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Congrès
de Madrid sur la souveraineté technologique
européenne
Centre
de Conventions de l'Hôtel Meliá Castilla
Madrid, les 5, 6 et 7 octobre 2005
Voir le site du Congrès http://www.soberaniatecnologica.com/

Ce Congrès (qui s'inscrit
dans la suite du Colloque sur le même thème
tenu à Paris
en juin 2004 à l'initiative de Paneurope
France - voir aussi le colloque
d'Augsbourg organisé par Paneuropa-Union
Deutschland et PanEurope France, les 24 et 25 novembre
2005) a unanimement retenu comme très fécond
le thème de la souveraineté technologique,
et fait de nombreuses propositions pour qu'il soit
concrétisé en termes de décisions
politiques tant au plan des Etats qu'au plan de l'Union
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Présentation
des conclusions du Congrès
par Eduardo Martinez de la Fé, initiateur
du Congrès
21 novembre 2005
Le 2e Congrès sur la Souveraineté
Technologique de l'Europe, faisant suite au premier de ce
genre tenu à Paris en juin 2004 (http://www.europe-puissance-scientifique.org/),
s'est déroulé dans le Centre de Conventions
de l'Hôtel Meliá CastillA de Madrid les 5, 6
et 7 octobre 2005.
Pendant le congrès, ont été
prononcées dix conférences magistrales et tenues
douze tables rondes. Un total de 521 personnes se sont inscrites,
auxquelles il faut ajouter 170 collaborateurs envoyés
par les entreprises en qualité de contributeurs, ce
qui élève le niveau de participation à
presque 700 experts.
Au congrès ont été représentées
les principales institutions européennes et espagnoles:
le Parlement Européen, la Direction Générale
de la Recherche de la Commission Européenne, l'Agence
Spatiale Européenne, l'Union Paneuropéenne Internationale,
représentée par son président, M. Alain
Terrenoire, ainsi que The Open Geospacial Consortium, Eurocontrol,
entre autres.
En ce qui concerne les institutions espagnoles
on souligne particulièrement la participation de l'Institut
National de la Technique Aérospatiale (INTA), appartenant
au Ministère de la Défense, le Centre pour le
Développement Technologique et Industriel (CDTI), appartenant
au Ministère de l'Industrie, et la Direction Générale
de Politique Technologique, appartenant au Ministère
de l'Éducation et de la Science, diverses universités,
l'École d'Organisation Industrielle, l'Association
espagnole de Planification Stratégique, la confédération
patronale CEOE et l'Union Professionnelle, ainsi que les différentes
associations d'ingénieurs, comités spécialisés
de l'Institut de l'Ingénierie de l'Espagne et d'importants
groupes de communication comme le Groupe Prisa, éditeur
du journal El Pais.
Le Gouvernement Espagnol a participé
activement à la conception du congrès, particulièrement
à travers la vice-Première ministre, le Ministère
des Affaires Étrangers et le Bureau Économique
du Président du Gouvernement. Durant le congrès,
cette collaboration s'est concrétisée lors de
la séance inaugurale, qui a été présidée
par le Secrétaire d'État des Universités
et de la Recherche, M. Salvateur Ordoñez, représentant
la vice-première ministre, Mme María Teresa
Fernández de la Vega.
L'appui du Gouvernement a de même été
mis en évidence lors du dîner du congrès,
qui a été présidé par Miguel Ángel
Navarro, Secrétaire Général pour l'Union
Européenne du Ministère des Affaires Étrangers,
en représentation de son titulaire, M. Miguel Angel
Moratinos, et dans l'acte de clôture, qui a été
présidé par le Directeur Général
de Télécommunications, M. Bernardo Lorenzo,
en représentation du Secrétaire d'État
pour la Société de l'Information, D Francisco
Ros. Par ailleurs, le gouvernement français a été
représenté au congrès à travers
la présence du Haut Représentant pour l'Intelligence
Économique, M. Alain Juillet, que je remercie ici une
fois de plus pour son appui.
Effort conjoint
En Espagne ce congrès a été
le résultat d'un effort conjoint associant d'une part
l'Institut de l'Ingénierie de l'Espagne, lequel représente
100.000 ingénieurs supérieurs et qui est l'âme
de l'innovation dans notre pays, comme il l'a été
durant ses cent années d'histoire – et d'autre
part le Groupe de communication
Mediaedge:cia, qui constitue une référence du
savoir faire du patronat espagnol dans un secteur aussi sensible
que celui de la publicité et la communication de masses.
Enfin, la revue électronique pour
la diffusion de la science, la technologie et la culture,
Tendencias21, a repris des initiateurs français du
concept de souveraineté technologique européenne
l'idée de développer en Espagne un congrès
à Madrid sur ce thème très important.
En agissant ensemble, ces trois institutions
ont suscité l'appui de certaines des principales entreprises
espagnoles de dimension européenne, particulierement
Telefonica y Endesa, qui ont accepté de contribuer
à son financement. Grâce à cet appui économique,
plus de 20 personnes ont pu travailler à l'organisation
du congrès pendant six mois.
Grâce à toutes ces collaborations
nous avons concrétisé ce qui à notre
avis devrait devenir un projet innovateur européen,
caractérisé par une recherche scientifique et
industrielle ouverte sur la société, des entreprises
en phase avec leur environnement, des mass media informant
la société des enjeux du futur.
Conclusions
théoriques et pratiques
1. Le premier apport de ce congrès
concerne le concept de souveraineté. Certains des participants
ont exprimé leur étonnement de voir associer
un concept relevant de la théorie de l'État,
tel que la souveraineté, avec le développement
technologique. La réalité est que le concept
de souveraineté doit impérativement évoluer
aujourd'hui, puisqu'il a perdu une grande partie de son sens
original sous l'effet de la globalisation. Le congrès,
en ligne avec ce qui avait été débattu
à Paris en avril 2004, a proposé une nouvelle
acception du terme contemporain de souveraineté. La
souveraineté est comprise aujourd'hui comme la capacité
d'agir de l'Etat, aux plans politique, social et économique,
tant au niveau interne qu' externe. Le concept de souveraineté
technologique intervient alors en priorité puisqu'il
oblige à prendre en compte la technologie comme facteur
d'influence et de capacité de manœuvre. Sans le
contrôle de certaines technologies, la souveraineté,
simplement, ne peut pas être exercée.
2. Une autre conclusion importante retenue
par le congrès est que l'état actuel de la science
et la technologie en Europe oblige à rattraper le retard
du vieux continent au regard des Etats-Unis et de l'Asie.
La grande question qui se sont posée les participants
a concerner les modalités selon lesquelles l'Europe
pourra récupérer le retard, notamment dans les
sciences et les technologies dites émergentes et convergentes?
Le débat sur cet sujet a été passionnant…
3. A été mis en évidence
le fait que l'Europe ne possède pas, comme les Etats-Unis
et la Chine, notamment, de gouvernement central fort qui puisse
affecter d'importants investissements publics à la
“securité nationale”. La Commission Européenne
ne dispose pas de l'autorité ni des budgets nécessaires
pour ce faire. Malgré ce handicap institutionnel, les
participants au congrès ont demandé un renforcement
du financement public à la recherche, tant dans les
Etats européens qu'au plan du budget communautaire..
4. Quelques participants ont évoqué
l'exemple du CERN de Genève ou du programme ITER. Ces
organismes fonctionnent dans le cadre de la coopération
renforcée, en associant les États et les entreprises
afin d'investir conjointement dans un réseau de compétences
doté d'un grand équipement pour lequel l'institution
sert de noeud de réseau. Peut-il appliquer ce modèle
à d'autres domaines? La question est restée
ouverte.
5. Il y a eu aussi un consensus général
relatif au spatial. L'Agence Européenne de l'Espace
devrait être renforcée notamment pour développer
des programmes duals (civils et militaires) dont le grand
projet Aurora destiné à une exploration européenne
de Mars devrait être le principal support.
6. De même, quelques participants ont
fait valoir que l'Agence Européenne de la Défense
doit financer davantage de programmes relatifs à la
défense et la sécurité, y compris la
sécurité civile.
7. Ce congrès a clairement montré
que l'Europe peut et doit concevoir des stratégies
de recherche et de développement à longue portée
qui mobilisent des volontés et des investissements,
produisent de nouveaux emplois et confèrent aux pays
membres de l'Union un rôle dans les relations internationales
qui soit proportionnel aux dimensions géographiques,
démographiques, économiques et technologiques
de l'Europe.
8. Deux faits fondamentaux ont été
généralement évoqué lors des interventions
au Congrès:
• l'occasion à saisir qui représente
pour l'Europe la Grande Convergence Technologique du 21e Siècle
• la nécessité que l'Europe intensifie
son effort en recherche et développement pour atteindre
un niveau plus compétitif sur la scène mondiale.
9. Quelques rapporteurs ont indiqué
à ce sujet sur le fait que la sécurité
de l'Europe dans la nouvelle scène internationale est
associée au contrôle de certaines technologies
clefs.
10. Ils ont aussi souligné que le
secteur spatial s'avère spécialement attrayant
pour réveiller l'intérêt des investisseurs
publics et privés, particulièrement parce qu'il
représente un nouvel horizon pour la sécurité
commune (“le spatial offre une opportunité unique
pour développer des stratégies de gestion de
crise et de prévention” selon Fernando Davara).
13. La nouvelle scène internationale
impose la révision des politiques technologiques et
industrielles de l'Europe, laquelle se révèle
la région la plus libérale du monde et la plus
vulnérable, ce qui l'expose à des concurrences
déloyales provenant d'autres pays et régions.
14. La révision de ces politiques
technologiques et industrielles implique le développement
de l'Intelligence Économique, comprise comme information
stratégique au service des entreprises et des institutions,
puisque le développement technologique qui n'est pas
dûment protégé perd toute capacité
de s'imposer sur les marchés globaux.
15. L'Espagne n'occupe pas une position privilégiée
dans l'univers européen de la science et la technologie.
Elle a besoin de beaucoup développer ses investissements
privés en R+D et ses aides publiques à l'innovation
afin d'atteindre un niveau plus significatif dans l'espace
européen.
16. On ajoutera que beaucoup de questions
ont été abordées dans les 12 tables rondes
tenues en complément des sessions magistrales. Ces
tables rondes, toutes de haut niveau, ont abordé les
divers thèmes intéressant la souveraineté
technologique, depuis la sécurité dans la société
de l'information, les nouvelles conceptions de la défense,
les transports avancés, l'énergie ou les réactions
au changement climatique.
17. De ces problématiques, nous pouvons
retenir un exemple, l'accent mis sur la conception différente
du développement technologique qui existe en Europe
et aux Etats-Unis, sujet récurrent des deux tables
consacrées à la convergence technologique du
21e Siècle et des NBIC. De l'autre côté
de l'Atlantique on accepte comme possible et désirable
l'amélioration de l'espèce humaine avec tous
les défis que cela implique. En Europe ces objectifs
sont considérés avec méfiance et les
horizons technologiques abordés sont plus linéaires.
19. Le congrès espagnol, finalement,
a été le lieu privilégié d'un
débat dans lequel les acteurs qui sont en première
ligne pour la transformation des processus et l'élaboration
des politiques et des produits nouveaux ont fait part de leurs
expériences, difficultés, illusions et parfois
découragements.
20. Si un consensus général
s'est dégagé, c'est bien la conviction largement
partagée que l'Europe souffre d'un déficit de
souveraineté qui est associé à ses insuffisances
technologiques.
21. Mais aussi s'est dégagé
un consensus sur le chemin permettant de relever ce défi
: innover dans des technologies stratégiques sans autres
limites que celles découlant du sens commun, ce grand
outil évolutif construit durant des milliers d'années
d'expérience. Ceci doit être placé au-dessus
des idéologies et des croyances au moment où
nous nous essayons à concevoir un avenir idéal
concernant ce grand rêve partagé qui nous a réunis
à Madrid, c'est-à-dire l'Europe, notre Europe.
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