







Une Europe puissance serait une Europe qui non seulement disposerait d'un traité constitutionnel lui permettant d'avoir une politique étrangère et de sécurité-défense musclée, mais qui s'affranchirait enfin de la politique américaine visant à la diviser en trois morceaux, la Grande-Bretagne, les pays de l'Est européen et la "vieille Europe", France et Allemagne notamment. Or les Américains, en mettant la pression sur l'Europe pour la forcer à accepter l'implantation de leur système BMD, dit aussi euro-missiles2, donnent aujourd'hui aux défenseurs de l'Europe-Puissance, dont nous sommes, une opportunité extraordinaire pour se faire entendre.
Cette opportunité passera par l'Allemagne, où des voix autorisées, notamment celle de l'ancien ministre Joschka Fisher, expliquent que l'Europe puissance est désormais nécessaire, et qu'elle doit impliquer en priorité l'Allemagne. Il ne s'agit pas là de la résurgence d'un hypothétique militarisme ou nationalisme allemand, qui serait impossible. Il s'agit seulement d'un début de rejet de l'écrasante et dangereuse tutelle américaine. Comme la nature a horreur du vide, ce rejet n'aboutira que s'il s'appuie enfin sur la mise en place d'une véritable Europe-puissance, où l'Allemagne aura toute sa place.
Espérons que les futurs gouvernements français comprendront cette évolution et l'appuieront de tous les moyens - importants - dont dispose encore la France. 25/03/07

Les dirigeants européens, Angela Merkel, présidente en exercice de l'Union européenne ainsi que les présidents de la Commission et du Parlement européens José Manuel Barroso et Hans-Gert Pöttering, se sont engagés le dimanche 25 mars, pour les 50 ans du traité de Rome, à tout faire pour qu'entre en vigueur en 2009 un nouveau traité facilitant le fonctionnement des institutions européennes, et la relance d'une Europe plus ambitieuse.
Le texte d'engagement a été signé à Berlin en présence des chefs d'Etat et de gouvernement des 27 pays de l'Union européenne. Ainsi s'ouvre officiellement la renégociation d'un traité remplaçant le projet constitutionnel rejeté en 2005 par référendum en France et aux Pays-Bas. La chancelière allemande a souligné qu'elle voulait préserver la substance de ce dernier, même si certains pays y rechignent, comme
"Nous devons relever de grands défis qui ignorent les frontières nationales. Notre réponse c'est l'Union européenne. Ce n'est qu'ensemble que nous pourrons préserver notre idéal européen de société dans l'intérêt de tous les citoyens de l'Europe. Ce modèle européen concilie réussite économique et solidarité sociale".
"50 ans après la signature des traités de Rome, nous partageons l'objectif d'asseoir l'Union européenne sur des bases communes rénovées d'ici les élections au Parlement européen de 2009".
Madame Merkel a aussi souligné que l'Union avait "besoin d'un partenariat stratégique global. Des partenariats avec
Nous ne pouvons ici que nous réjouir de ce nouveau processus, en espérant qu'il aboutira, non seulement à reprendre les parties indispensables de l'ancien Traité, mais à aller beaucoup plus loin, dans le sens notamment de l'encouragement à des coopérations renforcées les plus larges possibles. Celles-ci, qu'on le veuille ou non, devront s'appuyer sur le concept d'Europe-puissance. Sans ce dernier, les partenariats stratégiques évoqués par
Si les grands partis de gouvernement français ne s'inscrivaient pas résolument dans la ligne engagée à Berlin, ils commettraient selon nous un véritable forfait vis-à-vis tant de l'avenir de l'Europe que de celui de
Le graal du calculateur électronique, l'ordinateur quantique, est-il en train d'être réalisé par la société canadienne D-Wave Systems alors que les scientifiques ne l'espéraient pas avant quelques décennies?
La société D-Wave Systems a récemment présenté à Moutain View (Silicon Valley - Californie) - puis à Vancouver (Telus World of Science) - son système Orion, démonstration du concept d'un prototype d'ordinateur quantique à 16 qubits dont elle annonce la commercialisation... dès l'an prochain !
Effet d'annonce ? En tous cas, bien que tous les problèmes ne soient pas encore résolus, et forte d'un financement de capital-risque de 22 millions de dollars canadiens, cette start-up canadienne aime à se définir comme le " premier et unique fournisseur de systèmes de calcul quantique conçus pour faire fonctionner des applications commerciales ".
Les démonstrations ont porté sur 3 applications (une ayant trait à la bioinformatique et les deux autres à des problèmes d'optimisation) :
1) reconnaissance de formes appliquées à la recherche de molécules dans une banque de données [association ou conflit de graphes] ;
2) résolution d'un problème de sudoku ;
3) arrangement d'un plan de table (affectation de la place des convives par affinités de personnes).
Avec 16 qubits [ce qui constitue déjà une belle prouesse], Orion est encore loin des supercalculateurs. D-Wave, en tous cas, annonce sans complexe le lancement d'une version à 32 qubits d'ici à la fin de l'année, puis des versions à 512 qubits et 1024 qubits pour 2008 !
S'agit-il ici d'un fabuleux saut technologique ou plutôt d'un effet d'annonce pour lever plus de fonds auprès d'éventuels investisseurs ? Comment vraiment le savoir puisque la start-up n'a pas permis l'inspection de la machine durant ou après les démonstrations. Les opérations étaient en effet télécommandées à distance depuis un ordinateur portable, le système Orion étant physiquement localisé a Burnaby (Canada), " le système étant trop sensible pour être facilement transportable ", selon les déclarations de la compagnie, dont on peut penser qu'elle souhaitaient aussi protéger ainsi le secret industriel. Mais selon Geordie Rose - co-fondateur de D-Wave - les résultats de la démonstration devraient être soumis à examen par des pairs, en vue d'une publication dans un grand journal scientifique.

Quoi qu'il en soit, et en attendant la commercialisation directe annoncée, D-Wave prévoit dans son business plan de louer prochainement le temps de calcul d'Orion (le client envoyant via internet le problèmeà résoudre).
Dès le courant de ce deuxième trimestre 2007, un système Orion devrait par ailleurs être mis gratuitement à disposition de la communauté scientifique avec l' objectif d'obtenir des chercheurs l'élaboration d'algorithmes quantiques pouvant être implémentés dans la machine.
* Notons cependant qu'il existe déjà des entreprises spécialisées dans le traitement quantique, par exemple dans la cryptographie. Voir notamment la société Id Quantique
Lancée en janvier 2007 à l'initiative de 5 universités européennes, cette pétition a déjà recueilli plusieurs milliers de signatures de chercheurs, bien qu'elle n'ait eu que peu d'échos dans les médias. Elle s'inscrit dans l'esprit du mouvement inauguré par les militants du logiciel libre et de l'accès libre aux sources. Elle s'inscrit également dans les recommandations récentes de l'Union européenne: " Study on the Economic and Technical Evolution of the Scientific Publication Markets of Europe " .
L'idée est simple. Il n'y a pas de raison de faire payer deux fois les contribuables, d'une part via l'impôt pour le financement de la recherche et d'autre part via la revue scientifique traditionnelle privée dont l'accès est généralement tarifé à des prix souvent élevés. Ces revues s'élèvent évidemment contre la démarche, mais les chercheurs ont d'excellents arguments pour défendre l'accès libre, arguments que nous ne reprendrons pas ici.
Un nouveau projet financé par l'Union européenne consiste à concevoir des robots dotés d'une conscience émotionnelle, capables d'interagir avec les humains dans leur cadre de vie quotidien et de se développer d'un point de vue émotionnel en répondant ainsi aux besoins de leur propriétaire. L'initiative FEELIX GROWING regroupe dans une approche globale du développement sur des bases interdisciplinaires des partenaires de domaines aussi variés que la psychologie développementale et comparative, la neuro-imagerie, l'éthologie et la robotique. Mais pour interagir avec l'homme, le robot doit-il être humanoïde? Le Japon répond par l'affirmative.
Ce projet consiste à concevoir des robots dotés d'une conscience émotionnelle, capables d'interagir avec les humains dans leur cadre de vie quotidien et de se développer d'un point de vue émotionnel en répondant ainsi aux besoins de leur propriétaire. L'initiative FEELIX GROWING (FEEL, Interact, eXpress : a Global appRoach to develOpment With INterdisciplinary Grounding - FEEL, Interact, eXpress : une approche globale du développement sur des bases interdisciplinaires) regroupe des partenaires de domaines aussi variés que la psychologie développementale et comparative, la neuro-imagerie, l'éthologie et la robotique.
Le projet est financé au titre du programme-cadre de recherche et de développement (PCRD) au sein du domaine thématique sur les technologies de la société de l'information (TSI), pour une somme de 2,5 millions d'euros et s'étendra sur trois ans et demi. « Plutôt que de tout apprendre aux robots destinés à vivre avec des humains, nous devrions leur apprendre à grandir aux côtés de leurs utilisateurs humains afin qu'ils se développent en harmonie avec eux », explique la coordinatrice du projet, Lola Canamero, de la faculté d'informatique de l'Université de Hertfordshire. « Par exemple, si un humain fond en larmes, le robot apprendra progressivement s'il est préférable d'essayer de le réconforter ou de le laisser seul. » Les robots développés dans le cadre du projet seront dotés de caméras et de capteurs conçus pour détecter des paramètres tels que la chaleur, le toucher et la distance afin de relever des indices non-verbaux offrant des informations sur l'état émotionnel de la personne.
L'idée n'est pas originale, puisque de plus en plus de robots sont développés par interaction émotionnelle avec des humains. Mais l'Europe n'étant pas très avancée dans le domaine des réalisations, ce projet est le bienvenu. On peut quand même s'interroger sur la modicité de la somme allouée à son financement vu le grand nombre des partenaires. Verra-t-on jamais un prototype opérationnel dans un délai raisonnable?
Les robots devront-ils être humanoïdes ou non ?
Les chercheurs japonais, beaucoup plus avancés que le reste du monde dans la réalisation de robots destinés à venir en aide aux personnes handicapées, se posent une question qui n'est triviale qu'en apparence. Faut-il ou non développer en ce but des robots humanoïdes? La perfection des techniques simulant la vie est devenue telle que de tels robots peuvent avoir d'excellents effets sur certaines personnes, mais de très mauvais sur d'autres. Il est probable que, dans l'impossibilité de trancher ce noeud gordien, les Japonais produiront les deux " lignées " de robots, qui se développeront dans une sorte de compétition darwinienne - dont l'Europe, répétons-le, sera sans doute absente, vu le peu d'intérêt qu'elle manifeste pour la robotique évolutionnaire. On trouvera dans l'article de " Electronic design " référencé ci-dessous de bonnes images des deux espèces de robots en devenir.
Quoi qu'il en soit, une partie importante du projet européen reposera sur la compréhension des différences culturelles entre les pays concernant l'acceptation des robots. Ainsi, les partenaires de l'initiative Feelix Groowing travailleront en étroite collaboration avec les scientifiques de l'Institut technologique du Massachussetts (Massachusetts Institute of Technology) aux États-Unis et le Laboratoire de recherche en communication (Communications Research Laboratory) au Japon.
D'ici la fin du projet en mai 2010, les partenaires du projet espèrent disposer de deux prototypes de robots possédant les aptitudes nécessaires leur permettant de travailler dans un environnement domestique et un cadre de soins.
Précisons que l'entreprise française Aldereban Robotics, qui va bientôt commercialiser un petit robot humanoïde est associée à ce projet européen.
Tous les échos qui parviennent de la Banque Mondiale confirment le rôle délétère qui joue son président, Paul Wolfowitz et les équipes complaisantes qu'il y a introduites. Non seulement Wolfowitz n'a rien perdu de son militantisme néoconservateur au service de la diplomatie américaniste la plus engagée, mais il a poussé au départ tous les cadres qui pouvaient maintenir un minimum de multipolarité dans les interventions de la Banque. Celle-ci demande pourtant à ses membres plus de 25 milliards de dollars pour les trois prochaines années. Il faudrait selon nous y regarder à deux fois avant de souscrire.
Signalons, mais ceci n'a aucun lien avec cela (du moins en apparence) que les Etats-Unis avaient rejetté le 23 février la déclaration d'Oslo adoptée ce même jour pour interdire les bombes à sous-munitions dites aussi à fragmentation, particulièrement dangereuses pour les populations civiles - y compris pour les démineurs qui comme ceux de la force d'interposition s'efforcent actuellement d'en purger le Liban. Paris et Londres au contraire, à Oslo, avaient modifié leur point de vue, traditionnellement favorable, et s'étaient prononcés contre ces armes.
Celui qui ne se plonge pas dans l'énorme littérature et dans les débats entourant l'application du Protocole de Kyoto ne soupçonne pas les considérables conflits d'intérêt déjà engagés. Malheureusement, ces conflits cachent des entreprises qui, se disant vertueuses, c'est-à-dire offrant des solutions pour faire réaliser des économies d'énergie et créer des "puits de carbone", ne sont pas loin de l'escroquerie pure et simple.
Le système d'échange des crédits de carbone ("offset credit system") permet en effet, potentiellement, tous les abus. Prenons un exemple. Vous venez de faire un peu de tourisme en Nouvelle Calédonie, ce qui a produit un certain nombre de kilos ou tonnes de CO2. Votre conscience vous impose alors de verser une contribution à une entreprise qui vous garantira la plantation de forêts quelque part dans le monde afin de récupérer le carbone produit. En fait, vous avez toutes les chances, soit d'enrichir un escroc, soit d'engager une opération sans suite sinon plus dangereuse à terme que la production de CO2 dont vous avez été responsable. Ou bien en effet la dite entreprise ne plantera rien du tout, et vous n'irez pas vérifier ce qu'elle fait. Ou bien elle vous fera payer très cher une opération de façade sans avenir. Ou bien elle ira déposséder d'honnêtes cultivateurs du tiers-monde pour mettre à la place de leurs cultures des productions d'oléagineux industriels... qui eux-mêmes péricliteront faute d'eau et de soins.
Il n'existera pas avant longtemps une évaluation indépendante et fiable de ceux que l'on appelle les "offsetters", de leurs méthodes, de leurs tarifs et de leur pérennité. Les "offsetters" pourront être particulièrement malfaisants s'ils s'arrangent avec les entreprises productrices de carbone pour leur procurer de faux certificats de création de puits ou de sources d'énergie renouvelable. Comme tout ceci se négocie au niveau international, hors de tout contrôle des Etats et de l'ONU, les pires trafics peuvent se développer. Beaucoup de soi-disant associations écologistes qui se créeront pour "contrôler les abus" seront elles-mêmes des nids d'escrocs.
Ceci ne veut pas dire qu'il faudrait ne rien faire, comme le prétendent les gouvernements américain et australien. Tout le monde d'ailleurs n'est pas forcément corrompu et l'on trouvera sans doute des offsetters honnêtes. Mais il faudrait d'urgence mettre en place des réglementations protectrices et des services chargés de les faire appliquer, comme vient de le demander le ministre britannique de l'environnement David Miliband. Voici une raison de plus pour penser que la lutte contre la grande crise climatique n'est guère compatible avec le libéralisme.

Une fête de l'Europe qui marque le 24 et 25 mars " le point culminant de la présidence allemande "
À l'occasion du 50e anniversaire de la signature des Traités de Rome, le gouvernement fédéral a organisé les 24 et 25 mars une grande fête de l'Europe à Berlin. Durant ces deux jours, citoyennes et citoyens ont eu droit à un mélange attrayant de musique, de culture et d'information. La fête de l'Europe encadre la réunion informelle des chefs d'État et de gouvernement des États membres de l'UE qui s'est tenue le 25 mars à Berlin.
Édito
Édito
Ces mauvais génies sont d'abord les industriels associés dans le projet : l'européen EADS, les français Thales et Alcatel, l'italien Finmeccanica, les espagnols Aena et Hispasat, le britannique Inmarsat et l'allemand TeleOp. Soucieux de maximiser leurs profits en minimisant les risques, ils se sont affrontés pour former le consortium privé qui devait présenter une structure d'exploitation commune dotée d'un directeur général.
Mais les mauvais génies sont aussi les pilotes institutionnels chargés de représenter les intérêts publics dans le projet. Au nom de la logique du "juste retour, ils veulent capter à leur profit les retombées initialement espérées du programme.
Moins visible, on peut placer aussi parmi les mauvais génies la rivalité dans la maîtrise d'ouvrage générale du projet qui s'est établie entre l'Agence spatiale européenne et la Commission, chacune apportant une part du financement public et se jugeant la mieux placée pour arbitrer entre les intérêts et assurer un pilotage d'intérêt général. L'expérience montre en fait que l'une et l'autre, manquant du soutien des Etats-membres, n'ont pas pu montrer l'autorité nécessaire.
Nous sommes de ceux qui avaient défendu l'argument selon lequel un tel système ne devait pas être présenté comme une affaire commerciale, susceptible d'attirer les investisseurs privés. Galiléo devait être considéré, à l'instar de son prédécesseur GPS pour les Etats-Unis, comme un système indispensable à l'autonomie et à la puissance européenne, tant sur le plan civil que militaire. Le projet aurait donc du être financé et soutenu par les Etats, eux-mêmes convaincus de la nécessité d'en faire une technologie de souveraineté pour une Europe puissance. La France et peut-être d'autres partenaires avaient mollement soutenu ce point de vue, en défendant notamment le droit pour les Européens de donner à Galiléo des versions militaires. Mais la Grande-Bretagne, téléguidée par les Etats-Unis, s'y étaient opposée et les autres membres n'avaient pas relevé le défi.
Aujourd'hui, face au désastre annoncé, les Etats, la Commission et l'Esa semblent se reprendre. Les ministres des Transports des 27 ont dans une réunion d'urgence tenue le 22 mars, fixé un ultimatum aux huit industriels européens travaillant sur le futur système européen de navigation par satellite Galileo pour tenir une partie de leurs engagements. Ils doivent présenter la structure commune le 10 mai.
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En fait, une grande partie du mal paraît difficilement récupérable, vue la défaveur actuelle où se trouve l'idée européenne elle-même. Galiléo, déjà peu crédible aux yeux des opinions publics et des gouvernements européens, risque de sombrer dans l'indifférence. Qu'attendre d'un système qui ne sera pas opérationnel avant des années, alors que le GPS se modernise et multiplie les services offerts ?
Les grands gagnants de la démission européenne sont (sans mentionner les Chinois et les Russes) les Américains, et plus particulièrement l'administration fédérale qui a toujours appuyé budgétairement et diplomatiquement le développement du GPS. Elle n'a pas manqué non plus de multiplier les manœuvres en sous main auprès non seulement de la Grande Bretagne mais de tous les Etats membres, pour déconsidérer Galiléo. Elle n'a eu de cesse en effet, soit de le présenter comme dangereux pour l'alliance atlantique, soit de le ridiculiser en en faisant le cri dérisoire d'un prétendu coq gaulois aussi prétentieux qu'impuissant.
Nous estimons pour notre part que ceux qui ont encouragé ces manœuvres et qui continuent à le faire s'inscrivent dans l'immense armée, jamais en mal de recrues, des saboteurs de l'Europe. Il faudra s'en souvenir.
Grand dossier
Le présent dossier résume une partie des présentations faites lors d'un Colloque tenu l'après-midi du 1er février 2007 dans le cadre du 55ème forum d'Iéna (Conseil économique et social - Palais d'Iéna).
Animé par Philippe Pérez, journaliste éditorialiste en charge de la rubrique Science (Journal Les Echos), ce colloque s'est articulé autour de deux principales tables-rondes, " La révolution des nanos, jusqu'ou ? ", " Quel impact prévisible des nanotechnologies sur l'individu et la société ? ". Celles-ci ont été complétées de projections de films, d'une synthèse effectuée par Alain Obadia, membre du Conseil économique et social, suivie de la clôture du Colloque par François Goulard, ministre délégué à l'enseignement supérieur et à la recherche.
Nous ne ferons pas ici le compte-rendu de la première table ronde, celle-ci ayant surtout abordé des thèmes déjà souvent évoqués (présentation de ce que sont les nanotechnologies, leurs applications possibles...). Nous signalerons cependant une des questions posées au cours des débats, concernant la place de l'Europe dans la compétition internationale (voir article) et développerons à ce sujet la présentation faite sur ce thème par Philippe Gallay (voir notre article), administrateur principal à la Commission européenne (direction générale de la recherche - direction " science, économie et société " ).
Nous préférons ici résumer la seconde table ronde, consacrée aux risques pouvant résulter du développement des nanotechnologies. Nous livrons ainsi cet ensemble in extenso [un peu réécrit et en l'agrémentant d'intertitres en couleur verte], ce sujet ayant encore à notre avis été trop peu souvent abordé lors des colloques émanant d'institutions scientifiques. Mais il semble que les choses soient en train de changer, ce dont nous nous réjouissons. Car en matière de nanotechnologies, le débat doit être mené avec les citoyens, d'une façon qui doit être sereine et à la mesure des enjeux.
Extraits de la 1er Table-Ronde :"La révolution des nanos, jusqu'ou ?"
2e Table-Ronde in extenso : "Quel impact prévisible des nanotechnologies sur l'individu et la société ?"
Nanotechnologies : le point de vue de l'europe. Intervention de Philippe Gallay
Analyses
On pourrait avoir deux visions distinctes de la défense collective Européenne, à laquelle aspirent tous les européens, face aux dangers multiformes qui caractérisent le monde actuel:
- L'une, Euro-Atlantique, reposant sur l'OTAN dans laquelle les Etats-Unis jouent un rôle prépondérant et qui constitue une sorte de protectorat militaire américain, en fait de moins en moins sûr compte tenu du basculement vers le Moyen-Orient et vers l'Asie des grands déséquilibres géostratégiques.
- L'autre, Euro-Européenne, autosuffisante, reposant sur les seuls Européens, non pas en opposition à l'OTAN, mais complémentaire et disposant d'une autonomie de décision et de moyens pour les cas où les intérêts et la vision politique de l'Union Européenne ne coïncideraient pas avec ceux et celle des Etats-Unis.
Il semble pour le moins contradictoire de souhaiter une Europe souveraine, capable de maîtriser les technologies indispensables pour peser sur l'évolution du monde et de jouer un rôle déterminant dans l'équilibre géopolitique, géostratégique et économique de la planète, si le continent Européen reste tributaire pour sa propre Défense de la décision et des moyens militaires d'une tierce puissance, c'est-à-dire l'Amérique, fût-elle alliée et profondément amie des Etats membres de l'Union.
Pour lire l'article complet, suivez le lien ci-dessous
Le monde est le théâtre d'une compétition multipolaire qui s'exacerbe chaque jour un peu plus. La mondialisation multipolaire n'est ni le choc des civilisations ni la fin de l'histoire. C'est un phénomène beaucoup plus concret, beaucoup plus technique. Dans une large mesure, il s'agit d'une compétition acharnée pour la maîtrise des technologies cruciales destinées à assurer à des ensembles politiques souverains, puissance, sécurité, bien être, identité et liberté.
Pour des raisons de masse critique économique et démographique cette compétition se déroulera, dans l'avenir, entre grands ensembles géopolitiques culturellement homogènes, indépendants et concurrents.
Puissance et indépendance technologique constitueront l'armature de la souveraineté politique de ces ensembles.
Or, aujourd'hui, l'Europe semble vouloir, emprunter le chemin inverse. Depuis plus de trente ans, hormis quelques réussites exemplaires, résultat d'initiatives prises, le plus souvent par la France, au début des années soixante, l'Union Européenne s'est placée dans une situation de décrochage scientifique et technologique.
L'opinion s'est installée dans une posture de refus de puissance que traduit bien le comportement d'évitement sémantique dont fait l'objet le concept de puissance dans le discours politique traditionnel.
Ce décrochage s'accentue et s'accélère, non seulement à l'égard des Etats–Unis, dont la politique affichée a toujours été de maintenir, en permanence, un écart technologique avec le reste du monde, l'Europe en particulier, afin d'assurer sa suprématie, mais, ce qui est nouveau, et encore plus préoccupant, à l'égard de nouvelles puissances émergentes telles que la Chine ou l'Inde.
Pour lire l'article complet, suivez le lien ci-dessous
L'Amérique avec 127 milliards de dollars prévus sur 8 à 10 ans domine le domaine des matériels militaires robotisés. Elle se prépare à dominer le marché de la robotique civile. Les Britanniques s'efforcent d'avoir une part du gâteau.
Événements|
Asaq, un bon exemple donné par Sanofi-Aventis Social - Recherche
Asaq. Retenez ce nom. Peut-être un premier pas d'importance pour la distribution à bas prix de médicaments luttant contre les maladies des pays pauvres
Cette molécule est destinée à procurer un traitement efficace contre la malaria, pour le prix d'1 euro environ. Sanofi ne percevra pas de bénéfices sur les ventes aux pays pauvres. Mais le produit pourra être vendu plus cher dans les pays développés. L'Asaq pourra également être produite et vendue par les génériqueurs. Communiqué de Sanofi Aventis concernant l'Asaq |
Un grand programme européen, le canal Seine-Nord International - Economie - Environnement
Le projet de canal Seine Nord est l'exemple d'un des grands programmes industriels et technologiques nécessaires à la compétitivé européenne
Depuis l'inauguration du canal du Nord, en 1965, la France et avec elle l'Europe du Nord n'avaient pas connu de projet de cette ampleur en matière de transport fluvial. La réalisation du canal Seine-Nord Europe exigera des travaux considérables: long de 105 kilomètres, large de 54 mètres, le canal devra accueillir des convois de 4 400 tonnes, contre 700 actuellement pour le canal du Nord. Il permettra de relier le bassin de la Seine à celui de l'Escaut. Le réseau fluvial de la puissante Ile-de-France communiquera ainsi avec les canaux et aux grands ports de la riche Europe du Nord, comme Anvers et Rotterdam. Il s'agit donc bien d'un de ces grands programmes industriels et technologiques dont nous voudrions que l'Europe se dote plus systématiquement afin d'améliorer sa place dans le monde. Début des travaux: 2008. Mise en service: 2012. Coût: 2,6 milliards d'euros. Présentation du projet de canal Seine Nord | ||
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Europeana, la Bibliothèque numérique européenne Recherche - Culture
On peut dorénavant accéder en ligne à la Bibliothèque numérique européenne qui a été baptisée Europeana. La collection rassemble environ 12 000 documents libres de droits issus des collections de la Bibliothèque Nationale de France, de la Bibliothèque Nationale Széchényi de Hongrie et de la Bibliothèque nationale du Portugal. Il s'agit d'un début, qui doit être étendu le plus vite possible.
Nous avons plusieurs fois fait mention du projet de Bibliothèque numérique européenne, initialisé par la Bibliothèque Nationale de France et notamment par son président Jean-Noël Jeanneney. Les critiques se sont multipliées sur ce projet, compte-tenu notamment de l'écrasante présence de Google, tant par l'importance des textes qu'il a numérisé que par l'efficacité de son moteur de recherche. Pour ce qui nous concerne, nous pensons que de toutes façons la BNF devait faire quelque chose d'original, afin de valoriser à la fois ses collections, sa culture bibliothécaire et la philosophie d'accès qui est la sienne: publier en libre-accès, avec apport de valeur ajoutée, les ouvrages libres de droits. Elle devait aussi s'efforcer d'entraîner dans cette démarche d'autres bibliothèques européennes. Voilà qui est fait désormais. Le site de Europeana | |||
Libres propos
Les communautés européennes, puis l'Union ont été construites à partir de l'élaboration d'intérêts économiques communs. Mais elles sont fondées et se justifient en raison d'une histoire commune, fut-elle conflictuelle, d'un destin partagé et d'une culture reçue en héritage.
Cette culture est faite d'apports spécifiquement nationaux, bien sûr, mais aussi de « monuments » culturels, qu'il s'agisse de musique, de peinture, de philosophie,..., qui, vus du dehors, ont une véritable identité européenne par leur notoriété qui transcende les frontières fluctuantes des Etats :Gutenberg, Léonard de Vinci, Mozart, etc...
La culture est donc l'un des principaux fondements de l'identité européenne et l'un des facteurs de cohésion de la construction européenne ; elle est un patrimoine commun. Encore faut-il veiller à ce qu'elle soit partagée en retour, c'est-à-dire accessible à chacun, quelle que soit sa langue.
Depuis quelques années, aussi incroyable que cela paraisse, c'est de moins en moins le cas en ce qui concerne le français. Il n'est que de visiter les grands musées européens hors des pays francophones pour se rendre compte que les librairies des musées proposent de moins en moins de livres en français. On pourrait croire qu'il s'agit simplement d'un manque de dynamisme de la part des éditeurs de notre pays, ce qui serait déjà fort regrettable. Mais il y a pire. Visitant récemment l'Alte Pinacothèque de Munich, nous avons pu constater l'absence totale de livres en français, y compris, et c'est plus grave, l'inexistence d'une traduction française du catalogue officiel du musée, alors que celle-ci existe en anglais, bien sûr, mais aussi en portugais et en grec. Ceci est d'autant plus surprenant que ce très grand musée contient des dizaines de tableaux de peintres français des XVIIème, XVIIIème et XIXème siècles.
Il n'y a pas d'explication logique à cet état de fait. On ne peut en effet prétendre qu'il serait possible de rentabiliser une traduction en grec ou en portugais et pas en français. A moins que de nombreux visiteurs français ne se contentent de l'édition anglaise. Et pourtant, Munich compte une nombreuse colonie française.
Quelle que soit la cause de cette grave lacune, il faut la rapprocher de constats analogues en Italie, au Portugal ou en Suède et souhaiter que la direction des affaires culturelles du quai d'Orsay se préoccupe de la question afin d'y remédier. Une volonté politique et un minimum de moyens financiers utilisés à bon escient devraient y suffire.
Fiches de lecture
La doctrine libérale, importée des Etats-Unis (mais contre-dite dans ce pays par un interventionnisme étatique permanent) veut faire croire que l'industrie n'est plus nécessaire aux économies développées. Seuls les services et plus particulièrement ceux associés au capitalisme financier créent des richesses. Jean-Louis Levet montre qu'il n'en est rien. Aujourd'hui, l'industrie et les services sont étroitement imbriqués. Les seconds ne se conçoivent pas sans la première, et réciproquement. Quant à l'économie de la connaissance, où pourrait-elle trouver à s'exercer ailleurs ?
Jean-Louis Levet est économiste. Ancien conseiller industriel à Matignon, il a exercé des responsabilités dans le secteur public et le secteur privé. Il a publié un grand nombre d'essais et d'articles, notamment sur les thèmes des politiques industrielles, de l'intelligence économique et du rôle de l'Etat dans la lutte contre les délocalisations et la désindustrialisation.
Dans cet ouvrage très complet, très documenté et très actuel, nous retrouvons les thèses qui nous sont chères. L'industrie et la technologie, de tous temps, ont été au cœur des activités humaines. Avec le progrès scientifique et celui des connaissances, l'industrie voit son champ s'élargir. Les nouvelles technologies, qui concernent la matière-énergie et l'information, donnent aux sources d'énergie, aux machines et aux futures formes de vie une importance essentielle. Seule l'industrie sera capable de les obtenir. Croire que l'Europe pourrait laisser au reste du monde la responsabilité de produire la matière même de notre consommation et de nos investissements serait une illusion.
Mais la vision que l'on se fait de l'industrie doit s'élargir. Par ce terme on évoque encore la manufacture, le travail aliénant et les pollutions. Pourquoi alors, dit-on, ne pas laisser tout cela aux pays pauvres et se spécialiser dans la valeur ajoutée et les services ? Or aujourd'hui, comme le montre Jean-Louis Levet, l'industrie et les services sont étroitement imbriqués. Les seconds ne se conçoivent pas sans la première, et réciproquement. Quant à l'économie de la connaissance, où pourrait-elle trouver à s'exercer ailleurs que dans l'industrie et les services qui lui sont associés.
Malheureusement, ces évidences ont été perdues de vue aujourd'hui. Le capitalisme financier a pris le pouvoir dans le monde entier, avec la volonté délibérée de faire oublier le rôle de l'entrepreneur au profit de celui de l'actionnaire spéculatif. Des fonds d'investissement alimentés par des liquidités d'origine douteuse mais surabondantes ont racheté des entreprises méritantes et ont pu réaliser des profits considérables en revendant les activités rentables et en délocalisant le reste. Ces profits ont laissé croire à l'opinion que la source de toutes les richesses se trouvait dans le capitalisme financier. Les Etats devaient cesser de vouloir réglementer les activités économiques. Leur rôle devait se limiter à prendre en charge les dégâts sociaux.
La pensée libérale, répandue en Europe par des économistes formés aux Etats-Unis, a tenté de faire croire que tout ceci était dans l'ordre des choses. A l'en croire, le libre échange et la mondialisation sont des processus universel, l'économie ne doit pas se préoccuper du social, les administrations ne contribuent pas à la compétitivité économique, l'avenir enfin n'est pas dans l'industrie, mais dans les services et plus particulièrement dans les services financiers.
Le libéralisme est un mythe
Malheureusement pour les libéraux, aucun grand pays au monde ne raisonne de la sorte. Les Etats y conservent la haute main sur l'économie, ils soutiennent leurs entreprises par de multiples moyens, ils investissent pour le long terme en comprimant si nécessaire les consommations et les profits. L'Europe, qui croit encore à la doxa libérale, commence cependant à se rendre compte que le libéralisme arrive au bout du chemin. Sans industries, les salariés disparaissent. Sans salaires, la consommation et l'impôt s'évanouissent. Sans rentrées fiscales, les services publics et les aides à la recherche se désagrègent. Le territoire devient un désert peuplé de chômeurs en fin de droits. Resteront, il est vrai, le tourisme et la restauration, tant du moins que les étrangers voudront bien venir méditer sur les ruines de l'ancienne société industrielle.
Nous n'en sommes pas là, mais nous en prenons le chemin. Pour éviter ce désastre, Jean-Louis Levet fait la liste des mesures qu'il faudra impérativement décider en Europe dès les prochains mois : politiques de croissance et stratégies de puissance ; politiques de développement territorial ; maîtrise de la finance par des entreprises rendues responsables de leur capital ; politiques industrielles globales sous la direction d'Etats développeurs... Ces mesures s'imposeront d'abord au plan des Etats européens pris un par un, en fonction de leurs spécificités. Mais elles devront être relayées et coordonnées au plan de l'Union européenne.
A ce niveau, un certain nombre de modifications institutionnelles seront nécessaires, afin de sortir l'Europe de ses impasses actuelles et faire privilégier l'impératif industriel. L'auteur en propose quelques unes. Il espère que cet objectif sera pris en compte à l'occasion des futures élections. Nous aussi.