nerg&eacute;tique qui soit active et d'avoir &eacute;galement une politique d'immigration et d'int&eacute;gration, en prenant en compte les traditions des diff&eacute;rents pays, en s&eacute;lectionnant les meilleures pratiques, celles qui nous semblent les plus efficaces dans ce domaine, et bien s&ucirc;r une politique de co-d&eacute;veloppement. <br /> <br /> Ce que nous souhaitons porter au niveau europ&eacute;en, ce sont tout d'abord les politiques les plus actives en terme de croissance. ... Ce que nous souhaitons par l&agrave;, c'est avoir au service de la croissance dans les instances appropri&eacute;es (Eurogroupe, Ecofin) un v&eacute;ritable dialogue qui s'instaure entre d'une part, ce qui existe d&eacute;j&agrave;, une coop&eacute;ration, coordination budg&eacute;taire et financi&egrave;re, et d'autre part une v&eacute;ritable coordination &eacute;conomique, et faire en sorte qu'un mandat soit donn&eacute; au ministre de l'Economie et des finances pour arr&ecirc;ter des orientations g&eacute;n&eacute;rales conformes aux trait&eacute;s, sur les politiques de change, qui sont aujourd'hui, dans un monde tr&egrave;s dur, tr&egrave;s comp&eacute;titif, une arme essentielle au service de la croissance. <br /> <br /> Nous souhaitons &eacute;galement d&eacute;velopper des politiques plus actives en mati&egrave;re de lutte contre le r&eacute;chauffement climatique, promotion de produits propres en Europe que ce soit sur les v&eacute;hicules, sur les normes &agrave; haute qualit&eacute; environnementale pour un certain nombre de b&acirc;timents, avoir une politique industrielle &eacute;galement qui soit plus forte, c'est tous les dialogues que nous aurons avec nos partenaires allemands dans le cadre d'EADS, de pousser tous les projets comme Galileo et d'avancer comme je l'ai dit tout &agrave; l'heure sur des politiques relatives &agrave; la ma&icirc;trise des flux migratoires, qui est un enjeu extr&ecirc;mement important dans un monde affect&eacute; par des mouvements d&eacute;mographiques d'une ampleur in&eacute;gal&eacute;e. <br /> <br /> Nous souhaitons &eacute;galement avoir bien &eacute;videmment une coop&eacute;ration polici&egrave;re plus forte pour lutter contre le terrorisme, le blanchiment d'argent et &eacute;galement faire en sorte que nous puissions disposer &agrave; c&ocirc;t&eacute; de l'Union europ&eacute;enne, d'un projet d'Union m&eacute;diterran&eacute;enne qui rende plus visible cette zone dans le cadre mondial parce que, ce qui est tout &agrave; fait surprenant, c'est que vous avez des zones comme l'Asie, l'Am&eacute;rique, l'Europe, qui sont tout &agrave; fait visibles au niveau global et vous avez une zone o&ugrave; se concentrent les conflits qui menacent de d&eacute;stabiliser notre plan&egrave;te, qui sont concentr&eacute;s autour de la M&eacute;diterran&eacute;e. Il existe un manque de coordination entre les deux c&ocirc;t&eacute;s de la m&eacute;diterran&eacute;e. Nous souhaitons donc, par des projets concrets relatifs &agrave; la promotion de l'infrastructure, l'investissement, ou de co-d&eacute;veloppement, renforcer v&eacute;ritablement la coop&eacute;ration entre les deux rives de la M&eacute;diterran&eacute;e et aller au-del&agrave; de ce que l'on appelle le processus de Barcelone, c'est-&agrave;-dire du partenariat eurom&eacute;diterran&eacute;e, tout en conservant bien s&ucirc;r les bases et les instruments de ce partenariat Euromed. <br /> <br /> Voil&agrave; les principaux chantiers sur lesquels nous aurons &agrave; travailler au cours des prochains mois pour pr&eacute;parer la Pr&eacute;sidence fran&ccedil;aise qui arrive tr&egrave;s vite puisqu'elle se mettra en &oelig;uvre &agrave; partir du 1er juillet 2008.</em></font> <br /> <br /> <strong>Notre commentaire </strong>: il est dommage que les questions importantes concernant les besoins de financement de la recherche europ&eacute;enne et des universit&eacute;s n'aient pas &eacute;t&eacute; &eacute;voqu&eacute;es. Plus g&eacute;n&eacute;ralement le th&egrave;me qui nous est cher, celui des technologies de souverainet&eacute;, est pass&eacute; sous silence, &agrave; l'exception de Galil&eacute;o et d'EADS. Ce qui est indiqu&eacute; va cependant dans le bon sens, mais tant que ces intentions ne seront pas traduites dans des objectifs pluriannuels dot&eacute;s de moyens budg&eacute;taires et d'indicateurs de r&eacute;sultat, on peut craindre que ces objectifs restent du domaine des intentions. <br /> <br /> </p> Mon, 30 Jul 2007 23:00:00 GMT Le blog européen de Toute l'Europe http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=180 180 <br /><p>Toute l'Europe.fr vient de lancer un blog consacr&eacute; &agrave; la pr&eacute;sentation et &agrave; la discussion des questions int&eacute;ressant l'actualit&eacute; europ&eacute;enne, baptis&eacute; du joli nom d' eTOILE. Ce nouveau site m&eacute;rite d'&ecirc;tre inscrit parmi les favoris de tous ceux qui militent pour la construction europ&eacute;enne. <br /> <br /> Rassurez-vous. Il y a encore de la place pour ceux qui souhaitent apporter &agrave; cette vaste question des &eacute;clairages politiques nouveaux.</p> Mon, 30 Jul 2007 23:00:00 GMT Traité simplifié http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=151 151 <br /><p>Gr&acirc;ce &agrave; l'autorit&eacute; habile de la Chanceli&egrave;re Angela Merkel et &agrave; l'entregent du Pr&eacute;sident Sarkozy , le Conseil Europ&eacute;en vient de tracer les orientations principales du futur trait&eacute; europ&eacute;en.<br /> <br /> En mati&egrave;re institutionnelle , il reprend l'essentiel du pr&eacute;c&eacute;dent trait&eacute; constitutionnel rejet&eacute; par les Hollandais et les Fran&ccedil;ais et il devrait permettre &agrave; l'Union europ&eacute;enne d'avoir &agrave; la fois plus de lisibilit&eacute; dans sa gouvernance et plus d'efficacit&eacute; d&eacute;mocratique.<br /> <br /> &nbsp;Apr&egrave;s deux ans d'attente , dont les Fran&ccedil;ais portaient une grande responsabilit&eacute; , l' Europe amorce &agrave; nouveau sa marche en avant ... toujours autant frein&eacute;e par les Anglais . En revanche , laissons le temps nous d&eacute;gager des jumeaux de Varsovie, et nous verrons la Pologne reprendre sa place dans le peloton de t&ecirc;te&nbsp; . &nbsp;<br /> <br /> R&eacute;jouissons-nous n&eacute;anmoins.<br /> &nbsp;<br /> Mais , comment ne pas &ecirc;tre d&eacute;&ccedil;u de voir les gouvernements europ&eacute;ens si frileux et m&eacute;fiants pour construire l'Europe puissance, dont nous avons tant besoin dans tant de domaines et notamment&nbsp;:<br /> &nbsp;- pour assurer leur prosp&eacute;rit&eacute; &eacute;conomique avec plus de justice sociale , <br /> &nbsp;- pour se prot&eacute;ger face &agrave; l'ins&eacute;curit&eacute; du quotidien et aux dangers de l'ext&eacute;rieur ,<br /> &nbsp;- pour donner un souffle plus humain dans une humanit&eacute; de comp&eacute;titions , o&ugrave; la loi du plus fort et du plus riche est toujours &quot; la meilleure &quot; ,<br /> &nbsp;-&nbsp; et pour nourrir l'esprit dans la diversit&eacute; respect&eacute;e des connaissances et des cultures .<br /> &nbsp;<br /> Alors , le trait&eacute; &quot; simplifi&eacute; &quot; bien s&ucirc;r,&nbsp; nous le soutiendrons , mais attention,&nbsp; Mesdames Messieurs , dirigeants de l'Union europ&eacute;enne , le mouvement du monde va beaucoup plus vite que vous . S'il vous pla&icirc;t , rattrapons le&nbsp;!<br /> &nbsp;<br /> &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <br /> </p> Fri, 29 Jun 2007 23:00:00 GMT Accord bienvenu à Bruxelles. Et maintenant, que fait-on pour renforcer l'Europe&nbsp;? http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=146 146 <br /><div align="justify"><br /> </div> <div align="justify">Comme le souhaitait la chanceli&egrave;re Angela Merkel, les 27 se sont mis d'accord sur un mandat pour la conf&eacute;rence intergouvernementale (CIG) qui sera charg&eacute;e de r&eacute;diger le trait&eacute; avant la fin de l'ann&eacute;e 2007. L'accord reprend certains des avanc&eacute;es institutionnelles du d&eacute;funt trait&eacute;: la double majorit&eacute; pour faciliter la prise de d&eacute;cision &agrave; 27, la pr&eacute;sidence stable du conseil europ&eacute;en, un ministre des affaires &eacute;trang&egrave;res de l'Union (qui ne portera pas ce titre mais fera fonction), l'extension du champ de la majorit&eacute; qualifi&eacute;e (hors domaines sociaux et fiscaux, malheureusement). Un processus de sortie de l'Union est pr&eacute;vu, qui pourra avoir un effet dissuasif. Le pr&eacute;sident Sarkozy pour sa part a fait retirer la mention faisant de la &quot;concurrence&quot; un des principes fondateurs de l'Union. Cette derni&egrave;re disposition qui passera peut-&ecirc;tre inaper&ccedil;ue est &agrave; nos yeux capitale. Elle remet en cause 30 ans de lib&eacute;ralisme &eacute;conomique dont on mesure de plus en plus les d&eacute;g&acirc;ts. Elle devrait permettre de reprendre le chemin de bon sens, celui d'une r&eacute;gulation politique des activit&eacute;s &eacute;conomiques. Il fallait que la d&eacute;l&eacute;gation britannique soit vraiment au plus bas pour l'avoir laiss&eacute;e passer. Mais les lib&eacute;raux n'ont pas dit leur dernier mot. <br /> <br /> Le calendrier institutionnel est d&eacute;sormais fix&eacute;. La Conf&eacute;rence Intergouvernementale s'ouvrira le 23 juillet prochain pour se terminer avant la fin de l'ann&eacute;e. L'objectif est une entr&eacute;e en vigueur du nouveau trait&eacute; en 2009. Les 27 devront d'ici l&agrave; ratifier le projet. Nicolas Sarkozy s'est engag&eacute; pour la France &agrave; passer par la voie parlementaire pour &eacute;viter un deuxi&egrave;me ''non'' qui serait d&eacute;sastreux. Tony Blair et Gordon Brown entendent eux aussi &eacute;viter le r&eacute;f&eacute;rendum en Grande-Bretagne. Mais rien n'assure qu'ils le feront.<br /> <br /> A l'inverse, il ne faut pas minimiser les reculs par rapport &agrave; l'Europe que proposait l'ex TCE. Les symboles de l'Europe sont enterr&eacute;s. La perspective d'une marche fut-elle progressive vers l'Europe f&eacute;d&eacute;rale est ferm&eacute;e. Le poids des Etats atlantistes et souverainistes ne diminue pas. Il aura pleinement l'occasion de s'exercer lors des discussions en Conf&eacute;rence Intergouvernementale qui risquent de tout remettre sur la table. Si la Grande Bretagne ou quelque autre Etat reprenait l'id&eacute;e de soumettre le trait&eacute; au r&eacute;f&eacute;rendum, tout serait &agrave; nouveau compromis. Sous la pression du Vatican enfin, mention sera faite des traditions religieuses de l'Europe, ce qui parait une incitation &agrave; la remise en cause de la la&iuml;cit&eacute; et &agrave; une reprise des conflits entre religions. Rappelons que le pr&eacute;sident Chirac s'y &eacute;tait toujours oppos&eacute;.<br /> <br /> Dans ces conditions, ceux qui comme nous veulent une Europe forte doivent-ils se satisfaire de ces d&eacute;cisions? Certes, elles valent mieux qu'un constat d'&eacute;chec qui, sous les yeux int&eacute;ress&eacute;s de l'Am&eacute;rique, de la Russie et de la Chine, aurait v&eacute;ritablement &eacute;t&eacute; suicidaire. Mais nous pensons que l'accord obtenu est v&eacute;ritablement a minima. Il n'est pas certain que les opinions se rendent compte d'un changement quelconque par rapport &agrave; l'&eacute;tat actuel des institutions. <br /> <br /> Pour &eacute;viter que l'Europe ne retombe dans l'apathie, il faudrait donc que des initiatives europ&eacute;ennes significatives se fassent jour. Elles impliqueraient si possible les 27 gouvernements mais si cela n'est pas possible, elles devraient se limiter aux Etats fondateurs, en pratique les actuels membres de l'Eurogroupe. Elles montreraient aux citoyens europ&eacute;ens, comme au reste du monde, le r&ocirc;le nouveau et plus ambitieux que doit jouer l'Europe, consid&eacute;r&eacute;e non comme une construction juridique mais comme une superpuissance de fait, irr&eacute;ductible aux efforts de ceux qui veulent l'abattre. Il ne faut &eacute;videmment pas pour cela attendre ni 2012 ni m&ecirc;me 2009. C'est maintenant que ceux qui d&eacute;fendent cette approche pragmatique mais audacieuse doivent agir et faire des propositions.<br /> <br /> On retrouvera toutes les questions rest&eacute;es en suspens ces derniers mois, o&ugrave; l'Europe a brill&eacute; par son absence ou son inefficacit&eacute;. Citons en d&eacute;sordre la situation au Moyen-Orient, la lutte contre les changements climatiques et pour la biodiversit&eacute;, les investissements en &eacute;nergies renouvelables, les politiques de co-d&eacute;veloppement notamment avec l'Afrique, les questions de d&eacute;fense et de s&eacute;curit&eacute;.&nbsp; Nous y ajouterons les grandes politiques scientifiques et technologiques indispensables &agrave; la souverainet&eacute; europ&eacute;enne&nbsp;: spatial, infotechnologies, biotechnologies, sciences cognitives. Dans ces derniers domaines, un renforcement rapide des budgets attribu&eacute;s aux actions communes s'impose. Peu importe que ces questions fassent ou non l'objet actuellement de comp&eacute;tences communes. L'essentiel est d'agir, avec prime &agrave; celui qui donnera le premier l'exemple le plus fort. <br /> <br /> Mais de quels Etats peut-on raisonnablement attendre que viennent de telles initiatives? Evidemment d'abord de la France. La France peut retrouver l&agrave; sa tradition des grands programmes et des strat&eacute;gies ambitieuses. Il ne s'agit pas dans un premier temps d'aligner des moyens mais de formuler des buts. Nous souhaitons pour notre part que le gouvernement fran&ccedil;ais affiche d&egrave;s maintenant des objectifs ambitieux dans les domaines &eacute;num&eacute;r&eacute;s ci-dessus, que ce soit en France proprement dite ou en partenariat avec d'autres pays europ&eacute;ens sinon avec l'ensemble de l'Union. L'opposition, plut&ocirc;t qu'ergoter sur le Trait&eacute;, devrait le pousser &agrave; le faire.<br /> <br /> <em><strong>G&eacute;rard Bokanowski nous propose d'ajouter le commentaire suivant:</strong><br /> Sur les r&eacute;sultats du Conseil Europ&eacute;en, je pense que, compte tenu des positions de d&eacute;part, on peut &ecirc;tre plus positif dans 4 domaines: <br /> -la Charte des Droits fondamentaux qui entre dans le droit positif avec &quot;l'opting out&quot; britannique, il est vrai.<br /> -la reconnaissance des services publics.<br /> -les coop&eacute;rations renforc&eacute;es (promises &agrave; un grand avenir).<br /> -l'extension des pouvoirs du Parlement Europ&eacute;en. D&egrave;s lors que l'on &eacute;tend le champ d'application des d&eacute;cisions susceptibles d'&ecirc;tre prises &agrave; la majorit&eacute; qualifi&eacute;e, on &eacute;tend les domaines de la proc&eacute;dure de co-d&eacute;cision. <br /> -l'extension du r&ocirc;le des parlements nationaux.<br /> </em><br /> <br /> </div> Fri, 29 Jun 2007 23:00:00 GMT L'Europe et sa logique de puissance http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=149 149 <br /><p>On sait que Nicolas Sarkozy et les Fran&ccedil;ais se sont battus &agrave; Bruxelles pour tenter de limiter dans le texte du Trait&eacute; europ&eacute;en l'emprise de la comp&eacute;tition et de la concurrence sans entraves. On a vu derri&egrave;re cette d&eacute;marche une pr&eacute;occupation sociale que l'on s'est empress&eacute; de mettre en exergue. Ce n'est pas le plus important, tant s'en faut. La v&eacute;rit&eacute; est que la d&eacute;fense de certaines entreprises contre les attaques de la libre-concurrence qui permettraient leur rachat par la seule m&eacute;canique du march&eacute; concerne en priorit&eacute; non la protection sociale, mais la puissance de l'Europe. C'est la th&egrave;se de la protection des &ldquo;champions &eacute;conomiques&rdquo; ou celle de la d&eacute;fense des &ldquo;<strong>technologies de souverainet&eacute;</strong>&rdquo;, dont nous estimons qu'elles jouent un r&ocirc;le fondamental, d'une part pour la d&eacute;fense des peuples en temps de crise, d'autre part pour l'identit&eacute; des peuples en temps de crise &mdash;ceci, somme toute, &eacute;quivalant &agrave; cela.<br /> <br /> En m&ecirc;me temps que se passait le psychodrame de Bruxelles, deux nouvelles venait d'&ecirc;tre ou &eacute;taient publi&eacute;es. <br /> <br /> *&nbsp; D'une part, la d&eacute;claration dans le Financial Times du 19 juin de Bob Stevens, patron de Lockheed Martin, d'une extraordinaire impudence si l'on se place du point de vue du bon sens, de la logique, de l'intelligence, de la dignit&eacute; et de l'habilet&eacute; politique (&quot;Lockheed chief warns Europe&quot;). Pas une de nos grandes voix europ&eacute;ennes n'a r&eacute;agi. Pourtant l'Am&eacute;ricain nous dit qu'il n'est pas question que se d&eacute;veloppe une industrie europ&eacute;enne de l'armement ind&eacute;pendante et souveraine, que les Europ&eacute;ens sont tout juste autoris&eacute;s &agrave; se coordonner en fonction des r&egrave;gles et les exigences des USA. Cet avertissement vient du repr&eacute;sentant de la soi-disant plus grande puissance de l'Histoire qui d&eacute;pense $750 milliards par an pour sa d&eacute;fense, qui n'est pas capable de soumettre en quatre ans un pays exsangue de 25 millions d'habitants et qui est m&ecirc;me sur le point d'y recevoir une racl&eacute;e m&eacute;morable, qui enfin n'est pas capable de fabriquer un avion de combat (le JSF) sans que le d&eacute;lai de production double et le prix quadruple par rapport aux pr&eacute;visions de d&eacute;part. <br /> <br /> &nbsp; * D'autre part la confusion chez EADS, suite &agrave; des d&eacute;clarations au Financial Times-Deutschland du 22 juin du co-Directeur G&eacute;n&eacute;ral, l'Allemand Tom Enders, atlantiste convaincu et fervent adepte des lois du march&eacute;. Ces d&eacute;clarations portaient sur le fait que la direction d'EADS &ldquo;examinait&rdquo; l'&eacute;tat de ses avoirs, &mdash; s'en d&eacute;barrasser ou pas, selon les int&eacute;r&ecirc;ts du march&eacute; boursier et des orientations soi-disant strat&eacute;giques, &mdash; et, parmi eux, les parts (46%) d'EADS dans la soci&eacute;t&eacute; Dassault. Ces parts repr&eacute;sentent la participation de l'Etat fran&ccedil;ais dans cette soci&eacute;t&eacute;. La r&eacute;action fran&ccedil;aise, par la voix de l'autre co-Directeur G&eacute;n&eacute;ral d'EADS, Louis Gallois, a &eacute;t&eacute; instantan&eacute;e et tr&egrave;s ferme. Enders a fait marche arri&egrave;re, parce qu'en ce moment Berlin ne peut se passer du soutien de Paris dans ses man&oelig;uvres europ&eacute;ennes. <br /> <br /> <strong>La logique boursi&egrave;re des autres &ldquo;Europ&eacute;ens&rdquo; </strong><br /> <br /> La l&eacute;g&egrave;ret&eacute; et le style &ldquo;investisseur boursier&rdquo; avec lesquels parle Enders concernant le sort de la part d'EADS dans Dassault sont stup&eacute;fiants. L'impression retir&eacute;e est que ces gens n'ont aucune conscience politique de rien, qu'ils n'ont aucune v&eacute;ritable connaissance de ce que Dassault repr&eacute;sente du point de vue industriel et technologique d'une part, du point de vue politique et strat&eacute;gique de l'autre, ceci pour la France mais aussi pour l'Europe. C'est l'&ldquo;esprit du march&eacute;&rdquo; (march&eacute; libre, s'entend) compl&egrave;tement d&eacute;cha&icirc;n&eacute;, avec comme seule conscience et comme seule connaissance des choses et des &ecirc;tres la valeur boursi&egrave;re &agrave; son niveau le plus primaire. <br /> <br /> Etonn&eacute;, ou semblant l'&ecirc;tre, le m&ecirc;me article du m&ecirc;me journal rapportent ceci&nbsp;: <em>&laquo;&nbsp;Dassault is an issue which the French government watches like a hawk,&rdquo; said one person familiar with the company. &ldquo;One wrong nuance in public statements can get you in trouble, regardless of how small the mistake may actually be.&rdquo; Dassault is the sole supplier of combat aircraft to the French air force.&raquo; <br /> </em><br /> La question n'est pas tant de d&eacute;battre de la possibilit&eacute; ou pas de cession de ces 46% de Dassault, que de consid&eacute;rer la diff&eacute;rence d'&eacute;tat d'esprit qu'on met ici en &eacute;vidence. Cette diff&eacute;rence s&eacute;pare fondamentalement la partie fran&ccedil;aise et la partie allemande, aussi bien chez EADS que dans les &eacute;lites politiques. L'&eacute;tat d'esprit fran&ccedil;ais consid&egrave;re d'abord la valeur d'une chose en fonction de son rapport &agrave; la souverainet&eacute; et &agrave; l'ind&eacute;pendance. Ces concepts sont pratiquement inconnus du c&ocirc;t&eacute; allemand. Il est &eacute;vident qu'un rapport avec la soci&eacute;t&eacute; Dassault, qui est l'une des premi&egrave;res soci&eacute;t&eacute;s du monde en mati&egrave;re d'avions de combat et de syst&egrave;mes &eacute;lectroniques, est n&eacute;cessairement un rapport dont les r&eacute;f&eacute;rences d'&eacute;valuation absolument prioritaires sont la souverainet&eacute; et l'ind&eacute;pendance. <br /> <br /> Cet &eacute;pisode rapport&eacute; par le FT doit &eacute;videmment &ecirc;tre confront&eacute; aux deux autres &eacute;l&eacute;ments signal&eacute;s plus haut&nbsp;: la volont&eacute; fran&ccedil;aise que l'&ldquo;esprit du march&eacute;&rdquo; ne soit plus la r&egrave;gle absolue de la vie &eacute;conomique et politique de l'Europe d'une part, la volont&eacute; am&eacute;ricaniste de r&eacute;duire totalement l'industrie europ&eacute;enne d'armement &agrave; une position vassale de sous-traitance. Il n'est un secret pour personne que Dassault est, depuis des ann&eacute;es sinon des d&eacute;cennies, dans la ligne de mire am&eacute;ricaine. Un objectif prioritaire pour les USA consiste &agrave; d&eacute;truire cette soci&eacute;t&eacute; ou tenter d'en prendre le contr&ocirc;le. Or cette hypoth&egrave;se qui semblait impensable (&ldquo;en prendre le contr&ocirc;le&rdquo;) appara&icirc;t du domaine du possible dans l'esprit de certains &agrave; la lumi&egrave;re des d&eacute;clarations incroyablement l&eacute;g&egrave;res d'un Enders (avec l'accord de &laquo;many investors&raquo;). <br /> <br /> Certes, la perspective m&ecirc;me th&eacute;orique d'une &ldquo;prise de contr&ocirc;le&rdquo; de Dassault serait dans l'&eacute;tat actuel des choses ressentie par le gouvernement fran&ccedil;ais comme un acte de guerre. Il l'interdirait, pourrait-on dire d'une fa&ccedil;on imag&eacute;e, si n&eacute;cessaire par la force. Mais dans l'imm&eacute;diat c'est la question de l'avenir de EADS qui est pos&eacute;e. Une bataille terrible est engag&eacute;e qui n'a rien &agrave; voir avec la position financi&egrave;re de cette soci&eacute;t&eacute; et ses erreurs de gestion. Les Fran&ccedil;ais sont ou seront conduits &agrave; admettre que le &ldquo;mariage&rdquo; avec les Allemands dans ce domaine strat&eacute;gique est une erreur de premi&egrave;re dimension. La coop&eacute;ration europ&eacute;enne et l'axe franco-allemand sont une bonne chose tant qu'on en excepte les vraies choses s&eacute;rieuses que sont la souverainet&eacute; et l'ind&eacute;pendance. <br /> <br /> Le sommet de Bruxelles a, bon gr&eacute; mal gr&eacute;, d&eacute;plac&eacute; au centre de la r&eacute;flexion et de la bataille politiques la question de la protection structurelle de ce qui fait la puissance europ&eacute;enne, &mdash; ou, mieux dit, de ce qui fait la puissance des quelques nations qui existent encore au sein de l'ensemble europ&eacute;en. Il est tr&egrave;s probable que ce domaine va &ecirc;tre, dans les prochains mois et les prochaines ann&eacute;es un terrain de grand affrontement. D&eacute;barrass&eacute;s d'une certaine fa&ccedil;on, par la r&eacute;cente &eacute;lection pr&eacute;sidentielle, de leur complexe du &ldquo;repli frileux&rdquo; (pour cause de non-alignement sur la pens&eacute;e unique europ&eacute;enne), les Fran&ccedil;ais devraient se battre avec rage pour reprendre le contr&ocirc;le des quelques attributs souverains qu'ils ont aventur&eacute;s dans la &ldquo;coop&eacute;ration europ&eacute;enne&rdquo;, EADS compris. <br /> <br /> Cette coop&eacute;ration pourra et devra se faire, mais sous strict contr&ocirc;le des puissances nationales et arm&eacute;e d'un rideau de protection contre les attaques financi&egrave;res des forces ext&eacute;rieures tentant d'investir par l'argent ce qu'elles sont incapables de r&eacute;duire par la seule qualit&eacute; de leurs produits. Un &laquo;&nbsp;<strong>complexe de forteresse</strong>&raquo;&nbsp;? Sans aucun doute, avec le mot &ldquo;complexe&rdquo; pris dans son sens d'organisation militaire. Le mod&egrave;le &agrave; suivre &agrave; cet &eacute;gard est, &mdash; employons l'expression pour une fois qu'elle est justifi&eacute;e, &mdash; le &ldquo;mod&egrave;le am&eacute;ricain&rdquo;.<br /> </p> Fri, 29 Jun 2007 23:00:00 GMT TVA sociale…une bonne idée…pour l'Europe http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=133 133 <br /><div align="justify"><br /> Nous avions dans un article pr&eacute;c&eacute;dent consacr&eacute; &agrave; la fiscalit&eacute; europ&eacute;enne, indiqu&eacute; qu'&agrave; notre avis, l'harmonisation souhaitable de la fiscalit&eacute; des Etats-membres pourrait avantageusement commencer par l'instauration d'une TVA sociale europ&eacute;enne. Rappelons que la TVA sociale, telle qu'&eacute;tudi&eacute;e en France, a pour objet de remplacer tout ou partie des cotisations patronales calcul&eacute;es sur les salaires et destin&eacute;es &agrave; financer la part patronale du budget social (comparable en importance au budget de l'Etat) par un compl&eacute;ment &agrave; la taxe &agrave; la valeur ajout&eacute;e portant sur la d&eacute;pense et pay&eacute;e par tous les contribuables. Dans cet esprit, on pourrait all&eacute;ger de la m&ecirc;me fa&ccedil;on la part salariale des pr&eacute;l&egrave;vements sociaux. L'avantage d'une telle mesure serait double&nbsp;: ne pas p&eacute;naliser l'emploi salari&eacute; et, dans la mesure o&ugrave; la TVA aux taux &eacute;lev&eacute;s porte souvent sur des biens import&eacute;s non essentiels, diminuer leur attrait au regard de biens et services produits en France. Mais elle aurait in&eacute;vitablement pour cons&eacute;quence une hausse globale de la TVA. Celle-ci pourrait &ecirc;tre modul&eacute;e en faveur des contribuables &agrave; faible revenu, en frappant &agrave; taux bas les biens de premi&egrave;re n&eacute;cessit&eacute;. Mais on constate que la demande &eacute;manant des contribuables &agrave; faible (ou moyen) revenu porte souvent sur des biens consid&eacute;r&eacute;s aujourd'hui comme indispensables, bien qu'import&eacute;s&nbsp;: &eacute;crans plats voire v&eacute;hicules 4/4 par exemple. <br /> <br /> En fait, le principal inconv&eacute;nient d'une TVA sociale d&eacute;cid&eacute;e et appliqu&eacute;e dans un seul pays europ&eacute;en, nous parait r&eacute;dhibitoire. C'est que la demande, au sein du grand march&eacute; europ&eacute;en, se portera sur des produits vendus dans les pays voisins et n'appliquant pas un tel imp&ocirc;t. Si le prix de l'&eacute;cran plat en France est augment&eacute; de 10 &agrave; 20%, il se trouvera n&eacute;cessairement,des vendeurs install&eacute;s hors de France pour le proposer au prix original, ceci d'autant plus que les co&ucirc;ts de transport &ndash; malheureusement d'ailleurs &ndash; sont aujourd'hui tr&egrave;s faibles. On cr&eacute;era donc une prime g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;e &agrave; la fraude &agrave; la TVA avec encouragement aux r&eacute;seaux plus ou moins maffieux qui profitent des disparit&eacute;s intra-europ&eacute;ennes.<br /> <br /> La TVA sociale ne pourrait donc redevenir une bonne id&eacute;e que si elle &eacute;tait accept&eacute;e, non pas peut-&ecirc;tre par les 27 Etats-membres (perspective aujourd'hui improbable) mais par ceux constituant l'Euro-Groupe. Mais elle n'aurait de sens que comme l'amorce d'une harmonisation progressive entre ces Etats de l'ensemble des r&eacute;glementations sociales et fiscales. Elle devrait aussi s'accompagner d'un renforcement des contr&ocirc;les internes et aux fronti&egrave;res de l'Euro-Groupe. Toutes mesures n'ayant de sens que si se met en place un gouvernement coordonn&eacute; des Etats membres de ce groupe, que nous souhaitons pour notre part. <br /> </div> <p><br /> </p> Fri, 29 Jun 2007 23:00:00 GMT Un bilan en demi-teinte, globalement positif cependant pour la construction européenne http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=131 131 <br /><div align="justify"><strong><br /> Dans la partie positive du bilan du G8, nous placerions par ordre d'importance&nbsp;: </strong><br /> <br /> - Le fait que G.W. Bush ait &eacute;t&eacute; oblig&eacute; de reculer sur le contr&ocirc;le de la production des gaz &agrave; effet de serre (GES) devant un bloc tr&egrave;s ferme des grands europ&eacute;ens&nbsp;: Allemagne. GB, France, Italie.....Selon le <em>S&uuml;ddeutsche Zeitung</em> du 8 juin:<em> &ldquo;Half of the G8 countries&mdash;the four European states&mdash;remained together to the end; they stayed together in a bloc. Under pressure from Angela Merkel, they stuck to their positions. It was the others who moved. In the end, they had no other choice. The word &ldquo;bloc&rdquo; is crucial, because the real issue centres on the building of great-power blocs. The German political elite, in particular, has long maintained that it can advance against the US on an international level only if it succeeds in imposing a common line on Europe&rdquo;</em>. <br /> <br /> Ceci offre un pr&eacute;c&eacute;dent prometteur, m&ecirc;me si les concessions obtenues de G.W.Bush sont mineures (voir ci-dessous). Pour la premi&egrave;re fois dans l'histoire europ&eacute;enne, il a &eacute;t&eacute; possible de montrer, sur un sujet qui sera de plus en plus important, un front europ&eacute;en uni devant lequel les Etats-Unis n'avaient pas d'autres solutions que faire des concessions. Il devrait &ecirc;tre possible de retrouver une telle unit&eacute; (avec ou sans le Royaume-Uni) sur d'autres th&egrave;mes importants de la politique internationale. <br /> <br /> - Le fait que la Russie, tout en menant tr&egrave;s habilement sa partie &agrave; propos de l'initiative am&eacute;ricaine dite des BMD ou euro-missiles, ait rejoint le bloc europ&eacute;en qui y est globalement hostile. L&agrave; encore, G.W.Bush a &eacute;t&eacute; contraint, sinon de reculer, du moins de comprendre qu'il ne pouvait pas impun&eacute;ment manipuler les Russes et les Europ&eacute;ens afin de les opposer les uns aux autres. La contre-proposition de Poutine n'aura sans doute pas de suite, mais elle rend pratiquement impossible la poursuite du projet de GW.Bush, ce qui est d&eacute;j&agrave; un important r&eacute;sultat. La proposition fran&ccedil;aise collat&eacute;rale, faite par Nicolas Sarkozy, de laquelle on a peu parl&eacute;, &eacute;tait excellente&nbsp;: que les experts russes et fran&ccedil;ais &eacute;tudient ensemble les perspectives de d&eacute;fense anti-missiles. <br /> <br /> - Le fait que la chanceli&egrave;re allemande se soit tr&egrave;s bien acquitt&eacute;e de sa t&acirc;che difficile, maintenir l'union des Europ&eacute;ens sans abandonner les points essentiels que la pr&eacute;sidence allemande avait mis &agrave; son agenda. Le fait que l'Allemagne adopte de plus en plus un ton ferme en Europe ne devrait pas d&eacute;plaire &agrave; la France, si celle-ci sait coop&eacute;rer de fa&ccedil;on positive avec son grand voisin. <br /> <br /> - Le fait enfin que le pr&eacute;sident fran&ccedil;ais, pour ses premiers pas sur la grande sc&egrave;ne internationale, ait convenablement tenu son r&ocirc;le sur tous les sujets, y compris le r&eacute;chauffement climatique. &laquo;&nbsp;Les objectifs quantitatifs sur le dossier climatique ne sont pas n&eacute;gociables, non plus que le r&ocirc;le de l'ONU&nbsp;&raquo;, avait-il pr&eacute;venu jeudi 7 juin en s'adressant directement au pr&eacute;sident am&eacute;ricain. Il a par ailleurs montr&eacute; qu'il &eacute;tait tr&egrave;s capable de contribuer &agrave; cr&eacute;er un climat de sympathie voire de coop&eacute;ration avec Poutine. Derri&egrave;re la personne de celui-ci, ce sont les relations entre la Russie, l'Europe et finalement la France qui sont en cause. Il serait inadmissible, dans l'int&eacute;r&ecirc;t des parties, que ces relations soient mauvaises. Au contraire, nous le r&eacute;p&eacute;terons une fois de plus pour notre part, elles doivent &ecirc;tre bonnes, sur la base de concessions r&eacute;ciproques. <br /> <br /> <strong>Dans la partie n&eacute;gative de ce bilan, nous mettrions&nbsp;:</strong><br /> <br /> - Le fait que les d&eacute;cisions relatives au contr&ocirc;le de la production des GES et la pr&eacute;vention des effets du r&eacute;chauffement climatiques ne soient ni quantifi&eacute;es ni assorties d'un calendrier tenant compte des urgences. On est loin des recommandations faites par les experts du GIEC, elles-m&ecirc;mes tr&egrave;s amend&eacute;es sous la pression d'un certain nombre d'Etats. On est loin &eacute;galement de celles pr&eacute;sent&eacute;es par les &eacute;conomistes du rapport Stern. Le danger serait qu'apr&egrave;s le succ&egrave;s apparent illustr&eacute; par la &laquo;&nbsp;concession&nbsp;&raquo; de G.W. Bush, on en revienne au statu quo, au moins jusqu'&agrave; 2012. De plus, la question essentielle des concessions &agrave; faire pour que les pays &eacute;mergents grands pollueurs rejoignent la d&eacute;marche commune n'a pas &eacute;t&eacute; abord&eacute;e (aides internationales cons&eacute;quentes pour la lutte contre la d&eacute;forestation et la d&eacute;sertification, par exemple).<br /> <br /> - Le fait que l'aide &agrave; l'Afrique soit rest&eacute;e du domaine des v&oelig;ux pieux, lesquels n'ont tromp&eacute; personne, notamment en Afrique. Il ne reste plus aux Africains qu'&agrave; se jeter dans les bras concupiscents des Chinois. Les promesses faites par ailleurs en mati&egrave;re de lutte contre les grandes pand&eacute;mies sont consid&eacute;r&eacute;es par les experts comme un recul au regard de celles faites au pr&eacute;c&eacute;dent sommet de Gleneagles , lesquelles d'ailleurs sont loin d'&ecirc;tre mises en &oelig;uvre aujourd'hui. <br /> <br /> - Le fait que les questions tr&egrave;s importantes du contr&ocirc;le des fonds sp&eacute;culatifs (hedge funds) ou de la r&eacute;duction des aides apport&eacute;es &agrave; certains secteurs &eacute;conomiques par les grands Etats, lesquelles font capoter les n&eacute;gociations &agrave; l'OMC, aient &eacute;t&eacute; soigneusement &eacute;vit&eacute;es. <br /> <br /> - Le fait qu'aucun Etat membre du G8 n'ait fait valoir la n&eacute;cessit&eacute; de refonder celui-ci, en l'&eacute;largissant au moins &agrave; la Chine et &agrave; l'Inde, et en le rapprochant de l'ONU et de son Conseil de S&eacute;curit&eacute;. Pour les Europ&eacute;ens, il est vrai, se poserait alors la question du r&ocirc;le de l'Union europ&eacute;enne en tant que telle dans un G8 &eacute;largi. Nous pensons pour notre part que l'Union devrait &eacute;videmment continuer &agrave; en faire partie, mais ceci sans que soit remise en cause la participation individuelle des membres europ&eacute;ens actuels. Ceux-ci constituent un de ces &laquo;&nbsp;noyaux durs&nbsp;&raquo; pour des coop&eacute;rations renforc&eacute;es sans lesquels l'Union Europ&eacute;enne &agrave; 27, parfois trop inf&eacute;od&eacute;e aux Etats-Unis, demeurerait impuissante. <br /> <br /> - Le ton dithyrambique adopt&eacute; par la presse <em>main stream </em>anglo-saxonne sur les r&eacute;sultats du G8. Certains observateurs allemands ont parl&eacute; de sommet de Scheinheiligendamm (&ldquo;sommet de l'hycrocrisie&rdquo;). Cet exc&egrave;s de satisfaction semble correspondre au fait que l'establishment lib&eacute;ral, libre-&eacute;changiste, globaliste anglo-am&eacute;ricain prend de plus en plus peur devant la marche d'&eacute;v&egrave;nements qu'il ne contr&ocirc;le plus et dont le principal est l'effondrement de l'influence am&eacute;ricaine dans le monde suite &agrave; la guerre en Irak. La Grande Bretagne, malgr&eacute; son r&ocirc;le utile en mati&egrave;re de lutte contre les GES , d&eacute;couvre que sa d&eacute;pendance vis-&agrave;-vis des Etats-Unis la conduit &agrave; un abaissement g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;, tant en Europe que dans le monde. C''est ce que montre notamment le scandale BAE-Yamamah impliquant les plus hautes autorit&eacute;s du Royaume et qui &eacute;tait, semblait-il, dans beaucoup d'esprits des participants au G8. L'Europe, malheureusement, n'en tire aucun b&eacute;n&eacute;fice. Au contraire.<br /> Lire &agrave; ce sujet http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=4092 <br /> <br /> NB: Pour mieux comprendre la situation internationale face &agrave; laquelle s'exprime la relative impuissance du G8, on pourra consulter avec profit le livre de Laurent Cohen-Tanugi: Guerre ou paix&nbsp;: essai sur le monde de demain. Grasset - mars 2007</div> Fri, 29 Jun 2007 23:00:00 GMT A propos du rapport de la Commission européenne “Adapting to Climate Change in Europe — Options for EU Action" http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=152 152 <br /><p><br /> Nous sommes de ceux qui pensent que les lib&eacute;raux europ&eacute;ens, pr&ocirc;nant l'initiative priv&eacute;e comme rem&egrave;de unique aux maux qui menacent l'Europe, seront de moins en moins audibles. De m&ecirc;me que ceux, souvent les m&ecirc;mes, pour qui les entreprises am&eacute;ricaines seront les seules &agrave; pr&eacute;senter des solutions acceptables. L'Europe devra pour survivre en revenir &agrave; des formes de gouvernance inspir&eacute;es de ce que l'on appelait au si&egrave;cle dernier des &eacute;conomies de guerre. Pour cela, elle ne pourra compter que sur ses seules ressources, notamment scientifiques et technologiques. Gouvernements et opinions doivent donc d&egrave;s maintenant r&eacute;fl&eacute;chir aux politiques publiques qui s'imposeront &agrave; elle, que les lib&eacute;raux le veuillent ou non.<br /> <br /> Il est int&eacute;ressant de voir que c'est du sein de la Commission europ&eacute;enne, pourtant &agrave; juste titre consid&eacute;r&eacute;e comme soumise &agrave; l'id&eacute;ologie lib&eacute;rale impos&eacute;e par l'influence am&eacute;ricaine, que viennent d&eacute;sormais les avertissements. Un rapport r&eacute;dig&eacute; par des experts de la Commission, encore non rendu public (<em>&ldquo;Adapting to Climate Change in Europe &mdash; Options for EU Action&quot;</em>), pr&eacute;sent&eacute; le 29 juin devant celle-ci, &eacute;tablit un plan d'action contre les cons&eacute;quences &laquo;&nbsp;catastrophiques&nbsp;&raquo; du r&eacute;chauffement climatique. Il s'accompagne d'un catalogue de mesures de protection et de restructuration des diverses infrastructures &eacute;conomiques, sociales, urbaines, etc., &agrave; prendre pour faire face &agrave; des changements susceptibles d'&ecirc;tre subits et chaotiques. <br /> <br /> Plus pr&eacute;cis&eacute;ment encore que les rapports pr&eacute;c&eacute;dents du GIEC, ce texte &eacute;voque la d&eacute;sertification des r&eacute;gions m&eacute;diterran&eacute;ennes, notamment au sud, la fonte des glaciers alpins et scandinaves, l'inondation des zones littorales, qui sont les plus riches et les plus peupl&eacute;es. Il faudra d&eacute;placer et r&eacute;implanter les ports et la majorit&eacute; des industries et des villes situ&eacute;es dans ces zones. Rien de ceci, qui co&ucirc;tera des fortunes, ne pourra se faire sans des politiques publiques extr&ecirc;mement contraignantes. <br /> <br /> Le pr&eacute;sident Jose Manuel Barroso, apr&egrave;s une tourn&eacute;e d'information au Gro&euml;land, est revenu convaincu de l'urgence de &laquo;&nbsp;faire quelque chose&nbsp;&raquo; . Va-t-il devenir le h&eacute;raut de l'interventionnisme public et entra&icirc;ner dans sa conviction nouvelle tous les groupes de pression lib&eacute;raux qui s&eacute;vissent &agrave; Bruxelles&nbsp;? O&ugrave; s'agit-il pour lui de se mettre de fa&ccedil;on superficielle &agrave; l'unisson des voix qui aux Etats-Unis font de plus en plus pression pour que G.W. Bush prenne en compte la crise climatique face aux int&eacute;r&ecirc;ts industriels&nbsp;? Certains pensent que face &agrave; la remont&eacute;e qu'il pressent des nationalismes, il veuille redonner &agrave; l'Europe une dimension f&eacute;d&eacute;ratrice. S'il en &eacute;tait ainsi, nous ne nous en plaindrions pas. Nous reviendrons plus en d&eacute;tail sur cette question le mois prochain. 28/06/07 <br /> <br /> </p> Fri, 29 Jun 2007 23:00:00 GMT L'Otan approuve le bouclier antimissile américain http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=138 138 <br /><p><br /> Les ministres de la d&eacute;fense de l'Alliance atlantique, r&eacute;unis jeudi 14 juin &agrave; Bruxelles, ont d&eacute;cid&eacute; d'approuver&nbsp; le projet am&eacute;ricain de bouclier anti-missiles pr&eacute;sent&eacute; comme devant&nbsp; prot&eacute;ger le flanc sud de l'Europe contre des attaques venant (notamment) du Moyen-Orient. Ils n'ont donc, contrairement &agrave; certaines r&eacute;serves &eacute;mises pr&eacute;c&eacute;demment, formul&eacute; aucune critique sur l'installation de sites en Pologne et en R&eacute;publique tch&egrave;que. Au contraire, ils ont d&eacute;cid&eacute; de lancer une &eacute;tude envisageant&nbsp; la compl&eacute;mentarit&eacute; de ce projet avec les propres &eacute;tudes de l'OTAN concernant la d&eacute;fense antimissile de territoire. Ils ont annonc&eacute; cependant qu'ils envisagent favorablement, &agrave; l'instar des Etats-Unis, l'offre russe d'utiliser un radar en Azerba&iuml;djan. <br /> <br /> On peut consid&eacute;rer qu'il s'agit l&agrave; d'un important succ&egrave;s diplomatique am&eacute;ricain, montrant bien l'influence qu'ils conservent sur les Europ&eacute;ens, &agrave; travers l'Otan ou dans d'autres instances. Les Russes n'ont pas r&eacute;agi mais ils ne peuvent que noter le peu de poids&nbsp; qu'ils p&egrave;sent actuellement dans les questions strat&eacute;giques int&eacute;ressant l'Europe, face aux Am&eacute;ricains. <br /> <br /> Rappelons que cette question du bouclier anti-missiles am&eacute;ricain reste encore du domaine du virtuel. Comme il a &eacute;t&eacute; dit, il s'agit de solutions qui&nbsp; n'existent pas au plan op&eacute;rationnel, confront&eacute;es &agrave; un danger plus qu'hypoth&eacute;tique. Le projet a par contre l'avantage de ramener sous la baguette am&eacute;ricaine certains membres de l'Otan qui pouvaient, telle la France, &ecirc;tre tent&eacute;s par l'id&eacute;e d'une d&eacute;fense europ&eacute;enne <br /> <br /> <br /> </p> Fri, 29 Jun 2007 23:00:00 GMT Le financement des grandes infrastructures de recherche européenne. Feuille de route de l'ESFRI http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=141 141 <br /><p>Beaucoup de chercheurs, relay&eacute;s par les politiques, laissent entendre que les grandes infrastructures de recherche europ&eacute;enne sont des jouets ne faisant plaisir qu'&agrave; quelques sp&eacute;cialistes. C'est &eacute;videmment faux. Ces &eacute;quipements sont des p&ocirc;les de croissance et de comp&eacute;titivit&eacute;, capables de faire sensiblement avancer la recherche fondamentale comme les applications, en liaison avec les universit&eacute;s et entreprises qui se regroupent autour d'eux. Encore faut-il qu'ils soient con&ccedil;us et g&eacute;r&eacute;s dans la perspective d'une coop&eacute;ration europ&eacute;enne en r&eacute;seau. C'est l&agrave; que le b&acirc;t blesse souvent&nbsp; car les susceptibilit&eacute;s nationales sont fortes et le pays ayant obtenu, apr&egrave;s des ann&eacute;es de n&eacute;gociations avec ses homologues, une d&eacute;cision en sa faveur, tend &agrave; oublier que le projet est et doit rester europ&eacute;en.<br /> <br /> Nous avions d&eacute;j&agrave; indiqu&eacute; dans cette revue que le Forum strat&eacute;gique europ&eacute;en sur les infrastructures de recherche (ESFRI), &eacute;manation des Etats membres et de la Commission europ&eacute;enne, avait recens&eacute; les &eacute;quipements jug&eacute;s &agrave; divers titres utiles, sinon indispensables, &agrave; la recherche europ&eacute;enne. Il a pr&eacute;sent&eacute; &agrave; Hambourg, du 5 au 7 juin, la &laquo;&nbsp;feuille de route&nbsp;&raquo;&nbsp; correspondante.&nbsp; Inspir&eacute; d'un exercice similaire conduit en 2003 par le d&eacute;partement am&eacute;ricain de l'&eacute;nergie (DoE), ce document n'&eacute;tablit pas de priorit&eacute;s et n'a qu'une valeur consultative. Il serait indispensable cependant que les gouvernements et l'Union europ&eacute;enne le prennent en consid&eacute;ration dans les prochaines ann&eacute;es et assurent les financements correspondants. <br /> <br /> Que trouve-t-on dans cette feuille de route&nbsp;? Un brise-glace (360 millions d'euros), un r&eacute;acteur de recherche sur les centrales nucl&eacute;aires de quatri&egrave;me g&eacute;n&eacute;ration (500 millions d'euros), un g&eacute;n&eacute;rateur source de neutrons (1 050 millions), un radiot&eacute;lescope s'&eacute;tendant sur 1 kilom&egrave;tre carr&eacute; (1 150 millions), un ensemble de supercalculateurs (400 millions), une base de donn&eacute;es sur la sant&eacute;, le vieillissement et la retraite en Europe (50 millions), un observatoire de la biodiversit&eacute; (370 millions), un r&eacute;seau pour la recherche clinique (36 millions) . Ces infrastructures de recherche figurent sur une liste de 35 grands &eacute;quipements dont les experts estiment que l'Europe devrait se doter pour tenir son rang en mati&egrave;re de recherche scientifique. <br /> <br /> La feuille de route porte encore la marque de la pr&eacute;pond&eacute;rance de la physique dans les grands instruments. Lors de sa pr&eacute;paration, les physiciens avaient constitu&eacute; dix groupes d'experts, les biologistes et les m&eacute;decins trois seulement, les sciences humaines deux. Le prochain exercice devrait cependant s'&eacute;largir aux questions d'&eacute;nergie, d'environnement et de capacit&eacute;s de calcul. Il est vrai que les biologistes ont du mal &agrave; comprendre la n&eacute;cessit&eacute; de s'allier dans une infrastructure. M&ecirc;me en m&eacute;decine,&nbsp; les chercheurs devraient pourtant se coordonner autour de gros centres ayant une masse critique, reli&eacute;s &agrave; une infrastructure distribu&eacute;e, au contact des malades. <br /> <br /> Selon le commissaire europ&eacute;en &agrave; la recherche, Janez Potocnik,&nbsp; ces 35 projets repr&eacute;sentent 14 milliards d'euros.&nbsp; La&nbsp; Commission ne peut les prendre tous&nbsp; &agrave; sa charge. Dans les 54 milliards d'euros de son 7e programme-cadre pour la recherche et d&eacute;veloppement (2007-2013), seuls 1,7 milliard d'euros sont destin&eacute;s aux infrastructures. M&ecirc;me si une partie des fonds structurels destin&eacute;s aux nouveaux entrants devrait pouvoir &ecirc;tre mise &agrave; profit, il faudra que les Etats membres se mobilisent fortement pour que la feuille de route ne reste pas un vain exercice.<br /> <br /> L'exercice entrepris par l'ESFRI restera en effet acad&eacute;mique si les budgets que les Etats acceptent de consacrer &agrave; la recherche par l'interm&eacute;diaire de la Commission ne sont pas s&eacute;rieusement augment&eacute;s d&egrave;s l'ann&eacute;e prochaine.&nbsp; C'est tout l'enjeu, &agrave; peine &eacute;voqu&eacute; en France lors des derni&egrave;res &eacute;lections, du r&ocirc;le et des moyens de l'Europe dans le domaine scientifique et technologique. Il est malheureusement occult&eacute; par les d&eacute;bats portant sur le droit et les institutions. <br /> <br /> <br /> <br /> </p> Fri, 29 Jun 2007 23:00:00 GMT L'identité chrétienne de l'Europe http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=139 139 <br /><p>Source AFP: &quot; Le secr&eacute;taire d'Etat du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone, a salu&eacute; le 20 juin&nbsp; un &quot;changement d'orientation&quot; de la France sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy &agrave; propos de la reconnaissance par l'Union europ&eacute;enne de son identit&eacute; chr&eacute;tienne. &quot;Je vois que m&ecirc;me la France est en train de changer d'orientation et de position&quot; sur l'identit&eacute; chr&eacute;tienne de l'Europe, a d&eacute;clar&eacute; le cardinal Bertone apr&egrave;s avoir &eacute;voqu&eacute; les r&eacute;centes rencontres du nouveau pr&eacute;sident fran&ccedil;ais avec ses homologues europ&eacute;ens. &quot;C'est une bonne chose, parce qu'une saine la&iuml;cit&eacute; peut &ecirc;tre parfaitement compatible avec la reconnaissance de ses racines, de ses origines chr&eacute;tiennes et de son identit&eacute; chr&eacute;tienne&quot;, a-t-il ajout&eacute; &quot;. <br /> <br /> Rappelons que le pr&eacute;c&eacute;dent pr&eacute;sident fran&ccedil;ais, Jacque Chirac, avait toujours refus&eacute; de voir &eacute;voquer les racines chr&eacute;tiennes de l'Europe et moins encore son identit&eacute; chr&eacute;tienne. Une telle reconnaissance, comme l'id&eacute;e pr&eacute;c&eacute;demment &eacute;voqu&eacute;e visant &agrave; r&eacute;former la loi fran&ccedil;aise de 1905, ne pourrait en effet qu'affaiblir le principe de la&iuml;cit&eacute; et inciter les repr&eacute;sentants d'autres religions pr&eacute;sentes en Europe &agrave; r&eacute;clamer &agrave; leur tour une reconnaissance. Mais nous semble-t-il, le pr&eacute;sident Sarkozy n'a rien encore dit officiellement qui puisse justifier la satisfaction&nbsp; du cardinal Bertone. <br /> </p> Fri, 29 Jun 2007 23:00:00 GMT Un article de Sylvie Goulard: Sortir l'Union de l'engourdissement http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=143 143 <br /><div align="center"><font color="#993300"><em><strong><br /> Sortir l'Europe de l'engourdissement<br /> </strong></em></font><font color="#993300"><em><br /> </em></font></div> <div align="left"><font color="#993300"><em>SG: &laquo;&nbsp;Il est heureux que les gouvernements prennent leurs responsabilit&eacute;s pour sortir l'Union europ&eacute;enne de l'impasse cr&eacute;&eacute;e par le rejet du trait&eacute; constitutionnel. L'engourdissement n'a que trop dur&eacute;. Pendant ce temps, le monde change &agrave; vive allure, les pays &eacute;mergents poursuivent leur rattrapage. Dans ce contexte difficile, la d&eacute;termination de la pr&eacute;sidence allemande force notre admiration. Mais il y aurait un paradoxe &agrave; consid&eacute;rer le recours &agrave; une conf&eacute;rence intergouvernementale comme la panac&eacute;e. </em></font><br /> <br /> <font color="#993300"><em>Le Trait&eacute; constitutionnel avait &eacute;t&eacute; r&eacute;dig&eacute; par une Convention majoritairement compos&eacute;e d'&eacute;lus (d&eacute;put&eacute;s nationaux, s&eacute;nateurs, d&eacute;put&eacute;s europ&eacute;ens), travaillant en bonne intelligence avec la Commission europ&eacute;enne et les gouvernements nationaux. Si&eacute;geant en public, la Convention avait proc&eacute;d&eacute; &agrave; de nombreuses consultations d'experts et d'associations. Ses travaux &eacute;taient accessibles sur Internet. Sans &ecirc;tre parfaite, cette proc&eacute;dure avait permis d'ouvrir le d&eacute;bat. Plusieurs sujets bloqu&eacute;s depuis des ann&eacute;es par une minorit&eacute; d'Etats, l'octroi de la personnalit&eacute; juridique &agrave; l'Union par exemple, trouv&egrave;rent ainsi une solution. </em></font><br /> <br /> <font color="#993300"><em>Confiner la discussion entre gouvernements favorise les surench&egrave;res et rend al&eacute;atoire l'adoption de solutions conformes &agrave; l'int&eacute;r&ecirc;t commun....&raquo;. </em></font><br /> <br /> Sylvie Goulard met l'accent sur un aspect essentiel du projet de Trait&eacute; constitutionnel europ&eacute;en, qui n'&eacute;chappe pas &agrave; ceux qui comme nous avait vot&eacute; pour son adoption, le caract&egrave;re relativement d&eacute;mocratique des conditions dans lesquelles il a &eacute;t&eacute; r&eacute;dig&eacute;. Tenir tout ce travail pour nul et non avenu serait une insulte aux d&eacute;mocrates europ&eacute;ens, comme l'a rappel&eacute; r&eacute;cemment le pr&eacute;sident Giscard d'Estaing. Ceci dit, les n&eacute;gociations en cours entre gouvernements ont l'avantage de permettre la reprise d'un processus de construction institutionnelle. Il ne faut pas y renoncer. Mais il ne faut pas perdre de vue qu'elles ne visent pas encore &agrave; faire rapidement de l'Union europ&eacute;enne une puissance &agrave; la fois ind&eacute;pendante, souveraine et solidaire telle que nous la voudrions.&nbsp; <br /> <br /> <font color="#993300"><em>SG&nbsp;: &laquo;&nbsp;Un trait&eacute; institutionnel est utile, mais il ne suffira pas &agrave; r&eacute;pondre aux attentes. D'autres chantiers europ&eacute;ens sont &agrave; ouvrir, non pas dans le huis clos de la diplomatie mais au grand jour. Tel est le paradoxe supr&ecirc;me des discussions en cours&nbsp;: m&ecirc;me si un accord est trouv&eacute; le 21 juin sur les institutions, la plus importante des r&eacute;formes restera &agrave; mener, celle consistant &agrave; red&eacute;finir le pacte de solidarit&eacute; qui nous lie, &agrave; redonner du sens &agrave; l'Union.</em></font><br /> <br /> <font color="#993300"><em>Le march&eacute;, quoique bien avanc&eacute;, est inachev&eacute;&nbsp;; les entreprises le d&eacute;plorent. Le non fran&ccedil;ais n'a pas entra&icirc;n&eacute; les inflexions sociales que certains faisaient miroiter aux &eacute;lecteurs&nbsp;; il a plut&ocirc;t profit&eacute; &agrave; ceux qui n'en veulent &agrave; aucun prix. La question de l'&eacute;quilibre entre la libert&eacute; et la r&eacute;gulation reste donc ouverte. Elle ne sera s&ucirc;rement pas tranch&eacute;e de mani&egrave;re satisfaisante au niveau des seuls gouvernements. Elle est bien trop s&eacute;rieuse pour &ecirc;tre laiss&eacute;e &agrave; des gouvernants prompts, comme on l'a d&eacute;j&agrave; vu, &agrave; se d&eacute;rober &agrave; leurs obligations communautaires, qu'il s'agisse des r&eacute;formes structurelles de la strat&eacute;gie de Lisbonne ou du pacte de stabilit&eacute; et de croissance.</em></font><br /> <br /> <font color="#993300"><em>Enfin, les d&eacute;fis primordiaux que nos pays doivent affronter sont d'ordre global&nbsp;: ils touchent au changement climatique, aux conflits g&eacute;opolitiques pour la ma&icirc;trise de l'&eacute;nergie, &agrave; la prolif&eacute;ration nucl&eacute;aire, &agrave; la mont&eacute;e des int&eacute;grismes ou encore au maintien de notre comp&eacute;titivit&eacute; dans un monde ouvert. Tous ces d&eacute;fis, sans exception, obligent l'Europe &agrave; serrer les rangs, des responsables politiques aux plus humbles citoyens&nbsp;&raquo;. </em></font><br /> <br /> On doit d&eacute;plorer en effet qu'aucun gouvernement national n'aborde les grandes questions &eacute;num&eacute;r&eacute;es par Sylvie Goulart. En France, on a constat&eacute; lors des derni&egrave;res campagnes &eacute;lectorales qu'elles n'avaient pas &eacute;t&eacute; s&eacute;rieusement pr&eacute;sent&eacute;es. On peut discuter des priorit&eacute;s qu'il convient de donner &agrave; la d&eacute;marche commune qu'il faudra bien reprendre. Pour notre part, nous ne voyons pas l'int&eacute;r&ecirc;t dans l'imm&eacute;diat d'ouvrir encore plus le &quot;march&eacute; europ&eacute;en&quot;, d&eacute;j&agrave; bien trop ouvert &agrave; des concurrents ne se r&eacute;f&eacute;rant pas au lib&eacute;ralisme pour ce qui les concerne. Nous proposons plut&ocirc;t, face aux d&eacute;fis &eacute;num&eacute;r&eacute;s par Sylvie Goulard, de grands programmes scientifiques et technologiques, d&eacute;velopp&eacute;s dans le cadre de coop&eacute;rations renforc&eacute;es. De tels programmes, pour aboutir dans un monde o&ugrave; les superpuissances s'affrontent avec tous les instruments de la souverainet&eacute; r&eacute;galienne, supposent de doter l'Union europ&eacute;enne ou, &agrave; d&eacute;faut, les unions d'Etats qui s'y engageront, des instruments de r&eacute;gulation qu'ils ont abandonn&eacute;s sous la pression de la doxa lib&eacute;rale. Nous &eacute;voquons aussi, bien entendu, les exigences d'une d&eacute;fense v&eacute;ritablement europ&eacute;enne. <br /> <br /> <font color="#993300"><em>SG &laquo;&nbsp;La soci&eacute;t&eacute; ne doit donc pas &ecirc;tre la grande oubli&eacute;e des &eacute;ch&eacute;ances &agrave; venir. Pour que l'Europe vive, pour que la r&eacute;forme soit un succ&egrave;s, la mobilisation des &eacute;lus europ&eacute;ens et nationaux, de la Commission, des entreprises, des syndicats, du monde associatif, de chacun d'entre nous est indispensable. Tel est l'esprit de rassemblement dans lequel le Mouvement europ&eacute;en France entend travailler. Le besoin de p&eacute;dagogie, la soif de d&eacute;bats sont intacts.</em></font><br /> <font color="#993300"><em>Le comble du paradoxe serait atteint si les gouvernements voyaient au bout du compte leurs pouvoirs renforc&eacute;s&nbsp;! La Convention &eacute;tait n&eacute;e pour tirer les cons&eacute;quences de leur impuissance dans les ann&eacute;es 1997-2000. L'&eacute;chec du trait&eacute; d&eacute;coule largement de leur volont&eacute; d'organiser les ratifications sans calendrier concert&eacute;, sans esprit commun.</em></font><br /> <font color="#993300"><em>Enfin, certains pratiquent le populisme au lieu de pr&eacute;parer l'avenir. L'int&eacute;r&ecirc;t des Europ&eacute;ens, par-del&agrave; les fronti&egrave;res, est de s'accorder face aux d&eacute;fis du monde. Souvenons-nous du mot d'ordre de Monnet&nbsp;: &quot;Nous ne coalisons pas les Etats, nous unissons les hommes.&quot;&nbsp;&raquo;. </em></font><br /> <br /> Il est indiscutable que les changements profonds qu'imposeront aux soci&eacute;t&eacute;s europ&eacute;ennes les d&eacute;fis de ce si&egrave;cle &ndash; face auxquels il n'est pas exag&eacute;r&eacute; de dire que si elles ne r&eacute;agissent pas elles pourront dispara&icirc;tre - supposent la mobilisation des soci&eacute;t&eacute;s europ&eacute;ennes dans leurs profondeurs. Mobilisation veut largement dire en ce cas auto-mobilisation, gr&acirc;ce &agrave; l'activit&eacute; d'un nombre aussi grand que possible d'associations et de mouvements aussi diversifi&eacute;s que possible. <br /> <br /> Mais, r&eacute;p&eacute;tons-le, nous ne pensons pas qu'il faille se battre pour le non-renforcement, voire la diminution, des pouvoirs des gouvernements (ou plus exactement des Etats). Une Europe souveraine et puissante ne se construira pas avec des Etats d&eacute;biles. En France, la tradition a toujours associ&eacute; l'Etat, ses administrations et ses services publics aux grands programmes et aux grands changements. Il n'y a pas de raison que ce mod&egrave;le ne puisse &ecirc;tre adapt&eacute; aux besoins europ&eacute;ens. C'est sans doute la d&eacute;finition de ce que serait une Europe forte f&eacute;d&eacute;rant des Etats forts (pour ne pas parler d'Etats-Nations), plut&ocirc;t qu'une Europe f&eacute;d&eacute;rale sur le mod&egrave;le am&eacute;ricain et sous l'influence des Etats-Unis (comme il faut bien le reconna&icirc;tre l'avait toujours envisag&eacute;e Jean Monnet), qui devrait devenir la priorit&eacute; de ceux qui s'int&eacute;ressent &agrave; l'avenir de l'Europe. <br /> </div> Fri, 29 Jun 2007 23:00:00 GMT Aimer l'Europe de Robert Toulemon http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=137 137 <br /><p align="justify"><br /> Robert Toulemon, ancien haut fonctionnaire europ&eacute;en&nbsp; de 1962 &agrave; 1972, ancien pr&eacute;sident de l'Association Jean-Monnet, a toujours &eacute;t&eacute; et demeure un d&eacute;fenseur actif de la construction europ&eacute;enne, y compris dans sa version la plus pouss&eacute;e, c'est-&agrave;-dire sur un mod&egrave;le f&eacute;d&eacute;ral. Il a publi&eacute; plusieurs livres dans cet esprit. Le dernier de ceux-ci, <em>Aimer l'Europe,</em>&nbsp; doit &ecirc;tre lu avec attention, car c'est le t&eacute;moignage d'un militant europ&eacute;en ayant parfaitement connu les d&eacute;fauts mais&nbsp; aussi les promesses des politiques&nbsp; visant &agrave; unifier l'Europe. Il&nbsp; dispose aussi d'un blog o&ugrave; nous retrouvons des &eacute;clairages et des points de vue qui ne peuvent que nous aider &agrave; mieux comprendre les enjeux de l'actualit&eacute; europ&eacute;enne actuelle.<br /> <br /> Le principal regret de Robert Toulemon est que l'Europe ne se soit jamais montr&eacute;e capable de passer de l'union &eacute;conomique &agrave; l'union politique. Il consid&egrave;re que la France, qui avait &agrave; un moment presque toutes les cartes en mains, n'ait jamais voulu franchir le pas. Elle est donc en grande partie responsable de l'&eacute;chec. Son action, dit-il, souffre d'une contradiction fondamentale. D'un c&ocirc;t&eacute;, elle d&eacute;fend l'id&eacute;e d'une Europe forte, de l'autre, elle lui refuse les moyens de le devenir. <br /> <br /> Il rappelle l'histoire des positions gouvernementales fran&ccedil;aises successives. Apr&egrave;s le refus de la Communaut&eacute; europ&eacute;enne de d&eacute;fense, en 1954, l'objectif d'une communaut&eacute; politique est repouss&eacute; &agrave; plus tard.&nbsp; Pour le g&eacute;n&eacute;ral de Gaulle, le March&eacute; commun ne sera jamais autre chose qu'un &quot;trait&eacute; de commerce&quot; et &quot;surtout pas l'amorce d'une union politique&quot;. Ni Georges Pompidou ni Val&eacute;ry Giscard d'Estaing n'infl&eacute;chiront vraiment cette strat&eacute;gie. M&ecirc;me Fran&ccedil;ois Mitterrand laissera passer l'occasion de la modifier. Tout l'art de la diplomatie fran&ccedil;aise au cours de la n&eacute;gociation du trait&eacute; de Maastricht, explique Robert Toulemon, consistera &agrave; obtenir l'union mon&eacute;taire sans l'union politique souhait&eacute;e par le chancelier Kohl.&nbsp; En 2005, le rejet du trait&eacute; constitutionnel a sanctionn&eacute; les incons&eacute;quences fran&ccedil;aises. <br /> <br /> Nous pensons que Robert Toulemon, dans cette analyse du pass&eacute;, sans avoir tort, aurait du rappeler quelques unes des raisons qui avaient pouss&eacute; les gouvernements fran&ccedil;ais, dans la suite du Gaullisme, &agrave; craindre la mise en place d'une Union sur le mod&egrave;le f&eacute;d&eacute;ral.&nbsp; C'est que cette Union aurait &eacute;t&eacute; en fait t&eacute;l&eacute;guid&eacute;e ou au moins instrumentalis&eacute;e par les Etats-Unis, &agrave; travers les Etats europ&eacute;ens qui pratiquement tous manifestaient un atlantisme sans faille. Il n'est pas certain qu'aujourd'hui encore, une telle Europe f&eacute;d&eacute;rale, si elle existait, comprenant des membres comme les nouveaux entrants dont l'atlantisme cong&eacute;nital s'ajoute &agrave; celui des atlantistes historiques, pourrait&nbsp; prendre ses distances vis-&agrave;-vis de Washington. La volont&eacute; fran&ccedil;aise actuelle &ndash; &agrave; supposer qu'elle se concr&eacute;tise - de d&eacute;fendre non seulement la souverainet&eacute; nationale mais aussi la souverainet&eacute; europ&eacute;enne, n'aurait pas pu na&icirc;tre.&nbsp; <br /> <br /> Ceci dit, Robert Toulemon, en attendant que renaisse un jour le projet d'une Europe politique, souhaite que l'Union reprenne&nbsp; sa marche en avant pour devenir, aux yeux des citoyens, un motif d'espoir. Il expose les diff&eacute;rentes raisons pour lesquelles nous devrions tous&nbsp; &quot; aimer l'Europe&quot;,&nbsp; &quot; pour ce qu'elle est &quot;, &quot; pour ce qu'elle peut devenir &quot; et &quot; pour les services qu'elle peut rendre &agrave; l'humanit&eacute; &quot; en contribuant &agrave; l'&eacute;mergence d'un nouvel ordre mondial. <br /> <br /> Il va plus loin,&nbsp; en sugg&eacute;rant un v&eacute;ritable programme de &agrave; l'intention des autorit&eacute;s de l'Union. Il propose, en particulier, des pistes pour retrouver par l'Europe croissance et emploi. Selon lui, la strat&eacute;gie de Lisbonne, lanc&eacute;e en 2000, rel&egrave;ve de &quot;l'incantation&quot;, les attaques contre la Banque centrale europ&eacute;enne du &quot;fantasme&quot; et les appels &agrave; un gouvernement &eacute;conomique de &quot;l'illusion&quot;. Rien ne sera possible, affirme-t-il, sans une forte volont&eacute; communautaire. &nbsp;<br /> <br /> Soit, mais peut-&ecirc;tre pourrions nous &agrave; notre tour sugg&eacute;rer que la volont&eacute; communautaire ne se fera pas&nbsp; &agrave; partir de pr&eacute;misses affectives. Elle n'&eacute;mergera qu'&agrave; l'occasion de ce que nous d&eacute;fendons ici, c'est-&agrave;-dire de grands programmes industriels et scientifiques mis au service de la souverainet&eacute; technologique et &eacute;conomique de l'Europe. Il n'est pas certain que de tels programmes puissent &ecirc;tre envisag&eacute;s, et moins encore accept&eacute;s, dans l'Europe &agrave; 27 encore soumise dans beaucoup de ses composantes &agrave; la tutelle am&eacute;ricaine. Des actions en coop&eacute;ration renforc&eacute;e, notamment au sein des membres de l'Eurogroupe, pourraient au contraire permettre de mettre sur la table des projets concrets dans lesquels les Europ&eacute;ens pourraient enfin se reconna&icirc;tre en tant qu'acteurs majeurs. Les programmes spatiaux (Galileo, GMES) ou plus simplement ceux int&eacute;ressant les liaisons ferroviaires &agrave; grande vitesse entre les capitales en donnent&nbsp; l'exemple. <br /> <br /> Aimer l'Europe de Robert Toulemon. Ed. Lignes de rep&egrave;res, 2007<br /> <br /> </p> Fri, 29 Jun 2007 23:00:00 GMT Lettre au Président de la République http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=89 89 <br /><p style="LINE-HEIGHT: 150%; TEXT-ALIGN: justify" align="left">Le 17 mai 2007<br /> <br /> Monsieur le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, <br /> </p> <p>&nbsp;</p> <p>Au nom de l'Union Paneurop&eacute;enne Internationale et de PanEurope France, fond&eacute;e en 1960 &agrave; l'initiative du G&eacute;n&eacute;ral De Gaulle, je tiens &agrave; vous f&eacute;liciter tr&egrave;s chaleureusement pour votre &eacute;lection &agrave; la Pr&eacute;sidence de la R&eacute;publique.<br /> <br /> Notre fondateur Richard Coudenhove-Kalergi, ainsi que mon pr&eacute;d&eacute;cesseur le Dr. Otto de Habsbourg ont toujours entretenu, depuis les origines de notre Mouvement en 1923, des relations privil&eacute;gi&eacute;es avec notre pays et avec ses dirigeants, pour contribuer &agrave; y enraciner l'id&eacute;e europ&eacute;enne et l'entente franco-allemande.<br /> <br /> C'est vous dire combien j'ai particuli&egrave;rement appr&eacute;ci&eacute;, lors de vos interventions du 6 mai au soir et du 16 mai &agrave; Berlin, votre engagement r&eacute;affirm&eacute; en faveur de la construction europ&eacute;enne.<br /> <br /> Implant&eacute;e dans pr&egrave;s de quarante pays europ&eacute;ens l'Union Paneurop&eacute;enne Internationale, qui dispose d'un intergroupe au Parlement Europ&eacute;en d'une centaine de d&eacute;put&eacute;s, milite dans le m&ecirc;me esprit europ&eacute;en qui vous anime, en faveur d'une Europe-puissance, ind&eacute;pendante, souveraine et solidaire.<br /> <br /> Pour sa part, PanEurope France, tout en d&eacute;veloppant sa pr&eacute;sence sur l'ensemble du territoire national, s'est efforc&eacute;e ces derni&egrave;res ann&eacute;es d'apporter au projet europ&eacute;en une contribution fondatrice, notamment sur toutes les questions touchant &agrave; notre ma&icirc;trise des technologies de souverainet&eacute; et en particulier de l'espace. Nous nous sommes &eacute;galement tr&egrave;s fortement mobilis&eacute;s sur l'objectif, qui est aussi le v&ocirc;tre, d'une &quot;M&eacute;diterran&eacute;e en partage&quot;.<br /> <br /> En vous renouvelant mes vifs compliments pour votre &eacute;lection, je souhaite profond&eacute;ment que nous puissions entretenir et d&eacute;velopper d'&eacute;troites relations avec vous-m&ecirc;me et votre gouvernement.<br /> <br /> Je vous prie d'agr&eacute;er, Monsieur le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique, l'assurance de ma tr&egrave;s haute consid&eacute;ration.&nbsp;<br /> <br /> </p> Thu, 31 May 2007 23:00:00 GMT Plaidoyer pour la coopération franco-allemande http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=86 86 <img src="http://www.pan-europe.org/v2/repimg/00086_merkelsarko.jpg" align="left" alt="photo" title="" border="0" /><br /><br /> La France et l'Allemagne ont &agrave; nouveau une responsabilit&eacute; historique, si elles veulent redonner au projet europ&eacute;en la force et la perspective ambitieuse qui lui ont fait d&eacute;faut ces derni&egrave;res ann&eacute;es, surtout depuis le refus par les Fran&ccedil;ais du Trait&eacute; Constitutionnel europ&eacute;en.<br /> <br /> Pour parvenir &agrave; cette indispensable fusion dans l'action, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy doivent commencer par mieux se conna&icirc;tre pour arriver &agrave; mieux se comprendre. C'est seulement ainsi qu'ils pourront examiner rapidement, et sans provoquer de blocages&nbsp;toujours lents &agrave; d&eacute;passer, l'ensemble des dossiers bilat&eacute;raux et europ&eacute;ens en cours.<br /> <p>L'histoire de l'amiti&eacute; franco-allemande a d&eacute;montr&eacute; depuis De Gaulle et Adenauer, que la confiance entre le Chef de l'Etat et le Chancelier pouvait ne pas na&icirc;tre imm&eacute;diatement, d&egrave;s le d&eacute;but de leurs relations.<br /> <br /> C'est pourquoi l'approche directe et franche du nouveau Pr&eacute;sident Fran&ccedil;ais devrait rapidement s'accorder avec le pragmatisme et l'habilet&eacute; de la Chanceli&egrave;re. Car l'Europe n'a plus de temps &agrave; perdre. <br /> <br /> Bien &eacute;videmment, il lui faut sans plus tarder sortir de l'imbroglio institutionnel. Certes, en la mati&egrave;re les Fran&ccedil;ais et les Hollandais ont une responsabilit&eacute; directe, en ayant bloqu&eacute; le processus de ratification. Accordons leur n&eacute;anmoins qu'ils ont eu le courage d&eacute;mocratique de soumettre au suffrage universel un projet aux cons&eacute;quences majeures pour les peuples europ&eacute;ens. Ce ne fut pas le cas pour la plupart des autres pays, qui ont proc&eacute;d&eacute; par des voies sans risque ou qui n'ont toujours pas ratifi&eacute; le projet de Trait&eacute;.<br /> <br /> La proposition du Pr&eacute;sident Fran&ccedil;ais d'un trait&eacute; r&eacute;duit peut d&eacute;cevoir les gouvernements des pays ayant accept&eacute; en totalit&eacute; le projet initial, mais il a au moins le m&eacute;rite, d'une part d'adapter le fonctionnement de l'Union Europ&eacute;enne &agrave; sa nouvelle dimension et d'autre part de lui donner plus de lisibilit&eacute; et d'efficacit&eacute; d&eacute;mocratique.<br /> <br /> Seul un projet de ce type nous donnerait de toute fa&ccedil;on l'assurance en France d'une ratification quasi certaine. Il est probable aussi qu'un trait&eacute; r&eacute;duit aux questions institutionnelles devrait mieux convenir aux Etats membres en attente de ratification.<br /> <br /> Cette question de fonctionnement, tout en devant &ecirc;tre rapidement trait&eacute;e&nbsp;car elle conditionne la vie de l'Union au quotidien, n'est pourtant pas la plus fondamentale pour son avenir. Bien plus d&eacute;terminant en effet est de savoir quelle Europe nous voulons construire.<br /> <br /> <strong>Quelle Europe veut-on construire?</strong><br /> <br /> S'agit-il de cette vaste zone de libre &eacute;change qui engloberait la mer de Barents, les d&eacute;troits du Danemark et de Gibraltar, pour franchir le Caucase en ayant incorpor&eacute; la Turquie et pourquoi pas certains de ses voisins orientaux&nbsp;?<br /> <br /> Cette id&eacute;e, encourag&eacute;e par Washington, c'est tr&egrave;s clairement le r&ecirc;ve de ceux qui ne veulent pas d'Europe. Ce n'est en rien le r&ecirc;ve des Paneurop&eacute;ens qui militent depuis 1923 pour une Europe - puissance, ind&eacute;pendante, souveraine et&nbsp;solidaire, sous l'impulsion de Richard Coudenhove Kalergi et de Otto de Habsbourg.<br /> <br /> En revanche, il devient urgent pour les Europ&eacute;ens de boucler leur espace et de se donner des fronti&egrave;res &agrave; leur territoire. En attendant que la Norv&egrave;ge et la Suisse se d&eacute;cident &agrave; rejoindre la famille europ&eacute;enne &agrave; laquelle ils appartiennent, l'Union Europ&eacute;enne serait bien inspir&eacute;e de favoriser l'int&eacute;gration sans d&eacute;lais excessifs de tous les pays du Sud Est europ&eacute;en.<br /> <br /> Cela implique que soient r&eacute;solus les probl&egrave;mes graves qui persistent dans cette r&eacute;gion et en particulier l'ind&eacute;pendance du Kosovo et l'organisation institutionnelle de la Bosnie Herz&eacute;govine.<br /> <br /> Pour &eacute;viter le risque de&nbsp;d&eacute;rive vers le moins d'Europe, l'entente Franco-Allemande est aussi indispensable, non seulement parce que ces deux pays ont toujours partag&eacute; l'ambition d'une Europe politique qui s'affirmerait sur la sc&egrave;ne internationale, mais surtout parce qu'ils ont la capacit&eacute; d'entra&icirc;ner avec eux dans cette orientation la grande majorit&eacute; des Etats membres.<br /> <br /> S'&eacute;tant entendus sur les objectifs&nbsp;g&eacute;n&eacute;raux du projet europ&eacute;en, en ayant pris soin d'en convaincre le plus grand nombre possible de leurs partenaires, les Fran&ccedil;ais et les Allemands auront &agrave; s'entendre sur son contenu.<br /> <br /> Harmoniser, ou plus exactement rapprocher, au sein de l'Union les r&egrave;gles sociales et fiscales permettra, y compris d&egrave;s que possible dans les nouveaux Etats membres, &agrave; notre march&eacute;&nbsp;int&eacute;rieur et &agrave; notre espace &eacute;conomique&nbsp;commun de s'exercer dans une concurrence loyale.<br /> <br /> Ces bases &eacute;tablies, la coordination de nos politiques &eacute;conomiques et budg&eacute;taires devra s'imposer.<br /> <br /> De l&agrave; pourra enfin na&icirc;tre une politique industrielle europ&eacute;enne qui se fixera des objectifs plus contraignants que ceux du processus de Lisbonne, abandonn&eacute; tant par le Conseil, que par la Commission&nbsp;et que par les Etats membres.<br /> <br /> Ne craignons pas de nous mettre d'accord sur des grands projets &eacute;conomiques mobilisateurs, car, et quoique certains pr&eacute;tendent dans les milieux Bruxellois, c'est bien ainsi que fonctionnent toutes les grandes puissances.<br /> <br /> Il n'y aurait par exemple gu&egrave;re d' exportation possible dans les domaines de l'aviation , de l'informatique, de l'espace,&nbsp;de l'automobile, de l'&eacute;nergie, du m&eacute;dicament et m&ecirc;me du textile et de l'agriculture venant des Etats-Unis, de la Russie, de la Chine, de l'Inde, du Japon et&nbsp;maintenant du Br&eacute;sil, si tous ces pays dans leurs domaines de pr&eacute;dilection ne pratiquaient pas le volontarisme &eacute;conomique et l'aide &agrave; l'exportation, sous des formes que l'OMC pr&eacute;f&egrave;re trop souvent ignorer.<br /> <br /> Bien que forte d'un niveau intellectuel tr&egrave;s &eacute;lev&eacute;, l'Union Europ&eacute;enne est domin&eacute;e dans les technologies de souverainet&eacute; et de ce fait importatrice de nombreux produits industriels qu'elle consomme. Il est vrai que l'Allemagne a su garder une capacit&eacute; d'exportation dans le secteur des machines outils et que la France a maintenu une place d'excellence dans les services et l'agro-alimentaire.<br /> <br /> Allemands et Fran&ccedil;ais ont aussi &agrave; approfondir les objectifs qu'ils se doivent de proposer &agrave; la politique europ&eacute;enne de D&eacute;fense. Il ne peut en effet se concevoir une politique ext&eacute;rieure commune, si elle n'est pas en mesure de s'appuyer sur une arm&eacute;e commune,&nbsp;bien au del&agrave; de ce qui s'est amorc&eacute; ces derni&egrave;res ann&eacute;es et qu'il faut largement amplifier.<br /> <br /> Bien entendu, cet objectif ne remet pas en cause notre appartenance commune &agrave; l'Alliance Atlantique, qui garde son int&eacute;r&ecirc;t.<br /> <br /> A ce sujet, et compte tenu des relations &eacute;troites d'amiti&eacute; qui lient entre eux les partenaires europ&eacute;ens, c'est au sein de l'Union que le projet de bases anti- missiles que les Am&eacute;ricains veulent installer et utiliser sous leur seul contr&ocirc;le en Pologne et en R&eacute;publique Tch&egrave;que devrait &ecirc;tre discut&eacute;.<br /> <br /> En adh&eacute;rant &agrave; l'Union Europ&eacute;enne, ces deux pays ont ainsi d&eacute;cid&eacute; de se lier &agrave; leurs partenaires, en renon&ccedil;ant &agrave; des parts significatives de leur souverainet&eacute; nationale. De ce fait aussi, les Polonais et les Tch&egrave;ques ont choisi de construire avec nous la souverainet&eacute; europ&eacute;enne, que nous partagerons tous ensemble.<br /> <br /> C'est pourquoi la Chanceli&egrave;re a tout &agrave; fait raison de vouloir soumettre cette grave question au Conseil europ&eacute;en.<br /> <br /> Enfin, je crois que le moment est venu d'imaginer ce que doit &ecirc;tre l'identit&eacute; europ&eacute;enne, sans laquelle les Europ&eacute;ens n'auraient pas le sentiment d'appartenir &agrave; la m&ecirc;me communaut&eacute; de destin.<br /> <br /> Se fondant sur nos origines historiques et nos valeurs jud&eacute;o-chr&eacute;tiennes, enrichies par celles de l'humanisme, les Europ&eacute;ens doivent se pr&eacute;parer &agrave; faire face aux cons&eacute;quences et aux d&eacute;fis de la mondialisation, du vieillissement, de l'extr&ecirc;me mis&egrave;re de nos voisins du Sud et surtout de la comp&eacute;tition acharn&eacute;e et dangereuse des puissances.<br /> <br /> C'est donc &agrave; nous de d&eacute;cider si le XXIe si&egrave;cle sera aussi europ&eacute;en, ou s'il sera celui de la fin d'une civilisation s&eacute;culaire.<br /> <br /> Cet enjeu est entre nos mains, dans&nbsp;celles de la jeunesse europ&eacute;enne et naturellement dans celles de la jeunesse Franco-Allemande. Puisse-t-elle entendre cet appel&nbsp;!<br /> </p> Thu, 31 May 2007 23:00:00 GMT Un Traité simplifié complété par des coopérations renforcées. Gouvernement économique de la zone euro http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=92 92 <br /><p>Bien que d&eacute;fendant les avanc&eacute;es apport&eacute;es par l'ex-TCE en ce qui concerne la mise en place d'institutions europ&eacute;ennes r&eacute;ellement efficaces, nous pensons qu'il ne faut pas faire la fine bouche devant la proposition de la France, port&eacute;e hier &agrave; Bruxelles par Nicolas Sarkozy et visant &agrave; faire approuver par tous les Etats-membres, dans les meilleurs d&eacute;lais et sans passer par la voie du r&eacute;f&eacute;rendum, un trait&eacute; simplifi&eacute; permettant de d&eacute;passer les blocages r&eacute;sultant de l'actuel trait&eacute; de Nice. Faire accepter un tel trait&eacute; simplifi&eacute; par les britanniques et les hollandais serait d&eacute;j&agrave; un exploit.<br /> <br /> Nous souscrivons d'autant plus &agrave; cette proposition qu'elle a &eacute;t&eacute; accompagn&eacute;e de celle visant &agrave; &eacute;tablir dans les meilleurs d&eacute;lais un gouvernement &eacute;conomique de la zone euro, n'associant cette fois-ci, sous le concept tr&egrave;s riche de &quot;coop&eacute;ration renforc&eacute;e&quot;, que les seuls Etats composant ladite zone. Quels seraient les objectifs de ce gouvernement? Le pr&eacute;sident fran&ccedil;ais a &eacute;voqu&eacute; le renforcement de la d&eacute;fense &eacute;conomique de l'Europe face aux pays qui ne s'embarassent pas de lib&eacute;ralisme quand il s'agit de d&eacute;velopper leur pr&eacute;sence &agrave; l'international. D&eacute;j&agrave; d'ailleurs, le commissaire au commerce Peter Mandelson et la commissaire &agrave; la concurrence Neelie Kroes ont fait part de leurs r&eacute;serves&quot;. Ces &quot;r&eacute;serves&quot; sont pour nous l'indice que la proposition de Nicolas Sarkozy va dans le bon sens.<br /> <br /> Mais nous pensons qu'&agrave; terme, il ne faudra pas en rester l&agrave;. L'harmonisation des r&eacute;glementations qui pourrait &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute;e par un gouvernement &eacute;conomique de la zone euro devrait &ecirc;tre mis au service, non seulement de la d&eacute;fensive mais de l'offensive. Par ce terme nous d&eacute;signons le lancement de tous les grands programmes technologiques et scientifiques seuls capables de remettre l'Europe au rang des grandes puissances dont nous avons fait la liste par ailleurs. La France aurait un r&ocirc;le essentiel &agrave; jouer dans ce lancement, si son gouvernement en acceptait le principe.</p> Thu, 31 May 2007 23:00:00 GMT Mettre en place une Europe puissance inspirée du modèle français d'économie mixte http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=77 77 <br /><div align="justify"><br /> Appliqu&eacute; aux institutions europ&eacute;ennes, le concept d'Europe-puissance se traduirait par la mise en place d'instruments capables d'&eacute;laborer, entre autres, &nbsp;une planification &eacute;cologique et une planification industrielle. Celles-ci s'inscriraient dans un &quot;n&eacute;o-dirigisme&quot; ou &quot;n&eacute;o-colbertisme&quot; europ&eacute;en global, capable d'imposer des politiques communes, telles que la fiscalit&eacute; &eacute;cologique ou la mise en place de &quot;champions&quot; europ&eacute;ens. Les mots employ&eacute;s ici, planification, dirigisme, colbertisme, sont mis entre guillemets, car ils peuvent &eacute;voquer les politiques europ&eacute;ennes d'apr&egrave;s la seconde guerre mondiale, qui transpos&eacute;es en l'&eacute;tat, seraient inefficaces. Elles entra&icirc;neraient des pratiques interventionnistes obsol&egrave;tes dont beaucoup d'Europ&eacute;ens ne veulent car elles rappelleraient les dictatures d'avant-guerre, les dirigismes d'apr&egrave;s-guerre et plus encore le communisme stalinien au pouvoir pendant quarante ans &agrave; l'Est de l'Europe.<br /> <br /> Les d&eacute;fenseurs de l'Europe-puissance doivent donc montrer que cet objectif demanderait la mise en &oelig;uvre de m&eacute;thodes enti&egrave;rement renouvel&eacute;es de gouvernement et de gestion &eacute;conomique. Il faudra proposer de nouvelles institutions et m&eacute;thodes, &nbsp;capables de leur donner la port&eacute;e strat&eacute;gique n&eacute;cessaire. Ceci &eacute;tant, nous pensons que ces m&eacute;thodes pourraient s'inspirer du mod&egrave;le fran&ccedil;ais d'&eacute;conomie mixte convenablement modernis&eacute;. Les d&eacute;fauts de celui-ci ont &eacute;t&eacute; souvent mis en &eacute;vidence mais ses qualit&eacute;s reparaissent aujourd'hui avec clart&eacute;. Pour dire franchement les choses, nous pensons qu'en Europe, la France, s'appuyant sur cette tradition n&eacute;o-colbertiste, est le seul pays d'Europe capable de proposer un mod&egrave;le de gouvernance et m&ecirc;me de soci&eacute;t&eacute; capable de prendre le relais d'institutions dont le seul mot d'ordre consiste &agrave; laisser le champ libre aux fonds sp&eacute;culatifs aliment&eacute;s &agrave; des sources de plus en plus suspectes.<br /> <br /> <strong>La crise du mod&egrave;le fran&ccedil;ais</strong><br /> <br /> Jusqu'&agrave; la fin des Trente Glorieuses (ann&eacute;es de reconstruction ayant suivi la fin de la seconde guerre mondiale) les objectifs du &nbsp;mod&egrave;le fran&ccedil;ais &eacute;taient simples &agrave; formuler et semblaient entrer dans le domaine du r&eacute;alisable. Il s'agissait, en simplifiant, de d&eacute;fendre les revenus salariaux et, plus g&eacute;n&eacute;ralement, d'assurer une meilleure r&eacute;partition des revenus globaux en faveur des plus d&eacute;munis. La France disposait d'un secteur productif priv&eacute; relativement dynamique. Il paraissait donc possible de chercher &agrave; imposer aux entreprises une politique des salaires et des mesures fiscales destin&eacute;es &agrave; un meilleur partage des b&eacute;n&eacute;fices de l'activit&eacute; &eacute;conomique. La France disposait parall&egrave;lement d'un fort secteur productif public, mis en place &agrave; la Lib&eacute;ration en conformit&eacute; avec le point de vue &quot;interventionniste&quot; d&eacute;fendu d&egrave;s 1936 puis &agrave; la Lib&eacute;ration, selon lequel le secteur public est le mieux &agrave; m&ecirc;me d'investir pour le long terme, notamment dans les domaines non susceptibles de profits capitalistes. Ce secteur public productif &eacute;tait prot&eacute;g&eacute; de la concurrence par un statut juridique lui assurant de larges monopoles. On pouvait donc faire appel &agrave; lui pour pallier certaines in&eacute;galit&eacute;s. Enfin, des organismes sociaux &eacute;galement publics, financ&eacute;s par des pr&eacute;l&egrave;vements obligatoires, mutualisaient la couverture des risques. Les diverses composantes du secteur public ainsi d&eacute;crites finan&ccedil;aient une partie de leurs d&eacute;penses gr&acirc;ce &agrave; des pr&eacute;l&egrave;vements obligatoires (subventions budg&eacute;taires, tarifs am&eacute;nag&eacute;s...).<br /> <br /> Un syst&egrave;me d'&eacute;conomie mixte priv&eacute;-public, tr&egrave;s diff&eacute;rent &eacute;videmment de l'&eacute;conomie administr&eacute;e sur le mod&egrave;le communiste qui &agrave; l'Est commen&ccedil;ait &agrave; entrer en crise profonde, assurait donc &agrave; la fois la croissance &eacute;conomique et la protection sociale (Etat Providence). La droite venue au gouvernement d&egrave;s le d&eacute;but des ann&eacute;es cinquante puis sous le Gaullisme n'avait pas tent&eacute; de revenir sur cet &eacute;quilibre. Elle n'avait pas cherch&eacute; initialement &agrave; privatiser massivement le secteur public ni &agrave; r&eacute;duire les r&eacute;glementations protectrices dont il disposait. L'opposition de gauche, de son c&ocirc;t&eacute;, dans sa composante social-d&eacute;mocrate, ne r&eacute;clamait pas d'&eacute;tendre le domaine de l'&eacute;conomie dite administr&eacute;e. Elle se bornait, pour r&eacute;pondre aux &laquo;&nbsp;revendications&nbsp;&raquo; de ses &eacute;lecteurs, &agrave; demander que s'accroissent la part des revenus salariaux (la hausse du SMIG) et le montant des prestations sociales. Satisfaire avec prudence &agrave; ces demandes, afin de ne pas provoquer d'inflation, consid&eacute;r&eacute;e depuis la guerre comme le mal absolu, ne paraissait pas susceptible de diminuer la comp&eacute;titivit&eacute; des entreprises priv&eacute;es et publiques. Prot&eacute;g&eacute;es de la concurrence ext&eacute;rieure, celles-ci avaient de la r&eacute;serve et pouvaient, m&ecirc;me confront&eacute;es &agrave; un accroissement mod&eacute;r&eacute; de leurs charges, continuer &agrave; investir et &agrave; se d&eacute;velopper. Ainsi, au travers d'in&eacute;vitables turbulences, le mod&egrave;le fran&ccedil;ais, tant &eacute;conomique que social, paraissait durable.<br /> <br /> Les difficult&eacute;s ont commenc&eacute; lorsque, sous l'effet de la concurrence internationale, provenant initialement des entreprises g&eacute;antes am&eacute;ricaines, un certain nombre d'industries strat&eacute;giques et de services publics fran&ccedil;ais ont perdu des march&eacute;s, &agrave; l'ext&eacute;rieur et surtout &agrave; l'int&eacute;rieur. Parall&egrave;lement, les protections douani&egrave;res et fiscales qui contr&ocirc;laient l'entr&eacute;e des biens et services sur le territoire national ont &eacute;t&eacute; abaiss&eacute;es, tandis que le march&eacute; des capitaux &eacute;tait &nbsp;progressivement ouvert. Cette &laquo;&nbsp;d&eacute;r&eacute;gulation&nbsp;&raquo; s'est faite en grande partie sous la pression politique des Etats-Unis. Obliger les Etats europ&eacute;ens &agrave; supprimer les protections r&eacute;glementaires &eacute;tait devenu en effet eux &nbsp;un v&eacute;ritable objectif de guerre &eacute;conomique, comme il l'avait &eacute;t&eacute; au XIX&lt;SUP&gt;e&lt;/SUP&gt; si&egrave;cle pour le patronat europ&eacute;en vis-&agrave;-vis des pays que l'on n'appelait pas encore le tiers-monde. Il fallait p&eacute;n&eacute;trer sans barri&egrave;res les march&eacute;s int&eacute;rieurs et d&eacute;truire les r&eacute;sistances provenant d'entreprises nationales moins comp&eacute;titives. La Communaut&eacute; Europ&eacute;enne, dont on red&eacute;couvre qu'elle avait &eacute;t&eacute; largement encourag&eacute;e par les Am&eacute;ricains afin de les aider &agrave; imposer un grand march&eacute; ouvert, a jou&eacute; sans h&eacute;siter le jeu du laisser-faire, au d&eacute;triment d'&eacute;conomies qui, comme celle de la France, restaient en grande partie prot&eacute;g&eacute;es.<br /> <br /> Certes l'ouverture des march&eacute;s a permis, en France comme dans le reste de l'Europe, &nbsp;diverses restructurations &eacute;conomiques et une &eacute;l&eacute;vation ind&eacute;niable des niveaux de vie. Mais cela ne pouvait &ecirc;tre durable. Sous la pression de la concurrence ext&eacute;rieure, r&eacute;ductions d'emploi, baisses de salaires, diminution des recettes fiscales et finalement accroissement des d&eacute;ficits budg&eacute;taires et de la dette publique devenaient d&eacute;sormais in&eacute;vitables. Dans le m&ecirc;me temps, la demande de biens de consommation qui ne cessait de se d&eacute;velopper, sous l'influence d'un mode de vie gaspilleur encourag&eacute; en Europe par les industries culturelles am&eacute;ricaines, ne pouvait plus &ecirc;tre satisfait par l'offre int&eacute;rieure. La demande se portait donc sur les biens et services import&eacute;s, au d&eacute;triment de la balance commerciale. Un cercle vicieux s'est alors instaur&eacute;, plus particuli&egrave;rement en France et dans les Etats europ&eacute;ens du sud, cercle vicieux caract&eacute;ristique des pays sous-d&eacute;velopp&eacute;s.<br /> <br /> Ce cercle vicieux se caract&eacute;risait et se caract&eacute;rise encore par deux m&eacute;canismes compl&eacute;mentaires&nbsp;: la consommation int&eacute;rieure s'adresse de plus en plus aux produits d'importation parce que les entreprises nationales ne sont pas de taille &agrave; r&eacute;pondre &agrave; la concurrence par la baisse de leurs prix de vente et la recherche de nouveaux produits &ndash; le secteur public &eacute;conomique et les administrations sociales ayant perdu l'essentiel de leurs recettes du fait de la baisse des recettes fiscales, elle-m&ecirc;me entra&icirc;n&eacute;e par l'&eacute;vaporation de la mati&egrave;re imposable, ne peuvent plus maintenir les grands investissements publics et le niveau de prestations estim&eacute;s n&eacute;cessaires par l'opinion. Accroissement des d&eacute;ficits, d&eacute;valuations, fuite du capital et des cerveaux &agrave; l'&eacute;tranger en d&eacute;coulent inexorablement. Dans ces conditions, ceux qui continuent &agrave; demander une hausse des salaires et du niveau de vie des plus d&eacute;favoris&eacute;s, paraissent de plus en plus irr&eacute;alistes. Tout simplement parce qu'il n'y a plus de production nationale pour r&eacute;pondre &agrave; la demande et que l'on ne peut ind&eacute;finiment acheter &agrave; cr&eacute;dit les produits &eacute;trangers. C'est dans le domaine des technologies de l'information et des produits high-tech que ce m&eacute;canisme de d&eacute;sindustrialisation et de perte de comp&eacute;tence s'est fait le plus rapidement et le plus cruellement sentir, d&egrave;s le d&eacute;but des ann&eacute;es 1980. <p>Dans les d&eacute;cennies suivantes, le m&eacute;canisme s'est acc&eacute;l&eacute;r&eacute;, aboutissant &agrave; l'&eacute;tat d'horreur &eacute;conomique d&eacute;crit par Viviane Forrester. Ce ne fut plus seulement la concurrence des multinationales am&eacute;ricaines qui a contribu&eacute; &agrave; ruiner les potentiels productifs nationaux, mais celle des entreprises &agrave; bas salaires asiatiques parfois install&eacute;es aux portes de l'Europe. Les &eacute;conomies europ&eacute;ennes, &agrave; l'exception d'un miracle allemand sp&eacute;cifique et fragile, ont d&eacute;sormais perdu une grande partie de leur comp&eacute;titivit&eacute;. L'&eacute;conomie mixte &agrave; la fran&ccedil;aise et le mod&egrave;le social fran&ccedil;ais en d&eacute;coulant furent les premi&egrave;res victimes de la mondialisation de la concurrence et de l'entr&eacute;e en masse des acteurs asiatiques. </p> </div> <p><strong>Revenir &agrave; la Puissance<br /> </strong></p> <div align="justify">Certains Occidentaux voudraient que les pays asiatiques r&eacute;glementent leur march&eacute; du travail afin d'&eacute;liminer des concurrences qu'ils jugent d&eacute;loyales. Mais ce serait aussi vain qu'attendre d'eux qu'ils r&eacute;&eacute;valuent leur monnaie et limitent leur production pour diminuer les tensions sur les mati&egrave;res premi&egrave;res ou la production des gaz &agrave; effet de serre. La seule attitude r&eacute;aliste, concernant les Europ&eacute;ens, consisterait &agrave; mettre en place et blinder une Europe puissance capable de r&eacute;sister &agrave; la concurrence asiatique. C'est ce que les Etats-Unis ont entrepris depuis un certain temps pour leur compte, avec le concept de &quot;<em>global dominance</em>&quot; qu'ils s'appliquent &agrave; eux-m&ecirc;mes.<br /> </div> <div align="justify"><br /> Il ne s'agirait pas pour l'Europe, t&acirc;che impossible, d'interdire a priori les d&eacute;localisations ou les importations de produits &agrave; bas co&ucirc;ts. Il faudrait par contre que les Europ&eacute;ens conduisent plusieurs politiques concourantes, bien loin du lib&eacute;ralisme actuel&nbsp;:<br /> <br /> * cr&eacute;er et rendre fort un gouvernement &eacute;conomique de l'Europe capable de rationaliser en interne les activit&eacute;s productives et de les prot&eacute;ger, en tant que de besoin, par une fronti&egrave;re ext&eacute;rieure r&eacute;ellement &eacute;tanche (ce qui supposera de renforcer les moyens de lutte contre les fraudes).<br /> <br /> * investir massivement dans la recherche et la formation afin de reprendre la t&ecirc;te de la course &agrave; la connaissance et aux activit&eacute;s &agrave; forte valeur ajout&eacute;e (Strat&eacute;gie dite de Lisbonne).<br /> <br /> * mettre en place des politiques industrielles et d'exportation agressives dans les secteurs strat&eacute;giques.<br /> <br /> * admettre enfin, ce qui sera le plus difficile, de financer de tels investissements par une &eacute;pargne forc&eacute;e portant sur les consommations gaspilleuses ou les produits import&eacute;s dont le caract&egrave;re d&eacute;rogatoire &agrave; nos r&eacute;glementations aura &eacute;t&eacute; reconnu. D'une fa&ccedil;on g&eacute;n&eacute;rale, une d&eacute;croissance des consommations non vitales devra &ecirc;tre encourag&eacute;e et les revenus ainsi d&eacute;gag&eacute;s r&eacute;investis dans de grands programmes industriels et scientifiques.<br /> <br /> D&egrave;s aujourd'hui et de plus en plus dans les prochaines ann&eacute;es, ceci devrait se traduire par plusieurs s&eacute;ries de politiques communes de nature &quot;dirigiste&quot;. La plus importante concernerait un dirigisme &eacute;cologique et environnemental, seul capable d'inscrire l'Europe en t&ecirc;te dans la lutte contre le r&eacute;chauffement climatique et la restauration des &eacute;quilibres naturels, notamment en mati&egrave;re de biodiversit&eacute;. La seconde viserait &agrave; constituer ou reconstituer des champions europ&eacute;ens, dans les domaines industriels ou de service jug&eacute;s indispensables &agrave; la survie &agrave; long terme d'une Europe ind&eacute;pendante. Il faudrait aussi, pour &eacute;clairer ces politiques, se donner les moyens d'&eacute;valuation et de pr&eacute;vision n&eacute;cessaires, tel un grand Commissariat au Plan europ&eacute;en.</div> <div align="justify"></div> <div align="justify">Si ceci &eacute;tait fait, l'Europe dans sa totalit&eacute; pourrait n&eacute;gocier, sinon de puissance &agrave; puissance, du moins avec de meilleures chances d'&ecirc;tre prise au s&eacute;rieux, avec la Chine, l'Inde et bien d'autres concurrents, les Etats-Unis en premier, chez qui de telles politiques r&eacute;galiennes (dites de S&eacute;curit&eacute; Nationale) sont consid&eacute;r&eacute;es comme allant de soi. Une politique de puissance, pour l'Europe, ne consisterait pas &agrave; refuser les investissements ou les importations asiatiques ou am&eacute;ricains. Elle viserait par contre &agrave; ne rien conc&eacute;der sans contreparties, ni sur le plan du commerce ext&eacute;rieur, ni sur celui du march&eacute; des capitaux. Dans des n&eacute;gociations globales d&eacute;bouchant sur des accords &agrave; long terme o&ugrave; chacun des partenaires trouverait des avantages, on pourrait esp&eacute;rer &agrave; la fois sauvegarder et enrichir l'emploi europ&eacute;en et contribuer &agrave; diminuer, dans les pays &eacute;mergents, la masse flottante des salari&eacute;s &agrave; 1 dollar par jour.<br /> <br /> Mais on le voit, tout ceci est bien loin du lib&eacute;ralisme &agrave; tout va impos&eacute; &agrave; l'Europe par les grands Etats, pour qui ce lib&eacute;ralisme est une arme de guerre &eacute;conomique. Il est bien loin aussi de l'&eacute;tat d'esprit des opinions europ&eacute;ennes, vis-&agrave;-vis notamment de la construction d'institutions capables de contribuer &agrave; la mise en place de l'Europe puissance ainsi esquiss&eacute;e.<br /> <br /> Les mouvements lib&eacute;raux europ&eacute;ens pensent que pour r&eacute;sister &agrave; la concurrence internationale, il faudrait lib&eacute;rer les entreprises install&eacute;es en Europe de toutes contraintes fiscales et sociales, renoncer aux services publics, m&ecirc;me essentiels, pour les privatiser aux mains des entrepreneurs priv&eacute;s internationaux qui y verraient l'occasion d'y faire du profit sp&eacute;culatif (au m&eacute;pris &eacute;videmment de l'id&eacute;e m&ecirc;me de service public), et finalement n'encourager les activit&eacute;s &eacute;conomiques que dans les domaines ne demandant que peu d'investissement et de recherche, comme les services financiers et la distribution en Europe des produits et services con&ccedil;us et fabriqu&eacute;s par des non-europ&eacute;ens. Ces derni&egrave;res ann&eacute;es, ce fut un peu l&agrave; le mod&egrave;le anglais de d&eacute;veloppement, sur lequel d'ailleurs les Britanniques semblent en train de revenir. Mais il est &eacute;vident que l'Europe ne peut compter sur de tels programmes pour conserver son identit&eacute;, son ind&eacute;pendance et ce qui lui reste de puissance. Sans industrie et sans recherche/d&eacute;veloppement, pas d'avenir pour l'Europe, comme l'&eacute;crit justement Jean-Louis Levet (Economica, 2006). Aucun pays europ&eacute;en, fut-il pour le moment un peu mieux loti que les autres, comme l'est l'Allemagne, ne trouvera de sch&eacute;mas durables de d&eacute;veloppement en faisant confiance aux capitaux sp&eacute;culatifs internationaux.<br /> <br /> Nous sommes pour notre part persuad&eacute; que la solution r&eacute;sum&eacute;e par le concept d'Europe-puissance s'appuyant sur des technologies elles-m&ecirc;mes de puissance (d&eacute;fendu en particulier par l'association Paneurope-France) serait seule capable de sauver l'Europe. S'agirait-il alors d'une perspective de droite ou d'une perspective de gauche. Elle ne serait certainement pas de droite au sens classique car elle r&eacute;pudierait un lib&eacute;ralisme de d&eacute;mission consistant &agrave; abandonner aux acteurs &eacute;conomiques &eacute;trangers tous les secteurs d'avenir. Mais elle ne serait pas non plus de gauche au sens classique, car ses priorit&eacute;s ne serait pas la croissance de la consommation et la distribution des revenus, sauf pour pallier aux in&eacute;galit&eacute;s les plus criantes. Il s'agirait d'abord d'&ecirc;tre productif et productiviste, ce qui signifierait travailler beaucoup, innover plus encore, investir dans les technologies &eacute;mergentes et, pour &eacute;pargner, limiter au maximum les consommations somptuaires.<br /> <br /> Rappelons que de tels objectifs seraient parfaitement adapt&eacute;s au monde de demain, o&ugrave; la crise environnementale et politique mondiale exigera que l'Europe, comme les autres grands ensembles g&eacute;o-politiques, s'oriente vers une v&eacute;ritable &eacute;conomie de guerre. Le temps risque de venir rapidement o&ugrave; s'imposera le besoin de gouvernements de salut public rassemblant &nbsp;tous les Europ&eacute;ens, de gauche comme de droite, d&eacute;sireux de sauver la patrie europ&eacute;enne commune &agrave; laquelle ils ont la chance d'appartenir. </div> Thu, 31 May 2007 23:00:00 GMT Ne pas abandonner les symboles de l'Europe http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=85 85 <img src="http://www.pan-europe.org/v2/repimg/00085_drapeaueur.jpg" align="left" alt="photo" title="" border="0" /><br /><div align="justify"></div> <div align="justify"><span></span></div> <div align="justify"><span>L'article I-8 du trait&eacute; constitutionnel donne au drapeau et &agrave; la journ&eacute;e de l' Europe, &agrave;&nbsp;l'hymne Europ&eacute;en, &agrave;&nbsp;la devise et &agrave; la monnaie de l'Union, le statut de &laquo;&nbsp;Symboles&nbsp;&raquo; de l'Europe et au-del&agrave; des habitudes qui ont &eacute;t&eacute; prises de faire un usage courant de ces symboles, l'adoption de cet article rev&ecirc;t une grande importance pour l'officialisation de l'Europe politique. L'identit&eacute; Europ&eacute;enne que ces symboles contribuent &agrave; construire&nbsp;dans l'imaginaire populaire et la citoyennet&eacute; Europ&eacute;enne, que le trait&eacute; de Maastricht a instaur&eacute;e,&nbsp;trouvent leur expression dans de tels signes qui&nbsp;renforcent le sentiment d'appartenance&nbsp;;</span><br /> <span></span><span></span><br /> <span>&nbsp;&laquo;&nbsp;Tous unis dans la diversit&eacute;&nbsp;&raquo;&nbsp;: Tout est dit dans ces quelques mots qui balayent&nbsp;autant le concept discut&eacute; de f&eacute;d&eacute;ration que celui, rejet&eacute; par la plupart, des souverainismes nationaux .</span><span></span><br /> <span></span><br /> <span>Et c'est bien pour cette raison que les pays les plus oppos&eacute;s &agrave; l'Europe puissance ont fortement exprim&eacute; leur refus de voir cet article I-8 maintenu dans le projet de trait&eacute; r&eacute;vis&eacute;.. Certains ont m&ecirc;me &eacute;t&eacute; jusqu'&agrave; r&eacute;cuser le terme, sinon la fonction, de &laquo;&nbsp;Ministre des affaires &eacute;trang&egrave;res&nbsp;&raquo; et voudraient sensiblement&nbsp;limiter la port&eacute;e et les pouvoirs d'une personnalit&eacute; qui t&eacute;moignerait&nbsp;clairement de l'existence d'une Europe politique.</span><span></span><br /> <span></span><br /> <span>PanEurope-France peut-il s'associer au consensus qui semble s'&eacute;tablir entre les pays membres, y compris de la part du notre, sur de telles entorses au principe m&ecirc;me de souverainet&eacute; Europ&eacute;enne&nbsp;pour lequel&nbsp;il se bat&nbsp;?</span><span></span><br /> <span></span><br /> <span>La r&eacute;ponse ne peut &ecirc;tre que n&eacute;gative et nous nous devons de souligner que de d&eacute;mission en d&eacute;mission, nous laissons le champs libre aux partisans d'une Europe limit&eacute;e &agrave; sa dimension &eacute;conomique et mercantile et sans poids politique et diplomatique r&eacute;el.</span><br /> <span></span><br /> <span></span><br /> <span>Nous tirons donc le signal d'alarme et esp&eacute;rons &ecirc;tre entendus par notre nouveau Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique et par son &eacute;quipe....</span></div> Thu, 31 May 2007 23:00:00 GMT Pour l'Europe à deux vitesses http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=93 93 <br /><p>La Chanceli&egrave;re allemande Mme Merkel avait annonc&eacute; devant la Cosac le 14 mai puis devant les repr&eacute;sentants des 27 le 15, qu'il convenait de faire repartir le processus de r&eacute;forme des institutions, l'Europe ne pouvant plus fonctionner sous le r&eacute;gime du trait&eacute; de Nice encore en vigueur. Elle souhaite entre autres garder intact le paquet constitutionnel indispensable &agrave; ce fonctionnement&nbsp;: vote &agrave; double majorit&eacute;, extension du vote &agrave; la majorit&eacute; qualifi&eacute;e, questions budg&eacute;taires, red&eacute;finition du principe de subsidiarit&eacute;. On peut penser que le projet de Trait&eacute; simplifi&eacute; propos&eacute; par le Pr&eacute;sident fran&ccedil;ais (voir notre &eacute;ditorial) devrait &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; par la Chanceli&egrave;re comme un pas important dans la voie qu'elle pr&eacute;conise.<br /> <br /> On sait que les nouveaux entrants, soutenus par la Grande Bretagne, s'opposent en principe &agrave; ces dispositions. Mais ils vont bien plus loin. Ils d&eacute;sireraient fait enlever tout ce qui pourrait faire de l'Europe une v&eacute;ritable entit&eacute; g&eacute;opolitique, y compris en termes symboliques&nbsp;: le terme de &laquo;&nbsp;constitution&nbsp;&raquo;, la suppression du drapeau et de l'hymne europ&eacute;en, la d&eacute;signation d'un ministre des affaires &eacute;trang&egrave;res... Ils veulent en fait, sous l'influence &eacute;vidente des Etats-Unis, revenir &agrave; la conception de l'Europe d&eacute;finie comme un march&eacute; ouvert sans ambitions politiques.<br /> <br /> Pour ce qui nous concerne, ceci serait &eacute;videmment contraire &agrave; la conception que nous nous faisons de l'Europe (voir notre dossier dans ce num&eacute;ro&nbsp;: Pour une Europe-puissance). Nous esp&eacute;rons que la France va d&eacute;fendre cette vision de l'Europe et par cons&eacute;quent soutenir la pr&eacute;sidence allemande lors du sommet europ&eacute;en des 21 et 22 juin.<br /> <br /> Mais il faudrait faire plus, faire qu'au moins au niveau de l'expression politique, les d&eacute;fenseurs de la construction europ&eacute;enne, en France, en Allemagne mais aussi en Italie, en Espagne et chez les autres membres repr&eacute;sentants l'Europe des fondateurs, manifestent clairement le refus du chantage men&eacute; par les PECO (Pays de l'Europe centrale et orientale) visant &agrave; d&eacute;construire le projet europ&eacute;en. Il est temps de les menacer d'une s&eacute;cession de l'Europe en deux, marqu&eacute;e par la mise en place d'un nouveau trait&eacute; rassemblant les Etats voulant faire de l'Europe cette puissance que nous &eacute;voquons. Elle serait alors dot&eacute;e d'un pr&eacute;sident, d'un ministre des relations ext&eacute;rieures, d'un ministre de la d&eacute;fense/s&eacute;curit&eacute;, d'un budget et autres attributs de l'autonomie. Il s'agirait &eacute;videmment d'une construction plus ambitieuse que celle correspondant, en principe, au concept de gouvernement &eacute;conomique de la zone euro envisag&eacute; &agrave; Bruxelles par M. Sarkozy. Mais il pourrait en devenir une suite toute naturelle.<br /> <br /> Les pays qui refuseraient d'entrer dans cette Europe renforc&eacute;e (&agrave; grande vitesse) se retrouveraient laiss&eacute;s &agrave; eux-m&ecirc;mes au sein de l'Europe actuelle (l'Europe &agrave; petite vitesse) et en proie aux agressions multiples d'un monde qui, de toutes fa&ccedil;ons, ne veut aucun bien aux Europ&eacute;ens. Ils comprendraient vite leur erreur. Il serait tr&egrave;s dommage que la Grande Bretagne ne participe pas au projet d'une Europe &agrave; grande vitesse, mais si elle s'y refuse encore longtemps, nous devrions faire notre deuil de sa pr&eacute;sence.<em><span style="FONT-STYLE: normal"><br /> <br /> *Cosac&nbsp;: Conf&eacute;rences des organes sp&eacute;cialis&eacute;s dans les affaires europ&eacute;ennes et communautaires des Parlements nationaux de l'Union.</span></em>&nbsp;&nbsp;</p> Thu, 31 May 2007 23:00:00 GMT Il faut renforcer la collaboration entre Paris, Berlin et Moscou pour favoriser la constitution d'une Europe puissance associant le noyau dur des Etats européens reconnaissant l'intérêt de ce concept http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=88 88 <br />Le sommet entre l'Union europ&eacute;enne et la Russie qui s'est tenu, les 17 et 18 mai &agrave; Samara, Russie, &nbsp;n'a pas permis de relancer les n&eacute;gociations en vue d'un nouvel accord de partenariat. Faute d'accord, celui sign&eacute; en 1997 sera reconduit pour un an. Ce partenariat est important pour l'UE, d&eacute;pendante de la Russie pour sa consommation en gaz et en p&eacute;trole. Il l'est aussi&nbsp; pour Moscou, qui r&eacute;alise 52 % de ses relations commerciales avec l'Union tandis que 70 % des investissements &eacute;trangers en Russie viennent des pays qui la composent.<br /> <br /> On peut discuter sur les causes apparentes de cet &eacute;chec et en rejeter la responsabilit&eacute; sur l'intransigeance tant de la Russie que des pays europ&eacute;ens, notamment de l'Est. Il existe certainement des contentieux &eacute;conomiques portant sur l'&eacute;nergie, les exportations de viande polonaise et autres causes mineures. Mais nous estimons que la raison fondamentale est autre. Elle est &eacute;videmment politique.<br /> <br /> Au plan politique, l'Union europ&eacute;enne, face &agrave; la Russie, est partag&eacute;e entre deux influences contraires. La premi&egrave;re est celle des nouveaux entrants, Pologne en t&ecirc;te, pour qui l'entr&eacute;e dans l'Europe ne doit entra&icirc;ner aucun changement dans leur attitude de d&eacute;fiance, sinon d'hostilit&eacute; av&eacute;r&eacute;e, &agrave; l'&eacute;gard de la Russie. Pour eux, ni l'Union, ni m&ecirc;me l'Otan, ne peuvent imposer de limites &agrave; leur souverainet&eacute; nationale. Or celle-ci, aujourd'hui, s'exprime par des engagements n&eacute;cessairement re&ccedil;us par les Russes comme hostiles. Ainsi en est-il de leur soutien au projet am&eacute;ricain de missiles anti missiles (BMD) comme de leurs appuis en sous-main aux mouvements ind&eacute;pendantistes des pays voisins de la Russie. Ces positions expriment en fait ce que l'administration am&eacute;ricaine voudrait voir adopter par l'Union toute enti&egrave;re&nbsp;: faire d'elle une plate-forme capable de contenir le retour de la Russie &agrave; la puissance, sur le plan &eacute;conomique, diplomatique voire militaire. <div></div> <p align="justify">La soumission des pays de l'Est &agrave; l'&eacute;gard de l'Am&eacute;rique&nbsp; va de plus en plus loin.&nbsp; Ne vient-on pas d'annoncer la visite de G.W.Bush en Pologne pour acter&nbsp; l'accord int&eacute;ressant&nbsp; l'implantation de la base de missiles&nbsp; am&eacute;ricaine. Quand on pense que la Pologne re&ccedil;oit un homme rejet&eacute; partout, aussi bien chez lui que dans le reste du monde, on mesure l'image d&eacute;sastreuse qu'elle donne et, avec elle, l'Union europ&eacute;enne toute enti&egrave;re. Il pourrait y avoir bien plus grave. Les influences atlantistes tr&egrave;s&nbsp;puissantes, y compris &agrave; Bruxelles, poussent actuellement &agrave; une sorte de rupture avec la Russie, en incitant &agrave;&nbsp;des agressions de plus en plus pr&eacute;cises &agrave; l'&eacute;gard de ce pays. Alors la France et ses partenaires de la &quot;vieille Europe&quot; se retrouveraient engag&eacute;s dans une nouvelle guerre froide, aux c&ocirc;t&eacute;s d'une Am&eacute;rique devenue dangereuse parce qu' irresponsable. <br /> <br /> L'influence oppos&eacute;e, bien faible actuellement, d&eacute;coule du d&eacute;sir de l'Allemagne de nouer des partenariats strat&eacute;giques &agrave; long terme avec la Russie. Sans faire preuve de faiblesse &agrave; l'&eacute;gard de cette derni&egrave;re, le gouvernement allemand voudrait au moins &eacute;viter les provocations inutiles et reprendre des dialogues constructifs. La France soutient en principe l'Allemagne dans cette attitude, mais elle n'a pas eu encore l'occasion, du fait des &eacute;lections, de pr&eacute;senter &agrave; la Russie un point de vue coh&eacute;rent sur ce que sera sa future position et celle qu'elle demandera &agrave; l'Union d'exprimer. Il faut esp&eacute;rer que la rencontre programm&eacute;e entre les deux pr&eacute;sidents Sarkozy et Poutine &eacute;claircira les choses dans le bon sens. <br /> <br /> Ceci dit, il ne faut pas &ecirc;tre na&iuml;f. Si la&nbsp;m&eacute;sentente grandissante entre la Russie et l'Europe fait les affaires de Washington, elle fait aussi celle des nationalistes russes toujours pr&ecirc;ts &agrave; favoriser le repli de la &laquo;&nbsp;vieille Russie&nbsp;&raquo; sur elle-m&ecirc;me, &agrave; l'&eacute;cart des &laquo;&nbsp;influences pernicieuses&nbsp;&raquo; de l'Europe. C'est une raison de plus pour renforcer les partenariats strat&eacute;giques &eacute;voqu&eacute;s, m&ecirc;me si la vigilance s'impose comme toujours entra alli&eacute;es qui se respectent et se m&eacute;fient des d&eacute;mons de l'histoire. <br /> <strong><br /> La position de Paneurope France</strong><br /> <br /> Nous pensons que l'Europe, et au sein de l'Europe, l'Allemagne et la France, ne doivent pas prendre acte de l'&eacute;chec de Samara pour renoncer &agrave; reprendre les n&eacute;gociations avec la Russie. C'est en effet l'avenir m&ecirc;me de la construction europ&eacute;enne qui est en jeu. Comme nous l'exprimons dans d'autres articles de ce m&ecirc;me num&eacute;ro, les grandes nations europ&eacute;ennes que sont l'Allemagne et la France, fondatrices historiques de l'Union,&nbsp;ne peuvent accepter que les nouveaux entrants, pouss&eacute;s par les Etats-Unis et relay&eacute;s par la Commission, sabotent une perspective strat&eacute;gique essentielle &agrave; cette m&ecirc;me Union, la coop&eacute;ration &ndash; sur un pied d'&eacute;galit&eacute; &ndash; avec la Russie (et son pr&eacute;sident). Pour nous, la question est claire&nbsp;: o&ugrave; les Etats-membres de l'Europe &agrave; 27 acceptent de se comporter d'une fa&ccedil;on coh&eacute;rente, les petits derniers renon&ccedil;ant &agrave; imposer aux autres des positions h&eacute;rit&eacute;es de l'histoire qu'il convient maintenant de d&eacute;passer, ou l'Europe &agrave; 27 doit &eacute;clater.<br /> <br /> Nous le disons nettement ici, l'extension&nbsp;mal g&eacute;r&eacute;e et mal expliqu&eacute;e&nbsp;r&eacute;alis&eacute;e ces derni&egrave;res ann&eacute;es, sans poser de conditions aux nouveaux entrants autres que leur acceptation du principe du grand espace &eacute;conomique, signifie en fait la mise en cause&nbsp;de l'Europe en tant que puissance, celle &agrave; laquelle nous sommes attach&eacute;s.&nbsp;Nous montrons dans nos autres articles qu'une telle Europe puissance sera la condition in&eacute;luctable de survie de nos pays dans les crises qui s'annoncent.<br /> <br /> L'activisme nationaliste anti-russe des pays de l'Est de l'Union&nbsp;repr&eacute;sente aussi bien un atavisme r&eacute;gional et historique qu'un d&eacute;sint&eacute;r&ecirc;t affirm&eacute; pour la coh&eacute;sion communautaire. Tous ces pays nous disent, certains tout &agrave; fait explicitement, qu'ils n'ont aucune confiance dans ces organisations multinationales europ&eacute;ennes (l'UE mais aussi l'Otan) pour assurer leur s&eacute;curit&eacute;. Ils ont donc choisi le ralliement direct &agrave;&nbsp;l'Am&eacute;rique. Par exemple, c'est l'argument des Tch&egrave;ques et des Polonais pour traiter directement avec les Am&eacute;ricains du programme BMD, sans passer par l'Otan (ni, encore moins, par l'UE). A&nbsp;l'&eacute;gard de l'UE, ces pays ne se sentent aucune obligation de solidarit&eacute; communautaire et ils agissent vis-&agrave;-vis d'elle selon le seul argument de ce qu'ils jugent &ecirc;tre leurs int&eacute;r&ecirc;ts nationaux. Ils se trompent certes, comme ils se trompent lorsqu'il s'agit de leur confiance dans l'Am&eacute;rique, &mdash; mais c'est leur probl&egrave;me. Notre probl&egrave;me &agrave; nous est que leur entr&eacute;e dans l'UE ne les a pas &ldquo;europ&eacute;anis&eacute;s&rdquo;, elle les a &ldquo;am&eacute;ricanis&eacute;s&rdquo;.&nbsp;De ce fait, la s&eacute;curit&eacute;&nbsp;et les relations avec la Russie constituant l'aspect le plus important de l'actuelle soi-disant&nbsp;&ldquo;politique ext&eacute;rieure&rdquo; de l'UE, le constat in&eacute;vitable est que cette politique est aujourd'hui mort-n&eacute;e. <br /> <br /> D'un mal pouvant sortir un bien, ceci peut &ecirc;tre une bonne chose. Avec l'arriv&eacute;e de nouveaux dirigeants en France et en Grande Bretagne (Gordon Brown), une nouvelle politique pourrait &ecirc;tre propos&eacute;e par la France, si possible en accord avec l'Allemagne. La politique classique de la France tient&nbsp;pour axiome que la puissance russe, situ&eacute;e o&ugrave; elle est, est quelque chose qu'il faut m&eacute;nager et avec laquelle il faut s'entendre. La politique europ&eacute;enne de la France parait donc&nbsp;toute trac&eacute;e. Il faut faire un trait&eacute; minimal pour en finir avec la paralysie europ&eacute;enne qui permet aux strat&eacute;gies europ&eacute;ennes internes et externes de se d&eacute;ployer sans opposition. Il faut mettre en place des outils europ&eacute;ens qui marchent et les influencer dans leur fonctionnement au plus proche des int&eacute;r&ecirc;ts fran&ccedil;ais, ou franco-allemand s'il est possible. Mais au-del&agrave; de la France, il ne faut pas &eacute;videmment abandonner la perspective&nbsp;de s'associer avec des nations europ&eacute;ennes &eacute;voluant ensemble&nbsp;au sein de l'Europe et&nbsp;utilisant les outils europ&eacute;ens pour renforcer leur puissance collective. Il appara&icirc;t &eacute;vident que l'Est de l'UE n'a plus grand chose &agrave; voir avec les six Etats fondateurs et qu'il faudrait&nbsp; en revenir, au sein de ces Six, &eacute;tendus si possible &agrave; tous les membres de l'Eurogroup,&nbsp;au concept de&nbsp;&ldquo;petite Europe&rdquo;,&nbsp;qu'il soit d&eacute;sign&eacute; par le terme de &ldquo;noyau dur&rdquo; ou par un autre. L'essentiel sera qu'il devra s'agir d'une Europe puissance ne r&eacute;unissant que les Etats s'accordant sur cet objectif.</p> <p>Signalons &agrave; nos lecteurs le site de l'association Paris-Berlin-Moscou, o&ugrave; nous retrouvons certaines&nbsp;des id&eacute;es qui sont les n&ocirc;tres.&nbsp;</p> Thu, 31 May 2007 23:00:00 GMT Industrie des pesticides et corruption http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=79 79 <br />La corruption des administrations publiques face aux int&eacute;r&ecirc;ts &eacute;conomiques ayant pignon sur rue n'est pas un d&eacute;faut aussi visible que leur corruption par les organisations criminelles, mais ses cons&eacute;quences peuvent &ecirc;tre aussi graves. Sur ce plan, toutes les administrations europ&eacute;ennes peuvent faire l'objet de tentatives de corruption, dont beaucoup r&eacute;ussissent. Il s'agit pour des industriels sachant parfaitement qu'ils fabriquent ou distribuent des produits n&eacute;fastes pour la sant&eacute; de leurs salari&eacute;s ou des consommateurs, de continuer &agrave; le faire, en s'assurant le silence des autorit&eacute;s cens&eacute;es prot&eacute;ger l'int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral. On d&eacute;nonce ces collusions coupables dans le domaine de l'agro-alimentaire, mais elles sont encore plus dangereuses quand elles autorisent la pr&eacute;sence de produits dangereux dans les mati&egrave;res premi&egrave;res (on se souviendra du cas de l'amiante, encore utilis&eacute;e dans de nombreux pays) ou dans les objets de grande consommation. <br /> <div align="justify"><br /> <img height="100" alt="Couverture du livre &quot;Pesticides, révélations sur un scandale français&quot;" width="60" align="right" src="/europaplusplus/repimg/Image/pesticides.jpg" />Un pays comme la France, qui se&nbsp;voudrait le champion de la protection des consommateurs et du principe de pr&eacute;caution &eacute;rig&eacute; tous azimuts, semble &ecirc;tre aussi celui qui aurait beaucoup &agrave; se reprocher. On lira pour illustrer ce point &laquo;&nbsp;<em>Pesticides, R&eacute;v&eacute;lations sur un scandale fran&ccedil;ais</em>&nbsp;&raquo; de Fabrice Nicolino et Fran&ccedil;ois Veillerette, Fayard, 2007. Nous reparlerons sans doute prochainement de cet ouvrage, qui a suscit&eacute; de fortes r&eacute;actions des int&eacute;r&ecirc;ts mis en cause. </div> Thu, 31 May 2007 23:00:00 GMT L'Europe devrait prendre en charge le coût de Galileo http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=82 82 <br /><p>Jugeant d&eacute;sormais qu'un choix politique s'impose, la&nbsp;Commission europ&eacute;enne&nbsp;a d&eacute;taill&eacute; le 16 mai les sc&eacute;narios de sauvetage du projet Galileo (le GPS europ&eacute;en), plaidant avec force pour un financement public complet des 30 satellites pr&eacute;vus, exploit&eacute;s par le priv&eacute; une fois op&eacute;rationnels. </p> <p>Destin&eacute; &agrave; sortir de l'enlisement actuel d'un projet dont Paneurope n'a cess&eacute; de souligner le caract&egrave;re de &quot;technologie de souverainet&eacute;&quot; (Galileo vise &agrave; affranchir les Europ&eacute;ens de leur d&eacute;pendance &agrave; l'&eacute;gard du syst&egrave;me militaire am&eacute;ricain GPS),&nbsp;le sc&eacute;nario&nbsp;propos&eacute; impliquerait un ach&egrave;vement complet du d&eacute;ploiement des satellites &agrave; la fin de l'ann&eacute;e 2012, les premi&egrave;res utilisations concr&egrave;tes &eacute;tant lanc&eacute;es un an plus t&ocirc;t. Ce choix devra &ecirc;tre fait par les ministres des Transports des 27, qui doivent se r&eacute;unir &agrave; Bruxelles les 7 et 8 juin.</p> <p>Selon les souhaits de Bruxelles, l'Agence spatiale europ&eacute;enne organiserait d'ici &agrave; la fin de l'ann&eacute;e un nouvel appel d'offres destin&eacute; &agrave; amorcer cette phase de d&eacute;veloppement. L'enveloppe de 2,4&nbsp;milliards d'euros qui, dans le sch&eacute;ma initial, &eacute;tait &agrave; la charge des entreprises membres du consortium serait d&eacute;sormais financ&eacute;e par le budget communautaire, et au besoin par les &Eacute;tats membres qui le souhaiteront, via leurs propres budgets nationaux. <br /> Pour leur part, les industriels se contenteront d'exploiter le syst&egrave;me de navigation par satellite, et cela &agrave; partir de 2013, date d'entr&eacute;e en vigueur d'un nouveau contrat de concession, d'une dur&eacute;e de vingt ans.&nbsp; Sur 2007-2030, l'engagement budg&eacute;taire total de l'UE pourrait atteindre de 9 &agrave; 10 milliards d'euros. Les 27 devront notamment participer aux risques commerciaux du projet en versant des subventions d'exploitation jusqu'en 2030.<br /> <font face="Arial" size="2">A suivre...</font></p> Thu, 31 May 2007 23:00:00 GMT L'Allemagne veut créer un espace européen de la formation professionnelle http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=83 83 <br /><p><br /> Annette Schavan, ministre f&eacute;d&eacute;rale de l'enseignement et de la recherche, a pr&eacute;sent&eacute; le10 mai 2007 &agrave; Berlin un catalogue de mesures destin&eacute;es &agrave; ouvrir la formation professionnelle sur l'espace europ&eacute;en.Celui-ci propose comme mesure principale la cr&eacute;ation d'un cadre europ&eacute;en de certifications et d'un syst&egrave;me de points. <br /> Selon la ministre, ces deux instruments, faciliteront la comparaison des comp&eacute;tences et des qualifications des formations professionnelles. <br /> <br /> L'objectif est ambitieux&nbsp;: doubler l'acquisition de qualifications &agrave; l'&eacute;tranger chez les jeunes en apprentissage.&nbsp;<br /> La ministre souhaite soutenir chaque ann&eacute;e 5.000 &eacute;changes d'une dur&eacute;e de trois mois maximum et cr&eacute;er 100 partenariats internationaux pour l'apprentissage, sanctionn&eacute;s par des examens binationaux correspondant &agrave; une double qualification.<br /> <br /> Ces mesures seront pr&eacute;sent&eacute;es les 4 et 5 juin&nbsp;prochains &agrave;&nbsp;Munich lors d'une conf&eacute;rence organis&eacute;e en partenariat avec la Commission europ&eacute;enne, sur la th&eacute;matique &quot;concr&eacute;tisation de l'espace europ&eacute;en de la formation professionnelle&quot;.<br /> &nbsp;</p> Thu, 31 May 2007 23:00:00 GMT Conférence sur l'Europe http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=97 97 <br /><p>&nbsp;</p> <p>Ci-joint l'invitation &agrave; un apr&egrave;s-midi d&eacute;bat&nbsp;&agrave; la maison de Jean Monnet, Bazoches sur Guyonne, coorganis&eacute; le 16 juin par PanEurope-France et par deux associations hongroise et polonaise.&nbsp; Alain Terrenoire y &eacute;voquera &quot;les pr&eacute;misses de la construction europ&eacute;enne&quot;. <br /> </p> <br /> <p>&nbsp;</p> Thu, 31 May 2007 23:00:00 GMT Conséquences des élections françaises sur la politique européenne de la France http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=69 69 <br /><p>Le premier tour des &eacute;lections pr&eacute;sidentielles fran&ccedil;aises, le 22 avril, semble avoir rassur&eacute; les opinions publiques europ&eacute;ennes, &agrave; en croire les journaux de nos voisins. Certains s'inqui&eacute;taient de voir la France persister dans la d&eacute;fiance &agrave; l'&eacute;gard de la construction europ&eacute;enne. Le vote d&eacute;finitif du 6 mai devrait confirmer ce diagnostic rassurant, quelle que soit la personnalit&eacute; appel&eacute;e &agrave; la<span>&nbsp; </span>pr&eacute;sidence.<o:p></o:p><br /> <br /> On peut d'ores et d&eacute;j&agrave; penser que, &agrave; quelques diff&eacute;rences pr&egrave;s, les deux concurrents adopteront, une fois &eacute;lus, des positions favorables &agrave; la reprise du dialogue institutionnel. Nicolas Sarkozy et S&eacute;gol&egrave;ne Royal ont manifest&eacute; l'intention de relancer la coop&eacute;ration franco-allemande pour faire aboutir un trait&eacute; donnant &agrave; l'Europe les moyens minima d'une efficacit&eacute; politique et diplomatique. L'un et l'autre, par ailleurs,&nbsp; r&eacute;cusent le concept d'une Union totalement soumise au lib&eacute;ralisme &eacute;conomique. Ils veulent au contraire conserver les acquis des deux pays, sur le plan social, industriel et des services publics. Mais pour ce faire, il faudra sans doute accepter la mise en place d'une coop&eacute;ration renforc&eacute;e entre Etats &laquo;&nbsp;volontaristes&nbsp;&raquo;, qui pourrait concerner en priorit&eacute; les membres actuels de l'Euro-groupe.<o:p></o:p><br /> <br /> Ceci admis, aucun des deux candidats n'a v&eacute;ritablement &eacute;voqu&eacute; les grands probl&egrave;mes du monde et la fa&ccedil;on dont l'Union europ&eacute;enne devra y faire face. Face aux d&eacute;r&egrave;glements de l'&eacute;conomie mondiale sous l'effet d'un capitalisme financier soumis au court-termisme du profit imm&eacute;diat, la fa&ccedil;on de prot&eacute;ger et d&eacute;velopper les forces &eacute;conomiques et les int&eacute;r&ecirc;ts strat&eacute;giques des pays europ&eacute;ens n'a gu&egrave;re &eacute;t&eacute; abord&eacute;e. Pas davantage ne l'ont &eacute;t&eacute;&nbsp; les modalit&eacute;s pr&eacute;cises du soutien aux<span>&nbsp; </span>d&eacute;veloppements scientifiques et technologiques, le renforcement de la<span>&nbsp; </span>d&eacute;fense et de la s&eacute;curit&eacute; face aux agressions<span>&nbsp; </span>qui se multiplient, la distance &agrave; prendre vis-&agrave;-vis d' &laquo;&nbsp;alli&eacute;s&nbsp;&raquo; qui ne veulent pas d'une Europe ind&eacute;pendante. Ces questions int&eacute;ressent pourtant tous ceux, qui en France comme dans les autres Etats, attendent de notre pays des positions r&eacute;ellement fortes et novatrices.<o:p></o:p><br /> <br /> Rien ne dit que le (la) futur (e) pr&eacute;sident (e) et la future assembl&eacute;e ne formuleront pas sur ces points, tr&egrave;s vite, des propositions o&ugrave; l'on pourra retrouver le &laquo;&nbsp;g&eacute;nie&nbsp;&raquo; de notre nation. Mais les citoyens et les associations<span>&nbsp; </span>comme la n&ocirc;tre auront un r&ocirc;le d&eacute;terminant &agrave; jouer, d&egrave;s les premi&egrave;res semaines, pour rappeler aux gouvernants fra&icirc;chement &eacute;lus que leur succ&egrave;s politique &agrave; terme d&eacute;pendra en tr&egrave;s grande partie de leur aptitude &agrave; jouer un r&ocirc;le constructeur et&nbsp; f&eacute;d&eacute;rateur sur la sc&egrave;ne europ&eacute;enne. <br /> </p> Mon, 30 Apr 2007 23:00:00 GMT Identification européenne et culture http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=66 66 <br /><strong><br /> L'h&eacute;ritage <br /> <br /> </strong>Il s'agit &agrave; ce niveau de rappeler les valeurs essentielles de la civilisation europ&eacute;enne, et plus particuli&egrave;rement ses racines. L'ensemble de ces valeurs peut se r&eacute;sumer en un concept unique&nbsp;: l'humanisme personnaliste. <p>Les sources de cet humanisme sont triples&nbsp;:</p> <ul> <li>Gr&eacute;co-romaines </li> <li>Jud&eacute;o chr&eacute;tiennes </li> <li>Rationalistes ( les &quot; Lumi&egrave;res &quot;). </li> </ul> <p>Les courants religieux ou philosophiques qui en d&eacute;coulent sont orient&eacute;s vers la recherche du salut, de la beaut&eacute;, du bonheur, de l'&eacute;panouissement individuel, de la d&eacute;mocratie et de la libert&eacute;.<br /> Dans la plupart des cas, ces courants se r&eacute;f&egrave;rent aux exigences de bien &ecirc;tre pour les individus, ou, plus pr&eacute;cis&eacute;ment les personnes et d'&eacute;quilibre pour les soci&eacute;t&eacute;s qui les rassemblent.</p> <p>Cette vision commune, au c&oelig;ur de la conception europ&eacute;enne de la civilisation, de Platon &agrave; St Paul, d'Erasme &agrave; Montaigne, de Hobbes &agrave; Kant, de Ste Th&eacute;r&egrave;se d'Avila &agrave; Jean Paul II, pour ne prendre que quelques exemples, ne doit pas faire oublier, toutefois les d&eacute;viances et d&eacute;voiements de la pens&eacute;e religieuse, philosophique et politique dont les Europ&eacute;ens furent victimes tout au long de leur histoire et tout sp&eacute;cialement au si&egrave;cle dernier.</p> <p><strong>Les D&eacute;fis<br /> <br /> </strong>Sans prendre la m&ecirc;me forme que celle rev&ecirc;tue par les totalitarismes qui ont marqu&eacute; le vingti&egrave;me si&egrave;cle, en particulier celle de la terreur de l'extermination de masse, les nouveaux d&eacute;fis d'aujourd'hui poss&egrave;dent un point commun&nbsp;: ils proposent une vision globalisante uniformisante de la soci&eacute;t&eacute; tout en pr&ocirc;nant des valeurs individualistes.</p> <p>De la sorte, se d&eacute;veloppe une sorte &quot;d'individualisme gr&eacute;gaire&quot; qui marque profond&eacute;ment la soci&eacute;t&eacute;.<br /> Dans cette perspective les principaux points suivants devraient &ecirc;tre &eacute;voqu&eacute;s au cours du colloque&nbsp;:</p> <ul> <li>probl&egrave;mes pos&eacute;s &agrave; l'Europe par cette forme particuli&egrave;re d'h&eacute;g&eacute;monie que constitue le messianisme am&eacute;ricain (concepts de &quot; destin&eacute;e manifeste &quot; de &quot; nation indispensable &quot;) qui prend souvent la forme d'un messianisme culturel puissamment relay&eacute; par les moyens modernes de diffusion culturels ou d'acc&egrave;s au savoir. (industries de la communication et des medias, e.learning, Internet, moteurs de recherche, jeux vid&eacute;o, techniques de diffusion de masse mais tr&egrave;s individualis&eacute;s telles que le podcasting etc.), </li> <li>risques grandissants provenant du fondamentalisme, en particulier islamique, </li> <li>approche radicale dans le domaine de la pens&eacute;e &eacute;cologique tendant &agrave; refuser &agrave; l'homme une place particuli&egrave;re et pr&eacute;&eacute;minente dans la nature, mais aussi &agrave; freiner exag&eacute;r&eacute;ment des recherches nouvelles (OGM, cellules souches, nucl&eacute;aire etc.)Cette pens&eacute;e &eacute;cologique prend parfois les traits d'une nouvelle religiosit&eacute;, </li> <li>d&eacute;veloppement d'une pens&eacute;e de substitution aux religions, mouvement sectaires, &quot;new age&quot;, relativisme religieux, </li> <li>modification en profondeur de la soci&eacute;t&eacute; europ&eacute;enne, du fait du vieillissement de la population, de l'absence d'une politique europ&eacute;enne de natalit&eacute;, du refus d'une strat&eacute;gie commune de ma&icirc;trise des flux migratoires (accueil de cent millions d'immigr&eacute;s en provenance de pays non europ&eacute;ens d'ici 2050, pour compenser le d&eacute;ficit d&eacute;mographique, selon un tr&egrave;s r&eacute;cent rapport de la banque mondiale), </li> <li>r&egrave;gne excessif de l'image dans la diffusion de l'information et de la connaissance, privil&eacute;giant l'instantan&eacute; et l'&eacute;motion sur la r&eacute;flexion, </li> <li>inaptitude de couches de plus en plus importantes de la population &agrave; se r&eacute;approprier leurs propre culture par absence de rep&egrave;res, historiques, philosophiques ou religieux. </li> </ul> <p><br /> <strong>Le sursaut<br /> </strong><br /> Les Europ&eacute;ens, pour peu, qu'ils prennent conscience de l'urgence et de la globalit&eacute; du probl&egrave;me, sont parfaitement capables de relever ces d&eacute;fis.<br /> Les conditions de ce sursaut sont les suivantes&nbsp;:</p> <ul> <li>l'Europe doit s'affirmer, face au monde multipolaire qui se construit de mani&egrave;re acc&eacute;l&eacute;r&eacute;e, chaotique et dangereuse, comme une puissance ind&eacute;pendante, souveraine et solidaire, </li> <li>cette branche essentielle de la culture qu'est la culture technico-scientifique doit reprendre toute sa place dans la soci&eacute;t&eacute; europ&eacute;enne en particulier au sein des nouvelles g&eacute;n&eacute;rations; </li> <li>les rapports entre la religion et la soci&eacute;t&eacute; doivent &ecirc;tre repens&eacute;s dans une perspective de la&iuml;cit&eacute; ouverte et constructive, </li> <li>concernant les mouvements de populations migrantes, ph&eacute;nom&egrave;ne majeur, trop souvent per&ccedil;us comme une menace, par une opinion mal inform&eacute;e, l'attitude des Europ&eacute;ens doit &eacute;voluer de mani&egrave;re &agrave; ce que soit mis en &eacute;vidence l' enrichissement culturel et humain qu'ils apportent s'ils sont convenablement ma&icirc;tris&eacute;s. Ceci doit &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;, en m&ecirc;me temps que la pr&eacute;servation des diff&eacute;rents niveaux d'identit&eacute;, locaux, nationaux et europ&eacute;ens, comme le grand projet des ann&eacute;es qui viennent, </li> <li>envisager les probl&egrave;mes pos&eacute;s par le r&eacute;chauffement, climatique, l'environnement, le d&eacute;veloppement durable de mani&egrave;re positive et comme g&eacute;n&eacute;rateurs d'innovations techniques et politiques en m&ecirc;me temps que d'enrichissement collectif, </li> <li>d&eacute;velopper un sentiment fort d'identit&eacute; et d'appartenance collective, au sein d'une Europe enfin r&eacute;unifi&eacute;e et disposant d'une richesse et d'une diversit&eacute; culturelle incomparable, h&eacute;las, aujourd'hui totalement sous estim&eacute;e par les Europ&eacute;ens eux-m&ecirc;mes. </li> </ul> <p>Le grand d&eacute;fi de l'Europe, aujourd'hui, est un d&eacute;fi culturel, ce d&eacute;fi ne sera pas relev&eacute; sans l'expression d'une volont&eacute; politique forte inspir&eacute;e par une vision claire et confiante de l'avenir et la r&eacute;appropriation d'une philosophie de l'histoire capable de donner une direction et un sens &agrave; une construction europ&eacute;enne confront&eacute;e au processus de mondialisation/globalisation.</p> <p>Contrairement &agrave; ce qui est trop souvent affirm&eacute;, ce processus ne conduit ni au choc des civilisations ni &agrave; l'uniformisation culturelle, mais plut&ocirc;t &agrave; une comp&eacute;tition tr&egrave;s vive entre des visions diff&eacute;rentes de leur futur et de leur destin collectif port&eacute;es par les principaux acteurs d'un monde multipolaire en &eacute;volution tr&egrave;s rapide, &eacute;volution, qui s'annonce, chaotique et impr&eacute;visible</p> <p>En ce d&eacute;but de si&egrave;cle la mission d'une Europe puissante, ind&eacute;pendante' souveraine et solidaire sera de transformer cette comp&eacute;tition en dialogue permanent des cultures et des civilisations.</p> Mon, 30 Apr 2007 23:00:00 GMT Pour résister à l'afflux des produits et contenus culturels européens, l'Europe doit se doter de programmes spécifiques http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=62 62 <br /><p>Le premier r&eacute;flexe des Europ&eacute;ens avec qui on &eacute;voque cette question est de dire que l'Europe dispose d'une tradition culturelle gigantesque, se d&eacute;clinant dans d'innombrables langues, &oelig;uvres et processus de reproduction. Que veut-on de plus&nbsp;? Ce n'est pas faux. Il ne faut pas rejeter tout ce patrimoine. Mais il faut rester r&eacute;aliste. Qui y a acc&egrave;s, dans l'&eacute;tat actuel des fronti&egrave;res entre classes sociales et nations&nbsp;? Qui saura s'en servir pour construire l'Europe de demain&nbsp;? Pratiquement personne... Les jeunes Europ&eacute;ens apprennent le monde &agrave; partir des films, s&eacute;ries t&eacute;l&eacute;vis&eacute;es, jeux &eacute;lectroniques import&eacute;s des Etats-Unis ou copiant les mod&egrave;les am&eacute;ricains. S'ils r&eacute;sistent, ce ne sera pas &agrave; partir de mod&egrave;les inspir&eacute;s de la culture europ&eacute;enne, ce sera de plus en plus &agrave; partir de traditions religieuses, principalement islamiques et &eacute;vang&eacute;liques, qui servent &agrave; des puissances &eacute;trang&egrave;res de porte d'entr&eacute;e pour la conqu&ecirc;te des esprits europ&eacute;ens.<br /> <br /> Nous proposons d'aborder la r&eacute;ponse &agrave; cette question en trois volets: </p> <div>- les sp&eacute;cificit&eacute;s culturelles europ&eacute;ennes</div> <div>- les atouts culturels de l'Europe<br /> - un programme-cadre europ&eacute;en pour financer les industries de l'esprit<br /> <br /> </div> Mon, 30 Apr 2007 23:00:00 GMT Les pays européens doivent gérer sérieusement leurs déchets http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=73 73 <br /><p>On trouvera sans doute exag&eacute;r&eacute;e l'affirmation selon laquelle la maturit&eacute; politique d'un Etat se juge sur la bonne gestion de ses d&eacute;chets, et notamment de ses ordures m&eacute;nag&egrave;res. C'est pourtant le cas. N'&eacute;voquons pas la situation d&eacute;sastreuse o&ugrave; se trouvent sur ce point les pays du tiers-monde, car les montagnes d'ordures qui caract&eacute;risent leurs m&eacute;galopoles ne sont qu'un aspect de leur sous-d&eacute;veloppement g&eacute;n&eacute;ral, sur lequel ils ne peuvent pas grand-chose. Il est par contre inadmissible que la m&ecirc;me situation se retrouve et soit tol&eacute;r&eacute;e dans les Etats europ&eacute;ens riches. C'est pourtant le cas. <br /> <br /> Un article du <em>Monde</em> (Les mines d'or de la Camorra, 25 avril 2007, p. 27) expose la situation scandaleuse qui caract&eacute;rise la r&eacute;gion napolitaine. Un million de tonnes de d&eacute;chets est abandonn&eacute; dans la ville et l'arri&egrave;re-pays. 250.000 personnes sont expos&eacute;es &agrave; des produits toxiques et en soufrent gravement. Depuis trente ans, la mafia locale contr&ocirc;le les d&eacute;charges. Cette situation n'est pas propre &agrave; l'Italie et &agrave; son mezzogiorno. Elle se retrouve plus ou moins partout en Europe. En France, les d&eacute;partements m&eacute;diterran&eacute;ens, y compris la Corse, r&eacute;put&eacute;e paradis touristique, font montre de la m&ecirc;me n&eacute;gligence criminelle, qui d&eacute;coule en grande partie l&agrave; encore de luttes d'influence entre int&eacute;r&ecirc;ts sordides. Les &eacute;cologistes, qui insistent tellement sur le probl&egrave;me pos&eacute; par les d&eacute;chets nucl&eacute;aires, ne sont pas assez offensifs face aux comportements collectifs d&eacute;shonorants en mati&egrave;re de d&eacute;chets m&eacute;nagers. Ils ne peuvent se d&eacute;douaner en invoquant la n&eacute;cessit&eacute; de faire pression sur l'industrie et le commerce pour diminuer les emballages inutiles. Les deux d&eacute;marches doivent &ecirc;tre men&eacute;es en parall&egrave;le. <br /> <br /> Il est possible cependant, &agrave; peu de frais mais avec un minimum d'engagement de la puissance publique, de faire beaucoup mieux. Un article du <em>NewScientist </em>(Garbage of Eden, 14 avril 2007, p. 39) expose en d&eacute;tail comment la ville Etat de Singapour, riche de 4,5 millions de r&eacute;sidents, a r&eacute;solu son probl&egrave;me &agrave; la satisfaction g&eacute;n&eacute;rale. Le tri s&eacute;lectif et la transformation des produits recyclables, l'incin&eacute;ration des d&eacute;chets humides et le d&eacute;p&ocirc;t des cendres dans une &icirc;le artificielle, Pulau Semakau, transform&eacute;e en biotope et entour&eacute;e de mangroves, le recours aux &eacute;nergies renouvelables et la plantation d'arbre pour compenser la consommation d'oxyg&egrave;ne due &agrave; l'incin&eacute;ration, permettent &agrave; l'Etat d'envisager sans inqui&eacute;tude un avenir hygi&eacute;nique jusqu'&agrave; 2050. M&ecirc;me si les autorit&eacute;s singapouriennes pr&eacute;sentent la situation avec un peu trop d'optimisme, leur comportement est exemplaire. Bien des villes, en Asie et surtout en Europe, devraient s'en inspirer. <br /> <br /> Nous disons qu'il s'agit d'un &eacute;l&eacute;ment essentiel permettant de juger de la maturit&eacute; politique d'un Etat, et de son aptitude &agrave; la bonne gouvernance. La solution du probl&egrave;me suppose en effet, en priorit&eacute;, des administrations publiques, centrales et locales, int&egrave;gres, comp&eacute;tentes et &eacute;nergiques. Ce n'est pas l'appel au march&eacute; qui r&eacute;soudra le probl&egrave;me. Elle n&eacute;cessite ensuite des citoyens disciplin&eacute;s et pour cela, bien inform&eacute;s et motiv&eacute;s. Il faut enfin que des investissements intellectuels et financiers importants soient consacr&eacute;s &agrave; la mise en place d'&eacute;quipements ad&eacute;quats, en utilisant les technologies les plus modernes et en en payant le co&ucirc;t. <br /> <br /> En Europe, le sujet ne devrait pas &ecirc;tre laiss&eacute; &agrave; la charge des seules municipalit&eacute;s et des int&eacute;r&ecirc;ts sordides sinon mafieux qui s'en emparent souvent. Il devrait &ecirc;tre abord&eacute; au niveau d'une agence europ&eacute;enne, relay&eacute;e par les administrations d'Etat et dot&eacute;e de cr&eacute;dits d'intervention suffisants. Dans la perspective du r&eacute;chauffement climatique et de la d&eacute;t&eacute;rioration des conditions d'hygi&egrave;ne et de sant&eacute; publique qui en d&eacute;coulera, la question est d&eacute;sormais de premi&egrave;re importance.<br /> <br /> </p> Mon, 30 Apr 2007 23:00:00 GMT L'Europe doit défendre, non seulement Bronislaw Geremek , mais ses propres principes démocratiques http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=71 71 <br /><p>Le monde politique europ&eacute;en a tr&egrave;s majoritairement pris parti en faveur de Bronislaw Geremek, &eacute;lu polonais au Parlement europ&eacute;en, historien distingu&eacute;, ancien ministre et militant depuis les origines du combat de Solidarnosc contre le r&eacute;gime communiste polonais. Comme l'on sait, celui-ci vient de refuser de signer, pour une nouvelle fois, la d&eacute;claration pr&eacute;vue par la loi dite de &laquo;&nbsp;lustration&nbsp;&raquo;, selon laquelle il n'a pas collabor&eacute; avec les services secrets. Il encourt ce faisant la sanction d'&ecirc;tre priv&eacute; de son mandat de d&eacute;put&eacute;. <br /> <br /> Pour justifier ce refus, Bronislaw Geremek explique (<em>Le Monde</em>, 27 avril 2007, p. 1) que <em>&laquo;&nbsp;la loi dans sa forme actuelle viole les r&egrave;gles morales et menace la libert&eacute; d'expression, l'ind&eacute;pendance des m&eacute;dias et l'autonomie des universit&eacute;s. Elle engendre une sorte de minist&egrave;re de la v&eacute;rit&eacute; et de police de la m&eacute;moire. Elle d&eacute;sarme le citoyen (entre 400.000 et 700.000 individus) face aux campagnes de calomnie en affaiblissant la protection l&eacute;gale de ses droits&nbsp;&raquo;. <br /> </em><br /> Faut-il que notre revue ajoute sa voix &agrave; toutes celles qui encouragent cette personnalit&eacute; polonaise &eacute;minente &agrave; ne pas c&eacute;der &agrave; une loi qui pourtant a &eacute;t&eacute; vot&eacute;e dans des conditions r&eacute;guli&egrave;res&nbsp;? M&ecirc;me si l'on n'appr&eacute;cie pas la politique suivie par les fr&egrave;res Kaczynski et la majorit&eacute; au pouvoir, il s'agit d'affaires int&eacute;rieures polonaises sur lesquelles en principe les autres Etats de l'Union, non plus que les institutions europ&eacute;ennes, n'ont pas &agrave; intervenir. Mais est-ce bien le cas&nbsp;? L'Union europ&eacute;enne s'&eacute;tait d&eacute;j&agrave; mobilis&eacute;e lorsque le gouvernement autrichien, sous l'influence de J&ouml;rg Haider, avait paru prendre des positions d'extr&ecirc;me droite ou d'extr&ecirc;me populisme jug&eacute;es peu compatibles avec l'esprit de la d&eacute;mocratie europ&eacute;enne. On peut penser que la loi de lustration polonaise, si elle ne rencontrait pas d'opposition, int&eacute;rieure ou ext&eacute;rieure, pourrait conduire &agrave; l'instauration en Pologne d'un r&eacute;gime lui aussi incompatible avec la philosophie politique de l'Union. <br /> <br /> C'est en effet la contrepartie aux avantages qu'apporte &agrave; un pays sa participation &agrave; un ensemble qui le d&eacute;passe. Il ne peut plus se permettre de faire n'importe quoi, comme s'il &eacute;tait rest&eacute; en dehors du groupe. Il doit respecter un minimum de consensus et de convenances communes. Il en est de m&ecirc;me dans le domaine diplomatique et militaire. La plupart des gouvernements europ&eacute;ens n'ont pas appr&eacute;ci&eacute; d'&ecirc;tre mis devant le fait accompli, par la Pologne et la Tch&eacute;quie, s'agissant de l'installation sur leur territoire, qui est aussi le territoire europ&eacute;en, de bases anti-missiles impos&eacute;es par les Etats-Unis. <br /> <br /> Au-del&agrave; de la d&eacute;fense l&eacute;gitime de Bronislaw Geremek, on peut estimer qu'il est temps pour les institutions europ&eacute;ennes et les autres Etats de rappeler fermement aux nouveaux entrants que la participation &agrave; l'Union, si elle s'accompagne de droits, comporte aussi des devoirs. Parmi ceux-ci figure l'obligation de tenir compte des points de vue des partenaires, afin de ne pas affaiblir la communaut&eacute; dans sa totalit&eacute;. La population polonaise semble l'avoir compris, mais pas encore, manifestement, son gouvernement. <br /> <br /> </p> Mon, 30 Apr 2007 23:00:00 GMT Le rapport d'Avicenne incitant la France à intervenir au Moyen-Orient. Enseignements pour l'Europe http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=72 72 <br /><p>Dans une d&eacute;marche encore inhabituelle mais que nous ne pouvons qu'approuver, un groupe de diplomates fran&ccedil;ais en activit&eacute; a publi&eacute; sur Internet, au nom d'Avicenne, un rapport destin&eacute; au futur pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Ce rapport incite &agrave; une politique volontariste de la France au Moyen-Orient et au Maghreb. <br /> <br /> Il saute aux yeux, &agrave; la lecture du texte, que les consid&eacute;rations et les propositions qu'il contient seraient recevables, non seulement par le pr&eacute;sident de la R&eacute;publique Fran&ccedil;aise, mais par les Institutions europ&eacute;ennes et les autres Etats-membres. L'Union europ&eacute;enne, m&ecirc;me si elle n'est pas dans sa totalit&eacute; aussi impliqu&eacute;e que la France dans les &eacute;v&eacute;nements dramatiques qui se d&eacute;roulent au Moyen-Orient, ne peut leur rester indiff&eacute;rente. Il lui faut savoir, au-del&agrave; des discours compatissants et des condamnations verbales, intervenir directement dans le traitement des probl&egrave;mes globaux n&eacute;s des &eacute;checs de l'intervention am&eacute;ricaine dans cette zone. Ce ne sont pas seulement la France et les Etats m&eacute;diterran&eacute;ens de l'Union qui sont concern&eacute;s, mais l'Union toute enti&egrave;re. Celle-ci subira de plein fouet les cons&eacute;quences de l'aggravation permanente de la situation au Moyen-Orient et de la contamination qui en d&eacute;coule pour le Maghreb. <br /> <br /> Nous ne pouvons entrer ici dans le d&eacute;tail des propositions pr&eacute;sent&eacute;es par les diplomates fran&ccedil;ais. Il suffit d'inciter nos lecteurs &agrave; les lire, en rempla&ccedil;ant chaque fois que n&eacute;cessaire le mot France par celui d'Europe (d'Europe &agrave; vingt-sept). Bien entendu, la participation au r&egrave;glement du conflit isra&eacute;lo-palestinien s'imposera en priorit&eacute;. Mais c'est plus g&eacute;n&eacute;ralement tous les &eacute;quilibres (ou d&eacute;s&eacute;quilibres) dits euro m&eacute;diterran&eacute;ens qu'il conviendra d'aborder. Un tel programme devrait constituer la premi&egrave;re priorit&eacute; de la politique &eacute;trang&egrave;re et de s&eacute;curit&eacute; commune qui pourra r&eacute;sulter de la relance actuellement en n&eacute;gociation du trait&eacute; institutionnel europ&eacute;en.<br /> <br /> </p> Mon, 30 Apr 2007 23:00:00 GMT L'Europe va-t-elle se décider, après les retards de Galiléo, à définir une stratégie spatiale commune http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=74 74 <br /><p>Nous ne cessons de d&eacute;noncer ici la d&eacute;sinvolture et les luttes d'int&eacute;r&ecirc;ts qui handicapent en permanence la pourtant indispensable strat&eacute;gie spatiale europ&eacute;enne. Les erreurs accumul&eacute;es sur le programme Galil&eacute;o, qui risquent de compromettre son aboutissement, en sont la preuve. <br /> <br /> L'Europe va-t-elle cependant se reprendre&nbsp;? Un &eacute;l&eacute;ment d'actualit&eacute; m&eacute;rite d'&ecirc;tre &eacute;voqu&eacute;, m&ecirc;me si une hirondelle ne fait pas le printemps. Il s'agit du rapport pr&eacute;sent&eacute; par la Commission et l'Agence spatiale europ&eacute;ennes (ESA) le 26 avril &agrave; Bruxelles. C'est le tout premier document d&eacute;finissant une politique spatiale commune, dans un domaine o&ugrave; les rivalit&eacute;s entre l'Esa et la Commission ont fait jusqu'alors beaucoup de d&eacute;g&acirc;ts. <br /> <br /> Le rapport ou, comme l'on dit, la Communication (Communication on the European Space Policy ) vise &agrave; convaincre les Etats membres de l'importance strat&eacute;gique du secteur. Il faut aussi montrer aux contribuables europ&eacute;ens que des d&eacute;penses suppl&eacute;mentaires valent la peine d'&ecirc;tre consenties pour des activit&eacute;s qui touchent d&eacute;sormais tous les domaines de l'existence. Mais &agrave; cette fin, les erreurs de Galil&eacute;o ne doivent pas &ecirc;tre r&eacute;p&eacute;t&eacute;es. <br /> <br /> <strong>Int&eacute;grer la d&eacute;fense</strong><br /> <br /> Un point important du nouveau document concerne la r&eacute;f&eacute;rence au domaine du spatial de d&eacute;fense, jusqu'ici r&eacute;serv&eacute; &agrave; ceux des Etats membres qui s'y int&eacute;ressaient en propre. Afin de mieux rentabiliser les investissements, la s&eacute;paration entre programmes civils et militaires pourrait &ecirc;tre assouplie, le &quot;partage et la mise en commun des ressources&quot; permettant&nbsp; &quot;des solutions plus rentables&quot;. La Commission et l'ESA reconnaissent &agrave; ce propos, mettant fin au non-dit qui pr&eacute;valait jusque-l&agrave; pour s'assurer de la participation des Britanniques, que des programmes tels que Galileo &quot;pourraient avoir des utilisateurs militaires&quot;.<br /> <strong><br /> Mieux coordonner les acteurs</strong><br /> <br /> Cette recherche d'efficacit&eacute; passe aussi par un renforcement de la coordination entre les acteurs du secteur. Mais le rapport ne va pas jusqu'&agrave; retenir la solution de transformer l'ESA en une agence de l'Union (au pr&eacute;texte semble-t-il que des Etats-non membres participent aussi &agrave; la direction de l'Esa). Pourtant, une telle int&eacute;gration aurait pour avantage d'unifier des r&egrave;gles de fonctionnement tr&egrave;s diff&eacute;rentes. Mais plusieurs Etats, attach&eacute;s &agrave; la logique du retour sur investissement, n'en veulent pas. La politique spatiale europ&eacute;enne se contente donc d'envisager des &quot;am&eacute;liorations&quot; de l'accord-cadre de 2004 entre l'ESA et la Commission.<br /> <br /> Des projets communs, tels que le programme GMES d'observation de la terre par satellite, serviront de laboratoires &agrave; des proc&eacute;dures unifi&eacute;es. Pour ce dernier programme, G&uuml;nter Verheugen, vice-pr&eacute;sident de la Commission, charg&eacute; des entreprises et de l'industrie, n'est pas inquiet. <em>&quot;Nous ne conna&icirc;trons pas les m&ecirc;mes difficult&eacute;s que Galileo, a-t-il d&eacute;clar&eacute; jeudi en pr&eacute;sentant la communication, parce que nous nous reposerons sur un financement public et non un sur un partenariat public-priv&eacute;.&quot; </em>Ce point est important. Il faut se persuader que les int&eacute;r&ecirc;ts commerciaux ne sont pas compatibles, sauf marginalement, avec les strat&eacute;gies spatiales des grandes puissances. <br /> <br /> <strong>Galil&eacute;o</strong><br /> <br /> M. Verheugen a par ailleurs assur&eacute; que l'Europe &quot;<em>ne pouvait pas renoncer</em>&quot; &agrave; Galileo. Son coll&egrave;gue Jacques Barrot, commissaire aux transports, doit pr&eacute;senter, le 10 mai, des propositions pour sortir le projet de l'impasse dans laquelle il se trouve. Une r&eacute;vision du partenariat public-priv&eacute; est &agrave; l'&eacute;tude. Trois sc&eacute;narios seraient envisag&eacute;s, les fonds publics prenant en charge ou 12, ou 18, ou la totalit&eacute; des 30 satellites de la constellation - contre 4 &agrave; ce jour.<br /> Au total, l'investissement &agrave; la charge des contribuables pourrait, dans l'hypoth&egrave;se haute, repr&eacute;senter environ 3,5 milliards d'euros (contre 1 milliard aujourd'hui). La Commission pourrait sugg&eacute;rer de proc&eacute;der &agrave; de nouveaux appels d'offres pour construire et lancer les satellites. &quot;Cette approche permettrait de gagner du temps pour n&eacute;gocier un contrat de concession concentr&eacute; sur l'exploitation du syst&egrave;me&quot;. Encore faudrait-il, selon nous, que la pr&eacute;f&eacute;rence europ&eacute;enne soit appliqu&eacute;e sans d&eacute;fauts dans ce domaine strat&eacute;gique essentiel. <br /> <br /> </p> Mon, 30 Apr 2007 23:00:00 GMT Calcul scientifique : 15 Etats européens décident la construction d'une nouvelle infrastructure commune http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=68 68 <br /><p>Avec cette d&eacute;claration, il s'agit pour les 15 pays participants(1) d'offrir aux scientifiques europ&eacute;ens une nouvelle possibilit&eacute; (au sein du consortium PACE) de rester comp&eacute;titifs au niveau international, gr&acirc;ce &agrave; un grand centre de calcul commun permettant d'augmenter encore les capacit&eacute;s de calcul pour simuler les r&eacute;sultats de la recherche. <br /> Les 15 Etats devraient financer ce projet &agrave; hauteur d'environ 500 millions d'euros, ce qui couvre une large partie des frais, le reste &eacute;tant financ&eacute; par l'Union europ&eacute;enne dans le cadre du 7&egrave;me Programme-cadre pour la recherche (PCRD).<br /> Rappelons que le calcul scientifique (HPC, pour High Performance Computing) est l'un des facteurs de performance et de succ&egrave;s en science et dans l'industrie. Apr&egrave;s la th&eacute;orie et les exp&eacute;riences, la simulation num&eacute;rique est une des cl&eacute;s permettant de renforcer la recherche de pointe au niveau international. </p> <p>(1) Allemagne, Grande-Bretagne, France, Espagne, Finlande, Gr&egrave;ce, Italie, Pays-Bas, Norv&egrave;ge, Autriche, Pologne, Portugal, Su&egrave;de, Suisse,Turquie. <br /> (2) Partnership for Advanced Computing in Europe.Ce consortium est g&eacute;r&eacute; par le centre allemand de supercalculateurs &quot;Gauss&quot;, qui vient d'&ecirc;tre fond&eacute; le 13 avril 2007 et r&eacute;unit d&eacute;j&agrave; les activit&eacute;s des trois plus grands centres informatiques: Julich, Stuttgart et Garching. Le centre Gauss dispose actuellement d'une puissance de calcul de plus de 90 Teraflops et devrait, d'ici 2009, atteindre 1000 Teraflops, soit 1 Petaflops.</p> Mon, 30 Apr 2007 23:00:00 GMT impôts directs, TVA, TVA sociale http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=64 64 <br /><p><font face="Arial" size="2">Dans tous les Etats europ&eacute;ens, et notamment &agrave; l'occasion des &eacute;ch&eacute;ances &eacute;lectorales, des d&eacute;bats s'instaurent sur la fa&ccedil;on de r&eacute;former les pr&eacute;l&egrave;vements obligatoires, imp&ocirc;ts d'Etat, taxes r&eacute;gionales et locales, contributions sociales. Mais les projets semblent oublier qu'il n'est plus possible aujourd'hui de faire abstraction de l'existence de l'espace &eacute;conomique europ&eacute;en et des possibilit&eacute;s qu'il offre en mati&egrave;re de d&eacute;localisation dans des pays europ&eacute;ens aux r&eacute;gimes fiscaux plus favorables. On sait que jusqu'&agrave; nouvel ordre, les Etats-membres se refusent &agrave; harmoniser leur fiscalit&eacute; et leurs r&eacute;gimes sociaux. La concurrence fiscale &agrave; laquelle ils se livrent vise &agrave; attirer chez eux les facteurs mobiles de production (capital et travail qualifi&eacute;) pour acc&eacute;l&eacute;rer le d&eacute;veloppement de la valeur ajout&eacute;e. Dans certains cas, ils vont jusqu'&agrave; instaurer des zones franches ou paradis fiscaux d&eacute;pourvus de tous imp&ocirc;ts et contr&ocirc;les.</font><br /> <br /> <font face="Arial" size="2">Cette politique peut permettre &agrave; certains Etats de rattraper leurs retards &eacute;conomiques, mais globalement, il est difficile de pr&eacute;tendre qu'elle soit b&eacute;n&eacute;fique &agrave; l'Europe. D'une part celle-ci ne peut rivaliser avec d'autres r&eacute;gions du monde o&ugrave; la fiscalit&eacute; est encore plus laxiste, les paradis fiscaux encore plus &nbsp;syst&eacute;matiques. Les d&eacute;localisations ne s'arr&ecirc;teront donc pas aux fronti&egrave;res de l'Europe. D'autre part et surtout, la disparition progressive des recettes fiscales et des contributions sociales feront de l'Europe un d&eacute;sert dans les domaines qui faisaient jusqu'alors sa puissance&nbsp;: administrations int&egrave;gres, services publics efficaces, protection sociale et du travail assurant un minimum de s&eacute;curit&eacute; pour les salari&eacute;s et les populations d&eacute;munies. Ces &eacute;l&eacute;ments, trop souvent d&eacute;cri&eacute;s du fait de l'incomp&eacute;tence ou des partis pris de pr&eacute;tendus experts, ne sont pas toujours chiffrables en termes de comptabilit&eacute; nationale. Ils participent cependant au PIB. On voit ce qu'il en est dans les pays o&ugrave; ils n'existent pas.</font><br /> <br /> <font face="Arial" size="2">La question qui se pose &agrave; l'Europe n'est pas seulement celle de l'harmonisation des divers r&eacute;gimes de pr&eacute;l&egrave;vements obligatoires, mais celle du mode de pr&eacute;l&egrave;vement qui sera privil&eacute;gi&eacute;. Parall&egrave;lement se pose la question du montant et du mode de pr&eacute;l&egrave;vement des contributions n&eacute;cessaires au financement des politiques communes europ&eacute;ennes, celles-ci devant logiquement prendre au moins partiellement le relais des politiques nationales, comme dans le domaine du financement de la recherche ou dans celui de la d&eacute;fense.</font><br /> <br /> <strong><font face="Arial" size="2">Sur quelles bases harmoniser les fiscalit&eacute;s&nbsp;?</font></strong><br /> <br /> <font face="Arial" size="2">Selon &nbsp;Christian Saint Etienne (&laquo;&nbsp;<em>L'enjeu fiscal de la pr&eacute;sidentielle</em>&nbsp;&raquo;&nbsp;Le Monde du 11 janvier 2007), les quatre imp&ocirc;ts-cl&eacute;s qui d&eacute;terminent l'intensit&eacute; de la concurrence fiscale sont l'imp&ocirc;t sur le revenu des personnes physiques (IRPP), l'imp&ocirc;t sur les soci&eacute;t&eacute;s (IS), l'imp&ocirc;t sur l'&eacute;pargne et l'imp&ocirc;t sur la fortune (ISF). La majorit&eacute; des pays membres de l'Union europ&eacute;enne visent la structure fiscale suivante&nbsp;: l'IS et la fiscalit&eacute; de l'&eacute;pargne sont progressivement ramen&eacute;s vers 15 %, le taux marginal de l'IRPP tend vers 30 % et l'ISF est partout supprim&eacute; (le seul pays le conservant, l'Espagne, l'ayant vid&eacute; de son contenu). L'Allemagne a d&eacute;clar&eacute; l'ISF inconstitutionnel. Sur tous ces imp&ocirc;ts, les taux sont deux fois plus importants en France (33 % sur l'IS, 27 % sur l'&eacute;pargne, pr&egrave;s de 50 % sur le revenu, CSG comprise). La France pour sa part renforce continuellement le poids de l'ISF, un imp&ocirc;t aujourd'hui essentiellement per&ccedil;u sur la r&eacute;sidence principale et l'&eacute;pargne des classes moyennes et moyennes sup&eacute;rieures.</font><br /> <br /> <font face="Arial" size="2">Mais il est tout aussi n&eacute;cessaire de poser la question de l'harmonisation des assiettes et des taux de TVA, qui pose les m&ecirc;mes probl&egrave;mes et devrait &ecirc;tre abord&eacute;e dans le m&ecirc;me esprit. Des in&eacute;galit&eacute;s dans les taux de TVA se r&eacute;percutent in&eacute;vitablement sur les implantations d'activit&eacute;s &eacute;conomiques; par ailleurs, elles entretiennent une fraude intense au niveau des &eacute;changes intracommunautaires, qui ne peut b&eacute;n&eacute;ficier &agrave; personne sur le long terme.</font><br /> <br /> <font face="Arial" size="2">Nous pensons pour notre part que, quelle que soit la mauvaise r&eacute;putation qui s'attache &agrave; la TVA, imp&ocirc;t proportionnel et non progressif, c'est dans la voie d'une TVA europ&eacute;enne ambitieuse, contr&ocirc;l&eacute;e en commun (et d&eacute;taxant les d&eacute;penses de base) qu'il faudrait s'engager. Le concept de TVA sociale pourrait alors &ecirc;tre introduit (1). On dira que les entreprises et les contribuables &laquo;&nbsp;riches&nbsp;&raquo;, d&eacute;localiseront de toutes fa&ccedil;ons leurs si&egrave;ges et leurs d&eacute;penses hors Communaut&eacute;. Mais &agrave; un moment ou &agrave; un autre, &agrave; moins qu'ils ne s'expatrient d&eacute;finitivement hors d'Europe, il serait possible de les saisir fiscalement, en mettant en place un minimum de contr&ocirc;les aux fronti&egrave;res ext&eacute;rieures, comme le font les Etats-Unis eux-m&ecirc;mes.</font><br /> <br /> <font face="Arial" size="2">Dans ces conditions, les imp&ocirc;ts directs pourraient alors redevenir mod&eacute;r&eacute;s et surtout, globalement uniformes sur l'ensemble du territoire europ&eacute;en. Le capital (ou la fortune) peut et doit aussi &ecirc;tre tax&eacute; directement, quand son accumulation d&eacute;passe certains niveaux. Mais dans ce cas, mieux vaudrait privil&eacute;gier la taxation de sa transmission (droits de succession) que sa formation. L&agrave; encore, rien de s&eacute;rieux ne pourrait &ecirc;tre entrepris sans un consensus europ&eacute;en sur une plate-forme commune.</font><br /> <br /> <font face="Arial" size="2">Pour ce qui concerne l'assiette et le montant des pr&eacute;l&egrave;vements fiscaux destin&eacute;s &agrave; alimenter les programmes europ&eacute;ens et le fonctionnement des institutions, nous pensons qu'il devrait s'agir d'une contribution vers&eacute;e par chacun des Etats en fonction de ses effectifs de population. Ceci marquerait clairement le fait que l'Europe se mette au service de tous les Europ&eacute;ens, ind&eacute;pendamment de leurs revenus. Certes, des Etats pauvres et peupl&eacute;s pourraient &ecirc;tre appel&eacute;s &agrave; contribuer relativement davantage que des Etats riches et peu peupl&eacute;s. Mais comme les politiques europ&eacute;ennes visent en grande partie &agrave; &eacute;tablir des &eacute;quilibres durables entre toutes les parties de l'Europe, les r&eacute;gions aujourd'hui d&eacute;favoris&eacute;es rejoindraient rapidement les autres, comme ce fut le cas dans le pass&eacute; au profit de l'Irlande et du Portugal.</font><br /> <br /> <font face="Arial" size="2">A l'intention des partis de gouvernement en France, aujourd'hui en pleine campagne &eacute;lectorale, nous pourrions formuler une proposition tr&egrave;s simple. Plut&ocirc;t que faire assaut de facilit&eacute; en mati&egrave;re de promesses fiscales, ils devraient prendre l'engagement<span>, </span>d&egrave;s qu'ils auraient le pouvoir, d'engager des n&eacute;gociations avec l'Union europ&eacute;enne et les Etats membres pour harmoniser les plus importants des imp&ocirc;ts et cotisations sociales. Cette harmonisation n'aboutirait sans doute pas tout de suite, mais elle ouvrirait la voie &agrave; la v&eacute;ritable int&eacute;gration &eacute;conomique et sociale de l'Europe sans laquelle aucun progr&egrave;s commun n'est possible. Ce serait seulement en cas d'&eacute;chec qu'il faudrait se r&eacute;soudre &agrave; entreprendre des r&eacute;formes du syst&egrave;me socio-fiscal au plan national.</font></p> <div align="justify"></div> Mon, 30 Apr 2007 23:00:00 GMT Les pressions américianes pour imposer le BMD renforcent en Europe les partisans de l'Europe Pissance http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=59 59 <br /><p><br /> Une Europe puissance serait une Europe qui non seulement disposerait d'un trait&eacute; constitutionnel lui permettant d'avoir une politique &eacute;trang&egrave;re et de s&eacute;curit&eacute;-d&eacute;fense muscl&eacute;e, mais qui s'affranchirait enfin de la politique am&eacute;ricaine visant &agrave; la diviser en&nbsp;trois morceaux, la Grande-Bretagne, les pays de l'Est europ&eacute;en et la &quot;vieille Europe&quot;, France et Allemagne notamment. Or les Am&eacute;ricains, en mettant la pression sur l'Europe pour la forcer &agrave; accepter l'implantation de leur syst&egrave;me BMD, dit aussi euro-missiles2, donnent aujourd'hui aux d&eacute;fenseurs de l'Europe-Puissance, dont nous sommes, une opportunit&eacute; extraordinaire pour se faire entendre.<br /> <br /> Cette opportunit&eacute; passera par l'Allemagne, o&ugrave; des voix autoris&eacute;es, notamment celle de l'ancien ministre Joschka Fisher, expliquent que l'Europe puissance est d&eacute;sormais n&eacute;cessaire, et qu'elle doit impliquer en priorit&eacute; l'Allemagne. Il ne s'agit pas l&agrave; de la r&eacute;surgence d'un hypoth&eacute;tique militarisme ou nationalisme allemand, qui serait impossible. Il s'agit seulement d'un d&eacute;but de rejet de l'&eacute;crasante et dangereuse tutelle am&eacute;ricaine. Comme la nature a horreur du vide, ce rejet n'aboutira que s'il s'appuie enfin sur la mise en place d'une v&eacute;ritable Europe-puissance, o&ugrave; l'Allemagne aura toute sa place. <br /> <br /> Esp&eacute;rons que les futurs gouvernements fran&ccedil;ais comprendront cette &eacute;volution et l'appuieront de tous les moyens - importants - dont dispose encore la France. 25/03/07<br /> </p> Sat, 31 Mar 2007 23:00:00 GMT L'industrie européenne décroche faute de politiques industrielles communes http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=43 43 <br /><div>&nbsp;</div> <div align="justify">L'Europe subit depuis 1995 un double d&eacute;clin, celui de l'emploi industriel et de celui de la production industrielle. Tous les pays sont touch&eacute;s, y compris l'Allemagne. Cette baisse se manifeste par les d&eacute;localisations, l'externalisation vers les services, la diminution des exportations et la hausse des importations. Les causes en sont multiples. On accuse g&eacute;n&eacute;ralement la concurrence des pays &eacute;trangers s'exer&ccedil;ant &agrave; travers l'ouverture des fronti&egrave;res. Mais c'est en fait l'absence de politique industrielle qui est responsable de la perte de comp&eacute;titivit&eacute; de l'industrie europ&eacute;enne. <br /> <br /> </div> <div align="justify">Qu'appelle-t-on politique industrielle&nbsp;? C'est la manifestation d'une politique de l'Etat visant &agrave; soutenir par tous les moyens possibles l'industrie nationale. Au plan europ&eacute;en, la politique industrielle se manifestera par des politiques nationales mais aussi par une coop&eacute;ration entre Etats elle-m&ecirc;me soutenue par la Commission europ&eacute;enne. Mais pour ce faire, il faut rejeter le mod&egrave;le du march&eacute; ouvert, selon lequel les entreprises mises en concurrence &agrave; l'&eacute;chelle du monde devront trouver seules les moyens de leur d&eacute;veloppement. L'essentiel des exportations fran&ccedil;aises &ndash; a&eacute;rospatiale, agroalimentaire, nucl&eacute;aire &ndash; est le r&eacute;sultat d'une volont&eacute; politique ancienne de l'Etat, malheureusement bien h&eacute;sitante aujourd'hui. En Allemagne, le complexe industriel est n&eacute; d'un si&egrave;cle d'investissements favoris&eacute;s par l'Etat. <br /> <br /> </div> <div align="justify">Inutile de dire que nos principaux concurrents dans le domaine industriel et technologique, Etats-Unis, Chine, Russie et m&ecirc;me Inde, sans mentionner des pays &eacute;mergents comme le Br&eacute;sil, multiplient les aides en tous genres aux entreprises, que celles-ci soient de statut public ou priv&eacute;. D&eacute;fiscalisations, mise &agrave; disposition de terrains, aides &agrave; la cr&eacute;ation d'emplois, acc&egrave;s aux march&eacute;s publics, protection contre les prises de contr&ocirc;le &eacute;trang&egrave;res sont monnaie courante. A un niveau plus global, que ce soit dans le civil ou le militaire, les fonds d'investissements et les agences d'information &eacute;conomique travaillent la main dans la main avec les industriels.<br /> <br /> </div> <div align="justify">Certains pays europ&eacute;ens commencent &agrave; s'en rendre compte et r&eacute;agissent. On vient de lancer en Allemagne&nbsp;un programme High Tech Strategie dot&eacute; de 15 milliards d'euros sur 4 ans. Le Royaume Uni a d&eacute;fini une politique nationale pour les technologies et l'aide aux PME.&nbsp;La France a cr&eacute;&eacute; 2 Agences (Agence Nationale de la Recherche et Agence pour l'Innovation Industrielle). Elle a mis en place des p&ocirc;les de comp&eacute;titivit&eacute; et adopt&eacute; &ndash; non sans discussions &ndash; le d&eacute;cret du 30 d&eacute;cembre 2005 pour s'opposer aux prises de contr&ocirc;le dans les domaines de la s&eacute;curit&eacute;-d&eacute;fense. <br /> <br /> </div> <div align="justify"> <div align="justify"><strong>Le dogme mortel du &quot; tout-concurrence &quot;<br /> <br /> </strong></div> Mais tout ceci n'est pas suffisant, ni au niveau de chacun des Etats, ni surtout au niveau de l'Union europ&eacute;enne. Celle-ci ne s'est pas encore attach&eacute;e &agrave; relancer l'activit&eacute; industrielle ni &agrave; envisager des politiques industrielles communes. Tout au plus encourage-t-on verbalement la baisse des charges et les simplifications administratives. Le dogme du &laquo;&nbsp;tout-lib&eacute;ral&nbsp;&raquo; ou du &laquo;&nbsp;tout-concurrence&nbsp;&raquo; r&egrave;gne encore, sous la pression int&eacute;ress&eacute;e,&nbsp;n'en doutons pas, d'&eacute;conomistes et d'analystes financiers convaincus des bienfaits de l'ouverture aux int&eacute;r&ecirc;ts am&eacute;ricains. </div> <div align="justify"><br /> Sous pr&eacute;texte d'interdire les aides, les concentrations et l'abus de position dominante, on perd de vue la n&eacute;cessit&eacute; de cr&eacute;er des champions nationaux et europ&eacute;ens. Au niveau des PME, &eacute;galement indispensables, il n'existe pas de r&egrave;gles communes pour l'acc&egrave;s aux march&eacute;s publics et institutionnels. La Commission prend par choix de type id&eacute;ologique des d&eacute;cisions aberrantes sans que les Etats ne puissent r&eacute;agir. Ne veut-elle pas maintenant remettre en cause la comp&eacute;tence des Etats en mati&egrave;re d'armement, alors que l'Agence Europ&eacute;enne de l'Armement peine &agrave; trouver les quelques millions d'euros et les consensus qui lui permettrait de d&eacute;finir des politiques communes. </div> <div align="justify"></div> <div align="justify">La survie de l'Europe passe dor&eacute;navant par une r&eacute;volution conceptuelle en mati&egrave;re de politique industrielle. Ce ne sera pas par un discours verbal sur la n&eacute;cessit&eacute; d'investir dans les sciences et les technologies que l'on pourra remplacer les d&eacute;cisions concr&egrave;tes qui s'imposent tous les jours pour prot&eacute;ger l'industrie et l'aider &agrave; se requalifier sur les march&eacute;s nationaux et ext&eacute;rieurs.</div> <div align="justify"><br /> <em>On lira aussi dans ce num&eacute;ro la pr&eacute;sentation du livre de Jean-Louis Levet &quot; Pas d'avenir sans industrie &quot;</em></div> Sat, 31 Mar 2007 23:00:00 GMT Europe de la Défense et Défense de l'Europe http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=49 49 <br /><p>On pourrait avoir deux visions distinctes de la d&eacute;fense collective Europ&eacute;enne, &agrave; laquelle aspirent tous les europ&eacute;ens, face aux dangers multiformes qui caract&eacute;risent le monde actuel:<br /> <br /> - L'une, Euro-Atlantique, reposant sur l'OTAN dans laquelle les Etats-Unis jouent un r&ocirc;le pr&eacute;pond&eacute;rant et qui constitue une sorte de protectorat militaire am&eacute;ricain, en fait de moins en moins s&ucirc;r compte tenu du basculement vers le Moyen-Orient et vers l'Asie des grands d&eacute;s&eacute;quilibres g&eacute;ostrat&eacute;giques.<br /> <br /> - L'autre, Euro-Europ&eacute;enne, autosuffisante, reposant sur les seuls Europ&eacute;ens, non pas en opposition &agrave; l'OTAN, mais compl&eacute;mentaire et disposant d'une autonomie de d&eacute;cision et de moyens pour les cas o&ugrave; les int&eacute;r&ecirc;ts et la vision politique de l'Union Europ&eacute;enne ne co&iuml;ncideraient pas avec ceux et celle des Etats-Unis.<br /> <br /> Il semble pour le moins contradictoire de souhaiter une Europe souveraine, capable de ma&icirc;triser les technologies indispensables pour peser sur l'&eacute;volution du monde et de jouer un r&ocirc;le d&eacute;terminant dans l'&eacute;quilibre g&eacute;opolitique, g&eacute;ostrat&eacute;gique et &eacute;conomique de la plan&egrave;te, si le continent Europ&eacute;en reste tributaire pour sa propre D&eacute;fense de la d&eacute;cision et des moyens militaires d'une tierce puissance, c'est-&agrave;-dire l'Am&eacute;rique, f&ucirc;t-elle alli&eacute;e et profond&eacute;ment amie des Etats membres de l'Union.<br /> <br /> <em>Pour lire l'article complet, suivez le lien ci-dessous</em></p> Sat, 31 Mar 2007 23:00:00 GMT L'Europe doit reconquérir sa souveraineté http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=58 58 <br /><p>Le monde est le th&eacute;&acirc;tre d'une comp&eacute;tition multipolaire qui s'exacerbe chaque jour un peu plus. La mondialisation multipolaire n'est ni le choc des civilisations ni la fin de l'histoire. C'est un ph&eacute;nom&egrave;ne beaucoup plus concret, beaucoup plus technique. Dans une large mesure, il s'agit d'une comp&eacute;tition acharn&eacute;e pour la ma&icirc;trise des technologies cruciales destin&eacute;es &agrave; assurer &agrave; des ensembles politiques souverains, puissance, s&eacute;curit&eacute;, bien &ecirc;tre, identit&eacute; et libert&eacute;.&nbsp;</p> <p>Pour des raisons de masse critique &eacute;conomique et d&eacute;mographique cette comp&eacute;tition se d&eacute;roulera, dans l'avenir, entre grands ensembles g&eacute;opolitiques culturellement homog&egrave;nes, ind&eacute;pendants et concurrents. <br /> </p> <p>Puissance et ind&eacute;pendance technologique constitueront l'armature de la souverainet&eacute; politique de ces ensembles.</p> <div>Se r&eacute;approprier une culture de la puissance est, pour les Europ&eacute;ens une priorit&eacute; absolue, acc&eacute;der &agrave; la souverainet&eacute; technologique un imp&eacute;ratif politique majeur.&nbsp;</div> <p>Or, aujourd'hui, l'Europe semble vouloir, emprunter le chemin inverse. Depuis plus de trente ans, hormis quelques r&eacute;ussites exemplaires, r&eacute;sultat d'initiatives prises, le plus souvent par la France, au d&eacute;but des ann&eacute;es soixante, l'Union Europ&eacute;enne s'est plac&eacute;e dans une situation de d&eacute;crochage scientifique et technologique. <br /> </p> <p>L'opinion s'est install&eacute;e dans une posture de refus de puissance que traduit bien le comportement d'&eacute;vitement s&eacute;mantique dont fait l'objet le concept de puissance dans le discours politique traditionnel. </p> <p>Ce d&eacute;crochage s'accentue et s'acc&eacute;l&egrave;re, non seulement &agrave; l'&eacute;gard des Etats&ndash;Unis, dont la politique affich&eacute;e a toujours &eacute;t&eacute; de maintenir, en permanence, un &eacute;cart technologique avec le reste du monde, l'Europe en particulier, afin d'assurer sa supr&eacute;matie, mais, ce qui est nouveau, et encore plus pr&eacute;occupant, &agrave; l'&eacute;gard de nouvelles puissances &eacute;mergentes telles que la Chine ou l'Inde.</p> <em>Pour lire l'article complet, suivez le lien ci-dessous</em> Sat, 31 Mar 2007 23:00:00 GMT La négociation européenne relancée à Berlin http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=60 60 <br /><p><span style="COLOR: black">Le texte d'engagement a &eacute;t&eacute; sign&eacute; &agrave; Berlin en pr&eacute;sence des chefs d'Etat et de gouvernement des 27 pays de l'Union europ&eacute;enne. Ainsi s'ouvre officiellement la ren&eacute;gociation d'un trait&eacute; rempla&ccedil;ant le projet constitutionnel rejet&eacute; en 2005 par r&eacute;f&eacute;rendum en France et aux Pays-Bas. La chanceli&egrave;re allemande a soulign&eacute; qu'elle voulait&nbsp; pr&eacute;server la substance de ce dernier, m&ecirc;me si certains pays y rechignent, comme <st1:personname w:st="on" productid="la Grande-Bretagne">la Grande-Bretagne</st1:personname>, <st1:personname w:st="on" productid="la Pologne">la Pologne</st1:personname> ou <st1:personname w:st="on" productid="la République">la R&eacute;publique</st1:personname> tch&egrave;que.<o:p></o:p></span> </p> <p><em><span style="COLOR: black">&quot;Nous devons relever de grands d&eacute;fis qui ignorent les fronti&egrave;res nationales. Notre r&eacute;ponse c'est l'Union europ&eacute;enne. Ce n'est qu'ensemble que nous pourrons pr&eacute;server notre id&eacute;al europ&eacute;en de soci&eacute;t&eacute; dans l'int&eacute;r&ecirc;t de tous les citoyens de l'Europe. Ce mod&egrave;le europ&eacute;en concilie r&eacute;ussite &eacute;conomique et solidarit&eacute; sociale&quot;.</span></em></p> <p><em><span style="COLOR: black"></span></em><span style="COLOR: black"><em>&quot;50 ans apr&egrave;s la signature des trait&eacute;s de Rome, nous partageons l'objectif d'asseoir l'Union europ&eacute;enne sur des bases communes r&eacute;nov&eacute;es d'ici les &eacute;lections au Parlement europ&eacute;en de 2009&quot;.</em></span></p> <p style="TEXT-ALIGN: justify" align="left"><span style="COLOR: black"></span>Madame Merkel a aussi soulign&eacute; que l'Union avait <em>&quot;besoin d'un partenariat strat&eacute;gique global. Des partenariats avec <st1:personname w:st="on" productid="la Russie">la Russie</st1:personname> et l'Alliance atlantique ne sont pas antagonistes&quot;.</em> </p> <p style="TEXT-ALIGN: justify" align="left">Nous ne pouvons ici que nous r&eacute;jouir de ce nouveau processus, en esp&eacute;rant qu'il aboutira, non seulement &agrave; reprendre les parties indispensables de l'ancien Trait&eacute;, mais &agrave; aller beaucoup plus loin, dans le sens notamment de l'encouragement &agrave; des coop&eacute;rations renforc&eacute;es les plus larges possibles. Celles-ci, qu'on le veuille ou non, devront s'appuyer sur le concept d'Europe-puissance. Sans ce dernier, les partenariats strat&eacute;giques &eacute;voqu&eacute;s par <st1:personname w:st="on" productid="la Chancelière">la Chanceli&egrave;re</st1:personname>, aussi bien avec <st1:personname w:st="on" productid="la Russie">la Russie</st1:personname> qu'avec l'Alliance atlantique (notons qu'elle n'a pas dit &laquo;&nbsp;les Etats-Unis&nbsp;&raquo;), n'aboutiraient qu'&agrave; des concessions sans contreparties. </p> <p style="TEXT-ALIGN: justify" align="left">Si les grands partis de gouvernement <span>&nbsp;</span>fran&ccedil;ais ne s'inscrivaient pas r&eacute;solument <span>&nbsp;</span>dans la ligne engag&eacute;e &agrave; Berlin, ils commettraient selon nous un v&eacute;ritable forfait <span>&nbsp;</span>vis-&agrave;-vis tant de l'avenir de l'Europe que de celui de <st1:personname w:st="on" productid="la France.">la France.<br /> </st1:personname></p> Sat, 31 Mar 2007 23:00:00 GMT Pétition pour la diffusion en open-source des résultats des recherches publiques européennes http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=46 46 <br /><p>Lanc&eacute;e en janvier 2007 &agrave; l'initiative de 5 universit&eacute;s europ&eacute;ennes, cette p&eacute;tition a d&eacute;j&agrave; recueilli plusieurs milliers de signatures de chercheurs, bien qu'elle n'ait eu que peu d'&eacute;chos dans les m&eacute;dias. Elle s'inscrit dans l'esprit du mouvement inaugur&eacute; par les militants du logiciel libre et de l'acc&egrave;s libre aux sources. Elle s'inscrit &eacute;galement dans les recommandations r&eacute;centes de l'Union europ&eacute;enne: &quot; Study on the Economic and Technical Evolution of the Scientific Publication Markets of Europe &quot; .&nbsp; </p> <p>L'id&eacute;e est simple. Il n'y a pas de raison de faire payer deux fois les contribuables, d'une part via l'imp&ocirc;t pour le financement de la recherche et d'autre part via la revue scientifique traditionnelle priv&eacute;e dont l'acc&egrave;s est g&eacute;n&eacute;ralement&nbsp; tarif&eacute; &agrave; des prix souvent &eacute;lev&eacute;s. Ces revues s'&eacute;l&egrave;vent &eacute;videmment contre la d&eacute;marche, mais les chercheurs ont d'excellents arguments pour d&eacute;fendre l'acc&egrave;s libre, arguments que nous ne reprendrons pas ici.</p> <div>&nbsp;Il faudrait par contre, l&agrave; encore, que l'Union europ&eacute;enne s'engage davantage que par de simples recommandations. Elle doit n&eacute;gocier avec les Etats-membres une disposition commune int&eacute;ressant tous les laboratoires et universit&eacute;s du secteur public en Europe. A une &eacute;poque o&ugrave; tout le monde d&eacute;plore le retard de l'Europe dans la prise de conscience du r&ocirc;le des recherches scientifiques pour la croissance, cette disposition serait de salut public. <br /> <br /> <span></span></div> Sat, 31 Mar 2007 23:00:00 GMT Fête de l'Europe à Berlin http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=53 53 <br /><p>&Agrave; l'occasion du 50e anniversaire de la signature des Trait&eacute;s de Rome, le gouvernement f&eacute;d&eacute;ral a organis&eacute; les 24 et 25 mars une grande f&ecirc;te de l'Europe &agrave; Berlin. Durant ces deux jours, citoyennes et citoyens ont eu droit &agrave; un m&eacute;lange attrayant de musique, de culture et d'information. La f&ecirc;te de l'Europe encadre la r&eacute;union informelle des chefs d'&Eacute;tat et de gouvernement des &Eacute;tats membres de l'UE qui s'est tenue le 25 mars &agrave; Berlin.<br /> <br /> </p> Sat, 31 Mar 2007 23:00:00 GMT Pan-Europe France modernise ses outils de communication. Ce nouvel exemplaire de notre revue Europa++ en est la preuve http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=3 3 <br /><p>La revue Europa++ a &eacute;t&eacute; inaugur&eacute;e en septembre 2004, comptant 22 num&eacute;ros jusqu'&agrave; septembre 2006. Ce fut d&egrave;s le d&eacute;but pour Paneurope France un moyen pr&eacute;cieux permettant &agrave; nos membres et &agrave; nos lecteurs de suivre de pr&egrave;s l'actualit&eacute; politique et technologique, notamment dans ses implications pour la construction europ&eacute;enne. Ces num&eacute;ros ont &eacute;t&eacute; mis en m&eacute;moire et sont toujours consultables sur le site Internet de Paneurope. </p> <p>Mais les techniques de communication &eacute;voluent. Nous avons entrepris la refonte compl&egrave;te de notre site&nbsp; - pour faire de celui-ci un outil plus riche et convivial -&nbsp;, que nous esp&eacute;rons terminer avant l'&eacute;t&eacute;. La t&acirc;che est longue car il faut reprendre et remettre en ligne un tr&egrave;s grand nombre d'articles et de compte-rendus, concernant notamment nos colloques.</p> <p>Sans attendre, nous avons d&eacute;cid&eacute; de relancer la publication de la revue Europa++, momentan&eacute;ment suspendue. L'actuel num&eacute;ro 1 doit &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute;&nbsp; encore comme&nbsp; un prototype perfectible.&nbsp; Il vise &agrave; une plus grande lisibilit&eacute;, afin de toucher davantage de lecteurs. Lorsque le futur site sera jug&eacute; bon pour le service, ce num&eacute;ro comme les suivants y sera repris en archive.</p> <p>La nouvelle Europa++, comme la pr&eacute;c&eacute;dente, est con&ccedil;ue et &eacute;dit&eacute;e en coop&eacute;ration avec les &eacute;diteurs de la revue Automates-Intelligents, qui ont toujours &eacute;t&eacute; nos associ&eacute;s dans notre combat pour une Europe Puissance Ind&eacute;pendante, Souveraine et Solidaire.</p> <p>Je veux remercier aussi ici Fran&ccedil;ois Vadrot et ses collaborateurs de la soci&eacute;t&eacute; Aphania pour leur professionnalisme dans la conception de ces nouveaux outils et l'aide constante apport&eacute;e &agrave; leur am&eacute;lioration. </p> <p> <table cellspacing="1" cellpadding="1" width="195" bgcolor="#b7e2ed"> <tbody> <tr> <td> <p>Au moment o&ugrave; nous reprenons la publication de la lettre Europa ++, nos pens&eacute;es vont naturellement au souvenir de Michel Habib-Deloncle, qui en fut de l'origine &agrave; juillet 2006 son directeur de la r&eacute;daction vigilant, d&eacute;vou&eacute; et si comp&eacute;tent.</p> </td> </tr> </tbody> </table> </p> Wed, 28 Feb 2007 23:00:00 GMT La conférence de Paris pour une gouvernance écologique mondiale. Enjeux pour l'Europe. Vers une Organisation des Nations Unies pour l'Environnement http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=13 13 <br /><p><strong>Vers une Organisation des nations unies pour l'environnement</strong></p> <p>Apr&egrave;s la conf&eacute;rence internationale de Paris (3-4 f&eacute;vrier) pour une &laquo;&nbsp;gouvernance &eacute;cologique mondiale&nbsp;&raquo;, pr&eacute;sid&eacute;e par le pr&eacute;sident fran&ccedil;ais Jacques Chirac&nbsp;; apr&egrave;s la conclusion des travaux (1er-2 f&eacute;vrier) du comit&eacute; d'experts internationaux du GIEC/IPCC montrant que les pronostics les plus pessimistes concernant la crise climatique &eacute;taient confirm&eacute;s par les scientifiques&nbsp;; quelques jours apr&egrave;s le Forum de Davos (24-26 janvier) o&ugrave; la pr&eacute;vention de cette m&ecirc;me crise a fait l'objet de la pr&eacute;occupation des grands d&eacute;cideurs &eacute;conomiques&nbsp;; quelques semaines enfin apr&egrave;s la remise par Nicholas Stern du rapport qui fera date &eacute;valuant les co&ucirc;ts consid&eacute;rables que repr&eacute;senterait l'inaction face &agrave; la crise et proposant de nombreuses mesures politiques qui n'ont rien de lib&eacute;ral, on peut constater qu'une prise de conscience concernant la r&eacute;alit&eacute; de la crise climatique commence &agrave; se faire. Mieux, il devient clair qu'il faut d&eacute;sormais envisager de v&eacute;ritables &quot;mesures r&eacute;volutionnaires&quot;, selon le terme de Jacques Chirac, pour lutter contre la crise. La vraie question est celle de savoir si la r&eacute;volution restera dans les mots ou si elle se traduira en d&eacute;cisions effectives. L'enjeu pour l'Europe sera consid&eacute;rable. </p> <p><strong>Agir ensemble</strong></p> <p>A cet &eacute;gard, plusieurs constatations lourdes de sens s'imposent. D'abord, dans cette prise de conscience mondiale, la Grande Bretagne et la France jouent de fa&ccedil;on diff&eacute;rente mais convergente, un r&ocirc;le pilote. Derri&egrave;re ces deux pays, l'ensemble de l'Union, &agrave; l'initiative de la Commission et du parlement europ&eacute;en, se mobilise sans tergiverser. Pour une fois, les 27 membres semblent convaincus de la n&eacute;cessit&eacute; d'agir ensemble et vite. Pourvu que le consensus se maintienne quand il s'agira de prendre des mesures qui entra&icirc;neront n&eacute;cessairement beaucoup de sacrifices! </p> <p><strong>Unilat&eacute;ralisme am&eacute;ricain</strong></p> <p>Une seconde constatation concerne la persistance de l'administration f&eacute;d&eacute;rale am&eacute;ricaine &agrave; nier la crise et &agrave; refuser toutes mesures susceptibles d'obliger la nation la plus productrice de gaz &agrave; effet de serre (GES)&nbsp;du monde &agrave; changer son mode de vie. &quot;Le mode de vie am&eacute;ricain n'est pas n&eacute;gociable&quot;, avait d&eacute;j&agrave; affirm&eacute; avec un unilat&eacute;ralisme insupportable, mais qui ne s'est pas d&eacute;menti depuis, un pr&eacute;c&eacute;dent pr&eacute;sident. Mais une &eacute;volution surprenante se dessine cependant. Certains &eacute;tats f&eacute;d&eacute;r&eacute;s am&eacute;ricains commencent &agrave; vouloir n&eacute;gocier avec l'Union europ&eacute;enne le partage de divers m&eacute;canismes destin&eacute;s &agrave; lutter contre les &eacute;missions de GES, notamment la bourse d'&eacute;change des droits &agrave; produire du carbone (<em>carbon trading scheme</em>) d&eacute;coulant du protocole de Kyoto. Ceci pourrait &ecirc;tre le d&eacute;but d'une crise constitutionnelle majeure aux Etats-Unis. Le pouvoir f&eacute;d&eacute;ral y reculerait devant celui des Etats. L'hostilit&eacute; que suscite dans nombre de ceux-ci l'ent&ecirc;tement du G.W.Bush, non seulement &agrave; nier la crise climatique, mais &agrave; poursuivre sa longue guerre contre le terrorisme ne fera qu'augmenter la probabilit&eacute; d'une telle crise. <br /> <br /> <strong><em>Fair-trade</em></strong></p> <p align="justify">Une troisi&egrave;me constatation nous para&icirc;t s'imposer. Il s'agit du fait qu'en Am&eacute;rique, qui s'est toujours pr&eacute;tendue (en dehors des questions int&eacute;ressant le <em>Militaro Industrial Congressional Complex</em>) le parangon du lib&eacute;ralisme (<em>free-trade</em>), des chefs d'entreprises toujours plus nombreux&nbsp;commencent &agrave; consid&eacute;rer qu'un retour au patriotisme &eacute;conomique (pr&ocirc;n&eacute; il fut un temps par la France et repris aujourd'hui &ndash; timidement &ndash; par les candidats aux pr&eacute;sidentielles fran&ccedil;aise) correspond dor&eacute;navant &agrave; une n&eacute;cessit&eacute;. On ne parle pas encore aux Etats-Unis de protectionnisme ou de patriotisme &eacute;conomique, mais de <em>fair-trade</em>. Le mot signifie en fait que les &eacute;changes doivent &ecirc;tre n&eacute;goci&eacute;s, sous les auspices d'une autorit&eacute; gouvernementale, sur la base de la r&eacute;ciprocit&eacute;. Le programme de retour au fair-trade a d&eacute;j&agrave; un nom, il s'agit du projet <em>Horizon.</em> Certes, le fair trade recommand&eacute; n'est pas li&eacute;, en principe, &agrave; la r&eacute;ciprocit&eacute; des efforts que feront les pays dans la lutte contre la crise climatique, mais il trouvera rapidement l'occasion de s'y appliquer. <br /> <br /> <strong>Deux questions cruciales</strong></p> <p align="justify">Tout cela nous confirme pour notre part qu'il convient en Europe, en commen&ccedil;ant par la France, de prendre un peu d'avance sur les esprits et de commencer &agrave; &eacute;tudier comment pourraient s'organiser les efforts visant &agrave; r&eacute;guler les &eacute;conomies afin de limiter au maximum les effets de la crise climatique et environnementale. Qui r&eacute;glementera, en faveur de qui et de quoi&nbsp;? Ces questions ne sont pas tranch&eacute;es, ni m&ecirc;me pos&eacute;es. Mais il semble que peu &agrave; peu &eacute;merge le concept d'une &eacute;conomie mixte (priv&eacute;e-publique) mondiale, dirig&eacute;e par des int&eacute;r&ecirc;ts multiples (multipolaires) associ&eacute;s pour la survie de nos civilisations. Ce serait donc bien le glas du capitalisme lib&eacute;ral qui commencerait &agrave; sonner. Ce serait aussi celui de l'influence unilat&eacute;rale de la super-puissance am&eacute;ricaine, jusque l&agrave; associ&eacute;e &agrave; ce m&ecirc;me capitalisme lib&eacute;ral et d&eacute;sormais embourb&eacute;e dans ses impasses multiples. Enfin, pour l'Europe, si elle s'inscrivait r&eacute;solument dans la lutte contre le r&eacute;chauffement global et la protection de l'environnement, ce serait une opportunit&eacute; consid&eacute;rable de se faire entendre face non seulement aux Etats-Unis mais aussi face aux puissances &eacute;mergentes telles la Chine et l'Inde, qui ne peuvent construire leur croissance en n&eacute;gligeant ces questions. <br /> <br /> Selon nous, deux questions m&eacute;riteraient d'&ecirc;tre approfondies sans attendre&nbsp;: </p> <ul> <li>quelles seraient les mesures r&eacute;glementaires gouvernementales nationales, europ&eacute;ennes ou internationales susceptibles de mieux lutter contre la crise tout en sauvegardant le d&eacute;veloppement mondial l&agrave; o&ugrave; il peut se faire sans compromettre l'environnement&nbsp;&nbsp;? </li> <li>comment les scientifiques, autres que les seuls climatologues, pourraient participer au r&ocirc;le de mise en alerte et d'expertise en l'&eacute;tendant bien au-del&agrave; des questions actuellement trait&eacute;es dans les instances internationales&nbsp;? </li> </ul> <p align="justify">Il est clair que de telles r&eacute;flexions devraient alimenter les futurs travaux de l'Union europ&eacute;enne, la premi&egrave;re concern&eacute;e, mais aussi de la future Organisation des Nations unies pour l'Environnement, si celle-ci voit le jour comme il l'a &eacute;t&eacute; souhait&eacute; par un grand nombre de pays lors de la Conf&eacute;rence de Paris.<br /> </p> Wed, 28 Feb 2007 23:00:00 GMT Stratégie spatiale européenne. Nécessité d'une relance et d'une stratégie à 30 ans http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=2 2 <br /><p><strong>Pr&eacute;sentation du rapport de l'office parlementaire d'&eacute;valuation des choix scientifiques et technologiques (OPCEST)</strong></p> <p>L'opinion europ&eacute;enne s'int&eacute;resse peu &agrave; l'espace. Il en est de m&ecirc;me en France. Aucun candidat aux &eacute;lections pr&eacute;sidentielles n'en a encore parl&eacute;. Or il faut aborder ce sujet au plan politique le plus &eacute;lev&eacute;. C'est ce que veulent faire les parlementaires membres de l' OPECST, dont le dernier rapport en date sur ce sujet vient d'&ecirc;tre d&eacute;pos&eacute; (1)&nbsp;. Pour prendre conscience de la n&eacute;cessit&eacute; d'une politique spatiale europ&eacute;enne, il suffit de regarder ce que font les autres grands pays&nbsp;: USA, Chine, Inde, Russie. L'Europe doit se mobiliser pour figurer en t&ecirc;te des grandes nations spatiales. <br /> <br /> La p&eacute;riode actuelle est favorable. Elle est marqu&eacute;e par de bons r&eacute;sultats europ&eacute;ens&nbsp;: carnets de commande satisfaisants en mati&egrave;re de lanceurs et satellites, succ&egrave;s des missions multilat&eacute;rales, reconnaissance du besoin d'une pr&eacute;f&eacute;rence europ&eacute;enne en mati&egrave;re de lanceurs (confirm&eacute;e par le Pr&eacute;sident Chirac concernant les missions nationales). <br /> <br /> L'ann&eacute;e 2007 sera marqu&eacute;e par des &eacute;v&eacute;nements majeurs pour l'Europe&nbsp;: notamment le lancement du v&eacute;hicule de liaison ATV Jules Verne et la tenue du Conseil europ&eacute;en de l'espace le 22 mai, associant l'Union europ&eacute;enne&nbsp; et l'Agence spatiale europ&eacute;enne ESA. La politique spatiale europ&eacute;enne pour les prochaines ann&eacute;es y sera d&eacute;finie. <br /> <br /> Il est donc particuli&egrave;rement n&eacute;cessaire de r&eacute;affirmer, comme le fait le rapport de l' OPECST, l'ambition des objectifs que l'Europe doit se fixer. Deux domaines m&eacute;ritent particuli&egrave;rement d'&ecirc;tre soulign&eacute;s&nbsp;: <br /> <br /> <strong>La s&eacute;curit&eacute;-d&eacute;fense</strong></p> <p>Il faut se persuader qu'en ce domaine, la plupart des programmes sont duaux (pouvant servir simultan&eacute;ment des objectifs civils et militaires). La France le sait en ce qui la concerne. Mais l'Europe reste &agrave; convaincre, notamment concernant les programmes Galil&eacute;o et GMES. Dans ce domaine, une coop&eacute;ration entre les gouvernements et les Agences europ&eacute;ennes s'impose. <br /> <br /> <strong>Les vols habit&eacute;s</strong></p> <p><img height="120" alt="Station spatiale internationale" width="180" align="left" src="/europaplusplus/repimg/Image/iss.jpg" />L'ann&eacute;e 2007 sera pour l'Europe celle du lien renou&eacute; avec l'ISS (Station spatiale internationale). L'Europe ne doit pas, quel que soit l'int&eacute;r&ecirc;t des vols automatiques, exclure les vols habit&eacute;s. Le co&ucirc;t en est lourd financi&egrave;rement mais indispensable &agrave; la coh&eacute;rence d'ensemble du projet spatial europ&eacute;en. La France qui a toujours soutenu les ambitions europ&eacute;ennes doit persister &agrave; jouer ce r&ocirc;le. Au del&agrave; de l'ISS, l'Europe doit confirmer ses ambitions sur des vols robotiques puis humains sur Mars et &agrave; titre interm&eacute;diaire la Lune. Des coop&eacute;rations internationales sont sans doute &agrave; envisager, mais l'Europe devra conserver la ma&icirc;trise des &eacute;l&eacute;ments clefs de tels vols.<br /> <br /> Malgr&eacute; un bon &eacute;tat de sant&eacute; apparent, l'Europe pi&eacute;tine aujourd'hui. De multiples d&eacute;cisions sont &agrave; prendre, couvrant les 50 prochaines ann&eacute;es. Les recommandations du rapport proposent une vision franco-europ&eacute;enne pour l'espace. Le mot de vision est intentionnel. Il marque la volont&eacute; d'ambitions larges et audacieuses. </p> Wed, 28 Feb 2007 23:00:00 GMT Les Français vivent encore à l'heure des conceptions gaullistes de la puissance http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=18 18 <br /><p><img height="86" alt="Le porte avion Charles de Gaulle" width="110" align="left" src="/europaplusplus/repimg/Image/pavion.jpg" />Notre ami Philippe Grasset se f&eacute;licite du fait que le jugement pr&eacute;matur&eacute; de S&eacute;gol&egrave;ne Royal concernant l'inutilit&eacute; d'un 2e porte-avion (sur lequel elle est d'ailleurs revenue) ait soulev&eacute; de nombreuses mises au point, y compris au parti socialiste. Selon <em>Les Echos</em>, <em>&laquo;&nbsp;Les sp&eacute;cialistes de la d&eacute;fense au PS, le d&eacute;l&eacute;gu&eacute; national du PS &agrave; la d&eacute;fense, Louis Gautier, et la d&eacute;put&eacute;e PS du Finist&egrave;re Patricia Adam ont r&eacute;ajust&eacute; vendredi la position de S&eacute;gol&egrave;ne Royal&nbsp;&raquo;.</em> Pour Philippe Grasset, la France serait le seul pays au monde o&ugrave; un tel sujet soul&egrave;verait tellement d'int&eacute;r&ecirc;t passionn&eacute;. Si tout le monde para&icirc;t y vouloir le 2e PA, il y voit un h&eacute;ritage encore bien vivant du Gaullisme, qui <em>&laquo;</em><em> fait toujours pencher vers l'argument de l'ind&eacute;pendance et d'une d&eacute;fense forte&nbsp;&raquo;. </em>&laquo;<em> Le d&eacute;bat politique sur un tel sujet reconduit toujours aux concepts associ&eacute;s &agrave; celui de puissance: l'autonomie, la souverainet&eacute;, la l&eacute;gitimit&eacute;&nbsp;&raquo;</em>.</p> <p><strong>Porteur d'image</strong></p> <p>Les Fran&ccedil;ais auraient bien voulu, et ne d&eacute;sesp&egrave;rent pas, que cette id&eacute;e de la puissance soit adopt&eacute;e et transpos&eacute;e au plan de l'Union par nos partenaires europ&eacute;ens. Mais &agrave; d&eacute;faut, ils ne veulent pas l'abandonner pour ce qui les concerne, dussent-ils se serrer la ceinture dans d'autres domaines. Je suis de ceux qui estiment qu'un porte-avions&nbsp;joue un aussi grand r&ocirc;le dans l'&eacute;ducation populaire et la coh&eacute;sion sociale, par l'image qu'il donne, qu'une &eacute;ni&egrave;me r&eacute;forme de l'&eacute;ducation. Les deux d'ailleurs ne s'excluent pas.</p> <p>On peut penser comme Philippe Grasset qu'il s'agit l&agrave; d'un trait&nbsp;particulier qui distingue et honore notre nation, &agrave; droite comme &agrave; gauche. Il serait bon de ne pas l'oublier, car bien des sursauts pourraient en d&eacute;couler, n'en d&eacute;plaise aux d&eacute;clinistes et atlantistes. </p> Wed, 28 Feb 2007 23:00:00 GMT Guy Carcassonne: la suppression du cumul des mandats suffira à réformer la constitution française http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=20 20 <br /><p>La seule vraie r&eacute;forme de la constitution qui s'impose en France est la suppression du cumul des mandats pour les d&eacute;put&eacute;s, cumul interdit&nbsp;dans la grande majorit&eacute; des parlements europ&eacute;ens.&nbsp;Guy Carcassonne, professeur de droit constitutionnel, l'a expliqu&eacute; de fa&ccedil;on tr&egrave;s convaincante sur France Culture le 19 f&eacute;vrier 2007.&nbsp;</p> <p><strong>Solutions et perspectives</strong></p> <p>L'argument selon lequel un bon d&eacute;put&eacute; doit conna&icirc;tre le local et donc &ecirc;tre &eacute;lu local n'est qu'un argument&nbsp;de fa&ccedil;ade. Il sert seulement &agrave; pr&eacute;server les int&eacute;r&ecirc;ts de ceux qui ont toujours b&eacute;n&eacute;fici&eacute; du cumul pour se construire une carri&egrave;re personnelle. Lib&eacute;r&eacute;s du souci d'un mandat local, les d&eacute;put&eacute;s pourraient se consacrer enti&egrave;rement au contr&ocirc;le de l'ex&eacute;cutif et &agrave; des questions de grand int&eacute;r&ecirc;t g&eacute;n&eacute;ral examin&eacute;es en commissions parlementaires.</p> <p>Les &eacute;lus locaux qui souhaiteraient poursuivre une carri&egrave;re politique pourraient faire acte de candidature au S&eacute;nat, o&ugrave; ils apporteraient leurs comp&eacute;tences sans compromettre le fonctionnement de la Haute Assembl&eacute;e. Une r&eacute;forme soft du S&eacute;nat s'ensuivrait donc.</p> <p>Guy Carcassonne propose une autre mesure, moins spectaculaire mais importante. il s'agirait d'offrir aux parlementaires provenant de l'entreprise et ne souhaitant ou ne pouvant pas y retourner une carri&egrave;re de type Inspection g&eacute;n&eacute;rale r&eacute;mun&eacute;r&eacute;e par le budget public. Ainsi, la surrepr&eacute;sentation des fonctionnaires publics dans les assembl&eacute;es pourrait-elle d&eacute;cro&icirc;tre.</p> <p>Rien de tout cela n'est possible en France actuellement.</p> Wed, 28 Feb 2007 23:00:00 GMT Chiffrage des propositions des candidats aux élections présidentielles françaises http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=10 10 <br /><p><strong>Mieux &eacute;valuer les r&eacute;percussions &agrave; long terme des choix politiques</strong></p> <p>Les candidats aux &eacute;lections pr&eacute;sidentielles fran&ccedil;aises et leurs partis doivent -ils s'&eacute;vertuer &agrave; chiffrer le co&ucirc;t que repr&eacute;sentera leur programme de r&eacute;formes&nbsp;? Nous estimons que cette d&eacute;marche n'a gu&egrave;re de sens. Pire, elle est marqu&eacute;e de plusieurs vices r&eacute;dhibitoires, consistant &agrave;&nbsp;:</p> <ul> <li>Traiter tout ce qui est investissement susceptible de cr&eacute;er de la comp&eacute;titivit&eacute; et des emplois comme s'il s'agissait de d&eacute;penses de fonctionnement. Ceci concerne le financement de la recherche, des universit&eacute;s, de l'innovation industrielle (par les Agences)&nbsp;; l'aide aux grands &eacute;quipements structurants (notamment ferroviaire et maritime)&nbsp;; le financement des politiques de souverainet&eacute; (notamment le militaire et le spatial, dont les retomb&eacute;es sont n&eacute;cessairement duales), etc. Ces d&eacute;penses devraient &ecirc;tre mises hors budget courant et &ecirc;tre inscrites dans des fonds b&eacute;n&eacute;ficiant d'avances de l'Etat remboursables sur 10 &agrave; 20 ans. De toutes fa&ccedil;ons, dans les propositions actuelles des candidats, ces d&eacute;penses sont trop sous-&eacute;valu&eacute;es et devraient &ecirc;tre augment&eacute;es. </li> <li>Faire l'hypoth&egrave;se que si la France engageait de grandes politiques &laquo;&nbsp;de puissance&nbsp;&raquo; telles qu'esquiss&eacute;es ci-dessus, l'amenant &agrave; d&eacute;passer le 3% de d&eacute;ficit accord&eacute; par le trait&eacute; de Ma&euml;stricht, l'Union Europ&eacute;enne et les autres Etats se borneraient &agrave; la condamner. On doit au contraire faire l'hypoth&egrave;se que la France provoquerait de v&eacute;ritables d&eacute;bats de soci&eacute;t&eacute; sur l'avenir de l'Europe en g&eacute;n&eacute;ral et des grands &Eacute;tats-membres en particulier. Ceux-ci rallieraient alors la position fran&ccedil;aise. </li> <li>Oublier que d&egrave;s les 5 prochaines ann&eacute;es, le d&eacute;veloppement mondial de la crise climatique et environnementale aura n&eacute;cessairement chang&eacute; le consensus actuel sur le bien fond&eacute; du lib&eacute;ralisme et du capitalisme financier. D'innombrables mesures relevant du &laquo;&nbsp;dirigisme&nbsp;&raquo; seront n&eacute;cessaires et obligeront &agrave; red&eacute;finir de nouveaux cadres &eacute;conomiques et financiers. Un seul exemple&nbsp;: la taxe carbone. Un tel &laquo;&nbsp;pr&eacute;l&egrave;vement obligatoire&nbsp;&raquo; n'aura rien de comparable aux autres. Ce ne sera pas une ressource stable, puisque par d&eacute;finition la mati&egrave;re imposable &eacute;voluera en fonction de l'&eacute;volution de la crise et de la fa&ccedil;on dont on voudra lutter contre elle. Or cet imp&ocirc;t prendra de plus en plus d'importance, en modifiant beaucoup de comportements &eacute;conomiques. Faudra-t-il l'utiliser &agrave; abonder le budget g&eacute;n&eacute;ral ou au contraire &agrave; financer des comptes sp&eacute;ciaux destin&eacute;s au soutien des &eacute;nergies renouvelables et des &eacute;conomies d'&eacute;nergies. </li> <li>Oublier enfin que, dans les 5 prochaines ann&eacute;es, le multilat&eacute;ralisme mondial sera sans doute devenu une r&eacute;alit&eacute;. Autrement dit, les Etats-Unis verront leur puissance durablement abaiss&eacute;e et ne pourront plus en principe continuer &agrave; utiliser l'Europe comme leur base arri&egrave;re et zone tampon. D'autres superpuissances se seront affirm&eacute;es, toutes dirig&eacute;es par des superpouvoirs m&ecirc;lant l'&eacute;tatique et le nationalisme &eacute;conomique. Si l'Europe ne se dote pas, au niveau de l'Union et dans chaque grand Etat-membre, de pouvoirs &eacute;quivalent, elle dispara&icirc;tra. Comme on peut esp&eacute;rer qu'elle tiendra au contraire &agrave; s'affirmer comme puissance ind&eacute;pendante, souveraine et solidaire (guid&eacute;e esp&eacute;rons-le par la France), il deviendra n&eacute;cessaire de revoir tous les calculs &eacute;conomiques et budg&eacute;taires. D'o&ugrave; l'inutilit&eacute; des comptes d'apothicaires actuels. </li> </ul> Wed, 28 Feb 2007 23:00:00 GMT L'Europe et les propositions des trois principaux partis http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=36 36 <br /><p>L'Europe risque d'&ecirc;tre relativement absente du d&eacute;bat de l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle et de celui des &eacute;lections l&eacute;gislatives. Afin de susciter et d'enrichir ce d&eacute;bat, l'auteur r&eacute;sume &agrave; grands traits les propositions des trois partis principaux. Seuls les programmes l&eacute;gislatifs des partis ont &eacute;t&eacute; pris en compte, pour les raisons suivantes&nbsp;:</p> <ul> <li>les propositions des candidats &agrave; la pr&eacute;sidentielle relatives &agrave; l'Europe, m&ecirc;me si elles sont aujourd'hui plus pr&eacute;cises, ne sont pas encore d&eacute;finitives et seront affin&eacute;es en cours de campagne&nbsp;; </li> <li>le Pr&eacute;sident &eacute;lu gouvernera avec une majorit&eacute; qui appliquera, pour l'essentiel, le programme d'un parti, m&ecirc;me si ce programme sera interpr&eacute;t&eacute; et modul&eacute; par lui&nbsp;; </li> <li>enfin, les propositions des candidats &agrave; la pr&eacute;sidentielle b&eacute;n&eacute;ficient d'une meilleure diffusion dans les m&eacute;dias, alors que les programmes l&eacute;gislatifs, bien aussi importants, risquent de passer au second plan. </li> </ul> <p>Cette br&egrave;ve analyse, que l'auteur esp&egrave;re &agrave; peu pr&egrave;s objective, est une invitation &agrave; lire les trois programmes en question et &agrave; se faire une id&eacute;e personnelle de la mani&egrave;re dont ils int&egrave;grent la dimension europ&eacute;enne. </p> Wed, 28 Feb 2007 23:00:00 GMT Jean-Pierre Chevènement propose dans "La faute de M. Monnet", une vision constructive de l'Europe http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=14 14 <br /><p>Dans un raccourci saisissant de 150 pages, <em>La faute de M. Monnet</em>,&nbsp; Jean-Pierre Chev&egrave;nement explique &agrave; ceux qui sont trop jeunes pour l'avoir v&eacute;cue ce que fut vraiment l'histoire de la construction europ&eacute;enne depuis la seconde guerre mondiale. Cette histoire ne fut pas tout &agrave; fait celle que l'on imagine. Beaucoup se demandent pourquoi la construction europ&eacute;enne, projet politique pourtant unique au monde et qui devrait susciter l'enthousiasme provoque tant de r&eacute;ticences et m&ecirc;me de r&eacute;voltes. Ils pourront en lisant ce livre commencer &agrave; le comprendre. <br /> <br /> <strong>Un lourd secret</strong></p> <p>La construction europ&eacute;enne cache un lourd secret. Elle n'a pas &eacute;t&eacute; con&ccedil;ue pour faire des citoyens europ&eacute;ens les acteurs d'une histoire ambitieuse o&ugrave; l'Europe redevenue puissante pourrait faire jeu &eacute;gal dans la confrontation des strat&eacute;gies g&eacute;opolitiques avec les autres puissances et superpuissances. Les vrais premiers &laquo;&nbsp;p&egrave;res de l'Europe&nbsp;&raquo; ne furent pas Robert Schuman, Konrad Adenauer et d'autres. Ce furent les strat&egrave;ges du Pentagone, du D&eacute;partement d'Etat et de la Maison Blanche. Ils agirent non pour le bien des nations europ&eacute;ennes mais pour celui de l'Am&eacute;rique &ndash; ce qui &eacute;tait d'ailleurs leur droit le plus strict. Encore fallait-il le savoir. Les Etats-Unis, relay&eacute;s en Europe par des Europ&eacute;ens tels que Jean Monnet pour qui l'alliance am&eacute;ricaine &eacute;tait le seul salut, ont vu le danger qui les mena&ccedil;ait. Une Europe d&eacute;sunie et rest&eacute;e mis&eacute;rable aurait &eacute;t&eacute; conquise en quelques mois par la Russie sovi&eacute;tique. Dans ce cas, l'Am&eacute;rique n'aurait pas pes&eacute; lourd face au bloc sovi&eacute;tique. Il fallait donc, pour assurer le salut des Etats-Unis, que l'Europe soit unie, que son niveau de vie s'am&eacute;liore et qu'elle puisse ainsi servir de glacis pour tenir &agrave; distance les r&eacute;gimes communistes. Cependant l'Am&eacute;rique n'a pas voulu que l'Europe s'unisse dans la perspective de devenir une puissance capable de s'opposer &eacute;ventuellement &agrave; elle. Elle voulait une Europe unie sous une forme qui la maintiendrait ind&eacute;finiment d&eacute;pendante, c'est-&agrave;-dire d'un march&eacute; sans barri&egrave;res ext&eacute;rieures ouvert &agrave; ses int&eacute;r&ecirc;ts industriels et financiers comme &agrave; ses bases militaires. <br /> <br /> <strong>Les colonies de l'Am&eacute;rique</strong></p> <p>Le mod&egrave;le g&eacute;opolitique permettant de cr&eacute;er et maintenir la d&eacute;pendance de l'Europe &agrave; l'&eacute;gard des Etats-Unis n'&eacute;tait pas tr&egrave;s difficile &agrave; trouver. Il s'agissait d'appliquer &agrave; l'Europe le statut colonial que cette derni&egrave;re pendant deux si&egrave;cles avait impos&eacute; au reste du monde. Il fallait faire des pays europ&eacute;ens les colonies de l'Am&eacute;rique. Mais comme l'on &eacute;tait entre gens bien &eacute;lev&eacute;s, cette colonisation devait &ecirc;tre dissimul&eacute;e, elle devait &ecirc;tre compens&eacute;e par des avantages mat&eacute;riels indiscutables capables d'acheter la servilit&eacute; des Europ&eacute;ens. Comme toujours aussi dans de telles situations, il fallait s'appuyer sur des &eacute;lites autochtones qui gouverneraient &agrave; la place des repr&eacute;sentants des Etats-Unis mais en prenant leurs ordres &agrave; Washington. Cependant les attributs de la vraie puissance, notamment la diplomatie et la d&eacute;fense, ne devaient pas &ecirc;tre d&eacute;l&eacute;gu&eacute;s. L'Am&eacute;rique, notamment &agrave; travers l'Otan et diverses institutions faussement dites multilat&eacute;rales (FMI, Banque mondiale), devait en conserver la ma&icirc;trise. <br /> <br /> Jean-Pierre Chev&egrave;nement montre bien comment ce grand dessein am&eacute;ricaniste fut men&eacute; &agrave; bien. La France de la 4e R&eacute;publique, la Grande Bretagne jusqu'&agrave; aujourd'hui, l'Allemagne, l'Italie accept&egrave;rent sans discuter de devenir les &laquo;&nbsp;caniches&nbsp;&raquo; des pr&eacute;sidents am&eacute;ricains (pour reprendre l'expression appliqu&eacute;e &agrave; Tony Blair). Le retour du Gaullisme donna un moment du fil &agrave; retordre aux atlantistes. De Gaulle refusa de jouer les caniches et voulut se doter des attributs de la souverainet&eacute;. Mais cela ne dura pas. D&egrave;s son d&eacute;part, la France rentrait dans le rang. Elle a cependant tra&icirc;n&eacute; les pieds. Dot&eacute;e d'une forte tradition r&eacute;galienne, de corps techniques et d'une administration puissante, elle a longtemps pr&eacute;tendu ne pas c&eacute;der compl&egrave;tement &agrave; l'entrisme du capitalisme am&eacute;ricain qui sous couvert d'une doctrine lib&eacute;rale pr&eacute;sent&eacute;e comme la bible voulait d&eacute;manteler ses industries et ses services publics. Bien pire, la France entretint le r&ecirc;ve de convaincre &agrave; son r&ecirc;ve de puissance &agrave; la fran&ccedil;aise certains de ses voisins, l'Allemagne en particulier. <br /> <br /> <strong>Triomphe du lib&eacute;ralisme</strong></p> <p>Mais rien n'y fit. La construction europ&eacute;enne, du Trait&eacute; de Rome &agrave; celui de Ma&euml;stricht, marqua le triomphe du lib&eacute;ralisme tel que con&ccedil;u par les strat&egrave;ges am&eacute;ricains, c'est-&agrave;-dire l'ouverture compl&egrave;te &agrave; la concurrence mondiale, &agrave; la financiarisation de l'&eacute;conomie et &agrave; la domination des firmes am&eacute;ricaines. Certes, tout ne fut pas n&eacute;gatif dans les premi&egrave;res d&eacute;cennies. L'ouverture &agrave; la concurrence ext&eacute;rieure pr&eacute;sente toujours une phase de prosp&eacute;rit&eacute; ascendante, due au d&eacute;mant&egrave;lement d'archa&iuml;smes et de privil&egrave;ges h&eacute;rit&eacute;s du pass&eacute; et incapables d'&eacute;voluer. Les prix baiss&egrave;rent, la consommation et le niveau de vie s'am&eacute;lior&egrave;rent. Mais les grands b&eacute;n&eacute;ficiaires de la mondialisation furent les &eacute;lites patronales europ&eacute;ennes, puisque contrairement aux salari&eacute;s, elles peuvent d&eacute;localiser leurs int&eacute;r&ecirc;ts dans le reste du monde. <br /> <br /> Aujourd'hui cependant nous vivons la phase de prosp&eacute;rit&eacute; descendante du lib&eacute;ralisme &agrave; l'am&eacute;ricaine impos&eacute; &agrave; l'Europe. Celle-ci dans ses profondeurs &ndash; avec un temps de retard en Allemagne du &agrave; la puissance industrielle du capitalisme rh&eacute;nan, s'est mise progressivement &agrave; conna&icirc;tre le sort de l'Argentine &agrave; la fin de la guerre, comme de tous les pays soumis aux modes de gouvernance impos&eacute;es par l'appartenance &agrave; la zone dollar, sous la tutelle de l'OMC, du FMI et la Banque mondiale. Important de plus en plus de biens de consommation, n'investissant plus, voyant fuir sa mati&egrave;re grise et ses capitaux, l'Europe est en train de s'enfoncer dans la d&eacute;sindustrialisation, le ch&ocirc;mage, les d&eacute;ficits budg&eacute;taires et commerciaux, les in&eacute;galit&eacute;s sociales g&eacute;n&eacute;ratrices de tensions internes de plus en plus fortes. <br /> <br /> <strong>Vers l'ind&eacute;pendance</strong></p> <p>A partir de cette constatation, Jean-Pierre Chev&egrave;nement propose une voie permettant de relancer l'Europe, Il s'agirait de faire de la zone euro, qui regroupe les Etats ayant adopt&eacute; l'euro, un &laquo;&nbsp;gouvernement &eacute;conomique&nbsp;&raquo;, avec harmonisation des r&egrave;gles sociales et fiscales, &eacute;tablissement d'une fronti&egrave;re douani&egrave;re ext&eacute;rieure et, bien s&ucirc;r, direction politique commune capable notamment d'harmoniser la politique commerciale et la politique financi&egrave;re, &agrave; l'instar de ce que font les Etats-Unis (<em>policy mix</em>). Le tout serait gouvern&eacute; de fa&ccedil;on d&eacute;mocratique par un conseil &eacute;manant directement des Etats membres et d&eacute;cidant &agrave; la majorit&eacute; qualifi&eacute;e. Ainsi, la Banque centrale europ&eacute;enne perdrait son statut de d&eacute;cideur exclusif et sans tutelle. Elle deviendrait un organe d'ex&eacute;cution parmi les autres, le cours de l'euro devenant ajustable en fonction des exigences de la politique commerciale et de la politique g&eacute;n&eacute;rale. D'autres coop&eacute;rations renforc&eacute;es, le cas &eacute;ch&eacute;ant avec d'autres pays, pourraient (devraient selon nous) organiser la politique ext&eacute;rieure et de s&eacute;curit&eacute; europ&eacute;enne. Le tout se ferait, et c'est l&agrave; un point essentiel &agrave; la r&eacute;ussite du syst&egrave;me, de fa&ccedil;on totalement ind&eacute;pendante des Etats-Unis &ndash; ce qui ne signifierait d'ailleurs pas contre eux, tant du moins qu'ils respecteraient la r&egrave;gle de la r&eacute;ciprocit&eacute;. </p> <p>Nous n'avons pas d'objection &agrave; ces perspectives, sauf &agrave; ajouter que les coop&eacute;rations renforc&eacute;es devraient notamment viser au d&eacute;veloppement de technologies de puissance, sans lesquelles l'ind&eacute;pendance de l'Europe resterait un mot creux.</p> Wed, 28 Feb 2007 23:00:00 GMT Message des membres de l'Assemblée interparlementaire européenne de sécurité et de défense http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=35 35 <br /><p>Voil&agrave; cinquante ans, six pays europ&eacute;ens ont sign&eacute; le Trait&eacute; de Rome. Nous saluons les avanc&eacute;es r&eacute;alis&eacute;es par ces Etats et ceux qui les ont rejoints par la suite, en vue de cr&eacute;er une Europe partageant&nbsp;des valeurs communes,&nbsp;une croissance &eacute;conomique et une prosp&eacute;rit&eacute; communes ainsi qu'une responsabilit&eacute; commune en mati&egrave;re de s&eacute;curit&eacute; et de d&eacute;fense.</p> <p>Cinquante ans plus tard, l'Union europ&eacute;enne existe, et vingt-sept pays europ&eacute;ens sont venus appuyer ces efforts initiaux. Aujourd'hui, la s&eacute;curit&eacute; de nos soci&eacute;t&eacute;s et la survie de nos valeurs d&eacute;mocratiques m&ecirc;mes sont menac&eacute;es par la mont&eacute;e de nouveaux p&eacute;rils (le terrorisme, la prolif&eacute;ration des armes de destruction massive, les migrations en masse et le crime organis&eacute;), qui affectent non seulement la s&eacute;curit&eacute; de notre continent, mais aussi la viabilit&eacute; de nos principes d&eacute;mocratiques.</p> <p>Nous avons besoin de d&eacute;finir des r&eacute;ponses communes pour parer &agrave; ces nouvelles menaces communes dans le domaine de la s&eacute;curit&eacute; et de la d&eacute;fense. Ces r&eacute;ponses doivent &ecirc;tre &eacute;troitement concert&eacute;es avec nos alli&eacute;s de l'OTAN. Nous demandons instamment aux Chefs d'&Eacute;tat et de gouvernement europ&eacute;ens d'oeuvrer au d&eacute;veloppement d'une politique europ&eacute;enne de s&eacute;curit&eacute; et de d&eacute;fense fond&eacute;e sur&nbsp;: </p> <ol> <li><strong>Les ambitions partag&eacute;es,</strong> telles que d&eacute;crites dans la strat&eacute;gie europ&eacute;enne de s&eacute;curit&eacute; &eacute;labor&eacute;e en 2003&nbsp;; elles impliquent la mise en oeuvre des engagements d&eacute;j&agrave; souscrits en mati&egrave;re de s&eacute;curit&eacute; et de d&eacute;fense. </li> <li><strong>Une cr&eacute;dibilit&eacute; capacitaire et technologique</strong>, afin de doter la politique europ&eacute;enne de s&eacute;curit&eacute; et de d&eacute;fense (PESD) de la capacit&eacute; r&eacute;ellement efficace inscrite dans la D&eacute;claration d'Helsinki. Pour cela, il est imp&eacute;ratif&nbsp;d'encourager tous les Etats membres &agrave; investir dans les capacit&eacute;s militaires n&eacute;cessaires&nbsp;;&nbsp;de doter l'Union de capacit&eacute;s de d&eacute;cisions rapides dans le domaine de la gestion des crises gr&acirc;ce &agrave; la collecte de renseignements, et en mettant en place une capacit&eacute; tr&egrave;s r&eacute;active de planification et de conduite des op&eacute;rations&nbsp;; enfin de fournir les moyens d'&eacute;laborer des politiques europ&eacute;ennes de recherche et de technologie, et des programmes d'armement communs permettant d'assurer la coordination et la compatibilit&eacute; des acquisitions nationales d'&eacute;quipements de d&eacute;fense. Ces avanc&eacute;es doivent s'organiser en concertation avec l'OTAN de mani&egrave;re &agrave; renforcer tout &agrave; la fois la PESD et l'Alliance atlantique. </li> <li><strong>Une l&eacute;gitimit&eacute; d&eacute;mocratique</strong>. Ces politiques doivent faire l'objet d'un contr&ocirc;le d&eacute;mocratique accr&ucirc; de la PESD par les parlementaires nationaux. A cet &eacute;gard, l'Assembl&eacute;e de l'UEO joue un r&ocirc;le d&eacute;terminant. Nous avons besoin de renforcer ce processus. Ce forum interparlementaire d&eacute;j&agrave; existant, qui n'est pas une deuxi&egrave;me chambre europ&eacute;enne, devra &ecirc;tre renforc&eacute; en tant que relais d&eacute;mocratique essentiel vers les citoyens et l'opinion publique. Nous demandons avec force au Conseil europ&eacute;en de traiter cette question en urgence. </li> </ol> Wed, 28 Feb 2007 23:00:00 GMT Création d'un atelier Europe à Bordeaux http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=40 40 <br /><p>PanEurope-France a engag&eacute; &agrave; Bordeaux une action dont l'int&eacute;r&ecirc;t m&eacute;rite d'&ecirc;tre soulign&eacute; et dont on pourrait s'inspirer pour la diversification r&eacute;gionale de l'audience de notre association pr&eacute;conis&eacute;e par son Pr&eacute;sident.</p> <p>Cela a d&eacute;but&eacute; par une invitation&nbsp;du Pr&eacute;sident d'une association Bordelaise, bien implant&eacute;e dans la Capitale de la R&eacute;gion Aquitaine, qui a convi&eacute; PanEurope-France &agrave; venir t&eacute;moigner de sa vision de l'Europe&nbsp;aupr&egrave;s de ses membres en mai 2005. A la suite de cette manifestation qui&nbsp;avait r&eacute;uni une centaine d'adh&eacute;rents de l'association &laquo;&nbsp;Vivre &agrave; Bordeaux&nbsp;&raquo;, cette derni&egrave;re a mis sur pied&nbsp;&nbsp; un &laquo;&nbsp;atelier Europe&nbsp;&raquo; en partenariat avec PanEurope-France.</p> Copr&eacute;sid&eacute; par deux animateurs aussi motiv&eacute;s l'un que l'autre, Carole Jorda pour Vivre &agrave; Bordeaux et Serge Champeau pour notre mouvement, l'atelier Europe r&eacute;unit d&eacute;sormais pr&egrave;s d'une vingtaine de participants et s'est fix&eacute; un programme de travail destin&eacute; &agrave; approfondir les grands enjeux de la construction Europ&eacute;enne. L'atelier&nbsp;a d&eacute;but&eacute; ses travaux par une analyse comparative des positions des principaux candidats &agrave; l'&eacute;lection pr&eacute;sidentielle au regard de l'Europe. La f&ecirc;te de l'Europe&nbsp;sera marqu&eacute;e &agrave; Bordeaux le 9 mai prochain par une soir&eacute;e d&eacute;bat organis&eacute;e en partenariat avec PanEurope-France, au cours de laquelle le Professeur Moreau-D&eacute;farges, analyste g&eacute;opolitique de renom, fera part de sa vision de l'Union Europ&eacute;enne et &eacute;voquera les possibilit&eacute;s de sortie de la crise pr&eacute;sente. <p>Enfin au programme de l'atelier, un s&eacute;minaire dont le th&egrave;me&nbsp;pourrait porter sur&nbsp;les enjeux en mati&egrave;re &eacute;nerg&eacute;tique pour la souverainet&eacute; de l'Europe, est envisag&eacute; dans le courant du dernier trimestre 2007. </p> <p>Une r&eacute;union amicale de l'association Vivre &agrave; Bordeaux a permis r&eacute;cemment&nbsp;de constater qu'Alain Jupp&eacute;, Maire de Bordeaux, n'a pas perdu son int&eacute;r&ecirc;t&nbsp; pour les affaires internationales. Il suit tout particuli&egrave;rement les travaux de cet atelier Europe, ce qui montre qu'en d&eacute;pit du rejet du Trait&eacute; constitutionnel, les questions Europ&eacute;ennes restent&nbsp;au c&oelig;ur des pr&eacute;occupations des hauts responsables politiques.</p> PanEurope-France&nbsp;ne peut que se r&eacute;jouir du succ&egrave;s d'une telle formule de partenariat qui permet de d&eacute;multiplier son action en province&nbsp;et de faire progresser&nbsp;le d&eacute;bat sur le fond des enjeux de la construction Europ&eacute;enne. Il serait bon que de telles initiatives se d&eacute;veloppent dans d'autres grandes capitales r&eacute;gionales. D'ores et d&eacute;j&agrave;, on peut penser qu'il en sera ainsi prochainement &agrave; Nancy par le truchement du Centre d'&eacute;tudes Europ&eacute;ennes. Wed, 28 Feb 2007 23:00:00 GMT Conférence &quot;L'Union européenne et la Russie&quot; http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=39 39 <br /><p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt"><strong><span style="FONT-WEIGHT: normal; FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Arial">Nous invitons nos lecteurs &agrave; participer &agrave; la conf&eacute;rence que PanEurope France organise le jeudi 8 mars prochain &agrave; 18h pr&eacute;cises, &agrave; l'Assembl&eacute;e Nationale au 126 rue de l'Universit&eacute;, Salle 6237, Niveau - 2, sur le th&egrave;me &quot;l'Union Europ&eacute;enne et <st1:personname productid="la Russsie" w:st="on">la Russsie</st1:personname>&quot; avec l'intervention de M. Jean Cadet, ancien Ambassadeur de France en Russie.</span></strong><o:p></o:p></p> <p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt"><font size="3"><font face="Times New Roman">&nbsp;<o:p></o:p></font></font></p> <p class="MsoNormal" style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt"><strong><span style="FONT-WEIGHT: normal; FONT-SIZE: 10pt; FONT-FAMILY: Arial">Ceux qui pourraient y participer doivent absolument, pour des raisons de s&eacute;curit&eacute;, nous indiquer&nbsp;leur&nbsp;NOM&nbsp;/ PRENOM &agrave;&nbsp;l'adresse suivante&nbsp;: cfup@pan-europe .org ou par fax au&nbsp;: 01.40.56.35.90&nbsp;; et se munir d'une pi&egrave;ce d'identit&eacute;.</span></strong></p> Wed, 28 Feb 2007 23:00:00 GMT 50e anniversaire du Traité de Rome http://www.aphania.net/rff/lettre/archives/?a=8 8 <br /><p>Le Centre d'information sur l'Europe marque&nbsp;le 50&egrave;me anniversaire du Trait&eacute; de Rome&nbsp;en ayant ouvert &nbsp;le un site internet &agrave; cet effet, lanc&eacute; le 20 f&eacute;vrier dernier.</p> <p>Outre recenser prochainement toutes les manifestations comm&eacute;moratives organis&eacute;es en France, ce site, au contenu tr&egrave;s riche,&nbsp; rappelle l'histoire de la construction europ&eacute;enne, de ses origines &agrave; nos jours&nbsp;; propose des documents historiques exceptionnels&nbsp;;&nbsp;rassemble les contributions de grands acteurs et t&eacute;moins de l'aventure europ&eacute;enne (un entretien vid&eacute;o avec Maurice Faure, ancien secr&eacute;taire d'Etat, signataire du Trait&eacute;, ouvre ce cycle de tribunes sign&eacute;es d'&eacute;crivans, de personnalit&eacute;s politiques et de journalistes).</p> Wed, 28 Feb 2007 23:00:00 GMT