Europa++ http://www.pan-europe.org/europaplusplus/lettre/archives/ Lettre d'information PanEurope - France http://www.pan-europe.org/europaplusplus/logo.gifEuropa++http://www.pan-europe.org/europaplusplus/lettre/archives/ Thu, 21 Aug 2008 04:50:52 GMT Le Pakistan de tous les dangers, et l'Europe&#160;? http://www.pan-europe.org/europaplusplus/lettre/archives/?a=358 358 <br /><br /> <font color="#800000"><em>&nbsp;&quot;Je n'ai pas v&eacute;cu jusqu'&agrave; mon &acirc;ge, pour me laisser intimider par des kamikazes (&hellip;). Une bataille fait rage au Pakistan, une bataille pour les c&oelig;urs et les esprits d'une nouvelle g&eacute;n&eacute;ration, une bataille pour l'avenir du Pakistan en tant que nation d&eacute;mocratique. La nouvelle g&eacute;n&eacute;ration choisira&nbsp; la mod&eacute;ration ou l&rsquo;extr&eacute;misme, elle choisira l'&eacute;ducation ou l&rsquo;illettrisme, elle choisira la dictature ou la d&eacute;mocratie, la tol&eacute;rance ou la bigoterie. Elle choisira aussi entre la paix et la guerre. Je suis revenue au Pakistan la semaine derni&egrave;re afin de mener ce combat pour la d&eacute;mocratie. (&hellip;)<br /> <br /> L'attaque dirig&eacute;e contre moi &eacute;tait plus qu'une attaque contre un individu. Il s'agissait d'une attaque contre toutes les forces politiques Pakistanaises qui veulent la d&eacute;mocratie. C'&eacute;tait une attaque contre le Pakistan lui-m&ecirc;me. (&hellip;) . L'avenir du Pakistan devrait &ecirc;tre d&eacute;cid&eacute; par des &eacute;lections libres et honn&ecirc;tes. Les extr&eacute;mistes useront de tous les moyens sanglants &agrave; leur disposition pour frapper et emp&ecirc;cher la cause de la d&eacute;mocratie. Les extr&eacute;mistes prosp&egrave;rent sous la dictature. Ils savent que la mod&eacute;ration et la d&eacute;mocratie signeront leur fin. Ils ne reculeront devant rien pour les d&eacute;truire tous les deux. Mais ils ne pourront pas assassiner les r&ecirc;ves, assassiner les espoirs que les Pakistanais pauvres placent dans la d&eacute;mocratie&nbsp; et dans un avenir meilleur. Toutes nos pens&eacute;es, toutes nos pri&egrave;res vont &agrave; ceux qui ont donn&eacute; leur vie (&hellip;). &quot;<br /> </em></font><br /> Cette derni&egrave;re phrase est d&eacute;sormais aussi &eacute;mouvante qu'elle fut pour son auteur tragiquement pr&eacute;monitoire.<br /> <br /> Le Pakistan, &agrave; l'extr&ecirc;me Est de la vaste r&eacute;gion musulmane qui va du Maroc &agrave; l'Inde est une terre d&rsquo;ins&eacute;curit&eacute;. Selon les r&eacute;gions et&nbsp; les ethnies, la culture et la pratique musulmanes s'y expriment diff&eacute;remment. Le G&eacute;n&eacute;ral Musharraf s'efforce, en s'appuyant sur l'arm&eacute;e, de pr&eacute;server son pouvoir sans grand respect des Droits de l'Homme et de la d&eacute;mocratie, en m&eacute;nageant par une acrobatie dangereuse les exigences s&eacute;curitaires Am&eacute;ricaines &hellip; et l'influence grandissante des Islamistes proches des Talibans et d'Al- Quaida !<br /> <br /> Du fait de sa situation g&eacute;opolitique, de sa diversit&eacute;, de ses rivalit&eacute;s, d' une histoire contemporaine agit&eacute;e, d' une pratique r&eacute;currente de la violence politique, de voisinages conflictuels et de la possession de l'arme nucl&eacute;aire le Pakistan h&eacute;site&nbsp; entre le maintien d'une autocratie militariste avec Musharraf , l'av&egrave;nement d' une d&eacute;mocratie moderne que pr&eacute;conisait Benazir Bhutto et l'archa&iuml;sme islamiste auquel aspirent les terroristes .<br /> La situation du Pakistan est, pour toutes ces raisons,&nbsp; beaucoup plus pr&eacute;occupante que ne l'est celle de l&rsquo;Iran, dont on a eu confirmation par la CIA elle-m&ecirc;me qu'il ne poss&eacute;dera pas &agrave; court terme la bombe atomique,&nbsp; et beaucoup plus mena&ccedil;ante pour la paix mondiale que ne l'&eacute;tait d&eacute;but 2003 l'Irak de Saddam Hussein .<br /> <br /> H&eacute;las, cette situation explosive est aussi le fruit d'une accumulation d'erreurs politiques et strat&eacute;giques de Washington, sur lequel, malgr&eacute; tout et faute d&rsquo;alternative, Benazir Bhutto pensait encore pouvoir compter.<br /> <br /> Faute d'une analyse g&eacute;opolitique europ&eacute;enne du Pakistan et de sa r&eacute;gion et surtout faute d'une diplomatie de l'Union Europ&eacute;enne, celle-ci n'est, pour le moment, que spectatrice d'un drame potentiel majeur qui pourrait&nbsp; embraser tout son voisinage du Sud-Est .<br /> <br /> C'est dire combien sont par ailleurs d&eacute;risoires les querelles subalternes qui tentent, en France, de soustraire de la ratification par la voie parlementaire le Trait&eacute; de Lisbonne, pour privil&eacute;gier un referendum&nbsp; dont on conna&icirc;t les risques.<br /> <br /> En effet, gr&acirc;ce &agrave; ce trait&eacute;, l'Union pourra enfin exprimer sa politique ext&eacute;rieure institutionnellement&nbsp; d'une seule voix . A la condition &eacute;videmment qu'elle ait la volont&eacute; politique d'en avoir une.<br /> <br /> Sun, 30 Dec 2007 23:00:00 GMT Une Amérique de plus en plus dangereuse http://www.pan-europe.org/europaplusplus/lettre/archives/?a=359 359 <br /><br /> <div align="justify">Au soir du samedi 29 d&eacute;cembre, et sous r&eacute;serve d&rsquo;&eacute;v&egrave;nements nouveaux pouvant survenir &agrave; tous moments, quels &eacute;l&eacute;ments d&rsquo;analyse peut-on proposer ?&nbsp; <br /> <br /> 1.&nbsp;&nbsp; &nbsp;Malgr&eacute; les efforts tant de G.W. Bush lui-m&ecirc;me que semble-t-il de l&rsquo;entourage du pr&eacute;sident Musharraf pour en persuader l'opinion internationale, il semble bien que l&rsquo;attentat n&rsquo;ait pas &eacute;t&eacute; conduit par la n&eacute;buleuse islamiste : Al Qa&iuml;da, les extr&eacute;mistes religieux pakistanais, les talibans d&rsquo;Afghanistan ou d&rsquo;autres encore. Certes, on ne pr&ecirc;te qu&rsquo;aux riches, mais se serait trop facile d&rsquo;exon&eacute;rer de leurs responsabilit&eacute;s les vrais fauteurs de ce chaos, qui sont en dernier ressort les Etats-Unis, comme nous allons le dire.<br /> <br /> 2.&nbsp;&nbsp; &nbsp;Contrairement aux all&eacute;gations alarmistes venant notamment de la propagande am&eacute;ricaine, les experts fran&ccedil;ais que nous avons entendus (notamment dans l&rsquo;&eacute;mission C dans l&rsquo;air du 28 d&eacute;cembre), consid&egrave;rent que la possibilit&eacute; de voir Al Qa&iuml;da mettre la main sur l&rsquo;arsenal nucl&eacute;aire du Pakistan est tr&egrave;s faible. Le Pakistan est si troubl&eacute; que le risque existe d&rsquo;une diss&eacute;mination d&rsquo;&eacute;l&eacute;ments nucl&eacute;aires provenant d&rsquo;&eacute;l&eacute;ments incontr&ocirc;l&eacute;s, mais ce risque ne serait gu&egrave;re plus grand aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;hier. Il n&rsquo;existe donc pas de raison s&eacute;rieuse aujourd&rsquo;hui pour transformer le Pakistan en mouton noir, comme certains strat&egrave;ges am&eacute;ricains ou isra&eacute;liens semblent le conseiller.&nbsp; <br /> <br /> 3.&nbsp;&nbsp; &nbsp;Il est &eacute;vident que Benazir Bhutto, dont on ne peut que saluer le courage, avait&nbsp; &eacute;t&eacute; instrumentalis&eacute;e depuis longtemps par le D&eacute;partement d&rsquo;Etat et le pouvoir am&eacute;ricain. Le gouvernement am&eacute;ricain avait pr&eacute;tendu&nbsp; en faire le symbole d&rsquo;une d&eacute;mocratie &agrave; l&rsquo;occidentale qu&rsquo;elle n&rsquo;&eacute;tait absolument pas, &eacute;tant une f&eacute;odale parmi d&rsquo;autres f&eacute;odaux. Ceci pour contrebalancer l&rsquo;appui contraint et forc&eacute; qu&rsquo;il apportait &agrave; Pervez Musharraf. Il avait voulu aussi en faire une machine de guerre en renfort&nbsp; de l&rsquo;intervention des Etats-Unis et de l&rsquo;Otan en Afghanistan, &agrave; un moment o&ugrave; de &laquo; nouveaux talibans &raquo;, beaucoup plus irr&eacute;ductibles que les pr&eacute;c&eacute;dents, semblent prendre le contr&ocirc;le des zones frontali&egrave;res. C&rsquo;&eacute;tait la condamner &agrave; mort. Il n&rsquo;est pas possible de croire que les Am&eacute;ricains ne l&rsquo;aient pas pr&eacute;vu, voire voulu. <br /> <br /> 4.&nbsp;&nbsp; &nbsp;Quelles que soient les responsabilit&eacute;s de Pervez Musharraf dans la mort de Benazir Bhutto, elles ne devraient pas servir de pr&eacute;texte aux Etats-Unis pour ostraciser et tenter d&rsquo;abattre ce dernier. Loin de faire surgir de nouveaux leaders pr&eacute;tendus plus d&eacute;mocratiques, cela ne ferait qu&rsquo;accro&icirc;tre le chaos. Le mieux serait que les Etats-Unis, faucons de la tendance Rumsfeld ou colombes de la tendance Rice, cessent d&rsquo;intervenir au Pakistan. Ils ont fait d&eacute;j&agrave; beaucoup trop de d&eacute;g&acirc;ts, ils ne pourraient qu&rsquo;en ajouter. Apr&egrave;s tout, le Pakistan devrait &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme un pays suffisamment adulte, fut-il peupl&eacute; de religieux radicaux, pour &ecirc;tre laiss&eacute; libre de s&rsquo;autod&eacute;terminer. <br /> <br /> Au-del&agrave; de ces &eacute;l&eacute;ments, nous voudrions proposer un jugement g&eacute;n&eacute;ral qui, pensons-nous, aurait du depuis longtemps &ecirc;tre celui de la diplomatie europ&eacute;enne. Il est temps pour celle-ci de se d&eacute;marquer du suivisme &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de Washington qui fait partager &agrave; l&rsquo;Europe les responsabilit&eacute;s de la politique v&eacute;ritablement dangereuse du gouvernement et du syst&egrave;me am&eacute;ricain. Nous avions dans un article pr&eacute;c&eacute;dent indiqu&eacute; que l&rsquo;Europe, plut&ocirc;t que renforcer sa pr&eacute;sence en Afghanistan, devrait s&rsquo;en d&eacute;gager comme elle a commenc&eacute; de le faire en l&rsquo;Irak. Concernant le Pakistan, elle devrait affirmer, avec diplomatie mais fermement, que&nbsp; depuis le 11 septembre et la Guerre globale contre la Terreur impos&eacute;e par G.W. Bush et les n&eacute;o-conservateurs, les dangers ne cessent de se multiplier. L&rsquo;Am&eacute;rique s&egrave;me la temp&ecirc;te partout o&ugrave; elle intervient, suscitant les nationalismes, les fanatismes religieux, les trafics de toutes sortes. Le sort du monde et celui des pays qu&rsquo;elle a d&eacute;stabilis&eacute;s seraient grandement am&eacute;lior&eacute;s si elle se retirait dans un isolationnisme dont elle a malheureusement perdu la tradition. Au Pakistan, qui ne regorge pas de p&eacute;trole ni de mati&egrave;res premi&egrave;res, mais de probl&egrave;mes, elle n&rsquo;a vraiment plus rien &agrave; faire. Qu&rsquo;elle laisse les Pakistanais de toutes tendances se d&eacute;brouiller entre eux comme avec leurs voisins indiens (ce qu&rsquo;ils seraient tout &agrave; fait capables de faire si les Etats-Unis ne s&rsquo;en&nbsp; m&ecirc;laient pas).&nbsp; <br /> <br /> Tant que l&rsquo;Europe n&rsquo;aura pas affirm&eacute; clairement, aux yeux du monde entier, qu&rsquo;elle est d&eacute;sormais d&eacute;cid&eacute;e &agrave; ne plus faire le jeu de l&rsquo;irresponsable diplomatie am&eacute;ricaine, elle contribuera au m&ecirc;me titre que l&rsquo;Am&eacute;rique &agrave; augmenter la dangerosit&eacute; du monde. Plut&ocirc;t que continuer &agrave; faire&nbsp; all&eacute;geance &agrave; Bush, les gouvernements europ&eacute;ens et la diplomatie europ&eacute;enne devraient enfin tenir ce langage de v&eacute;rit&eacute;. <br /> </div> Sun, 30 Dec 2007 23:00:00 GMT Souveraineté polonaise, souveraineté européenne http://www.pan-europe.org/europaplusplus/lettre/archives/?a=360 360 <br /><br /> <div align="justify">D&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave;, cet &eacute;nonc&eacute; doit nous para&icirc;tre peu ordinaire et nous faire mesurer l&rsquo;&eacute;volution de la situation: Russes et Polonais parlant ensemble d&rsquo;un syst&egrave;me de d&eacute;fense am&eacute;ricain, <strong>sans </strong>les Am&eacute;ricains. Jusqu&rsquo;ici, la situation de la fausse-vraie crise des BMDE &eacute;tait confin&eacute;e &agrave; un dialogue crisp&eacute;e USA-Russie, tous les acteurs europ&eacute;ens &eacute;tant fig&eacute;s dans des attitudes d&rsquo;indiff&eacute;rence feinte ou/et de prudence mesur&eacute;e, d&rsquo;hostilit&eacute; affich&eacute;e (contre les Russes) et d&rsquo;alignement automatique sur les USA. Curieuse situation pour une affaire qui concerne la s&eacute;curit&eacute; europ&eacute;enne. Mais les Polonais ont compl&egrave;tement chang&eacute; d&rsquo;attitude, passant de l&rsquo;hostilit&eacute; anti-russe et l&rsquo;alignement sur les USA, &agrave; un examen direct du probl&egrave;me, notamment avec ceux qui ont jusqu&rsquo;ici le plus vigoureusement d&eacute;nonc&eacute; les plans am&eacute;ricains, c'est-&agrave;-dire les Russes. <br /> <br /> L&rsquo;attitude polonaise est dict&eacute;e par diverses consid&eacute;rations qui ressortent du r&eacute;alisme, notamment la prise en consid&eacute;ration de l&rsquo;opinion polonaise majoritairement oppos&eacute;e au d&eacute;ploiement des anti-missiles. Certaines&nbsp; affirmations du Premier ministre polonais sont fort ambigu&euml;s, notamment celle o&ugrave; il affirme qu&rsquo;il n&rsquo;ira &agrave; Washington que lorsque la question des BMDE aura atteint &ldquo;un stade significatif&rdquo;, &ndash; cela signifie-t-il un accord entre la Pologne et la Russie, ce qui serait un comble? <br /> <br /> Quoi qu&rsquo;il en soit, cette &eacute;volution cr&eacute;e une situation sans pr&eacute;c&eacute;dent. La tradition au sein de l&rsquo;alliance occidentale a toujours &eacute;t&eacute; que les grandes questions de s&eacute;curit&eacute; collective europ&eacute;enne &eacute;taient directement et exclusivement trait&eacute;es par les USA avec la Russie (l&rsquo;URSS pr&eacute;c&eacute;demment). Cela faisait partie de l&rsquo;habituelle soumission europ&eacute;enne aux USA, peinturlur&eacute;e d&rsquo;arguments sur les imp&eacute;ratifs de s&eacute;curit&eacute; durant la Guerre froide. Dans le cas polonais, le retournement est spectaculaire puisqu&rsquo;il prend la forme d&rsquo;une affirmation d&rsquo;autonomie vis-&agrave;-vis de Washington. Les Polonais laissent voir sans complexes qu'il s'agit d'une initiative &agrave; la fois de souverainet&eacute; nationale (polonaise) et de bonne conduite europ&eacute;enne. Il est possible que Washington, pr&eacute;occup&eacute; par le Pakistan, ne se soit encore aper&ccedil;u de rien. <br /> </div> Sun, 30 Dec 2007 23:00:00 GMT Le Pentagone installe en Europe son Quartier Général pour l'Afrique http://www.pan-europe.org/europaplusplus/lettre/archives/?a=351 351 <img src="http://www.pan-europe.org/repimg/20071219112415_africom2.jpg" align="left" alt="photo" title="" border="0" /><br /><br /> <div align="justify">D&rsquo;une part, toutes les interventions de type militaire des Etats-Unis sur le Continent africain devraient inqui&eacute;ter les Europ&eacute;ens, quand on voit comme ces interventions ont mis et mettent encore le Moyen Orient &agrave; feu et &agrave; sang. D&rsquo;autre part, aucun Etat africain, m&ecirc;me parmi les plus am&eacute;ricanistes, comme le Nig&eacute;ria, n&rsquo;a voulu h&eacute;berger le quartier g&eacute;n&eacute;ral de l&rsquo;AFRICOM. Celui-ci a dont &eacute;t&eacute; (momentan&eacute;ment (?) install&eacute; en Allemagne, dans la base de l&rsquo;US Air Force de Ramstein que l&rsquo;Am&eacute;rique y poss&egrave;de encore, en h&eacute;ritage de la guerre froide. Mme Merkel, &agrave; notre connaissance, n&rsquo;a pas r&eacute;agi. <br /> <br /> Aujourd&rsquo;hui, l&rsquo;Africom prend de plus en plus corps. Sa pr&eacute;paration est confi&eacute;e &agrave; l&rsquo;US Air Force in Europe (USAFE). Le fait qu&rsquo;une &ldquo;Air Force&rdquo; (subdivision majeure de l&rsquo;USAF, &eacute;quivalant &agrave; une &ldquo;Arm&eacute;e&rdquo; ou un &ldquo;Corps d&rsquo;Arm&eacute;e&rdquo; pour les forces terrestres) ait &eacute;t&eacute; r&eacute;activ&eacute;e est une indication de l&rsquo;investissement bureaucratique et structurel que l&rsquo;USAF (USAFE) met en &oelig;uvre et va d&eacute;velopper dans sa t&acirc;che de pr&eacute;paration d&rsquo;AFRICOM. L&rsquo;USAFE est une survivante de la conception classique et orthodoxe de l&rsquo;Otan,c&rsquo;est-&agrave;-dire euro-atlantique. Par ailleurs, les derniers &eacute;v&egrave;nements au Moyen Orient ont montr&eacute; que l&rsquo;US Air Force en g&eacute;n&eacute;ral&nbsp; &eacute;tait, bien plus que l&rsquo;US Navy et l&rsquo;US Army, toujours pr&ecirc;te &agrave; des d&eacute;monstrations muscl&eacute;es qui ne lui co&ucirc;tent pas grand chose, sinon quelques milliers de litres de k&eacute;ros&egrave;ne. Au sein du lobby militaro-industriel am&eacute;ricain, il s&rsquo;agit de la branche la plus activiste. <br /> <br /> Mais que faire en Afrique ? Nous avons montr&eacute; (http://www.pan-europe.org/article.php?article_id=349&amp;rubrique_id=) qu&rsquo;&agrave; terme, l&rsquo;Afrique sera, notamment par sa d&eacute;mographie galopante incontr&ocirc;lable, une des futures zones d&rsquo;instabilit&eacute; du globe, sinon la seule. Cette instabilit&eacute; ne menacera pas directement l&rsquo;Am&eacute;rique, mais l&rsquo;Europe. Par contre, des mouvements locaux pourront mettre en danger les implantations africaines des compagnies p&eacute;troli&egrave;res am&eacute;ricaines, que Washington entend d&eacute;velopper&nbsp; pour suppl&eacute;er en tant que de besoin aux sources du Golfe. Les int&eacute;r&ecirc;ts am&eacute;ricains dans les &eacute;normes richesses min&eacute;rales encore inexploit&eacute;es sur lesquelles la Chine et d&rsquo;autres pays asiatiques comptent d&eacute;j&agrave; beaucoup pour alimenter leur croissance,&nbsp; ne devraient pas non plus, dans l&rsquo;esprit du Pentagone, &ecirc;tre laiss&eacute;es sans d&eacute;fense. Enfin, l&rsquo;&eacute;volution politique de grands pays traditionnellement proches de l&rsquo;Am&eacute;rique, comme le Nig&eacute;ria et l&rsquo;Afrique du Sud, doit rester sous surveillance. Tout r&eacute;cemment, par exemple, l&rsquo;annonce par le&nbsp; Congr&egrave;s national africain de la victoire de Jacob Zuma, qui devient pr&eacute;sident de ce parti, contre le chef de l'Etat sud-africain et pr&eacute;sident sortant, Thabo Mbeki, ne rassure pas Washington. Zuma passe pour populiste et impr&eacute;visible. Un tutorat am&eacute;ricain ne sera dont pas inutile. <br /> <br /> Il est &eacute;vident que, en dehors du resserrement des liens entre les militaires am&eacute;ricains et les arm&eacute;es&nbsp; de nombreux pays africains d&eacute;j&agrave; gagn&eacute;s, comme leurs coll&egrave;gues de l&rsquo;Otan, &agrave; la <em>pax americana</em> et aux achats d&rsquo;armes que le maintien de celle-ci suppose, l&rsquo;AFRICOM sera un outil permanent et prolif&eacute;rant permettant au Pentagone et au D&eacute;partement d&rsquo;Etat d&rsquo;interf&eacute;rer en Afrique, au d&eacute;triment &eacute;videmment de l&rsquo;influence des autres puissances, notamment europ&eacute;ennes. <br /> <br /> Les pr&eacute;textes humanitaires ont d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; mis en avant. Les Etats-Unis annoncent&nbsp; que le r&ocirc;le essentiel de l&rsquo;AFRICOM sera humanitaire. Pour cela, l&rsquo;USAF est toute d&eacute;sign&eacute;e : transport de vivres, de m&eacute;dicaments&hellip;et aussi d&rsquo;humanitaires &agrave; l&rsquo;am&eacute;ricaine, &eacute;vang&eacute;listes et militants de l&rsquo;abstention sexuelle &ndash; sans parler de l&rsquo;infiltration de Forces Sp&eacute;ciales.&nbsp; La <em>Guerre sans Fin contre le Terrorisme</em> ne manquera pas de fournir des occasions justifiant la pr&eacute;sence de ces derni&egrave;res. <br /> <br /> La crainte de beaucoup d&rsquo;Etats africains, semble-t-il, est que toutes ces bonnes intentions ne finissent par l&eacute;gitimer ici ou l&agrave; une intervention militaire sur le mode Irakien, dont les cons&eacute;quences catastrophiques s&rsquo;&eacute;tendraient sur l&rsquo;ensemble du Continent, en r&eacute;veillant les haines nationalistes et religieuses. Comme l&rsquo;explique l&rsquo;auteur de l&rsquo;article du journal pacifiste Anti-war, cit&eacute; ci-dessous, le cancer militariste une fois install&eacute; ne cesse de prolif&eacute;rer. En d&rsquo;autres termes, la grande politique africaine de l&rsquo;Europe, &agrave; supposer qu&rsquo;elle en &eacute;labore une un jour, devra tenir compte de l&rsquo;opposition discr&egrave;te ou ouverte que lui fera d&eacute;sormais l&rsquo;AFRICOM. Parions que dans trente ans, on devra encore compter avec cette derni&egrave;re, comme nous devons encore compter aujourd&rsquo;hui avec l&rsquo;Otan dont le principal&nbsp; r&ocirc;le est devenu d&rsquo;emp&ecirc;cher la construction d&rsquo;une d&eacute;fense europ&eacute;enne autonome. <br /> </div> Sun, 30 Dec 2007 23:00:00 GMT L'inflation démographique en Afrique http://www.pan-europe.org/europaplusplus/lettre/archives/?a=349 349 <br /><br /> <div align="justify">Les auteurs de cet article ne sont pas des d&eacute;magogues populistes, mais de distingu&eacute;s d&eacute;mographes que l&rsquo;on ne peut soup&ccedil;onner d&rsquo;arri&egrave;re-pens&eacute;es politiques. Il s&rsquo;agit du belge John May, &laquo; d&eacute;mographe Afrique &raquo; de la Banque Mondiale, et Jean-Pierre Gu&eacute;guant, de l&rsquo;Institut de recherche pour le D&eacute;veloppement, en poste &agrave; Ouagadougou. &nbsp;<br /> <br /> Retenons les points suivants, en r&eacute;sumant rapidement l&rsquo;article :<br /> - L&rsquo;Afrique sub-saharienne n&rsquo;est pas encore entr&eacute;e dans la phase dite de transition d&eacute;mographique, caract&eacute;ris&eacute;e par la baisse de la f&eacute;condit&eacute;. Celle-ci y est en moyenne de 5 enfants par femme, plus &eacute;lev&eacute;e que dans n&rsquo;importe quelle autre partie du monde. En cons&eacute;quence, 2 personnes sur 3 y ont moins de 25 ans. La population des moins de 25 ans n&rsquo;est que de 40% en Chine et de 30% en Europe. <br /> - Ceci peut &ecirc;tre expliqu&eacute; par le fait que l&rsquo;esclavage puis la colonisation avaient frein&eacute; l&rsquo;expansion normale et qu&rsquo;un effet de rattrapage se fait sentir. Mais les auteurs restent prudents. Les &eacute;volutions d&eacute;mographiques observ&eacute;es partout dans le monde ob&eacute;issent &agrave; des causes tr&egrave;s diverses et pas toujours pr&eacute;visibles. La baisse de la f&eacute;condit&eacute; dans les pays d&eacute;velopp&eacute;e, au dessous du taux de renouvellement, n&rsquo;&eacute;tait pas pr&eacute;vue. En Afrique, l&rsquo;&eacute;pid&eacute;mie de sida n&rsquo;a pas entra&icirc;n&eacute; de baisse de la population. La population infect&eacute;e, telle que recens&eacute;e dans les centres de sant&eacute;, est pass&eacute;e de 9% en 2001 &agrave; 6% en 2006. <br /> - La cause la plus vraisemblable de la croissance d&eacute;mographique africaine tient au laxisme des gouvernements. D&egrave;s 1960-1970, la plupart d&rsquo;entre eux (except&eacute; la Tunisie) ont refus&eacute; les politiques de mod&eacute;ration d&eacute;cid&eacute;es par les pays latino-am&eacute;ricains et asiatiques. Les m&eacute;thodes de contraception sont refus&eacute;es presque partout. <br /> - Les cons&eacute;quences de cette situation seront intenables &agrave; terme. On ne voit pas par exemple le Niger supporter une population de 50 millions de personnes, alors que 15% seulement des terres y sont cultivables et que le pays est d&eacute;j&agrave; surpeupl&eacute;. D&egrave;s maintenant, si l&rsquo;on rapporte la densit&eacute; de population &agrave; la superficie des terres cultivables, on atteint des densit&eacute;s tr&egrave;s &eacute;lev&eacute;es : 529 habitants au km2 pour la Mauritanie, 817 pour la Somalie, 391 pour le S&eacute;n&eacute;gal. Or on ne voit pas s&eacute;rieusement comment&nbsp; augmenter les surfaces cultivables, face &agrave; la d&eacute;sertification grandissante. <br /> - Les Etats n&rsquo;ont pas les moyens&nbsp; de mettre en place les infrastructures correspondant &agrave; l&rsquo;augmentation de la population, qui se porte inexorablement vers les villes. Aujourd&rsquo;hui, on compte d&eacute;j&agrave; en Afrique 40 villes de plus de 1 million d&rsquo;habitants. En 2030, la moiti&eacute; de la population vivra en ville dans 3 pays africains sur 4. Ces villes seront n&eacute;cessairement, faute d&rsquo;investissements urbains, des foyers de la pauvret&eacute; grandissante, par rapport aux campagnes. <br /> - Les migrations africaines vers le Nord restent peu importantes, contrairement aux id&eacute;es re&ccedil;ues. Les plus importantes migrations mondiales, sur un total de 200 millions de personnes, sont chinoises, indiennes et philippines. Une tr&egrave;s petite partie d&rsquo;entre elles seulement s&rsquo;installe en Afrique. <br /> <br /> Les auteurs de l&rsquo;article n&rsquo;ont pas sugg&eacute;r&eacute; de conclusions ou recommandations politiques g&eacute;n&eacute;rales relativement &agrave; ces perspectives qui paraissent pourtant tr&egrave;s inqui&eacute;tantes. M&ecirc;me en arr&ecirc;tant l'exploitation des quelques richesses africaines par les pays plus d&eacute;velopp&eacute;s, l'Afrique ne pourra pas contenir sa population dans ses fronti&egrave;res. Si &agrave; la croissance d&eacute;mographique s&rsquo;ajoutent les effets pr&eacute;visibles de la crise climatique, la situation deviendra v&eacute;ritablement explosive. <br /> <br /> On peut penser que tant que les gouvernements n&rsquo;auront pas pris des mesures incitatives fortes pour g&eacute;n&eacute;raliser la contraception et am&eacute;liorer en priorit&eacute; l&rsquo;&eacute;ducation des femmes, rien n&rsquo;arr&ecirc;tera la marche &agrave; une surpopulation catastrophique. Malheureusement, les gouvernements, d&eacute;j&agrave; faibles &agrave; tous &eacute;gards,&nbsp; se trouvent en face de traditions culturelles difficiles &agrave; modifier. Elles le sont d&rsquo;autant plus que des religions de plus en plus offensives, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des &eacute;glises chr&eacute;tiennes de toutes ob&eacute;diences, de l&rsquo;islam et m&ecirc;me des croyances animistes traditionnelles, refusent absolument les &eacute;volutions soci&eacute;tales qui se sont d&eacute;velopp&eacute;es partout ailleurs dans le monde et contribuent au contr&ocirc;le spontan&eacute; des naissance. On peut penser que l&rsquo;explosion de la d&eacute;mographie africaine et ses cons&eacute;quences seront&nbsp; consid&eacute;r&eacute;es par ces religions comme une opportunit&eacute; d&rsquo;accro&icirc;tre leurs pouvoirs. <br /> </div> Sun, 30 Dec 2007 23:00:00 GMT TREC, rêve ou réalité pour demain&#160;? http://www.pan-europe.org/europaplusplus/lettre/archives/?a=352 352 <img src="http://www.pan-europe.org/repimg/20071220152806_trec.jpg" align="left" alt="photo" title="" border="0" /><br /><br /> Le projet d&rsquo;Union m&eacute;diterran&eacute;enne pouss&eacute; par la France, avec l&rsquo;appui aujourd'hui encore mitig&eacute; de l&rsquo;Italie et de l&rsquo;Espagne, fait valoir qu&rsquo;il pourrait &ecirc;tre le cadre de grands programmes d&rsquo;&eacute;quipements et d&rsquo;infrastructures int&eacute;ressant non seulement tous les pays riverains de la m&eacute;diterran&eacute;e, mais aussi l&rsquo;Europe du Nord. Mais que pourraient &ecirc;tre ces programmes? <br /> <br /> Nous en avons un exemple possible avec le concept de <em>Trans-Mediterranean Renewable Energy Cooperation</em> (TREC). Il s&rsquo;agirait d&rsquo;implanter dans l&rsquo;ensemble euro-m&eacute;diterran&eacute;en un r&eacute;seau de stations, le DESERTEC, produisant et diffusant de l&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; &agrave; partir de sources renouvelables, soleil, vent, g&eacute;othermie principalement, dont cette partie du monde est largement dot&eacute;e. L&rsquo;&eacute;lectricit&eacute; produite servirait soit &agrave; la consommation locale, soit &agrave; alimenter des centrales de dessalinisation, soit &agrave; compl&eacute;ter l&rsquo;approvisionnement des pays europ&eacute;ens. Un Grid ou r&eacute;seau intelligent &agrave; tr&egrave;s haut d&eacute;bit interconnecterait les sources et les puits de consommation et permettrait de minimiser les pertes en ligne. <br /> <br /> Le projet est soutenu par la Club de Rome, la Hamburg Climate Protection Foundation, le National Energy Research Center of Jordan (NERC) et le German Aerospace Center (DLR). Les aspects technologiques ne pr&eacute;sentent pas de difficult&eacute;s. Mais les conditions financi&egrave;res et politiques d'une r&eacute;alisation, m&ecirc;me partielle, semblent loin d&rsquo;&ecirc;tre acquises. Une des premi&egrave;res difficult&eacute;s sera d&rsquo;obtenir l&rsquo;accord g&eacute;n&eacute;ral des Etats int&eacute;ress&eacute;s et un minimum d&rsquo;acceptation des populations. Dans l&rsquo;&eacute;tat actuel des relations diplomatiques au sein du Maghreb, la question est loin d&rsquo;&ecirc;tre facile &agrave; traiter. C&rsquo;est pourquoi un tel projet, ou d&rsquo;autres analogues de cette ampleur, ne pourront voir le jour sans un soutien politique de tr&egrave;s haut niveau. JPB. 20/12/07<br /> <br /> Sun, 30 Dec 2007 23:00:00 GMT Le calcul scientifique de haute performance http://www.pan-europe.org/europaplusplus/lettre/archives/?a=348 348 <img src="http://www.pan-europe.org/repimg/20071217222050_ibm_supercomputer.jpg" align="left" alt="photo" title="" border="0" /><br /><br /> <div align="justify"><br /> Nous avons signal&eacute; dans une chronique pr&eacute;c&eacute;dente (http://www.pan-europe.org/article.php?article_id=68&amp;rubrique_id=0) la mise en place du programme europ&eacute;en PACE ou PRACE (<em>Partnership for Advanced Computing in Europe</em>) rassemblant 15 Etats et visant &agrave; r&eacute;aliser un r&eacute;seau de super-calculateurs atteignant des vitesses de calcul se situant du teraflops jusqu&rsquo;au petaflops 1) <br /> <br /> Le public s&rsquo;imagine volontiers que les calculateurs de cette puissance n&rsquo;ont plus grande utilit&eacute;, puisqu&rsquo;il est th&eacute;oriquement possible de mettre en r&eacute;seau des milliers de micro-ordinateurs permettant d&rsquo;aligner des capacit&eacute;s apparemment &eacute;quivalentes. Mais il existe de grandes diff&eacute;rences entre les performances de tels r&eacute;seaux, &agrave; qui font d&eacute;faut des connexions efficaces et un syst&egrave;me d&rsquo;exploitation centralis&eacute; performant. Les supercalculateurs restent donc indispensables &agrave; tout Etat ou groupe d&rsquo;Etats d&eacute;sirant r&eacute;aliser rapidement et &agrave; moindre co&ucirc;t des calculs indispensables &agrave; sa s&eacute;curit&eacute; comme au d&eacute;veloppement des sciences dont il a besoin tant dans la concurrence internationale.que dans la coop&eacute;ration.<br /> <br /> L&rsquo;Europe s&rsquo;en est aper&ccedil;u, un peu tardivement. Elle d&eacute;pend cruellement de mat&eacute;riels qu&rsquo;elle ne produit pas ou n&rsquo;assemble pas (sauf marginalement, en ce qui concerne la France, o&ugrave; le CEA s&rsquo;&eacute;quipe actuellement d&rsquo;un supercalculateur Bull principalement d&eacute;di&eacute; &agrave; la d&eacute;fense). C&rsquo;est comme l&rsquo;on devine&nbsp; aux Etats-Unis et au Japon que se trouvent les industriels et les grands centres de calcul capables de fournir les prestations attendues tant par les scientifiques que par les militaires. Aux Etats-Unis, on se pr&eacute;pare maintenant la nouvelle g&eacute;n&eacute;ration de machines, dont l&rsquo;augmentation consid&eacute;rable de puissance va faire faire un bond en avant consid&eacute;rable aux recherches scientifiques.<br /> <br /> Aujourd&rsquo;hui, le calculateur le plus puissant du monde est l&rsquo;IBM BlueGene/L install&eacute; au Lawrence Livermore National Laboratory qui d&eacute;pend du d&eacute;partement de l&rsquo;Energie des Etats-Unis. Il r&eacute;alise en pointe 596 trillions d&rsquo;op&eacute;rations par seconde. Les nouvelles machines, de l&rsquo;ordre du p&eacute;taflops &eacute;quivaudront &agrave; la puissance install&eacute;e de 100.000 PC. Selon les experts, un calcul qui demanderait 80 ans pour l&rsquo;un de ces PC pourrait &ecirc;tre r&eacute;alis&eacute; en 5h sur un calculateur de la taille du Blue Gene/L et en moins de 2h sur une machine de la taille sup&eacute;rieure. <br /> <br /> La r&eacute;alisation de ces monstres oblige &agrave; faire face &agrave; de nombreux d&eacute;fis, dont le moindre n&rsquo;est pas la consommation &eacute;lectrique et la dissipation de chaleur. Le successeur de Blue Gene/L d&eacute;j&agrave; baptis&eacute; du nom de &quot;Roadrunner&quot; sera d&eacute;velopp&eacute; par IBM en partenariat avec le Laboratoire national de Los Alamos d&eacute;pendant lui aussi du d&eacute;partement de l&rsquo;Energie.&nbsp; Il consommera 4 megawatts de puissance &eacute;lectrique. Mais il permettra aussi d&rsquo;&eacute;clairer, si l&rsquo;on peut dire, des questions scientifiques demeur&eacute;es encore obscures et aussi diverses que le changement climatique, les &eacute;volutions g&eacute;ologiques, les nouvelles mol&eacute;cules th&eacute;rapeutiques et la mati&egrave;re noire. <br /> <br /> La v&eacute;ritable difficult&eacute;, cependant, n&rsquo;est pas directement li&eacute;e &agrave; l&rsquo;environnement de la machine ni m&ecirc;me &agrave; la rapidit&eacute; des composants &eacute;lectroniques qu&rsquo;elle utilise. Elle se trouve, comme l&rsquo;on sait, dans l&rsquo;aptitude des logiciels et des architectures programmatiques permettant de faire travailler ensemble des centaines de milliers de sous-ensembles multiples en les regroupant&nbsp; au mieux des probl&egrave;mes complexes &agrave; r&eacute;soudre. L&rsquo;ing&eacute;nierie logicielle apporte beaucoup de solutions standard mais ne peut remplacer enti&egrave;rement le flair des programmeurs et ing&eacute;nieurs syst&egrave;mes travaillant en liaison avec ceux qui leur posent les &laquo; bonnes questions &raquo;.<br /> <br /> <strong>Applications</strong><br /> <br /> La force des nouveaux calculateurs consiste &agrave; faire tourner des mod&egrave;les num&eacute;riques ou analogiques simulant des ph&eacute;nom&egrave;nes de la nature inobservables directement, faute de temps, d&rsquo;argent ou d&rsquo;instruments ad&eacute;quats. Le processus traditionnel de la recherche scientifique, supposant un &eacute;chelonnement dans le temps de la th&eacute;orie &agrave; l&rsquo;hypoth&egrave;se puis &agrave; l&rsquo;exp&eacute;rimentation se trouve&nbsp; modifi&eacute;. Plus exactement, l&rsquo;exp&eacute;rimentation n&rsquo;a plus besoin d&rsquo;&ecirc;tre conduite en vraie grandeur. Elle peut &ecirc;tre remplac&eacute;e par une simulation.&nbsp; <br /> <br /> Les r&eacute;centes pr&eacute;dictions scientifiques concernant le changement climatique qui ont servi&nbsp; d&rsquo;argument pour la mise en place du protocole de Kyoto et de ses suites n&rsquo;ont &eacute;t&eacute; rendues possibles que parce que la puissance de calcul affect&eacute;e &agrave; leur production a &eacute;t&eacute; multipli&eacute;e plus de 10.000 fois en quelques ann&eacute;es. Alors que pendant longtemps les donn&eacute;es satellitaires climatologiques et g&eacute;ophysiques ne pouvaient pas &ecirc;tre trait&eacute;es en temps utile par les laboratoires terrestres, aujourd&rsquo;hui l&rsquo;inverse se produit. Les satellites ayant vieilli ne fournissent plus assez de donn&eacute;es ni assez rapidement pour r&eacute;pondre &agrave; la soif d&rsquo;informations des mod&egrave;les computationnels. <br /> <br /> A l&rsquo;oppos&eacute;, les flots de donn&eacute;es qui seront produites par le futur acc&eacute;l&eacute;rateur LHC du CERN pourront en principe &ecirc;tre trait&eacute;es en temps r&eacute;el, ce qui serait&nbsp; impossible actuellement. Encore faudrait-il que les scientifiques y travaillant puissent acc&eacute;der &agrave; des calculateurs assez puissants, ce qui n&rsquo;est pas garanti compte tenu du peu d&rsquo;enthousiasme manifest&eacute; par les Etats-Unis pour fournir du temps de calcul dans des conditions satisfaisantes. <br /> <br /> Dans le domaine tout diff&eacute;rent de l&rsquo;armement nucl&eacute;aire, on sait depuis longtemps que les essais simul&eacute;s ont rendu inutiles les tests en vraie grandeur. A cet &eacute;gard, il n&rsquo;&eacute;tait pas question pour la France de d&eacute;pendre de la bonne volont&eacute; am&eacute;ricaine. D&rsquo;o&ugrave; l&rsquo;acquisition du calculateur Bull de la direction des applications militaires du CEA pr&eacute;cit&eacute; (lequel offre aussi du temps &agrave; des &eacute;quipes civiles). <br /> <br /> La question de la disponibilit&eacute; en puissance de calcul se posera &eacute;galement d&eacute;j&agrave; dans la perspective du traitement des myriades de donn&eacute;es qui seront n&eacute;cessaires &agrave; la simulation des ph&eacute;nom&egrave;nes se d&eacute;roulant dans le c&oelig;ur du futur r&eacute;acteur &agrave; fusion ITER de Cadarache ou de ses enceintes. Il serait prudent de pr&eacute;voir d&egrave;s maintenant les ressources n&eacute;cessaires. <br /> <br /> Un autre domaine qui pourra se r&eacute;v&eacute;ler encore plus vital, concernera la pr&eacute;paration d&rsquo;un vaccin contre la grippe aviaire &laquo; hominis&eacute;e &raquo; d&egrave;s que celle-ci se d&eacute;clarera (&eacute;ventualit&eacute; consid&eacute;r&eacute;e comme in&eacute;vitable). Les ressources d&rsquo;un supercalculateur permettront&nbsp; de gagner de pr&eacute;cieuses semaines dans l&rsquo;analyse du virus et la mise au point de r&eacute;ponses adapt&eacute;es.<br /> <br /> Terminons cet article par un regard sur la prochaine d&eacute;cennie. On ne doit pas croire que la limite du p&eacute;taflops tiendra longtemps. D&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave; les ing&eacute;nieurs &eacute;tudient une machine mille fois plus puissante, capable d&rsquo;un million de trilliards d&rsquo;op&eacute;ration par seconde. Elle est pr&eacute;vue vers 2018. Il n&rsquo;est pas risqu&eacute; de parier qu&rsquo;elle sera am&eacute;ricaine. L&rsquo;Europe n&rsquo;en verra malheureusement sans doute pas la couleur....A moins que par miracle le programme PACE cit&eacute; ci-dessus prenne rapidement un grand&nbsp; d&eacute;veloppement.<br /> </div> Sun, 30 Dec 2007 23:00:00 GMT Poutine, un modèle pour l'Europe&#160;? http://www.pan-europe.org/europaplusplus/lettre/archives/?a=354 354 <br /><br /> <div align="justify">&nbsp;Les premiers, profitant &agrave; plein de l&rsquo;ouverture impos&eacute;e par l&rsquo;id&eacute;ologie lib&eacute;rale, d&eacute;truisent l&rsquo;&eacute;conomie des seconds par des agents &agrave; leur service, dont on commence seulement &agrave; mesurer l&rsquo;efficacit&eacute; conqu&eacute;rante, les fonds d&rsquo;investissement qu&rsquo;ils pilotent (fonds sp&eacute;culatifs et fonds souverains notamment). Les autres ne savent que pr&ecirc;cher&nbsp; les vertus de la concurrence et de la consommation &agrave; tout-va sans se rendre compte qu&rsquo;ils perdent progressivement leurs moyens d&rsquo;&ecirc;tre pris au s&eacute;rieux comme partenaires avec qui compter, c&rsquo;est-&agrave;-dire avec qui n&eacute;gocier sur un pied d&rsquo;&eacute;galit&eacute;. Il est vrai que pour remplacer leur puissance &eacute;conomique, ils essaient de d&eacute;stabiliser leurs adversaires par un moralisme droit de l&rsquo;hommiste qui ne trompe personne. &nbsp;<br /> </div> <div align="justify"><br /> C&rsquo;est sur cet arri&egrave;re plan qu&rsquo;il faut appr&eacute;cier les commentaires qu&rsquo;ont suscit&eacute;s la victoire aux derni&egrave;res &eacute;lections du parti de Vladimir Poutine et le r&ocirc;le&nbsp; de premier ministre&nbsp; interventionniste que ce dernier semble vouloir se r&eacute;server.&nbsp; Pour l&rsquo;opinion &eacute;clair&eacute;e am&eacute;ricaine, dont les ambitions &agrave; la domination mondiale n&rsquo;ont malgr&eacute; quelques difficult&eacute;s passag&egrave;res rien perdu de leur agressivit&eacute;, Poutine m&eacute;rite le titre que lui a d&eacute;cern&eacute; Time Magazine, celui de l&rsquo;Homme de l&rsquo;ann&eacute;e. Dans un article &eacute;clairant (voir ci-dessous), le journal explique clairement les raisons de son choix, dans lequel ne prend place aucun ang&eacute;lisme. <br /> <br /> On trouve sur le blog de Michel Collon (voir ci-dessous) des commentaires de Jean-Marie Chauvier, citant lui-m&ecirc;me Jacques Sapir, qui montrent bien pourquoi Poutine repr&eacute;sente pour l&rsquo;Am&eacute;rique comme pour ceux qui devront compter avec la puissance russe&nbsp; une nouveaut&eacute; consid&eacute;rable. Nous citons en abr&eacute;geant : <br /> <br /> <font color="#993300"><em>&laquo; Le remaniement minist&eacute;riel de f&eacute;vrier 2007, qui a vu le ministre de la D&eacute;fense, Sergue&iuml; Ivanov, &ecirc;tre promu au poste de premier vice-premier ministre, peut &ecirc;tre consid&eacute;r&eacute; comme un symbole important de ce mouvement. Sergue&iuml; Ivanov est en effet parmi les dirigeants russes celui qui peut passer pour le plus engag&eacute; en faveur d'une politique industrielle active. Le r&eacute;cent d&eacute;part du gouvernement de German Gref, un des derniers ministres &laquo; lib&eacute;raux &raquo;, est encore un signe de la coh&eacute;rence qu'a d&eacute;sormais acquise la politique &eacute;conomique russe. <br /> <br /> Ce processus n'est pas circonscrit au cercle gouvernemental restreint. Il s'inscrit dans le cadre global d'une &eacute;volution qui voit l'ensemble de l'&eacute;lite politique et &eacute;conomique russe se rallier &agrave; des conceptions interventionnistes et qui se traduit par la mont&eacute;e d'une forme de &laquo; patriotisme &eacute;conomique &raquo;. Aujourd'hui, des notions comme la politique industrielle, la n&eacute;cessaire pr&eacute;sence d'un secteur public ou le protectionnisme ne font plus clivage entre ceux que l'on appelle les &laquo; lib&eacute;raux &raquo; et les &laquo; interventionnistes &raquo;. <br /> <br /> Ce volontarisme russe s'est traduit par un double mouvement de r&eacute;affirmation de l'&Eacute;tat dans l'&eacute;conomie et de re-concentration des activit&eacute;s. Dans les faits, on a vu appara&icirc;tre une organisation de l'&eacute;conomie autour de trois secteurs dans lesquels le r&ocirc;le de l'&Eacute;tat est diff&eacute;renci&eacute; : <br /> - un secteur prioritaire, celui de l'&eacute;nergie et des mati&egrave;res premi&egrave;res qui doit &ecirc;tre &eacute;troitement contr&ocirc;l&eacute; par l'&Eacute;tat ; <br /> - un secteur des industries strat&eacute;giques qui se d&eacute;finit dans une logique de diversification o&ugrave; l'entr&eacute;e des acteurs &eacute;trangers est possible et m&ecirc;me souhait&eacute;e, comme c'est le cas pour la production automobile ; <br /> - un secteur des autres industries o&ugrave; l'&Eacute;tat n'intervient que pour faire respecter la l&eacute;gislation commune. <br /> <br /> La diversification de l'&eacute;conomie est devenue un axe strat&eacute;gique de la politique &eacute;conomique, justifi&eacute; par un risque de d&eacute;pendance vis-&agrave;-vis des mati&egrave;res premi&egrave;res. Cet objectif a &eacute;t&eacute; repris par Alexandre Chokhine, le pr&eacute;sident de l'Union des industriels et des entrepreneurs de Russie (le RSPP), qui appelle &agrave; la mobilisation d'une partie des moyens du fonds de stabilisation et la mise en place de ce qu'il qualifie de &laquo; protectionnisme raisonnable &raquo;. <br /> <br /> L&rsquo;analyse de Sapir montre qu&rsquo;il y a au moins deux approches de l&rsquo;&eacute;volution russe, tant en Occident qu&rsquo;en Russie, et tant &agrave; droite qu&rsquo;&agrave; gauche. L&rsquo;une voit surtout l&rsquo;aspect &laquo; autoritaire &raquo; et se retrouve sur une ligne de &laquo; d&eacute;fense des libert&eacute;s &raquo; qui est celle des lib&eacute;raux et des oligarques d&eacute;chus par Poutine, des mouvements de Droits de l&rsquo;Homme anim&eacute;s en Russie par des militants en vue du lib&eacute;ralisme des ann&eacute;es 90. <br /> <br /> L&rsquo;autre retient davantage les choix strat&eacute;giques de d&eacute;veloppement interne et de relations internationales. Sur ce terrain, la ligne &laquo; souverainiste &raquo; qu&rsquo;adopterait Poutine s&rsquo;&eacute;loigne forc&eacute;ment des conceptions n&eacute;olib&eacute;rales (au sens de ce terme chez nous), des recommandations (pass&eacute;es) du FMI et des exigences pos&eacute;es par les Etats-Unis, tant &agrave; l&rsquo;adh&eacute;sion de la Russie &agrave; l&rsquo;OMC qu&rsquo;&agrave; son acceptation dans la &laquo; communaut&eacute; internationale &raquo; en tant que pays &laquo; v&eacute;ritablement d&eacute;mocratique &raquo;. </em></font><br /> <br /> Nous pensons pour notre part que la division de l&rsquo;&eacute;conomie en trois secteurs plus ou moins soumis &agrave; l&rsquo;interventionnisme politique et au protectionnisme raisonnable conviendrait parfaitement &agrave; l&rsquo;Europe, si elle &eacute;tait capable de se doter d&rsquo;un gouvernement &eacute;conomique et politique minimum, ne fut-ce qu&rsquo;au sein de la zone euro. Dans ce cas, des convergences et des alliances avec la Russie, comme d&rsquo;ailleurs avec d&rsquo;autres puissances &agrave; vocations h&eacute;g&eacute;moniques, seraient parfaitement n&eacute;gociables.<br /> <br /> Mais l&rsquo;Europe, par la voix de ses institutions ou de ses Etats membres, ne sait que pr&ecirc;cher d&rsquo;une part les vertus d&rsquo;une concurrence sans fronti&egrave;res et d&rsquo;autre part l&rsquo;impossibilit&eacute;, quand elle n&eacute;gocie avec la Russie ou la Chine,&nbsp; de transiger sur des droits de l&rsquo;Homme auxquels par ailleurs elle ne cro&icirc;t gu&egrave;re. Elle se met alors directement dans les mains aussi bien des Etats-Unis et de ces puissances que dans celles des Etats th&eacute;ocratiques et p&eacute;troliers du Golfe pour qui d&eacute;mocratie et la&iuml;cit&eacute; n&rsquo;ont aucun sens. <br /> <br /> Nous renvoyons ci-dessous &agrave; un article&nbsp; de Defensa qui r&eacute;sume parfaitement bien la situation. <br /> <br /> <div align="center">BONNE ANNEE A TOUS QUAND MEME<br /> </div> <br /> </div> Sun, 30 Dec 2007 23:00:00 GMT Microsoft et le Libre http://www.pan-europe.org/europaplusplus/lettre/archives/?a=357 357 <br /><br /> Microsoft c&egrave;de avec beaucoup de r&eacute;ticences &agrave; la pression des d&eacute;fenseurs du logiciel libre, relay&eacute;s par la Commission Europ&eacute;enne. En mars 2004, celle-ci avait condamn&eacute; Microsoft &agrave; fournir &agrave; ses concurrents les informations n&eacute;cessaires au d&eacute;veloppement de produits interop&eacute;rables avec ses logiciels destin&eacute;s aux ordinateurs personnels et aux serveurs. Microsoft a sign&eacute; le 20 d&eacute;cembre 2007 aux Etats-Unis un accord avec une fondation &agrave; but non lucratif consacr&eacute;e aux logiciels libres,&nbsp; la Protocol Freedom Information Foundation. L'accord vise l'&eacute;diteur &agrave; but non-lucratif (c'est-&agrave;-dire non commercial) Samba, qui propose un logiciel gratuit destin&eacute; aux serveurs. <br /> <br /> Le logiciel de Samba est d&eacute;di&eacute; aux groupes de travail en entreprise travaillant&nbsp; en intranet. Il permet&nbsp; aux salari&eacute;s de s'identifier et de se connecter &agrave; un syst&egrave;me informatique, de partager des documents et de les imprimer. Mais les probl&egrave;mes d'interop&eacute;rabilit&eacute; l&rsquo;emp&ecirc;chaient d&rsquo;intervenir sur l&rsquo;ensemble du syst&egrave;me d&rsquo;information de l&rsquo;entreprise, contrairement au&nbsp; Active Directory de Microsoft.&nbsp;&nbsp; <br /> <br /> La Commission avait en 2004 condamn&eacute; Microsoft au motif&nbsp; qu&rsquo;il refusait de&nbsp; fournir &agrave; ses concurrents les protocoles n&eacute;cessaires &agrave; l'interop&eacute;rabilit&eacute;, afin que les ordinateurs et serveurs utilisant son logiciel Windows, mais fabriqu&eacute;s par ses concurrents, ne puissent pas fonctionner ensemble. Cette pratique anticoncurrentielle de Microsoft lui a permis de s'imposer sur le march&eacute; des serveurs, contraignant ses concurrents &agrave; dispara&icirc;tre. <br /> <br /> Mais il faut bien voir que l&rsquo;accord avec Samba est loin de r&eacute;soudre tous les probl&egrave;mes d&rsquo;interop&eacute;rabilit&eacute; se posant au sein des serveurs d&rsquo;entreprises. Il ne concerne &eacute;videmment pas non plus le domaine&nbsp; bien plus important des logiciels pour PC et mat&eacute;riels r&eacute;partis, dont Microsoft tente de verrouiller&nbsp; depuis longtemps le march&eacute;&nbsp; au profit de ses propres produits.&nbsp; Pour assurer la compatibilit&eacute;, les logiciels libres sont oblig&eacute;s &agrave; grands frais de se mettre constamment &agrave; niveau pour tenir compte des changements d&eacute;cid&eacute;s par Microsoft et ne faisant pas l&rsquo;objet d&rsquo;une publication des sources. <br /> Sun, 30 Dec 2007 23:00:00 GMT Boeing contre EADS http://www.pan-europe.org/europaplusplus/lettre/archives/?a=350 350 <img src="http://www.pan-europe.org/repimg/20071218221319_KC135.jpg" align="left" alt="photo" title="" border="0" /><br /><br /> Avec une joie non dissimul&eacute;e, l'Air Force Magazine du 18 d&eacute;cembre annonce, &quot;de source bien inform&eacute;e&quot; que Boeing est donn&eacute; gagnant de l'appel d'offre qui l'oppose &agrave; EADS Northrop Grumman pour la fourniture d'avions ravitailleurs en remplacement de l'actuel KC 135. L'information figure avec force d&eacute;tails gourmands dans le Seattle Post-Intelligencer du 16 d&eacute;cembre. Intox? <br /> <br /> Le contrat est proprement monstrueux (aux alentours de 100 milliards de dollars). L'appel d'offre avait &eacute;t&eacute; pr&eacute;c&eacute;demment cass&eacute; pour raisons de corruption imput&eacute;es &agrave; Boeing. Mais l'Air Force et le lobby militaro-industriel n'avaient jamais renonc&eacute; &agrave; placer Boeing. Ce qui faisait penser &agrave; beaucoup d'Europ&eacute;ens que EADS perdait son temps &agrave; tenter d'&ecirc;tre retenu. <br /> Sun, 30 Dec 2007 23:00:00 GMT "Lancement doublement historique" pour Ariane 5 http://www.pan-europe.org/europaplusplus/lettre/archives/?a=356 356 <br /><br /> Une fus&eacute;e europ&eacute;enne Ariane 5 a lanc&eacute; vendredi&nbsp; 21 d&eacute;cembre 2007 et plac&eacute; en orbite g&eacute;ostationnaire &agrave; partir de Kourou, deux satellites de t&eacute;l&eacute;communications pour l'op&eacute;rateur panafricain RascomStar-QAF et l'am&eacute;ricano-japonais Horizons 2 Satellite LLC.<br /> <br /> Le satellite RASCOM-QAF1, d'une masse de 3,2 tonnes au lancement, est le premier satellite panafricain. Il est construit par Thales Alenia Space pour la soci&eacute;t&eacute; RascomStar-QAF et fournira des services de t&eacute;l&eacute;communications (t&eacute;l&eacute;vision directe, acc&egrave;s internet) dans les zones africaines rurales ainsi que des liaisons interurbaines et internationales sur tout le continent africain. Il aura une dur&eacute;e de vie de 15 ans.<br /> <br /> Plusieurs ministres africains &eacute;taient pr&eacute;sents pour suivre le lancement, repr&eacute;sentant le B&eacute;nin, le Cameroun, la C&ocirc;te d'Ivoire et la Guin&eacute;e.<br /> <br /> Le deuxi&egrave;me satellite, HORIZONS-2, d'une masse de 2,3 tonnes au lancement, a &eacute;t&eacute; construit par Orbital Sciences Corporation pour Horizons 2 Satellite LLC, la joint-venture entre Intelsat et la soci&eacute;t&eacute; japonaise JSAT. Il s'est s&eacute;par&eacute; du lanceur 32 minutes apr&egrave;s le d&eacute;collage. Ce satellite, &eacute;galement d'une dur&eacute;e de vie de 15 ans, doit se placer en orbite g&eacute;ostationnaire au dessus de l'Am&eacute;rique du Nord. Il fournira des services de vid&eacute;otransmission, internet ainsi que des applications en communications mobiles aux Etats-Unis, aux Cara&iuml;bes et &agrave; une partie du Canada.<br /> <br /> &quot;Le lancement de ce soir est historique car c'est la premi&egrave;re fois qu'on lance six Ariane 5 en une ann&eacute;e&quot;, a d&eacute;clar&eacute; le PDG d'Arianespace Jean-Yves Le Gall. &quot;A partir de 2008, nous comptons lancer 7 &agrave; 8 Ariane chaque ann&eacute;e&quot;. Ajoutons que ce lancement &eacute;tait doublement historique car c'est la premi&egrave;re fois qu'un satellite v&eacute;ritablement panafricain est mis en orbite. <br /> Sun, 30 Dec 2007 23:00:00 GMT Eric Drexler publie une feuille de route pour la production industrielle de nanosystèmes http://www.pan-europe.org/europaplusplus/lettre/archives/?a=347 347 <img src="http://www.pan-europe.org/repimg/20071218212211_drexleroadmap.jpg" align="left" alt="photo" title="" border="0" /><br /><br /> Eric Drexler, le p&egrave;re des nanotechnologies, vient de publier sur son site personnel une ambitieuse &quot;feuille de route'&quot; (le mot est &agrave; la mode) pour la r&eacute;alisation &agrave; grande &eacute;chelle de nanosyst&egrave;mes destin&eacute;s &agrave; op&eacute;rer dans tous les domaines de la production. C'est la &quot;Technology Roadmap for Productive Nanosystems&quot;. L&rsquo;objectif poursuivi vise &agrave; explorer la fa&ccedil;on dont les techniques courantes de laboratoires peuvent &ecirc;tre utilis&eacute;es pour construire pas &agrave; pas des produits et fonctions de plus en plus sophistiqu&eacute;s. <br /> <br /> L&rsquo;&eacute;tude a &eacute;t&eacute; conduite par le Battelle Memorial Institute, une organisation non-profit rassemblant un ensemble de grands laboratoires am&eacute;ricains, dont Pacific Northwest, Oak Ridge et Brookhaven. Elle a rassembl&eacute; 70 experts, scientifiques et ing&eacute;nieurs, provenant de l&rsquo;universit&eacute;, de l&rsquo;industrie et des laboratoires nationaux. <br /> <br /> Une s&eacute;rie de groupes de travail a &eacute;t&eacute; lanc&eacute;e en 2005, dont est issu le rapport final de 400 pages (voir ci-dessous) . Ce rapport pr&eacute;sente un l&rsquo;&eacute;tat de l&rsquo;art de la nano-ing&eacute;nierie et formule&nbsp; des propositions int&eacute;ressant aussi bien des r&eacute;alisations &agrave; court terme que des projets de recherche &agrave; long terme. <br /> <br /> Eric Drexler estime que le rapport arrive &agrave; point nomm&eacute;. Le Conseil National de la Recherche (U.S. National Research Council) avait valid&eacute; les orientations qu&rsquo;il avait propos&eacute;es dans sa propre &eacute;tude ( Nanosystems: Molecular Machinery, Manufacturing, and Computation) laquelle se terminait par un appel &agrave; des recherches exp&eacute;rimentales concernant l&rsquo;ing&eacute;nierie mol&eacute;culaire. A la suite de quoi la Darpa (Pentagone) avait lanc&eacute; un appel &agrave; propositions pour la r&eacute;alisation de nano-objets pr&eacute;cis &agrave; l&rsquo;atome pr&egrave;s. Le gouvernement britannique, de son c&ocirc;t&eacute;, avait offert des cr&eacute;dits de recherche &agrave; des &eacute;quipes capable de fabriquer des nano-mat&eacute;riaux mol&eacute;cule par mol&eacute;cule. <br /> <br /> En dehors des perspectives et directions qu&rsquo;elle propose, la Feuille de route recommande des techniques permettant d&rsquo;&eacute;valuer les projets les plus aptes &agrave; faire &eacute;merger le domaine encore trop exp&eacute;rimental de la nano-ing&eacute;nierie atomique. Une des directions les plus prometteuses sera la possibilit&eacute; d&rsquo;int&eacute;grer divers approches dans des syst&egrave;mes fonctionnels exploitant les d&eacute;couvertes r&eacute;centes en mati&egrave;re de structures g&eacute;n&eacute;tiques (DNA) auto-organisatrices &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle de l&rsquo;atome. <br /> <br /> Eric Drexler se dit persuad&eacute; qu&rsquo;en dehors des applications qui seront donn&eacute;es &agrave; ces propositions aux Etats-Unis, les pays asiatiques &agrave; la recherche de perspectives &agrave; long terme ne manqueront pas de s&rsquo;y int&eacute;resser. <br /> <br /> Pour ce qui concerne l&rsquo;Europe et la France en particulier, des cr&eacute;dits publics de recherche existent. Mais comme toujours en pareil cas, les industriels susceptibles d&rsquo;utiliser ces cr&eacute;dits localement (sans se d&eacute;localiser) ne se pr&eacute;sentent pas ou ne parviennent pas &agrave; s&rsquo;entendre. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;au sein du p&ocirc;le Minatec, le site de Crolles2 inaugur&eacute; par Jacques Chirac en mars 2003 et pr&eacute;sent&eacute; comme un &laquo;accord historique &raquo; entre Freescale (Motorola), Philips et STMicroelectronics pour la fabrication de composants &eacute;lectroniques avanc&eacute;s ne doit sa survie temporaire qu&rsquo;&agrave; la participation de fonds d&rsquo;investissement am&eacute;ricains dont le principal objectif est le pillage technologique. Sun, 30 Dec 2007 23:00:00 GMT L'Europe sociale en butte au libéralisme dogmatique http://www.pan-europe.org/europaplusplus/lettre/archives/?a=346 346 <br /><br /> Le secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral de la Conf&eacute;d&eacute;ration europ&eacute;enne des syndicats (CES), le Britannique John Monks, membre de deux laboratoires d'id&eacute;es aux opinions mod&eacute;r&eacute;es, le European Policy Centre &agrave; Bruxelles et le Centre for European Studies &agrave; Londres, est scandalis&eacute; par les &eacute;checs r&eacute;p&eacute;t&eacute;s de l'Europe sociale, qu'il s'efforce, avec d'autres, de promouvoir. Il y a moins d'un mois, il a remis au pr&eacute;sident de la Commission europ&eacute;enne une p&eacute;tition de 510 000 signatures en faveur d'une directive sur les services publics. M. Barroso a dit non. Une semaine plus tard, c'est la question de la flexicurit&eacute; qui revenait &agrave; l'ordre du jour. La CES ne refuse pas l'id&eacute;e, mais craint que la flexicurit&eacute;, cens&eacute;e combiner flexibilit&eacute; et s&eacute;curit&eacute;, ne soit interpr&eacute;t&eacute;e &quot;comme un permis de licencier plus facilement et d'adopter des formes de travail plus pr&eacute;caires&quot;. La Commission puis le conseil des ministres ont adopt&eacute; une s&eacute;rie de principes, que le Parlement europ&eacute;en aurait souhait&eacute;e &quot;plus &eacute;quilibr&eacute;e&quot;. M. Monks a aussit&ocirc;t appel&eacute; les gouvernements &agrave; se ranger &agrave; l'avis des eurod&eacute;put&eacute;s. La flexicurit&eacute;, dit-il, doit prot&eacute;ger l'emploi, et non le d&eacute;truire. La Commission n&rsquo;est pas revenu sur ses principes. <br /> <br /> Mais il y a plus grave. Deux directives sociales, auxquelles les syndicats europ&eacute;ens accordent une importance particuli&egrave;re, ont &eacute;t&eacute; bloqu&eacute;es, une fois de plus, au conseil des ministres, en raison du refus obstin&eacute; de la Grande-Bretagne, soutenue par l'Allemagne. Ces deux textes visent &agrave; renforcer la protection des salari&eacute;s, l'un en limitant &agrave; 48 heures la dur&eacute;e hebdomadaire du travail, sauf d&eacute;rogations strictement encadr&eacute;es, l'autre en reconnaissant aux int&eacute;rimaires les m&ecirc;mes droits qu'aux travailleurs permanents. Les Britanniques et leurs alli&eacute;s, au nom de la d&eacute;fense de l'emploi, s'opposent &agrave; ces contraintes.<br /> <br /> Ces deux directives, explique la CES, expriment la volont&eacute; des syndicats de fixer une limite au pouvoir des march&eacute;s. Elles proc&egrave;dent du souci de rendre la mondialisation plus &eacute;quitable. Leur blocage donne raison &agrave; ceux qui jugent abusive toute tentative de r&eacute;glementation. Un coup s&eacute;rieux est ainsi port&eacute; aux ambitions sociales de l'Union europ&eacute;enne. Le progr&egrave;s social au sein de l'Union europ&eacute;enne n'a pas suivi le d&eacute;veloppement du march&eacute; int&eacute;rieur. Cette carence risque de d&eacute;tourner les peuples de la construction europ&eacute;enne. On ne saurait lui donner tort. <br /> <br /> Tant en effet que ne seront entendus &agrave; Bruxelles que les lobbies industriels, les syndicats patronaux et les Etats les plus &quot;lib&eacute;raux&quot;, pour qui la question du droit du travail et des droits sociaux sont de la seule comp&eacute;tence des Etats, aucun progr&egrave;s ne pourra se faire dans la voie pourtant indispensable de la construction d'un espace social permettant la mobilit&eacute; de tous les salari&eacute;s, ind&eacute;pendamment de leur nationalit&eacute;. <br /> <br /> Source Thomas Ferenczy, Le Monde, 13/12/2007<br /> Sun, 30 Dec 2007 23:00:00 GMT Actualité de la recherche sur la complexité http://www.pan-europe.org/europaplusplus/lettre/archives/?a=353 353 <br /><br /> Les recherches sur les syst&egrave;mes complexes sont dor&eacute;navant incontournables. D&egrave;s la cr&eacute;ation de la revue Automates Intelligents en 2000 nous avions signal&eacute; qu&rsquo;elles auraient du &ecirc;tre prises au s&eacute;rieux en France bien plus qu&rsquo;elles ne l&rsquo;&eacute;taient alors. Il est vrai que le concept de syst&egrave;me complexe est difficile &agrave; d&eacute;finir. N&rsquo;importe quel esprit aux capacit&eacute;s de formalisation r&eacute;duites et au vocabulaire embarrass&eacute; pourra, avec un peu de culot, pr&eacute;tendre qu&rsquo;il travaille dans la complexit&eacute;. <br /> <br /> Il existe cependant depuis longtemps une r&eacute;f&eacute;rence souvent cit&eacute;e mais mal imit&eacute;e, le Santa Fe Institute am&eacute;ricain. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une fondation priv&eacute;e non-profit. Elle dispose d&rsquo;un budget non n&eacute;gligeable, 7 millions de dollars, dont la moiti&eacute; provient de donations et l&rsquo;autre de concours publics. Les th&egrave;mes de recherches et les formations sont d&eacute;finis annuellement d&rsquo;une fa&ccedil;on assez ouverte, afin de ne pas exclure les id&eacute;es originales mais peu reconnues. <br /> <br /> En France, un Institut rh&ocirc;nalpin des syst&egrave;mes complexes (IXXI) a &eacute;t&eacute; cr&eacute;e dans le m&ecirc;me esprit il y a un an. Son budget est de 300.000 euros provenant du CNRS, de l&rsquo;Institut de Recherche pour le D&eacute;veloppement, de l&rsquo;Inria et de quelques universit&eacute;s de la r&eacute;gion. Mais il existe aussi un Institut des Syst&egrave;mes Complexes de Paris-Ile de France (ISCPIF) et un R&eacute;seau National des Syst&egrave;mes Complexes (RNSC) regroupant les pr&eacute;c&eacute;dents et d&rsquo;autres Instituts, dont l&rsquo;Inserm. Au total, il semble que 500 chercheurs soient aujourd&rsquo;hui affect&eacute;s &agrave; divers projets visant &agrave; r&eacute;aliser, notamment, des syst&egrave;mes complexes adaptatifs. <br /> <br /> D'autres Instituts existent ou sont en voie de cr&eacute;ation en Europe, notamment aux Pays-Bas et en Italie. Entre 2003 et 2006, la Commission europ&eacute;enne aurait allou&eacute; 100 millions d'euros &agrave; ce domaine, ce qui cesse d&rsquo;&ecirc;tre n&eacute;gligeable.<br /> <br /> Regrettons cependant que les travaux et les r&eacute;sultats soient encore trop peu connus. Sans doute pour la raison &eacute;voqu&eacute;e en d&eacute;but d&rsquo;article : peu de gens comprennent ce que cache le concept et quelles sont ses applications pratiques. On ne peut que regretter, par ailleurs, que les scientifiques ayant d&eacute;velopp&eacute; de v&eacute;ritables syst&egrave;mes multi-agents auto-adaptatifs, comme Alain Cardon en mati&egrave;re de conscience artificielle, ou d'autres de ses coll&egrave;gues du LIP6 et d'ailleurs, n'aient soit jamais pu &ecirc;tre financ&eacute;s, soit &eacute;t&eacute; priv&eacute;s de financement et contraints de s'exporter. <br /> <br /> ******<br /> Ceci dit, pour en revenir &agrave; notre question introductive, qu'est-ce qu'un syst&egrave;me complexe? plut&ocirc;t que nous lancer nous-m&ecirc;mes dans une description qui risquerait non seulement d&rsquo;&ecirc;tre complexe mais obscure, mieux vaut laisser parler les experts du RNSC : <br /> <br /> <font color="#993300"><em>&quot; Les syst&egrave;mes complexes, depuis la cellule jusqu'&agrave; l'&eacute;cosph&egrave;re, r&eacute;sultent de processus d'&eacute;volution et d'adaptation. Ils pr&eacute;sentent des propri&eacute;t&eacute;s &eacute;mergentes : le niveau microscopique sous-jacent fait &eacute;merger des formes organis&eacute;es au niveau macroscopique, lequel influence en retour le niveau microscopique. Ces propri&eacute;t&eacute;s &eacute;mergentes sont robustes et peuvent &ecirc;tre &eacute;tudi&eacute;es de diff&eacute;rents points de vue, selon la classe de syst&egrave;mes adaptatifs complexes consid&eacute;r&eacute;e.<br /> <br /> L'apport des disciplines formelles pour la mod&eacute;lisation des syst&egrave;mes complexes, qu'ils soient naturels ou artificiels, est consid&eacute;rable. Que serait la mod&eacute;lisation des syst&egrave;mes complexes sans les transitions de phase, la renormalisation, les &eacute;tats critiques auto-organis&eacute;s de la physique statistique, sans les syst&egrave;mes dynamiques des math&eacute;matiques et sans les syst&egrave;mes discrets ou les automates cellulaires de l'informatique ?<br /> <br /> La compr&eacute;hension des syst&egrave;mes adaptatifs complexes passe par leur mod&eacute;lisation. Certes leurs mod&egrave;les sont doublement contraints selon les r&egrave;gles habituelles de la science : d'une part, ils doivent &ecirc;tre les plus parcimonieux possibles, avec un contenu th&eacute;orique intelligible ; d'autre part, ils doivent fournir une reconstruction de l'ensemble des donn&eacute;es provenant de l'observation de ces syst&egrave;mes. Mais la nouveaut&eacute; vient de la quantit&eacute; des donn&eacute;es accumul&eacute;es sur les syst&egrave;mes complexes qui conna&icirc;t une expansion aujourd'hui tr&egrave;s rapide, non seulement sous forme de donn&eacute;es num&eacute;riques en 1D mais aussi d'images en 2D et 3D. Dans ce flux croissant de donn&eacute;es, il s'agit de rep&eacute;rer les patterns spatiaux-temporels &agrave; soumettre aux reconstructions rationnelles de la mod&eacute;lisation et de la simulation. Cette reconstruction met en oeuvre des m&eacute;thodes inductives de plus en plus sophistiqu&eacute;es avec l'aide de moyens computationnels puissants. Cette activit&eacute; de reconstruction est par nature interdisciplinaire, associant chaque discipline directement concern&eacute;e avec des sp&eacute;cialistes venant des disciplines formelles, math&eacute;matiques, informatiques et physiques.<br /> <br /> C'est dans cet aller-retour entre l'acquisition de donn&eacute;es sur la base d'hypoth&egrave;ses mod&eacute;lisatrices et leur reconstruction par la mod&eacute;lisation qu'une science des syst&egrave;mes complexes peut se d&eacute;velopper. Les syst&egrave;mes complexes sont des objets intrins&egrave;quement pluridisciplinaires. Pour un m&ecirc;me objet, ce sont des th&eacute;ories diff&eacute;rentes et h&eacute;t&eacute;rog&egrave;nes qui peuvent en rendre compte : les activit&eacute;s neuronales peuvent &ecirc;tre pens&eacute;es &agrave; la fois comme des &eacute;quations dynamiques et comme structure logique d'un contenu. Il reste beaucoup &agrave; faire au plan th&eacute;orique, sur la base des avanc&eacute;es du si&egrave;cle pass&eacute;, pour avoir les concepts et les mod&egrave;les qui fournissent des explications &eacute;l&eacute;gantes aux ph&eacute;nom&egrave;nes &eacute;mergents.&quot;<br /> </em></font><br /> <br /> http://www.ixxi.fr/<br /> http://iscpif.csregistry.org/tiki-index.php<br /> http://rnsc.csregistry.org/tiki-index.php<br /> http://www.santafe.edu/ Sun, 30 Dec 2007 23:00:00 GMT Le rapport américain Infrastructure 2007 http://www.pan-europe.org/europaplusplus/lettre/archives/?a=355 355 <img src="http://www.pan-europe.org/repimg/20071224152859_pont.jpg" align="left" alt="photo" title="" border="0" /><br /><br /> La lente destruction des infrastructures publiques am&eacute;ricaines, abandonn&eacute;es faute de financements au profit des activit&eacute;s de march&eacute; et des d&eacute;penses militaires, appara&icirc;t de plus en plus insupportable &agrave; certains citoyens des Etats-Unis. On lira sur ce point tr&egrave;s important, qui devrait, tout autant que l&rsquo;absence de s&eacute;curit&eacute; sociale, condamner le mod&egrave;le du capitalisme am&eacute;ricain, le rapport de l&rsquo;<em>Urban Land Institute</em> et du cabinet Ernst and Young : &laquo; I<em>nfrastructure 2007. A global perspective </em>&raquo;. <br /> <br /> Les investisseurs priv&eacute;s des travaux publics qui ont commandit&eacute; ce rapport estiment qu&rsquo;investir dans les grands &eacute;quipements pourrait &ecirc;tre rentable. Encore faudrait-il que le pouvoir politique, comme l&rsquo;avait fait le New Deal, oriente l&rsquo;&eacute;pargne dans ces directions, qui ne sont pas productives &agrave; court terme. Les difficult&eacute;s d'Eurotunnel nous montrent tout l'ardu de la d&eacute;marche. <br /> <br /> L'Europe n'est pas encore arriv&eacute;e &agrave; l'&eacute;tat de d&eacute;labrement d&eacute;nonc&eacute; par les auteurs du rapport. Mais si elle n'entretient pas son capital, en y affectant une part de plus en plus grande des ressources budg&eacute;taires de l'Union, elle ne sera pas &agrave; l'abri des mauvaises surprises. Un probl&egrave;me diff&eacute;rent est &eacute;galement &eacute;voqu&eacute;&nbsp; en Europe, &agrave; la suite des travaux sur le contr&ocirc;le de la production des gaz &agrave; effet de serre. Toutes les infrastructures ne se valent pas &agrave; cet &eacute;gard. Les entreprises des Ponts et Chauss&eacute;es comme celles de l'automobile voudraient faire privil&eacute;gier les autoroutes de liaison ou de contournement.&nbsp; Les &eacute;conomistes et les environnementalistes pr&eacute;f&egrave;rent de beaucoup les liaisons ferroviaires et le portuaire maritime. Les collectivit&eacute;s locales, malheureusement, font en g&eacute;n&eacute;ral pression sur les gouvernements pour que des &eacute;quipements routiers manifestement non indispensables soient financ&eacute;s en priorit&eacute;. <br /> &nbsp; Sun, 30 Dec 2007 23:00:00 GMT Evaluation de la menace américaine par l'Intelligence Iranienne http://www.pan-europe.org/europaplusplus/lettre/archives/?a=345 345 <br /><br /> Un journaliste du New York Times s&rsquo;est procur&eacute; un document secret du plus haut int&eacute;r&ecirc;t strat&eacute;gique. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une &eacute;valuation <em>(Estimate)</em> faisant le pendant de la NIE 2007 par laquelle les agences de renseignements am&eacute;ricaines reconnaissent que l&rsquo;Iran n&rsquo;est pas actuellement engag&eacute;e dans le processus de fabrication d&rsquo;une bombe nucl&eacute;aire.&nbsp; L&rsquo; <em>Iranian National Intelligence Estimate of America,</em> destin&eacute;e au pr&eacute;sident Ahmadinejad, lui fait en quelque sorte &eacute;cho. Le document&nbsp; explique que l&rsquo;Iran n&rsquo;a pas besoin de se doter d&rsquo;armes atomiques, car le danger repr&eacute;sent&eacute; par l&rsquo;Am&eacute;rique n&rsquo;est pas si &eacute;lev&eacute; qu&rsquo;il n&rsquo;&eacute;tait suppos&eacute;, au vu de pr&eacute;c&eacute;dentes analyses diligent&eacute;es par les Gardiens de la R&eacute;volution. L&rsquo;Am&eacute;rique du post 9/11 serait en effet sur la voie de l&rsquo;auto-destruction. Voici quelques extraits de l&rsquo; &laquo; <em>Iranian Estimate</em> &raquo;<br /> <br /> <font color="#993300">&laquo; L&rsquo;Intelligence iranienne consid&egrave;re que la plus grande menace contre l&rsquo;Iran et ses int&eacute;r&ecirc;ts p&eacute;troliers &eacute;tait apparue en 2006, sous la forme d&rsquo;un programme visant &agrave; gu&eacute;rir l&rsquo;Am&eacute;rique de son &laquo; addiction au p&eacute;trole &raquo;, selon l&rsquo;expression employ&eacute;e par le Pr&eacute;sident G.W. Bush dans sa d&eacute;claration sur l&rsquo;Etat de l&rsquo;Union 2006. Les informations obtenues &agrave; l&rsquo;&eacute;poque laissaient craindre le lancement d&rsquo;un Projet Manhattan secret (covert) visant &agrave; remplacer toutes les &eacute;nergies fossiles par des &eacute;nergies renouvelables. Les ressources obtenues par les Etats producteurs de p&eacute;trole, y compris par l&rsquo;Iran, se seraient trouv&eacute;es rapidement ass&eacute;ch&eacute;es. Les Etats du Moyen Orient, pour leur part,&nbsp; se seraient trouv&eacute;s priv&eacute;s de tous moyens d&rsquo;action, que ce soit pour contrer l&rsquo;influence &eacute;conomique et politique des &laquo; petits Satans am&eacute;ricains &raquo; ou pour propager en Occident les fondements de la Vraie Foi. &raquo;<br /> <br /> &laquo;&nbsp; La r&eacute;&eacute;valuation du risque &agrave; laquelle nous avons proc&eacute;d&eacute; montre que celui-ci &eacute;tait tout &agrave; fait grandi. En fait, la partie du programme visant &agrave; d&eacute;velopper les &eacute;nergies renouvelables s&rsquo;est limit&eacute;e &agrave; des subventions aux producteurs de ma&iuml;s de l&rsquo;Iowa. Les interceptions de communications t&eacute;l&eacute;phoniques entre les lobbysts et les membres du Parlement ont clairement mis en &eacute;vidence qu&rsquo;il ne s&rsquo;agissait pas de b&acirc;tir une politique &eacute;nerg&eacute;tique &laquo; propre &raquo; mais de verser &agrave; l&rsquo;agro-business des milliards de dollars destin&eacute;s &agrave; orienter &laquo; dans le bon sens &raquo; leurs votes aux prochaines &eacute;lections. &raquo; <br /> <br /> &laquo; La nouvelle majorit&eacute; d&eacute;mocrate au Congr&egrave;s, suite aux d&eacute;clarations de Nancy Pelosi,&nbsp; pouvait laisser craindre le pire, mais celle-ci s&rsquo;est bien gard&eacute; d&rsquo;entreprendre des actions que nous aurions pu consid&eacute;rer comme des menaces &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de la R&eacute;volution Iranienne, telles que le vote d&rsquo;une taxe sur les carburants ou sur les v&eacute;hicules gros consommateurs. &raquo;<br /> <br /> &laquo;&nbsp; Il est donc dans ces conditions &laquo; hautement improbable &raquo; que les revenus tir&eacute;s par les Etats du Golfe, y compris par l&rsquo;Iran, se trouvent ass&eacute;ch&eacute;s dans les prochaines d&eacute;cennies. Au contraire, ils ne pourront que cro&icirc;tre. La bienveillance divine fait que le p&eacute;trole sera de plus en plus rare ou difficile &agrave; extraire, ce qui augmentera en cons&eacute;quence les b&eacute;n&eacute;fices du peuple iranien et&nbsp; sa capacit&eacute; &agrave; &eacute;clairer le monde. &raquo;<br /> <br /> &laquo; Nous sommes en fait &laquo; hautement persuad&eacute;s &raquo; que la superpuissance Am&eacute;ricaine (et avec elle les Etats europ&eacute;ens impies), est en voie d&rsquo;auto-destruction rapide, pour trois raisons : <br /> <br /> -&nbsp;&nbsp; &nbsp;Le 9/11 a rendu l&rsquo;Am&eacute;rique stupide, ce qui la conduit &agrave; exporter dans le reste du monde des mod&egrave;les tels que la torture l&eacute;gale (Guantanamo), la suppression des droits civiques et les r&eacute;formes sociales propos&eacute;es&nbsp; par le candidat r&eacute;publicain Mr Giuliani. <br /> -&nbsp;&nbsp; &nbsp;Face &agrave; l&rsquo;avance technologique que prennent les autres puissances industrielles et scientifiques, telles la Chine et l&rsquo;Inde, l&rsquo;opposition aux imp&ocirc;ts, l&rsquo;accent mis contre le mariage des homosexuels et les campagnes destin&eacute;es &agrave; affirmer que les seules v&eacute;rit&eacute;s se trouvent dans la Bible ne poussent gu&egrave;re les citoyens &agrave; d&eacute;finir une forme de soci&eacute;t&eacute; la&iuml;que, &eacute;galitaire, f&eacute;ministe et scientifique qui pourrait v&eacute;ritablement repr&eacute;senter un mod&egrave;le tentateur&nbsp; pour notre jeunesse. <br /> -&nbsp;&nbsp; &nbsp;Aucun candidat aux prochaines &eacute;lections ne semble d&eacute;cid&eacute; &agrave; rendre les Etats-Unis plus ouverts et comp&eacute;titifs, que ce soit Mrs Clinton qui pr&ecirc;che pour l&rsquo;autarcie ou le leader actuel des R&eacute;publicains, Mr Huckabee, qui avoue n&rsquo;avoir&nbsp; jamais cru en l&rsquo;&eacute;volution. &raquo;<br /> <br /> &laquo; Devrions nous conclure cette &eacute;valuation en proposant que l&rsquo;Am&eacute;rique, loin de devenir une menace grandissante, rejoint nos valeurs ? Nous n&rsquo;irions pas jusque l&agrave; car ce peuple n&rsquo;a pas a sa t&ecirc;te un leader aussi prestigieux que notre bien-aim&eacute; Pr&eacute;sident. &raquo;<br /> </font><br /> On peut se demander pourquoi l&rsquo;Intelligence Iranienne produit aujourd&rsquo;hui un tel document, risquant de d&eacute;mobiliser les efforts du pays pour s&rsquo;opposer &agrave; l&rsquo;Am&eacute;rique. S&rsquo;agit-il d&rsquo;une revanche &agrave; l&rsquo;&eacute;gard des gardiens de la R&eacute;volution, qui n&rsquo;auraient pas consult&eacute; comme ils l&rsquo;auraient du les services Iraniens ? S&rsquo;agit-il d&rsquo;une d&eacute;marche visant &agrave; d&eacute;stabiliser le pr&eacute;sident Ahmadinejad, en l&rsquo;obligeant &agrave; diminuer les efforts de militarisation de la soci&eacute;t&eacute; iranienne, compte tenu de la r&eacute;-&eacute;valuation du risque r&eacute;el pr&eacute;sent&eacute; par l&rsquo;Am&eacute;rique ? La question reste pour le moment sans r&eacute;ponse. Sun, 30 Dec 2007 23:00:00 GMT